Groupe de toldos
LE IIETOUR DU CACIQVB IM
quantité et bientôt il ne m'en resle plus une seule.
J'éprouve cependant de grandes difficultés à me
procurer un kupuloué, sorte de berceau que, dans
ses déplacements, l'Indienne porte attaché derrière sa monture.
Ce kupuloué, très curieux au point de vue ethno graphique, mérite une petite description.
Il est fait de bambous des Cordillères ployas en demi-cercle. Le bébé indigène est ligoté sur cette espèce de carcan et reste souvent pendant des
mois attaché à ce berceau de supplice, les pieds plus hauts que la tête et celle-ci reposant sur le bois dur qui la déforme et Taplatit par derrière. Cependant, malgré cette enfance un peu tourmentée, les Indiens n'en sont pas moins de forts et solides gaillards. C'est égal, je vois mal nos poupons parisiens, si dorlotés, si choyés, soumis au dur régime pampéen.
Pendant que je continue mes échanges devant les toldos, une grande clameur s'élève. On signale l'arrivée d'un étranger, d'un blanc.
Quel est cet homme? Est-ce un explorateur qui a eu la même idée que moi et qui veut visiterla Pampa ?
Non . Ce blanc est tout simplement un commissaire du gouvernement argentin qui vient pour enrôler dans la garde nationale les indigènes de la contrée. Et, malgré moi, je ne puis m'empècher de sourire en me figurant ces braves Patagons revêtus d'un uniforme et manœuvrant sous lès ordres d'un caporal ou d'un sergent. Je devine leurs mines effarées, leurs mouvements gauches et trop brusques. Fort heureusement le commissaire du gouvernement a eu la bonne idée d'apporter un mouton. Cela va nous changer un peu de la viande de guanaco.