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CHAPITRE XIV

CUISINE- MACABRE. — MON PROJET DE MARIAGE. — UNE EXCURSION AUX L.\CS COLHUÉ ET MUNSTERS. — UN PARADERO INDIGÈNE.

LE 13 Décembre, à la tombée de la nuit, suivi de Don Eduardo, de Don Secundo et de mon fidèle Juan, je me mets à la recherche de la sépulture du géant.

Cette sépulture se trouve au pied d'une colline pas très loin du Senguer.

Nous marchons à travers la Pampa comme de vrais Peaux-Rouges, nous dissimulant de notre mieux, car si les Indiens se doutaient du but de notre excursion, notre compte serait vite réglé.

Arrivés à quelques centaines de mètres des tentes, nous nous consultons.

« Ce doit être là-bas, à droite, » me dit Don Eduardo.

Nous obliquons vers un monticule derrière lequel nous apercevons un grand carré de terre totalement dépourvu d*herbe.

« Ce ne peut être ici, fais-je remarquer à Don Eduardo, car les Indiens ont pour coutume de toujours recouvrir de cailloux et de rocs les sépultures de leurs morts.

— C'est vrai, répond mon guide, excepté quand ces sépultures sont situées près du rancho d*un blanc. Les Indiens s'efforcent toujours, en pareil cas, de rendre la tombe de leur mort invisible, car ils craignent qu'un sorcier chrétien ne jette un sort à leur frère dans sa dernière demeure. »

Les Indiens sont aussi naïfs que les autruches.

Nous commençons les fouilles. La lune qui s'est levée nous éclaire. C'est lugubre et Don Eduardo qui est aussi superstitieux qu'un Araucan ne semble pas très rassuré . Il jette de temps en temps un regard inquiet sur la plaine et du revers de sa manche, il essuie la sueur qui ruisselle sur son visage.

(( Drôle de travail, » murmure-t-iL

Je fais semblant de ne pas remarquer son trouble et aidé de mes gauchos je creuse avec ardeur. La terre est dure à remuer car elle a été piétinée et on a jeté dans la tombe des cailloux et des lattes de bois.

Enfin, après une demi-heure d'efforts, nous découvrons une grande peau de cheval décorée de façon bizarre.

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