‹ Voyage en PatagonieChapitre 74 sur 100 · DE VITESSE · texte numérisé non relu

DE VITESSE

LE 2 Janvier. — Nous sommes de retour à Ghoiquenilahué. Mes collections ont augmenté considérablement. Aussi je me décide à accompagner don Eduardo Botello à la colonie du Chubut pour y laisser toutes mes caisses. Botello doit partir dans trois jours pour renouveler ses provisions, qui commencent à faire défaut.

5 Janvier. — ^ Il fait une chaleur étouffante, une chaleur lourde qui anéantit, qui tue, et pour comble de malheur une nuée de moustiques s'est abattue dans la pampa. Des tourbillons d'insectes . voltigent devant les toi dos.

Vers six heures du soir, quand le soleil est devenu moins vif, je me mets en marche avec don

Eduardo Botello et mon gaucho Garcia. Nous emmenons avec nous deux yëhîcules : une charrette et une sorte de large wagon. Cette dernière voiture a la forme d'une roulotte très basse, sans toiture, montée sur quatre roues, deux petites à l'avant et deux grandes à l'arrière. C'est le seul attelage vraiment pratique dans ces déserts où les chemins n'existent qu'à l'état rudimentaire.

La façon dont on construit une route en Patagonie est assez curieuse. Je fus, je me souviens, très étonné quand de simples gauchos ayant pour toute fortune une carriole .et quelques chevaux me dirent qu'ils venaient de faire une route de cinq cents kilomètres. Je me renseignai sur le prix que ce travail gigantesque avait pu coûter au gouvernement, et grande fut ma stupéfaction quand les gauchos me répondirent que c'étaient eux qui sans la moindre subvention avait accompli ce dur labeur.

« Vous ne savez donc pas, me dirent-ils, comment on fait une route ?

— Chez moi, leur répondis-je, c'est très compliqué. On dresse des plans, on consulte des ingénieurs qui font des devis, des tracés, etc. On jalonne, on nivelle, on empierre, on terrasse, on tasse. De plus, on adoucit les pentes et on a J^e soin d'observer une certaine courbe qui permet

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