UN RECORD DE VITESSE
voyageant toute la nuit sous une pluie battante. Quelques kilomètres encore et j'aurai rejoint mon quartier général.
Au lever du soleil, nous débouchons dans la vallée du Senguer. Un grand nombre de tentos indigènes par groupes de trois ou quatre s'offrent à nos yeux; la femme de Don Eduardo, une indigène échangée à sa famille contre quelques vaches, paraît étonnée de nous voir déjà de retour, et de tous les toldos sortent des Indiens à l'air ahuri ; on ne nous attendait que quelques jours plus tard et notre présence matinale révolutionne les hôtes de la vallée. Nous avons marché avec une rapidité prodigieuse, puisque nous avons parcouru, en vingt-quatre heures, une distance de centvingt kilomètres, et avons accompli le parcours total de la colonie à Ghoiquenilahué, soit six cents kilomètres, en dix jours, traînant derrière nous deux voitures chargées. C'est un véritable record.