‹ Voyage en PatagonieChapitre 80 sur 100 · JE FUS ATTAQUÉ PAR UN INDIEN. — SPADASSIN TEHUELCHE · texte numérisé non relu

JE FUS ATTAQUÉ PAR UN INDIEN. — SPADASSIN TEHUELCHE

LE 6 Février. — Le gaucho de Botello est occupé à confectionner des appareils pour nos mules, mais ils ne seront prêts, paraît-il, que dans trois semaines. Fort heureusement, les occupations ne me manquent pas. J'étudie les Indiens et je me livre à des fouilles dans les environs.

7 Février. — Un Chilien m'aborde au matin et me dit :

« Je connais dans la vallée une sépulture curieuse, c'est celle du fils du cacique Lipitchoum.

— Peux-tu m'y conduire ?

— Gela dépend. Oui, si vous y mettez le prix. » Je lui offre une somme qu'il accepte.

« Eh bien, me dit-il, je vais vous y mener, mais auparavant il faut que vous me promettiez de garder le secret.

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— Certainement.

— Oh ! mais il faut être plus afflrmatif . Pensez donc, si on savait que je vous ai conduit vers cette tombe, j e serais en butte aux représailles des Indiens .

— Je te donne ma parole d'honneur que je ne dirai à personne le nom de celui qui m'a révélé cette, sépulture.

— C'est bien, alors. »

Nous partons, Juan et moi d'un côté, mon guide d'un autre, et nous nous rejoignons quand nous ne sommes plus en vue des tentes.

Nous pénétrons dans un vallon aride au fond duquel nous apercevons des ossements qui blanchissent au soleil.

Je m'approche curieux, mais ce ne sont que les restes de quatre chevaux tués sur le sépulcre du fils du cacique.

Nous commençons les fouilles. A environ un mètre de profondeur, nous trouvons des morceaux de bambou à demi pourris. En creusant encore nous découvrons un corps cousu dans un cuir de cheval peint et enveloppé d'étoffes bariolées. Nous ouvrons ce linceul étrange. Une odeur infecte nous prend à la gorge.

A la tête du cadavre nous trouvons un seau oxydé qui a dû contenir des aliments et le squelette

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