‹ Voyage en PatagonieChapitre 83 sur 100 · VISITE D-VN CIMETIÈRE · texte numérisé non relu

VISITE D-VN CIMETIÈRE

ron huit lieuea de Choiquenilahué. Mais mon guide a des scrupules. Il faut que je lui fasse bien comprendre que les cimetières où il me conduit

aËPDLTDRE irfliraÉNB AUX ENVIROKS de CIIDTQDEmLAHDÉ. —

abritent les restes d'une race très ancienne et absolument différente de la sienne.

L'homme cependant n'est pas rassuré et, n'était l'appât de la récompense promise, je crois qu'il me brûlerait la politease. 11 me désigne du doigt les

sépultures en détournant la tète et, prenant aussitôt son élan, il disparait dans une anfractuosité de rocher. ^

Il a sans doute la peur des sorciers qui, suivant une légende araucane, viennent la nuit tirer par les pieds ceux qui ont aidé à commettre un sacrilège.

Moi qui n'en suis plus à un sacrilège près, je m'aventure au milieu des ossements et des pierres tombales. Quand je dis pierres tombales, j'entends désigner les cailloux qui recouvrent les nécropoles patagones. Je découvre bientôt une sépulture assez intéressante qui est surmontée d'une sorte de rancho construit de branchages entrelacés. A l'entrée de cette tente mortuaire se dresse une gaule à laquelle on avait dû attacher anciennement un emblème ou un pavillon.

Si curieuses que fussent mes fouilles elles ne l'étaient certes pas autant que la figure de l'Indien qui de loin me regardait profaner ces lieux sacrés. Un renard suivait aussi avec attention mes recherches ; posté à dix mètres de moi, le pauvre animal, d'une maigreur apocalyptique, me regardait creuser: de temps à autre, je déchargeais sur lui une balle de mon revolver ; mais cela ne l'inquiétait guère ; il examinait au contraire avec intérêt

Page 1