‹ Voyage en PatagonieChapitre 90 sur 100 · RENCONTRE UN FRANÇAIS · texte numérisé non relu

RENCONTRE UN FRANÇAIS

LE 6 Mars. — C'est aujourd'hui que je quitte définitivement mon quartier général de Choiquenilahué. Au moment du départ le guide araucan que j'avais engagé pour me montrer la route jusqu'à Santa Gruz ne se présente pas. Je le fais rechercher dans toute la vallée, mais en vain. J'apprends qu'il a quitté le campement la nuit dernière. Peut-être a-t-il eu peur que je ne le fasse bouillir en route. En tout cas je m'étais assuré le concours d'un autre guide. Le vieux Galchalpera, qui connaît le pays, doit venir me rejoindre du côté du rio Mayo. Jusqu'à ce point Rio (c'est le nom de mon nouveau gaucho) connaît la montagne.

Je fais mes adieux à Don Eduardo et me mets en marche avec mes deux compagnons. Nous traversons le Rio Senguer, escortés d'Indiens qui

nous acclament et nous souhaitent bonne chance. Ils n'ont pas Tair terrible vraiment et je doute beaucoup que ce soient eux mes ennemis de la rivière Glaire. Je me retourne une dernière fois pour bien me pénétrer de la vue de cette vallée de Ghoiquenilahué, mon quartier général durant de longs mois... et en route pour le Sud.

L'expédition se compose de quarante animaux : vingt-huit chevaux et douze mules. G'«st, on le voit, une vraie caravane. J'ai aussi avec mol, et ce ne sont pas mes moindres auxiliaires, Lindo et Brasilera, auxquels est venue s'adjoindre une autre chienne perdue dans la Pampa. Je la baptise la Picassa, à cause de sa couleur noire et blanche.

9 Mars. — Après trois jours de marche, nous arrivons à la vallée du Rio Mayo. Nous avons dû, pour y pénétrer, traverser une immense pampa, déserte et uniforme.

Jusqu'aux approches de Santa Gruz, nous allons voyager dans un pays complètement inhabité. Les Indiens eux-mêmes ont déserté ces parages pour se mettre, paraît-il, à l'abri des représailles d'un bandit mystérieux qui rançonne toute la contrée et dont les vols sont aussi nombreux que les guanacos d'Araucanie.

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