‹ Voyage en PerseChapitre 22 sur 89 · partie est Zend · texte numérisé non relu

partie est Zend

Us sont réunis en nombreuses tribus , ou seulement par petits groupes de deux ou trois familles. Ils ne vivent presque que de laitage ; ils font du beurre, des fromages^ avec le lait de leurs vaches^ de leurs brebis ou de leurs chèvres. De la laine de leurs troupeaux ou de leurs chameaux, les femmes font des tapis et des étoffes d'habillement. Il est rare qu'on les rencontre dans le voisinage des villes ; ils s'en tiennent presque toujours éloignés , car ils affec*^ tionnent te lieux déserts.

Le Chah, pour faire honneur à l'ambassade, nous invita à une grande fête qu'il donnait sous les fenêtres de son palais d'Hafl'Dest. Nous étions étonnés de n'y voir ni les Russes ni les Turcs; mais on nous dit que le roi avait voulu qu'il ftA bien compris que la cérémonie avait lieu particulièrement pour les Français. Rien ne manqua à cette fête, les lutteurs, les danseurs de corde, les ours, les mâts de cocagne, les avaiQurs de feu et les danseurs. Le Chah fit jeter des poignées d'or à tous ces bateleurs qui se ruèrent dessus et s'arrachèrent tout ce qu'ils purent , à la grande satisfaction des assistants.

A cette fête en succéda une autre , dont le ministre des affaires étrangères fit les honneurs dans un des beaux palais de la ville. Ce fut un très-grand dîner auquel avaient été invités avec nous tous les hauts fonctionnaires, et plusieurs Khôns attachés au service du roi. Le repas fut très-gai, et nous fûmes très-cordialement traités par les Persans auxquels

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nous étions mêlés. La musique d'un régiment de la garde ^ qui n'était vraiment pas mauvaise , joua tout son répertoire pendant le diner. L'ordonnateur de la fête avait eu la bizarrerie de suspendre, par des fils invisibles, au plafond, un soldat assis sur un tonneau où il jouait du fifre; ce malheureux abusait des sons aigus de son instrument, et nous assourdissait. Pendant ce temps-là, des Pouchts^ ou jeunes danseurs, tournaient autour de la table, en dansant et s'accompagnant de leurs castagnettes en cuivre. Le bruit et le vin que les musulmans ne se refusaient pas, en grisèrent un grand' nombre, et plus d'un pouvait à peine tenir son verre quand la santé du Chah fut portée par l'ambassadeur.

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