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plus anciens, ceux qui sont d'origine achéménide, sont des monuments funéraires. Ils ont fait donner au lieu où ils se trouvent le nom de Kabrestân-Kauroûn ou cimetière des Çuèbres. Ce sont des caveaux creusés dans le roc vif, à quinze mètres environ au-dessus du sol. Il y en a ainsi quatre, dont trois font face au sud, et le quatrième regarde le couchant.
Postérieurement à la création de ces hypogées, des princes sassanides eurent Tidée de se servir des mêmes rochers pour la perpétuation de leur gloire; mais ils donnèrent aux monuments qu'ils y placèrent un caractère tout différent. Ceux-ci sont des bas-reliefs sculptés à la base dé la montagne. Il y en a qui se trouvent immédiatement au-dessous des tombes royales avec lesquelles ils n'ont évidemment aucune relation. La place n'a dû en être déterminée que par la plus grande facilité ou le plus beau poli que présentait le roc pour les exécuter. Ils sont au nombre de sept. Comme les voyageurs qui nous ont précédés, nous-mêmes, en arrivant sur ce lieu, nous n'en vîmes que six ; une fouille heureuse nous en fit découvrir un septième.
Afin de procéder méthodiquement à cette description, je commencerai par Tune des extrémités, celle de Test. Le pre*» mier bas-relief de ce côté se compose de quatre figures. La conservation en est parfaite, sauf quelques légères mutilations. Les parties recouvertes par la terre et qui ont été déblayées se sont produites intactes. Ce tableau paraît représenter une scène de famille. Au centre est un personnage qu'on reconnaît pour un prince, à sa tiare surmontée d'un globe, et aux bandelettes qui fiottent au-dessus de ses épaules. Le vêtement qu il porte est d'ailleurs le même que celui que nous avons eu occasion de décrire plusieurs fois déjà, à
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propos des sculptures de la même époque. La main gauche tient par la poignée une épée qui pend à son côté, tandis que, delà droite, il tend un large anneau ou diadème orné de bandelettes, que saisit un personnage placé à sa gauche.
A en juger par la coiffure de cette figure, qui consiste eh de longues tresses pendantes devant et sur les épaules, par son costume qui parait être une longue robe dont les plis amples cachent complètement les pieds, et dont les manches recouvrent les mains, à en juger surtout par les contours de certaines parties du corps, on doit croire qu'elle représente une femme. Ce tableau, qui parait rappeler ou un serment ou le partage d'une couronne entre deux époux royaux, est complété par un enfant placé entre eux. Ce petit prince est coiffé et vêtu à peu près comme le roi. Il porte une épée sur la poignée d(' laquelle sa main gauche est posée. — Nous avons déjà fait observer que dans Tun des groupes des sculptures de Tâgh-i-Bostan, nous avions acquis de fortes présomptions pour croire que Tune des figures est celle d'une femme. Nous aurions donc ici le second exemple de la représentation d'un individu du sexe féminin sur les basreliefs de Perse. Cette particularité se présente d'ailleurs trèsrarement, et il est remarquable qu'on ne la rencontre que sur les bas-reliefs sassanides. En effet, dans aucune partie des nombreuses sculptures de Per?épolis ou autres de l'époque antique delà Perse, on ne trouve une figure qui puisse être prise pour celle d'une femme. Cette observation, ou plutôt ce fait, est donc particulier a l'ère des Sassanides, et il tend à prouver que, lorsque ces princes régnaient sur la Perse, les mœurs avaient éprouvé une modification qui avait sans doute permis que les femmes fussent moins invisibles.
Oa peuty en effet, penser qu'elles ne vivaient pas dans une retraite aussi complète ni aussi sévère , puisque leur image pouvait se trouver exposée sur des bas-reliefs placés sous k|B yeux de tous. Peut-être faut-il voir là une des influences pi^oduites par la domination occidentale des Grecs sur les mœurs de l'Orient. — A gauche de ce tableau, et à la droite du personnage royal, en est un quatrième, vêtu comme celui-ci, mais coiffé d'un grand bonnet recourbé en avanl et terminé par une petite tête d'animal. Celte partie de sa coiffure a été mutilée; cependant, d'après les traces de contours qu'on retrouve, on peut croire que cette tête est celle d'un taureau ou d'un cheval.
Les mutilations qu'a subies ce bas-relief ont entamé les mains, quelques parties des visages, et surtout celui de la femme. Le soin avec lequel il semble même qu'on ait voulu faire disparaître celui-ci est une preuve de l'acharnement qu'ont mis à le détruire les Musulmans iconoclastes qui, tout en brisant indistinctement ces images par superstition où fanatisme, semblent avoir éprouvé une indignation plus grande en face de cette figure de femme. Quoi qu'il en soit, cette sculpture est, par le soin avec lequel elle a été exécutée, par le fini de ses détails, une des plus remarquables parmi celles de fépoque sassanide. Cest toujours à peu près le même caractère, le même style; et l'on voit, en les comparant toutes ensemble , que l'art , comme les mœurs et les habitudes de ces temps, est resté slalionnaire pendant la période de quatre siècles qu'a duré le règne de celte dynastie. Mais, comme, tout en suivant la même voie, il a dû se trouver nécessairement des sculpteurs plus ou moins habiles , c'est seulement à ces nuances de talent qu'il faut attribuer
la différence que Ton remarque dans Texécution de ces diverses sculptures.
Le second bas- relief, qui se trouve surmonté d'espèces (le créneaux, représente un combat entre deux cavaliers, m^ sont armés de toutes pièces. L'un, qui est à droite, reçoit un coup de lance qui parait le renverser, tandis que son^ cheval , blessé également ou ébranlé par le choc de celui de son adversaire , s accule et tombe sur sa croupe. Sous les pieds du cavalier de gauche est prosterné un guerrier mort. Derrière lui, un écuyer ou un page, dont on ne retrouve guère que la silhouette, tient une espèce d*étendard dont la forme nous parut nouvelle. Le haut de la hampe est croisé par une barre de même grosseur, aux extrémités de laquelle pendent des touffes ondulées qui ressemblent à des flocons de laine ou de soie, mais qu'il est impossible de définir plus exactement ; au-dessus de cette barre est un anneau surmonté d'une espèce de panache. Dans son ensemble, cette scène rappelle celles des tournois du moyen âge. — Entre quels personnages ce duel a-t-il lieu? Rien ne l'indique. Aucune inscription ne peut le faire connaître. On peut seulement admettre que ce sont rois ou princes. Le cavalier de gauche porte une coiffure qui consiste en une espèce de casque surmonté de deux ailes d'oiseau, entre lesquelles est un globe; et, comme on sait que cette coiffure est sassanide, on est autorisé à penser que celui qui la porte ici est un prince de cette race. Quant à Tautre cavalier, il parait avoir aussi la tête couverte d'un casque dont le cimier a la forme d'un oiseau; mais il n'a d'ailleurs aucune marque distinctive à laquelle on puisse le reconnaître.