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CHAPITRE XXXV

Querelle avec le Ket-Uiodàh. — Travaux et déblais à Nakcli-i-Roiistâm. — Découverte (l'on bas-relief. — Châtiment infligé au Ret-Khodàh. — Cadeau pour des yeux bleus.

J*é(ais occupé à étudier les diverses parties de ce tableau , quand je vis avec étonnement arriver à toute bride mon sais. Il venait en bâte, me prévenir que le ket-khodâh de Hussein- Abad faisait grand train au jardin que nous occupions , et qu'il s'était même permis de battre deux, de nos serviteurs. Je sautai de suite sur le cheval que Ton m'avait amené et me rendis au bâgh. J'y trouvai tout notre monde en rumeur. Voici ce qu'on me raconta : le ket-kbodâh s'était , dès le premier jour, imposé comme seul pourvoyeur de toutes les denrées dont nous avions besoin ; vendant tout au-dessus de sa valeur, on s'était adressé à d'autres. Les paysans donnaient à meilleur compte, et, en conséquence, on avait cru devoir ne plus acheter exclusivement au ket-khodâh. Celui-ci rayant su avait défendu à aucun do ses raïas de nous vendre la moindre chose; néanmoins il voulait maintenir ses prix.

Nos serviteurs n'avaient pas voulu se soumettre à ce monopole. Ils avaient mis en avant leur qualité de frenguis, pensant que leur indépendance, comme celle de leurs maîtres, serait respectée; il n'en fut point ainsi, et le ket-khodàh, passant de l'abus de son pouvoir aux invectives, puis des invectives aux voies de fait, s'était oublié au point de frapper deux de n^os domestiques.

Tous ces griefs avaient, dans l'isolement où nous étions,

une gravité réelle ; car, en Orient, une faiblesse en entraîne une autre, et à la suite un péril. Je ne pouvais donc pas céder; mais comme les ratas de Husseïn-Abad n'osaient enfreindre la défense de nous vendre, je donnai l'ordre à nos gens de ne plus rien prendre dans ce village , dussions-nous pourvoir à nos besoins en envoyant un homme à cheval dans l'un des autres bourgs de la plaine — la distance n'était rien ; — je ne doutais pas d'ailleurs que les habitants, quelle qu'elle fût, ne vinssent avec empressement nous approvisionner. — Ce qui importait, c'était de nous faire respecter et de ne point subir la loi brutale du ket-khodâh dont la conduite actuelle ne démentait en rien celle qu'il avait tenue à notre arrivée. Il ignorait à qui il avait affaire. J'étais bien résolu à maintenir notre liberté d'action , l'indépendâVice de notre bourse et le respect de nos personnes; d'un autre côté, toutes les fois que j'en trouvais l'occasion , j'aimais à prouver à nos gens que j'étais prêt à les soutenir, à les protéger, et à les venger au besoin. Eussent-ils eu tort, que, ostensiblement, je leur aurais donné raison et les aurais soutenus. On comprend en effet que ces gens, voyageant sans cesse avec nous, partageant toutes nos «fatigues , nos dangers , sans avoir en espérance aucune des satisfactions qui pouvaient nous at-

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tendre, aucune compensation même aux privations qu'ils enduraient avec nous, il fallait^ du moins, qu ils se crussent toujours placés sous notre protection. Nous ne les aurions jamais sacrifiés, et il était utile quils en fussent convaincus pour qu'ils consenassent le courage de nous suivre dans toutes nos pérégrinations. De plus, pour nous-mêmes, il y avait un grand intérêt à ce qu'ils n'eussent aucun motif de juste mécontentement; car nous étions dans leurs mains, ils avaient en leur possession nos bagages, nos chevaux , notre vie — nous étions deux , ils étaient cinq — la nuit, pendant notre sommeil , qui les aurait empêchés de nous faire subir le sort de Nadir-Châh, et de nous écraser sous le poids de notre tente? (7) Le jour, même, dans les solitudes sauvages que nous traversions, qui les aurait arrêtés s'ils avaient eu la fantaisie de se débarrasser de nous, en nous envoyant une balle dans la tête, ou en nous précipitant dans quelque abtme d'où personne assurément ne nous aurait tirés? — II fallait donc, d^une part, qu'ils nous fussent tant soit peu attachés; de l'autre, qu'ils nous craignissent; l'un et l'autre était salutaire. Aussi n'épargnai-je jamais rien pour acheter leur dévouement , comme aussi pour leur bien faire comprendre que, s'ils avaient jamais la fantaisie d'attenter à notre vie, il ne fallait pas qu'ils manquassent leur coup, car je n'aurais pas manqué le mien. C'était par des soins et des moyens semblables que nous étions arrivés tous, maîtres et serviteurs français ou persans, à compter les uns sur les autres, et à faire, en quelque sorte, une petite famille au milieu de laquelle il y avait réciprocité de dévouement. Je suis profondément convaincu que ce n'est qu'au prix de cet échange de procédés qui, d'un côté, étaient une autorité

bienveillante, et, de Tautre, de la soumission affectueuse, quç nous dûmes de faire heureusement, avec les mêmes serviteurs, les longues, pénibles et dangereuses courses qui ne demandèrent pas moins de deux années.

Dans cette circonstance, comme dans d'autres, je me montrai donc aansible à la brutalité exercée sur nos gens, tout autant qu'à Taffront personnel qui nous était fait. Je ne pouvais aller chercher le ket-khodâh dans son village, car je ne pouvais me compromettre au milieu de ses ratas : mais j'attendis Toccasion. Elle ne tarda pas à se présenter. Cet autocrate au petit pied vint effrontément ranimer la querelle, et dire hautement devant nous « qu'il ne souffrirait pas, tant que nous serions sur son territoire, que nous achetassions rien dans un autre village que le sien. » L'occasion était belle; son insolence me la présentait à point. J'allai à lui, et, tout en lui disant «que je comptais maintenir notre droit d'acheter où bon nous semblait, » je lui intimai l'ordre de quitter à Tinstant même le jardin et de ne jamais reparaître devant moi , sans quoi je ne manquerais pas de lui appliquer la peine du talion, c'est-à-dire que je le ferais bétonner, puisqu'il avait osé frapper nos gens. En disant cela^ je le fis pousser hors de notre ençeixile, de manière à ce qu'il comprit qu'il n'y avait pas à faire résistance. Le ket-khodâb voyait bien à mes façons d'agir qu'il ne fallait pas qu'il se fit montrer le chemin deux fois; il se retira. Mais ce fut en hurlant et en lançant contre nous tous de terribles malédictions. Il nous menaça de sa vengeance, en disant qu'il allait revenir avec ses raias. Cette menace ne m'épouvanta pas beaucoup. D'abord, parce que j'avais déjà appris à mépriser la populace persane, ensuite parce que [je ne pensais

pas que ce misérable ket-khodâh, qui avait voulu monopoliser et garder, au détriment de ses subordonnés, la vente des poules, des œufs, du vin, des fourrages, etc., dût trouver parmi eux une grande sympathie. Ils ne devaient pas être très-disposés à se faire casser la tête pour le venger. Cependant, comme il ne fallait pas se laisser surprendre, je pris quelques mesures de prudence : je fis charger toutes les armes; je posai une vedette du côté du village; et, après quelques autres dispositions pour rendre moins facile Taccès de notre camp , j'attendis. Nous n'étions plus que six , car Ressoul-Bek était à Ghiraz. — La journée s'acheva fort tranquillement.— La nuit, chacun veilla à son tour; — elle se passa de même, si ce n'est que l'un de nos hommes, ayant entendu du bruit dans les broussailles du jardin , lâcha imprudemment, et par peur sans doute, un coup de pistolet. Nous fûmes tous sur pied en un instant; mais nous reconnAmes qu'une troupe de chacals s'était glissée jusqu'à notre tente, et que c'étaient là les seuls ennemis qui eussent tenté une attaque nocturne.

Mais je reviens à nos antiquités ; les bas-reliefs sculptés à la base des rochers deNakch-i-Roustâm étaient assez complètement visibles. Cependant quelques-uns d'entre eux étaient plus près du sol que les autres ; ils étaient quelque peu cachés par la terre qui, de siècle en siècle, s'était accumulée vers leur partie inférieure. Nous avions pris à Husseïn-Abad cinq ou six hommes avec des pioches et des pelles, et nous les employions à enlever avec précaution la terre qui recouvrait les sculptures, de façon à les dégager complètement. Les fouilles, ou pour mieux dire, le découvremenl que nous faisions exécuter venait d'acquérir tout à coup un

intérêt plus grand. En voulant nettoyer la base du dernier bas -relief que j'ai décrit, la partie du roc située au-dessous s'était présentée avec des apparences de sculpture. Cette indication, quelque légère qu'elle fàt, pouvait trahir l'existence d'un second bas -relief enfoui et inconnu. C^en était assez pour que nous ne dussions point dédaigner cette trace et pour que nous fissions pousser plus avant le travail de la pioche. Le sol était presque aussi dur que le roc. Il fallait creuser un talus produit par les terres qu} s'étaient éboulées du haut des rochers , et qui , mêlées à des débris de pierres , s'étaient ammoncelées et durcies peu à peu depuis bien des siècles. Mais les efforts de nos terrassiers étaient encouragés par la révélation progressive d'un basrelief aussi grand que le premier, et beaucoup mieux conservé.

Ces hommes intelligents s'intéressaient , comme nous, au succès de cette découverte qu'ils étaient bien loin de soupçonner. Aucune génération^ depuis bien longtemps, n'avait connu Texistence de cette sculpture qui, à eu juger pat* son état de conservation, était enterrée depuis plusieurs centaines d'années. Malgré l'ardeur de nos ouvriers , leur travail était lent, à cause de la mauvaise qualité de leurs outils qui avaient de la peine à mordre la terre pierreuse et compacte. Cependant, après trois jours d'un travail opiniâtre, et après avoir creusé une tranchée de quatre mètres de profondeur, sur six ou sept de longueur, nous eûmes mis complètement au jour un bas-relief qui avait des dimensions égales.

Ce bas-relief, séparé de celui qui le surmontait par une bande étroite, représentait une soène semblable. L'exécution en était à peu près de même valeur, mais l'état de conser-

vaUoD daos lequel il se trouvait oe laissait que fort peu de chose à désirer. Celui-ci fait mieux comprendre les habitudes militaires ainsi que les armures qu'avaient les Perses de ce temps-là. Les coiffures seules sont mutilées et méconnaissables. Mais, autant qu'on en peut juger, elles sont du même genre que celles que j*ai précédemment fait con* nattre, et montrent que Tun des deux guerriers est aussi de race sassanide. La partie intéressante de leur ajustement esl celle qui couvre leur corps. Des traces d'écaillés, encore très-apparentes sur les épaules du cavalier de droite et sur celles du personnage foulé aux pieds du cheval de gauche, prouvent qu'ils avaient le haut du corps couvert d'une armure de fer. Des lignes parallèles, tracées tout autour de leurs bras et de leurs jambes, indiquent qu'ils étaient revêtus, soit d'une armure composée de petites lames qui laissaient, par leur mobilité, la liberté de tous les mouvements, soit d'un réseau de fer dont les mailles recouvraient les membres. Cette défense se rapproche beaucoup de celle usitée au moyen âge en Europe. Le milieu du corps était protégé par une espèce de cotte qui parait avoir été, non pas en mailles de fer, mais bien en petites écailles de ce métal , superposées et semblables à celles qui couvraient le haut du corps. La lance est leur arme comme pour les combattants du tableau supérieur ; un carquois plein de flèches est suspendu à Tarçon de leur selle à droite.

Il est encore de toute évidence, et constaté par ce curieux bas relief, que les chevaux de bataille étaient, comme les cavaliers, défendus, sinon par une armure, du moins par une sorte d'enveloppe qui couvrait tout leur corps et le haut de leurs membres. Cette enveloppe trahit les muscles de

ces animaux. Une ouverture que l'on aperçoit sur leur poitrail, avait sans doute pour but de permettre qu'on les en revêtit; après quoi on la fermait au moyen de boutons oa d'agrafes que le sculpteur a rendus très -apparents. A ces divers signes , on croit pouvoir penser que cette espèce d*armure ou de défense des chevaux devait être une sorte de housse en mailles de fer, ou une peau d'animal assez épaisse pour les protéger au moins contre les Qèches.

De tous les bas-reliefs de Perse , achéménides ou sassanides, celui-ci est le seul qui donne une idée à peu près complète de l'armement des Perses. S'il ne nous fait connaître que la manière dont s'armaient les guerriers de la seconde époque, il n'en est pas moins intéressant, et nous devons nous estimer très-heureux de l'avoir découvert.

Le cadre le plus remarquable de tous ceux qui forment cette série si curieuse et si intéressante, est le quatrième. Il ne se distingue pas par le luxe de la composition et la prodigalité des épisodes qu'il contient. Ici il n'y en a qu'un seul , * mais il est traité avec une force de dessin , avec une énergie de physionomie qui a quelque chose de sauvage , et qui produit une grande impression. Le sujet est celui-ci : Chapour ou SapoTj vainqueur de Yalérien, est à cheval et semble recevoir l'hommage de deux généraux romains dont l'un a la tête ceinte d'une couronne de lauriers; l'autre se prosterne et étend les bras devant le roi. C'est là tout le tableau, avec une figure dont on ne voit que le haut du corps et qui , placée dans un coin du cadre, représente un Perse imberbe.

L'exécution de cette sculpture laisse sans doute beaucoup à désirer; elle pèche ^ comme toutes celles que nous cou-

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naissons et que nous verrons encore, par le dessin, par celte raideur et ces poses conventionnelles, ou cette symétrie qu'on est en droit de reprocher à toutes les sculptures de ces moDu* ments anciens. Malgré ces défauts, je répéterai ce que je disais en commençant : que le sculpteur a imprimé à ce basrelief un grand aspect de force , de majesté , et quelque chose même de grandeur un peu barbare qui lui donne un grand effet. On remarque encore, il faut le dire, dans certaines parties de cette œuvre vraiment belle, une habileté qui ne peut permettre de douter du degré d'avancement de

Tari à Tépoque de Ghâpour. Ainsi, la tête de ce monarque, celle de son cheval et les têtes de Romains du premier plan, sont exécutées avec un art qui est déjà loin de ses premiers pas.

Le fond du tableau était couvert d'inscriptions pehivis qui , dans un nombre infini de lignes , relataient sans doute les faits qui se rapportent ou au règne de Cbapour, ou à sa . victoire. Malheureusement ces inscriptions sont bien effacées, et il n'a été possible d'en prendre que des fragments.

Le lendemain du jour où avait eu lieu la scène provoquée par le kei-khodàh, une occasion se présenta, à point nommé, de lui infliger régulièrement, administrativemenl, le châtiment que sa conduite lui avait si bien mérité. Le tils du hakim qui exerçait son autorité sur tout le district, était venu nous faire visite. Il s'appelait Nassoullah-Khân , et résidait avec son père au village de Hadji-Abad , peu distant de notre jardin. Après tous les compliments d'usage, après les offres de services les plus cordiales de sa part et de celle jde son père, il nous demanda comuicnt nous nous trouvions

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en ce lieu. jNous lui réponiilmes que nous étions fort bien, à TeKceplion de ce qui concernait le ket-khodâh. Il insista naturellement pour savoir quelle plainte nous avions à formuler contre lui. Il entra dans une grande fureur quand nous lui racontâmes ce qu'il avait fait, et, séance tenante, rayant envoyé quérir, il le fit bâtonner par ses ferrachs. Nous remerciâmes le khan de ses manières obligeantes , et de la protection dont il voulait bien nous honorer. Ce qu'il venait de faire prouvait, en effet, que sOn autorité était très-réelle sur les villages de la contrée, et que sa faveur nous était , acquise. Le châtiment public qu'il avait ordonné, connu aux alentours , ne manquerait pas de nous faire respecter des habitants. La conduite du ket-khodâh avait donc complètement tourné à notre avantage, et j'aurais été fâché qu'il ne l'eût pas tenue, puisqu'elle avait de telles conséquences pour Tavenir.

Mais voici un des traits distii.ctifs du caractère persan : le jour suivant, Tinfortuné chef du village de Husseïn-Abad vint, en suppliant, à la porte de notre tente, nous demander d'oublier sa conduite. Qu'on blâme, après cela , ces moyens expéditifs de la justice persane! Au reste, je m'attendais à cette démarche du ket khodâh , cependant je voulus être encore sévère, et persister dans mon ressentiment. Je le fis

chasser sans pitié. — De ce moment, personne de nous n'eut à se plaindre du ket-khodâh, il fut doux et poli, et se mit en quatre pour nous rendre service.

Ces diverses scènes de mœurs exotiques venaient se mêler à notre vie laborieuse, remplie ; elles en rompaient de temps à autre la monotonie. La dernière que je viens de raconter eut pour résultat de nous tranquilliser et de nous éviter les

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inquiétudes que nous aurions pu conserver sur nos gens et notre camp que nous abandonnions chaque matin pour aller, devant nos monuments , travailler jusqu'au soir.

Le lendemain du jour où les verges avaient fait justice , nous venions d'arriver à Nakch-i-Roustâm, quand une troupe de cavaliers se présenta devant nous. Un homme âgé, qui paraissait être le chef, mit pied à terre en se soutenant pesamment sur le sais qui tenait la bride de son cheval , et lui présentait Tépaule comme point d'appui. Il entra, avec la plus grande politesse et les manières aisées d'un homme bien élevé, sous Vhoftôb-guerden où je travaillais et où je m'excusai de ne pouvoir le recevoir plus convenablement. Il m'apprit qu'il était le hakim du district, et que c'était son fils qui était venu la veille nous voir au bâgh où nous campions. Il me témoigna tous ses regrets de la mésaventure que Nassoullah-Kliân lui avait racontée, et me dit « combien « il était humilié que le ket-khodâh d'un des villages soumis à (( sa juridiction se fût mal conduit à notre égard ; qu'il nous w priait de l'oublier, et que si nous croyions devoir lui dece mander une plus ample satisfaction, il serait heureux de c< nous la donner, désireux qu'il était de nous prouver (c combien il avait à cœur que nous n'eussions aucun mauw vais souvenir à emporter du district où il était chargé de « faire respecter les ordres du Chah son maître. » Je répondis au khân : « Que je trouvais le ket-khodâh assez puni tt par les deux corrections qu'il avait reçues. Que j'avais « tout lieu de croire qu'il se repentait de sa faute, et a que je ne demandais rien de plus pour la lui faire exce pier. » Le hakim m'avait parlé avec la plus grande bonhomie et l'air le plus simple du monde, sans paraître vouloir

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ineltre aucun prix au service qu'il avait pu nous rendre, lui ou son (ils, en faisant justice des insolences du ket-kbodàh. Mais, soit que la leçon leur fût faite, soit qu'ils voulussent faire preuve de zèle vis-à-vis de leur maître, les ferrachs rangés en cercle autour de nous ne cessaient de répéter « que nous devions bien quelque chose au Khân, et que « nous ne pouvions faire autrement que lui donner un fusil , ce pour prix de sa protection. » Cela Stait dit d'une manière assez détournée pour que.ije pusse faire semblant de ne pas comprendre ; j'en profitai et fis le sourd. — Cette surdité est souvent utile en Perse ; les insinuations ou les demandes directes y sont si fréquentes, quelquefois si ébontées, qu'il faudrait tratner après soi tout un bazar pour y satisfaire. — Nous causâmes après cela de toute autre chose. Mehemet-NaH-Khân, c'était le nom du Hakim, paraissait un homme intelligent et instruit. Il nous raconta plusieurs particularités relatives aux antiquités de cette localité, et nous renseigna sur tous les points où nous pouvions en trouver quelques vestiges. Il nous dit, entre autres choses « que les « Anglais avaient, quelques années auparavant, emporté beaua coup de pierres de Takht-i-Djemchid et qu'ils avaient dû i< très-certainement en emporter aussi beaucoup d'or, parce « qu'ils lisaient les inscriptions cunéiformes ou Guincha Nahrnèh qui leur indiquaient des tftésors enfouis autrece fois parmi ses ruines. » Le Khân nous fit promettre d'aller le voir, et nous répéta d'user de lui et de son pouvoir toutes les fois que nous en aurions besoin. Nous le saluâmes, enchantés de cette nouvelle connaissance qui pouvait nous être très-utile dans le cours de notre séjour à Persépolis.

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