‹ Voyage en PerseChapitre 53 sur 89 · CHAPITRE XXXVIU · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXVIU

ViflûteiiTs porsani . — Coup 4^ fiwiL t- Suite de ki deaeriptioii dea meaanieDlB.

FaJpr.

Nqs. diyer^. travaux d'oxplaration et d'apalysi^ se cpi^ir DQaieo,^ (}!ordinaii:e dai^ wq soUtUidte complète et dans Wi caln^ (i^QfoBd. D^» teo^K^à aJuAra un voyageur, traversant au iQJiq Ij^ pjaijQLei,; se détojgu:»ait d^ $Qa cb^iin et veaait^v^iv c^Si b^les^ r^^l^^ lyeç^çoiçM^^qii^'on aperçois d»^ quatre ou oin^ lieues m'amenaient donc, de loin en loin, quelques visit/^ura. Il ya «an» dkft qwe; c'çtaiwt toujours deç. Çejisans,.. Depwis loigtftwp* délia jie n'espérais, plu» vok ma retrait^ partagtje par uix EwrppéeA.. Je, rqwrqw^ai ^ug 1^$ Fersflms^ qe ina^q^aÀ^At jamais dp tout» exawiner, Qt qu'ite cberchaieuA à cqniiprendra. Ie^.ba8-reIie(s,qiM fixajiepfc priocipalc^uent Ijeijr attentijon. Us, exprimaiePit par leufs vq^ijA/ v(Ah! exclanjajioas d'élouner ment r^piél^e,^ rad.i»>jra,lip« qqe. leur iwpirai^fcceSiiniio;Wi-f. br^ee, ei;ul|)4iurw. Ile, vee^i^ut. toujours m^ saluer et cauow ayec Q^oi, XQi|t ai^. ex^uû^aot i^pn l,ravaî|, îjiB m^^ccablaw^l à» qu^tf P9S^W; Ç^ ruwee« W^ ce qji^ je. f0ieaw., w V^U^I^

4n YOYAGE EN PERSE.

des études auxquelles je me livrais. Ils ne pouvaient comprendre que j'eusse traversé les mers, que je fusse venu si loin de mon pays dans Tunique intention de retracer ces restes antiques. Ce qui redoublait encore leur surprise, c'était notre établissement sur les lieux mêmes, notre camp au milieu des ruines. Ils ne s'expliquaient pas le séjour prolongé que nous y faisions dans des conditions si peu commodes et si peu sûres. La conséquence qu'ils en tiraient et qu'ils m'exprimaient avec un certain orgueil , c'est qu'il n'y avait dans mon pays rien d'aussi beau , d'aussi grand que ces monuments. Avec la naïveté de gens qui ignorent les fruits et les besoins de notre civilisation, ils ne donnaient à notre voyage, à notre présence à Persépolis, d'autre but que le stérile désir de voir quelque chose de plus beau que tout ce qu'il y avait en France ou en Europe. Ils ne savaient point y découvrir un autre mobile, cette irrésistible passion du savant ou de Partiste qui les entraine à rechercher, même dans les débris en apparence les moins dignes d'attention, les traces d'un art qu'ils ont perfectionné, les origines d'une science dont ils ont hâté les progrès.

Au reste, je prenais moi-même plaisir à questionner ces visiteurs persans. Je les trouvais tous dans une ignorance complète au sujet de l'histoire de leur pays et de celle de âes ïnonuments. Leurs idées confuses se perdaient dans un pêlemêle de fables sans nombre rattachées à quelques faits. Ils attribuaient tous la construction de ce palais à Djemchid ; mais ils entouraient l'existence de ce personnage de tant de contes absurdes , ils donnaient à la durée de son règne tant de siècles, qu'il était impossible de reconnaître dans la figure qu'ils en 'traçaient rien qui rappelât un des princes dont les

historiens nous onl conservé le souvenir. Lee Persans aiment trop le surnaturel pour se préoccuper sérieusement de dégager les faits historiques du chaos des traditions fabuleuses. Les voyageurs que j'interrogeais ne savaient rien de précis ni sur l'origine , ni sur la destruction du palais de Persépolis. Tous, cependant, avaient entendu parler d'un conquérant nommé Iskander, et dans lequel je reconnaissais sans peine Alexandre. Si peu intéressants que fussent pour moi des récits où se trahissait toujours Tignorance profonde desPei*sans sur leur propre histoire, je ne m'en plaisais pas moins à consulter les rares visiteurs que le hasard amenait auprès de nos tentes. Dans notre vie monotone et solitaire, tout faisait événement, et la venue d'un étranger était une précieuse distraction. Aussi , ces Persans, quand ils étaient polis et discrets, étaient-ils les bienvenus. Je dois dire que presque toujours j'avais à me louer de leur discrétion comme de leur politesse. Pourtant, je me rappelle à ce propos une exception qui mérite d'être notée comme un des plus curieux incidents de notre séjour à Persépolis.

Un jour, une de ces grandes tribus nomades qu'on appelle Kara-Tchâder ou Tentes Noires, nom qu'on leur donne à cause de la couleur noire de leurs tentes , suivait le chemin peu frayé qui passe au pied des murs de Takht-i-Djemchid. La tribu, fuyant l'hiver qui arrivait, émigrait des plaines de la Perse septentrionale , et allait chercher dans le sud de nouveaux pâturages sous un climat plus doux. Elle était numériquement très- importante', et traînait à sa suite plusieurs troupeaux. De nombreux chameaux portaient, assis sur les tentes et les bagages de toutes sortes, les femmes et les enfants. Les hommes marchaient à pied à côté, un bâton à la

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main, lé fhsil âoatetiti à l'épaule p^t la bretelle; i^dët^bëistan^ d'entre eux, des Jedtieô géds, ^'éUitett séparée de la caravane , avaient gravi le grand eàcallër et étaièiii vetiijis visiter en passatit le Trône de Djemôhid. Après avoir échangé avec mbi ()delques paroles, ils tu'avaiefit quitté. Je les croyais partis , quand, regagtiant ma tente , je iâ Vils groupés autour de mon cônlpagnon, M Goste qui levait titi plan , et qui était très-contrairié en ce moment dé lédfs ittporttmités. Je criai à notre goultm , qui était à cÀté de M. Coste, de faire ranger ces genà et de lés rénvdyôr au besoin. Je n'eus pas plus tôt donné cet ordre, que je më Vis couché en joue par un de ces misérables , qui taë lâcha un coup de fusil à moins de vingt pas. Sa bàliè nd pdsâa pas loin, et alla faire un trou dans le tnnt derrière teôi. Jér ^dtai sur les fusils de nos hommes dé garde ; mais, par vite fatalité^ Ou plutôt par un excès de soin, ceux-ci avaient retiré l'àmorce afin qu'elle ne se mouillât pas. Aucune de ces armes n'était en état de faire feu^ et, pendant le temps qde je mettais ainsi à en chercher une, l'homtae qui avait tiré fuyait avec ses camarfdés^en rejoignant lé groà de la tribu qui était déjà loin. Cependant je ne voulais pas fâîsser impunie éôttë lâche agression i et ni^ërmpârant d'dn sâbrè, je me mis à dôtfrir âvtic ûéxnt âe mes homtnes â la ptfnrsdite de celui qui ^èn était rendu cotïpablé. fl avait trop d'avance sur moi. Après âVoir couru ainsi près d'Un iAlùiïtèttei voyant que je d'âVais à (liëd aucune chance de l'atteindre , je résolus dé me Venger M hasard stir sa tribu ; je saisisf le premier chameau que je via passer portant une lourde charge, et, malgré l'ôpposilton de ceux qui I accompagnaient, malgré lesi cris des femmes qui étaient pierchéts desôus, jô le fia conduire à mfon camp. J'espérais, ôil

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gardant cet otage d'une nouvelle espèce^ tjue, pour le ravoir, on oie livrerait le coupable. Malheareueement j'avais cofloplé 8ans lesfemmeSi qui n^avaient pas voulu s'en séparer^ etqin m'assourdissaient de leurs plaintes et de leurs lameatations auxquelles je ne comprenais rien^ Ces plaintes étaient trèsprobablement entrecoupées de mille malédictione et d'injures d'autant plus grossières qu'elles étaient pour moi inintellî-«gibles. Le chameau poussait des gémissements désespérée à la vue de ses camarades qui s'éloignaient* Au bout d'une heure, ma colère s'était calmée, et ce concert assourdissant devenait de plus en intolérable. Aussi me décidai^je à rendre le pauvre animal, afin de ne plus l'entendre beugler et soute* nir de sa basse le cH aigu des femmesi J'avais d'ailleurs l'espoir d'obtenir par un moyen plus sûr, une réparation directe de la part du chef de la tribu < Je pris le parti de lui envoyer notre ^outem, avec l'ordre d'insister pour qu'il fît, de manière ou d'autre, amende honorable. Notre courrier ne revint que le lendemain , porteur de respectueuses excuses du chef, qui s'engageait à punir le coupable. Je dus me coDtenter de celte promesse, ou plutôt de cette appa«rence de satisfaction. — Ce petit épisode détourna uH moment ma pensée des ruines que j'^étais venu visiter, pour la reporter sur les dangers qui menacent le voyageur français dans un pays où la France n'a pas de représentant; mais ce ne fut là qu'une distraction passagère. Mon attention se codcentra bientôt de nouveau sur les admirables monuments dont je n'avais encore examiné qu'une faible portion , et dont je voulais étudier l'enserableé

J'ai décrit le principal groupe de ruines qu'on rencontre au milieu des nombeux monuments compria sous hk (tésigné^

iîon commaDe de Persépolis. A côté de ce palais, d'autres palais s'élèvent, d'autres débris précieux appellent Taltenlion de Tarchéologue. Il me reste à faire connaitre ces monuments dans Tordre où ils se présentent.

En arrière de la magnifique colonnade qu'on rencontre après avoir franchi le grand perron de Takbt-i-Djemchid, on remarque les ruines d*un édifice qui a dû élre un palais d'habitation. Ce monument, de forme rectangulaire, est assis sur un soubassement élevé de trois mètres au-dessus du sol environnant, et construit en larges assises; quelques portes et fenêtres dont les chambranles et les linteaux n'ont pas bougé, sont encore debout. Ces baies, formées d'énor» mes pierres, ont pu défier la destruction, tandis que les portions de murailles comprises entre elles, et sans doute construites en petits matériaux, ont totalement disparu. Cest à peine si Ton en retrouve assez de traces pour reconnaître la distribution intérieure de l'édifice. Cependant, au moyen de fouilles pratiquées dans plusieurs endroits, il a été possible de reconnaître des indications plus complètes, et de se convaincre ainsi que ces ruines étaient bien celles d'un palais d'habitation.

Ce palais avait deux fagades sur lesquelles r^naient deux perrons à rampe double; leurs murs de soutènement et leurs escaliers étaient ornés de sculptures représentant encore des individus porteurs de présents, le groupe du lion terrassant le taureau, et les gardes armés de lances , avec trois tablettes d'inscriptions sur le mur du plus grand perron, et une au centre du plus petit. Au premier perron aboutissent deux escaliers de vingt-trois marches sur chacune desquelles est figuré un petit personnage qui semble monter

les degrés ; ces figares portent toutes un objet qu'elles paraissent vouloir offrir au royal habitant du palais : les unes tiennent sous le bras un chevreau, les autres portent à la main des vasesy ou sur leur épaule quelque chose difficile à définir, ressemblant assez à un coffret. L'analogie qui existe, pour Tornementation comme pour la disposition, entre ce perron et celui de la grande colonnade, se complète par les bas-reliefs qui en décorent le mur de soutènement: on y retrouve le groupe symbolique du taureau dévoré par le lion, accompagné de tiges de lotus fleuries, et entre les cadres d'inscriptions sont des doriphores armés de lances.

Au-dessus de la tablette gravée du centre, on aperçoit la partie inférieure du mihr ou ferouher^ représentation symbolique des deux divinités persanes Ormuzd et Mithra. De chaqne côté de cet emblème, était assis un animal dont on ne voit plus que l'extrémité des pattes semblables à celles du lion. Cette ornementation se trouvait complétée par la portion détruite du parapet qui bordait la terrasse du perron*, des tiges de lotus entrelacées formaient, de chaque côté, une guirlande gracieuse qui s'étendait jusqu'aux escaliers. On arrivait, par ce perron, à un portique formé de huit colonnes sur deux rangs; le profil de l'entablement , qui régnait le long de la partie supérieure de la façade, est indiqué par un refouillement dont la trace est encore visible au sommet des piliers d'angles.

Pénétrons maintenant à l'intérieur de ce palais : au centre est une salle carrée avec laquelle communiquent d'autres pièces plus petites. Cette salle étant encombrée de terre, nous la fîmes déblayer, et seize assises adhérentes à ce qui formait le sol de cette pièce, indiquèrent un pareil nombre

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