LES JUIFS
Débris flottans que Forage ballotte et ne peut submerger ; race* flétrie avant le temps par les ardeurs de l'hymen ; cosmopolites insinuans , sanguinaires , énervés , les juifs
fleurissent surtout aux lieux où la guerre, l'esclavage et le despotisme concourent à dégrader les hommes. Quand l'Europe était barbare , ils étaient ce qu'ils sont aujourd'hui: à présent qu'elle est civilisée, ils sont encore ce qu'ils étaient autrefois. Stationnaires , et garrottés à jamais par de folles superstitions, ils résistent aux idées nouvelles, appuyés sur ce qu'il y a de plus fort parmi les hommes ; je veux dire sur une religion législative..
Les juifs ne sont citoyens nulle part ; ils ne sympathisent avec aucune nation de la terre ; les plus grandes calamités , quand elles ne les touchent point , ne sont à leurs yeux qu'un spectacle ; et comme ils ne tiennent ni au sol , ni aux mœurs , ni aux lois , mais seulement à l'argent, ils. fuient devant l'orage, reparaissant avec le vainqueur , et procédant froidement à l'agrandissement de leur fortune au milieu 'lies cadavres et des ruines.
Ceux que la Pologne nourrit , portent en été une soutane étroite , d'une étoffe rase et luisante; en hiver, un bonnet de velours as-
séz semblable à un épais turban, et une robe fourrée que Serre autour d'eux une ceinture de laftie rouge , composent tout leur habillement. Ils laissent croître et flotter leur barbe et leurs cheveux. Une grande maigreur, de beaux yeux , un teint pâle ; dans le regard je ne Sais <jUoi d'avide et d'intelligent , $ont les traits distinctifs de leur physionomie. Sujets à la gale , sujets à la plique , maladie de tête qu'engendre la malpropreté , et dont la vue fait horreur , ils exhalent , en outre , une infection fade , particulière à leur race. L'étude de la langue hébraïque est la seule à laquelle ils s'appliquent ; ils ne s'adonnent à aucun exercice corporel , et ne pouvant devenir propriétaires quoiqu'ils puissent prendre des hypothèques , ils font du commerce leur seule occupation. Du reste , soit qu'ils habitent les villes, où tapis dans d'obscures échoppes , ils sucent la populace et empaumettt la noblesse, qu'ils saluent d'un sourire édenté ; soit qu'ils bardent tes grands <:hentins, où ils bâtissent d'immenses tavernes ,
temples sans bancs et sans vitres , dédiés à la famine et aux catarhes ; qu'ils soient riches , qu'ils soient pauvres , ils .naissent dans un repaire et meurent dans up haillon ; mais ils ne s'en regardent pas moins comme les délices du monde , et comme le noyau d'un grand peuple qui doit faire la conquête de l'univers, et que Dieu en personne prendra soin de gouverner. En attendant ils retournent les vieilles hardes , et rognent les monnaies.
Leurs femmes ont de la fraîcheur, la peau blanche, la bouche petite et dessinant une ancre de vaisseau , le nez aquilin, les yeux à la chinoise , beaucoup de gorge et les hanches plates. JE lies parlent du nez et vivent malproprement. On en voit dont les yeux lascifs lancent toutes les flammes du cantique des cantiques , la coiffure fait aisément distinguer celles qui sont mariées d'avec celles qui ne le sont pas. Ces dernières se parent de leurs cheveux qu'elles ornent de rubans et de fleurs; les autres les cachent
avec soin sous des bonnets garnis de plaques triangulaires de littge piqué qui leur, cour vrent lés oreilles , leur descendent pai* le mi-
lieu des. joues, et vont aboutir au menton; ces plaques sont toujours ornées de peFles fausses ou fines, rangées en lignes parallèles très- # serrées.
SUITE BU JOUHWAX.
Non loin du village dont j'ai pat^é, des Calmouks avaient allumé un grand feu qu'ils abandonnèrent un instant pour nous voir passer. Leurs chevaux dispersés *Utnslaplaine,4:owjours sellés et bridée , ne vivaient , pour <tim\ dire ^ que de ce qu'ils pouvaient tro«*ér &bttè la iieigè, iNous rencontrâmes anssi des' sofe^at^ tirés de la Circassie , où se harcelên t sans
relâche des barons que. le soleil ne vit, èncques sans cotte de maiUe 1 et sans paquets de cordes , car ne s'éloignent lesdits seigneurs 4e leurs* donjons que pour fondre à mauvais escient sur les vassales de leurs voisins j-gàr-
rvtter, charnellement envahir {celles, et comme pucelles aux Turcs les vendre. Nous vîmes plus loin de nombreux rassemblerons de Baskifs récemment arrivé^ de leur pays glacé. Leur chef, Tar tare mélancolique, nourri dans le mépris des chemises , nous fit dire que dans sa patrie les femmes portaient pour coiffure un grand cylindre d'écorce de bouleau , et allaient à cheval sur des bœufs ; ce que nous trouvâmes fort bon. Ces Baskirs , ainsi que les milices qu'on avait £ai* venir des bords de la mer Caspienne, portaient des bonnets de différentes couleurs v doublés de zibeline et garnis de longues oreillettes. Derrière eux , d'avides Géorgiens sortis des antres du Caucase, promenaient sur nos bagages des yeux pleins de convoitise; ils. obéissaient à un prince de leur nation', grand escogriffe basanné, qu'une robe de soie jaune et un caleçon de- même étoffe garantissaient mal des rigueurs de la saison 2 il avait pàiv couru la Mingrélie , où le» amans pris en flagrant délit paient un cochon , dont ils
vont manger leur part chez les maris de leurs maîtresses.
Ces nations , tributaires de l'empire russe > lui fournissent de petits contingens plus redoutables à l'ennemi par leurs déprédations que par aucune vertu militaire. Les Circassiens , toutefois , ne manquent pas de courage personnel. Nous ne vîmes dans leurs rangs que des hommes d'un âge mûr, l'idée qu'ils ont de la guerre leur faisant sans doute envisager la force du corps comme la qualité la plus essentielle an soldat.
Les officiers calmouk* et baskrrs nous firent remarquer qu'ils portent le sabre & la turque , c'est-à-dire le dos tourné en avant. Une dragonne d'or était la marque de leur grade , et du re?te rien ne les distinguait de leurs soldats. Ils professaient le plus profond mépris pour les autres nations asiatiques , mais c'était présomption pure , car elle* ne possédaient pas à un moindre degré qu'eux les attributs communs à tous les Tartares , la laideur , l'indolence et la saleté.
Nous fîmes sonner une montre à répétition à l'oreille d'un chef; il regarda aussitôt le dessus, le dessous et les contours de la montre , voulant, découvrir la cause du bruit qui l'avait frappé , la cherchant bientôt dans nos regards et dans l'air avec, des yeux où se. peignaient la surprise et l'admiration.
Celui-là du moins savait s'étonner , mais nous çn vîmes dont rien ne put émouvoir la dédaigneuse stupidité ; ils gisaient écroulés corarae des ruines, en butte aux invectives des Russes , tandis que leurs chevaux , dont le poil frise et se pelotonne comme de la laine, rongeaient Técorce des arbres.
Tel est l'empire qde 'la coûtante exerce sujr ces barbares , qu'ils en sont encore au carquois du temps de Tamerlap ,: s'ôbstinant à nier la supériorité des armes à feu sur les flèches légères qui soumirent à leurs aïeux les plus, riches contrées, de l'Asie^ .. Le 1 6 janvier ', .après avoir séjourné dans des villages riches où pauvres, d'un aspect agréable ou d'une hideuse laideur , selon
qu'ils étaient habités par des Allemands ou par des Polonais, nous entrâmes à Bramberg, . ville alignée , riante , et de quatre mille âmes environ. Parmi les habitans, les juifs seuls
nous montrèrent de la malveillance.
A Thorn , nous passâmes la Vistule sur un pont de bois de trois quarts de lieue de long. La ville est bien bâtie, et environnée de fortifications qui prolongent leurs angles dans * la campagne , comme les fleurons d'une couronne. Elle renferme neuf mille habitans.
Le 21 nous traversâmes Lymna , où nous vîmes une manière d'exempt auquel la nature avait donné de larges mains, et des traits ciselés d'une façon analogue à son état; il avait été" successivement loup de mer , rat de- ' cave et portefaix dans différentes provinces de France. Il voulut nous servir d'interprète, et nous dûmes à ses soins d'obtenir des chevaux pour nos bagages, au lieu des bœufs accoutumés.
Les chevaux de cette partie de la Pologne sont petits et hérissés de longs crins qui leur
donnent un aspect sauvage ; mais ils sont durs à la fatigue , et les frais de leur entretien ne montent pa$ à dix écus par an. À la voix de leurs maîtres ils s'animent et redoublent d'efforts , niais ils s'arrêtent court si on les bat. On ne les ferre point, on ne les panse jamais, et ils passent les nuits dehors , attachés à des arbres ou à des piquets. Chez les seigneurs, ces mêmes chevaux, par l'effet des soins dont ils deviennent l'objet, ne manquent ni de taille ni de beauté, tant il est vrai que la nature attend de la main de l'homme civilisé sa dernière perfection.
Les Allemands établis en Pologne ne se distinguent pas moins des indigènes par la fatigante lenteur de leurs habitudes , que par leur* physionomie et leur accent. Ils enseignent les sciences et exercent la médecine et lçs arts libéraux et mécaniques. Ceux qui font le commerce, entravés par les juifs, se hâtent de regagner leur patrie aussitôt que leurs travaux et une vie parcimonieuse leur ont procuré les moyens de se pourvoir d'un
petit champ qu'ils ombragent de hôubloit* d'une ; pipe d* écume de mër, d'un gobelet digne de la soif et de la main d'un Patagon i d'une bible à fermoirs d'argent , d'une horloge à carillon, et d'un gros poêle de faïence; Ceux qu'on a appelés popr défricher des terres , consolider des tnarais , ou cicatriser les plaies faite» à la population par là guerre * vivent en colonies * entièrement libres de toute redevance et de toute sujétion; La joie de ces colons n'est point gaie , ils gardent au cabaret le même flegme qu'à l'église ; mais leurs femmes ont l'humeur plus agréable* elles sont très-blanches et fort bien faites , et de plus bonnes pâtissières. On dit que par suite de la manière de yoir de leurs maris , elles peuvent cesser d'être fidèles sans cesser d'être honnêtes;