‹ Voyage en Sardaigne (volume 2)Chapitre 11 sur 193 · CHAP. III. — PISANS BT GÉNOIS · texte numérisé non relu

CHAP. III. — PISANS BT GÉNOIS

teurs (I), il fut convenu entre les deux nations que si l’on parvenait à chasser entièrement les Maures, le butin appartiendrait exclusivement aux Génois et la possession de l’île aux Pisans 5 le marché conclu , les deux républiques mirent sur pied la plus puissante armée navale qui eût paru depuis plusieurs siècles sur la mer Tyrrhénienne ; elle cingla vers la Sardaigne , où les Sarrasins , attaqués par les confédérés d’un côté et par les chrétiens sardes de l’autre, furent totalement défaits et chassés de l’île, en 1022.

Les Maures expulsés et l'ile délivrée , il fallut exécuter u> ctu««nt in le traité : les Génois, qui ne s’étaient pas attendus à un îoax* d* lU*’ succès si complet , trouvèrent leur lot trop faible et voulurent annuler le contrat, ce qui força les Pisans à recourir aux armes contre leurs alliés pour les chasser de la Sardaigne , et donna lieu à des guerres meurtrières et scandaleuses , pendant lesquelles le sang des chrétiens ne fut pas plus épargné que ne l’avait été. celui des musulmans. Selon le Cambiagi (2) , les Pisans divisèrent alors la Ua Piau ai- Sardaigne en quatre gouvernements: chacun eut pour Jàdiau.Ur ™ ^ chef un citoyen pisan avçc le titre déjugé. Mais bientôt ce malheureux pays fut attaqué de nouveau, en. 1050, par un autre -roi maure , que certains auteurs croient être Retour de Mu-

■ « .. - set, io5 o.

le meme Muset qui était venu cinquante ans auparavant.

Quoi qu’il en soit , ce musulman , après avoir fait un grand carnage des Pisans. et des Sardes, se rendit maître de l’île , à la réserve de la' ville de Cagliari (3).

Rupture entre eux.

(1) f'ajrez Tbosci, Annali Pisani ; Bekveiu’to de Imola, commentateur du Dante; Tristan Calchi, etc. , qui affirment Ce fait; tandis que le Foglietta, auteur génois, et Sigonius, nient ce contrat.

.(a) Cambiagi , Stnr. di Sard. , Vol. I , lib. tu , p. g63.

(5) Les historiens ne sont .pas d’accord sur les expéditions des Pisans contre les Sarrasins de Sardaigne; il paraît que Tronci ,

l« piun, prr- La nouvelle de celle invasion et du massacre de la nombreuse jeunesse qui composait la garnison de Sardaigne porta d'abord la consternation parmi les Pisans ; cepenpendant , loin de se livrer au désespoir, ils firent un dernier effort (1) , qui eut un heureux résultat.

La flotte, commandée par lePisan Gualducio, débarqua ses troupes près de la ville de Cagliari , qui tenait encore , et auprès de laquelle sedqnna la bataille. Celle-ci fut enfin décisive : les musulmans, pris entre les Pisans, les assiégés n-Oiitri Rriuel la flotte, furent défaits et mis en fuite. Muset, atteint

de deux blessures, tomba au pouvoir des vainqueurs, qui le conduisirent sur le continent, 'et de là à Pavie, où il mourut dans les fers (2).

auteur des Annales de 'Pise , a voulu , en grossissant les événements, relever la gloire de sa nation ; d’un autre côté, M.Sismondi, dans ses Républiques Italiennes , parle seulement de la guerre que firent de concert |es Pisans et les Génois, et qui finit en ion.

Sans admettre tops les faits que cite Tronci , il me semble pour- ' tant bien singulier qu’il puisse confondre ou inventer deux vie*

toires, d’autant plus qn’il donne des détails sur l’arrivée des troupes victorieuses à Pise. ( Payez Tsoxci , Annali Pisani, p. 1 1, année 1014, et p. i3, année 1016; plus, p. 14, année îoTty époque à laquelle il rapporte la, victoire obtenue par les Pisans et les Génois.);

(1) M. Sismondi, qui , dans son ouvrage sur les Hépubliques Italiennes, parle de cette expédition, cite, parmi plusieurs seigneurs pisans qui voulurent y coopérer, des Sismondi , des Sardi , etc. ; parmi les sujets de la république de Gènes, un Malaspina di Lodigiano, et un Centilio de Muttica, Kspagqol. (Sismoxdi , Re'pub. liai., vol. i, p. 049.)

(a) Je ne conçois pas comment ce Muset reparaît à cette époque, puisque quelques historiens affirment que , dès sa défaite, en nm, il avait été fait prisonnier, conduit en Allemagne, et présente à l’empereur Henri II. Tout porte à croire qu’on a donné le nom de Muset, ou Musat, à différents rois maures -. sans cela, comment concilier l’apparition et la captivité du dernier en io5o , sien io'JS il avait été fait prisonnier, conduit en Allemagne, et présenté à

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