CHAP. IM. — PISANS BT GÉNOIS
Suivant Sismondi , Gualducio, h avec l’autorité de la « république, partagea alors l’île entre les confédérés. Les « Gherardesca eurent en fiefs les environs de Cagliari-, les « Sismondi , l’Ogliastra ; les Génois , Âlghero ; le comte « Muttica , Sassari ; et les Malaspina , les montagnes. Le,
« reste , ainsi que Cagliari , fut sous la domination îmmé- « diate de la république de Pise (1) ».
Si nous en croyons l’historien Vico (2), dès l’an 517, Differenu»v«un juge , nommé Comida , gouvernait les deux provinces ^urde’lvùXd’Arborée et de Torres ; mais cette opinion est, avec ““enld“^,ul‘' raison , vivement combattue par le Gazzanô (3). Celui-ci , traitant ce Sujet fort au long, nous apprend , 1®. d’après l’autorité du Muratori, que le titre déjugé était, dans le
l’empereur Henri II? Comment, d'ailleurs, le vrai Muset, mort en io45, d’après les recherches ultérieures de M. Desnojers , aurait-il pu reparaître sur la scène en io5o? Ces contradictions proviennent de la grande disparité qui existe entre les récits des annalistes pisans et génois ; on peut , au reste, sans entrer dans de plus grands détails, considérer la Sardaigne comme ayant été envahie à plusieurs reprises par ces Barbares , venus les uns d’Afrique , les autres d’Espagne, ou peut-être encore de Sicile, pendant les cinquante premières années du su* siècle. Telle est aussi l’opinion de M. le baron Manno. On pourra consulter, sur ce sujet , le savant ouvrage de M. Reinaud, membre de l’Institut, cité ci-dessus, et un petit opuscule de mon compatriote Mr. David Bertolotti, intitulé gli Arabi in Italia. Turin, i838. Mais celui qui doit apporter le plus de lumière siy les invasions des Sarrasins dans l’Europe méridionale , c’est sans doute le beau travail de M. Desnojers , qui fut dernièrement couronné par l’Académie des Inscriptions, et qui se trouve actuellement sous presse. ‘
(1) Sismondi, p. 35o. Cet auteur cite à ce propos, dans sa note 1 de ladite page, les Annales de Lorenzo BonicOntri, fragm. ap. Muratori, Ber. ital. script., t. III, p. 4°'- (Ce fragment est rapporté dans la Vie de''Gelase //.)
(a) Hist. gen. de la Isla y reynode Sard., part. 1, cap. 11, p. ai.
(3) Stor. di Sard., lib. 111 , p. 363.
temps, synonyme de celui de comte; 2°. que l’établissement de cette charge en Sardaigne date au moins de 865 (1). ’ ■ .. .
Malgré les doutes relatifs à l’époque de l’établissement des juges en Sardaigne (2) et à leur origine pisane , il n’en est pas moins vrai qu’en devenant maîtres de l’île, les Pisans partagèrent le territoire entre les quatre judicats (3) de Cagliari, de Logudoro, d’Arborea et de Gallura, ou plutôt qu’ils conservèrent ces divisions , très probablement déjà établies avant eux , en donnant de nouvelles iavestitures aux juges qui y gouvernaient, ou en élevant à cette dignité des seigneurs pisans déjà puissants à cette époque. Uné cinquième province paraît avoir été formée de l’Ogliastra : elle fut, selon l’auteur des Républiques italiennes, donnée à un membre de sa famille , dont les des-
(i) Dans la vie du pape Nicolas I", Atliaoase, bibliothécaire, dit :
Circiter annum 865, retationes venisse apud judices ipsius insulœ cum populo g ubernationibus suis sulijecto, cum proximis , ac sanguinis sui propinquis incestas et illicitas conlraherent nuptias.
Quare illuc legatos pontifex misit, ut hujusmodi morbo medicinam nfferrent.
En observant l'état politique de la Sardaigne, depuis le règne de Justinien jusqu’à l’occupation des Maures , on est tenté de croire que cette île fut souvent abandonnée aux gouverneurs, préfets ou juges, que nous avons vus dépendre des prêteurs d’Afrique, tel que Zabard, qui vainquit, en 5g4, les Sardes idolâtres. Ces juges ensuite, abandonnés à eux-mêmes, auront fini par commander eu maîtres dans leurs gouvernements.
(a) Voyez ce’qu’à dit à ce sujet , avec beaucoup de critique, M. le baron Manno, dans son Histoire de Sardaigne ; il peuohe à croire que l’origine des juges doit se rapporter à l’époque des deux invasions de la Sardaigne par les J.ombards et par Içs Sarrasins, mais surtout à celle de ces derniers.
{5) Pisani, reparata et reformata insula, diviserunt eam in quatuor partes quns appellarerunt Judicatus, etc. (Ex Comment.
Benvcnuti de Imôlain Comœdiam Daniis.)