‹ Voyage en Sardaigne (volume 2)Chapitre 13 sur 193 · CIIAP. III. — P1SANS ET GÉNOIS · texte numérisé non relu

CIIAP. III. — P1SANS ET GÉNOIS

cendants, oubliant leur origine pisanc, se livrèrent aux Génois et en obtinrentle droit de bourgeoisie. Toutefois, comme cette province, ou principauté, ne figure point parmi les grands judicats, je me contenterai d’en faire ici mention , pour m’étendre davantage sur les quatre Autres, qui sont plus connues.

Les juges de celles-ci s’arrogèrent souvent le titre de rois, comme on le voit dans plusieurs diplômes de ce temps , ét ils finirent par se rendre indépendants. Ils entrèrent dans les querelles qui eurent lieu entre les Génois et les .Pisans , et sé firent même fort souvent la guerre entre eux.

Quoique l’histoire de Ces juge? présente assez d’intérêt pour mériter d’être rapportée , j-’ai pensé qu’ils n’dnt pas , en général r joué. un rôle assez important sur la scène du monde pour m’arrêter à ehacun d’eux. Cependant , ne pouvant les omettre, puisque leur gouvernement fait partie intégrante de l’histoire de l“lc , j’ai cru devoir en former des tableaux chronologiques à la fin de ce chapitre.

Les fils ne succédaient pas toujours à leurs pères dans les charges dé juges. Par suite des quertfles sans cesse renaissantes entre ces chefs, les revers alternatifs des deux partis pisan et génois compromettaient ces petits souverains, que leur penchant et souvent la nécessité faisaient déclarer en faveur de l’un plutôt que de l’autre. Les juges du parti vaincu étaient souvent expulsés , remplacés , et même quelquefois mis à mort (1).

Quelques juges paraissent avoir été élus par le peuple de leurs provinces; au reste, l’on pense bien en quel état dut être Pile sous de pareils maîtres, qui, trop grands

ions tur ces gouvernent.

(i) Jean, juge de Cagliari,' ayant été vaincu par François Conti # fut mis à mort après avoir été en butte aux insultes d une soldatesque barbare. (Cambiagi, lib. in., p. 1 1 8.)

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pour vivre sans ambition , et trop petits pour restet indépendants, n’eurent guère que les moyens de nuire, et ne s’occupèrent de leurs sujets què pour en faire des soldats.

• Quant à leurs relations extériéures , ces juges éprouvèrent le sort de tous les petits princes : caressés ou menacés , selon les circonstances , plusieurs d’entre eux figu- ’ rèrent par leurs alliances avec les principales maisons de • l'Europe; ils prirent même avec plusieurs souverains un ton de fierté souvent peu en harmonie avec leur situation et leur faiblesse réelle (1).

i/-s juge. Une grande preuve de la dépendance de ces juges est ...oiinair en s!.r- l’absence totale de monnaies frappées à leur effigie. Quelles que soient les démarches^et les recherches faites à ce sujet,

. il a été jusqu’ici impossible d'en trouver. Les monnaies

courantes , à, cette époque , étaient celles des deux républiques de Gênes et de Pise, qui apparemment avaient intérêt à empêcher que l’on n’en frappât en Sardaigne (2).

( i ) Les personnes qui désireront avoir nnc idée de 6c que j’avance pourront lire la relation de l’ambassade que Philippe d’Anjou envoya, l’an 1 5y8 Hugues, juge d’Arborée. (Voyez Notices et extraits des manuscrits de la Bibliothèque du Roi, t. I. Paris, de l’Impr. Royale, 1787, in-4*.

(1) La seule monnaie frappée en Sardaigne pendant l’époque pisane qui me soit tombée dans les mains , en vingt années de recherches dans 111e, c’est une pièce en argent , de la grosseur d’un double franc, mais très mince, ayant sur une face un aigle avec la légende : Frcdéricus imperalor, et au revers une croix entourée de deux cercles, avec ces mots : Facta in villa Ecclesiœ... Pro communi Pisano. J’ai vu une de ces pièces, il y a quelques années, dans les mains de D. A. Corias, propriétaire de cette même ville d’Iglésias, où elle fut d’abord frappée, puis trouvée dans la terre. M. le chevalier D. Luigi Raille, mon savant confrère, dont il sera plusieurs fois question dans le cours de mon travail , en possède un autre exemplaire dans la riche collection numismatique qu’il a réunie à.Cagliari.

Celte monnaie fut décrite par feu M Georges Y uni. mais clic

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