‹ Voyage en Sardaigne (volume 2)Chapitre 133 sur 193 · CHAP. II. — CHARRUE · texte numérisé non relu

CHAP. II. — CHARRUE

C’est également le buris de Virgile :

Gontinuo in silois magna vi Jtexa domatur

In buriro , et curvi formam accipit ulmus aralri.

(Georg., l.i.v. 169.)

La pièce d'est indubitablement l’/m&ivr des Grecs, et le temo des Romains. On l’attache ordinairement au ÿjdug,, paj le moyen d’une longue Courroie qui faif plusieurs tours , et qui correspond très bien au /tinÇt > des Grecs : cette courroie porte en Sardaigne le nom de loru , dont l’origine n’est pas douteuse (1). . .

Le dentale sarde (£>) ne saurait être méconnu pour l’«A»^« «p d’Hésiode, quoiqu’on l’ait souvent confondu avec l’age J’ai lieu de croire que les personnes qui partagent l’opinion de Heyne sur l’interprétation du passage de Virgile :

Binas aures , duplici aptantur dentalia dorso .

( Georg ibid., v. 17a.)

11e verront pas sans intérêt ce dentale.

La stiva (h), qui a également conservé son nom latin , Mmch. est certainement l’igtrA* des Grecs.

La pièce i appelée manuzza et manile correspond par son nom et par son emploi à la manicula des Romains. M. Mongez , à qui l’on doit une très savante dissertation sur les charrues anciennes, fait observer que c'est apparemment de cette manicula , nommée aussi capuhts, que veùt parler saint Justin dans son discours à l’empereur Antonirt-le-Pieux , lorsqu’il signale une croix dans la charrue aussi hien que dans le gouvernail des vaisseaux (2).

(i)royei le joug attaché au timon du chariot , Fig. 4 e^5, même Planthe.

(i) Voyez Mémoire de i Academie des Inscriptions et Belles-

En résumé, nous retrouvons ici dans tout sot» ensemble la charrue que les Romains employaient dans les terrains pierrpux et légers. ( Voyez Columelle, Palladius, etc.) •

Mod. Je portür Je ferai encore observer que, jusque dans la manière transporter l’araire sur le lieu du travail, et de le rapporter le soir au logis , nous trouvons la même ressemblance entre les coutumes du Sarde actuel et celles des anciens Romains. Le laboureur le porte lui-même sur ses épaules (1), ou bien, et c’est le cas le plus ordinaire, il lé pose sur le joug des bœufs en sens inverse , de façon que le timon traîne à terre (2) : allusion. frappante au passage d’Ovide , qui , voulant parler de l’eBtrée de la ' nui) , s’exprime ainsi :

Temput erat, quo versa jugo referuntur aratra. • ,

(Fist., lib. v, v. 497.).

Lettres, année i8i5, t. II, p. 616. Ce mémoire ne saurait assez être consulté par ceux qui désirent connaître les instruments ruraux des anciens. J’engage également le lecteur à lire une très savante dissertation de feu M. le professeur Giobert de Turin, insérée dans le vol. XXIII des Mémoires Je T Académie des Sciences de Turin, p. 5a. Sj je ne rsuis pas toujours de l’opinion de mon savant compatriote , qui retrouvait la charrue des Géorgiens dàns celle de notre pays, c’est qiie nous partons de denx points différents^ A ' ■* ' ' ’

(1) Si les roues et le train qu’on voit sur la tête du guerrier sarde, représenté 'par MM. Winckdman ét Barthélemy, et dont nous donnerons un dessin réduit, dans l’atlas de la partie des antiquités , n’étaient pas regardés comme des pièces ajoutées dans les temps modernes, nç pourrait-on pas voir, chez les agriculteurs sardes d’aujourd’hui, un usage analogue à celui de leurs pères?'

W/V.n"II,./îg.3. ... ’ * *•’

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