CHAP. ,11. — CHARRUE
ou bien à ces autres vers plus connus encore i
Videre fessot vomerem inversum baves Colin trahentes languido.
(Hoiiat. , nii. i lib. JSpod.-v. 63, 64.)
Aspice , aratra jugo referunt suspensa juvenci ;
Et sol cresccntcs decedcns duptlcat ambras.
{ Vue. , ecl. 11, v. 66.
Je termine ici cette comparaison , qui m’éloigne trop des bornes que je me suis prescrites dans cet ouvrage. Je laisse donc aux lecteurs curieux de l'antiquité le soin de rapprocher l’araire de la Jig. 2 de Vqratrum auritum des anciens , persuadé que des dessins tels que ceux que je présente dans l’atlas expliqueront ce sujet plus clairement .que ne le feraient toutes les dissertations possibles.
Quoi qu’il en soit de l’origine de ces instruments, on ne peut nier qu’ils ne laissent beaucoup a désirer dans l’état actuel de l’agriculture. Au reste, je ne prétends pas, à l’exemple de quelques uns de mes compatriotes, vouloir imposer au laboureur sardç une dé nos immenses charrues piémontaises, et exiger sous le 40* d . de latitude , dans Vin sol de la nature de celui de la Sardaigne , un genre de culture pratiqué sur les bords du Pô et dq l’Adige.
L’araire, qu’on trouve aussi en usage dans les provinces méridionales de la France et dans plusieurs autres* contrées , a des avantages qui méritent d’être appréciés , principalement en Sardaigne. Mais les deux charrues de cette île ont le soc trop petit , et n’ont pas de coutre. Celles de Cagliari manquent d’oreilles ; le 'manche n 'est pas assez long, sa forme est incommode, et il n’est p^s convenablement placé par rapport au sep,. ' .' ■ . ;
Les pièces e et f, donnant quelque facilité poorchanger l’angle que forme le soc' avec, l’âge ,.p$rtRettent au ciiltr- * valeur de fouiller fa terre un peu plus -profondément.
Utilitf Je te-
lire.
Défaut* Je Valire tarde.
Animaux cm-
ployé..
398 LIVRB-V. AGRICULTURE.
mais il n’en est pas ainsi de la stiva , qui n’est pas mobile , et qui se trouve dans une position peu favorable au maniement de l’instrument. C’est pourquoi je pense que les Sardes feraient bien d’adopter la stiva de la charrue piémontaise et lombarde , qui est fixée obliquement , et qui forme avec le sep un angle de 20 à 2$“.’ La stiva ainsi placée leur offrirait le grand avantage de rendre l’instrument d’autant plus maniable qu’elle serait plus longue, et, de plus, elle permettrait au cultivateur, alors plus éloigné de ses bœufs, de mieux découvrir lé terrain qu’il doit parcourir. -
Je ne saurais finir cet article sans faire remarquer que la stiva sarde, avec la manicula, formant là longue çpée de la charrue, paraît expliquer d'une manière asset satisfaisante le passage de ColumeUe qui prescrit de choisir des laboureurs de haute taille, quia in arttndo stivœ pene rectus innititur (1).
En effet , la charrue sarde est très difficile à mouvoir et à soulever, à cause de la hauteur du manche qui se trouve à l’extrémité de la stiva , et qui ëst le seul point par lequel on puisse la saisir.' ‘La stiva placée obliquement n’offre pas, à beaucoup près, le même inconvénient, car, faisant alors fonction de levier, le cultivateùr ne la saisit pas toujours à son extrémité, mais bien là où il le juge plus commode , et il fait un moindre effort , en sens inverse, *pour soulever. la chprrue.
Les animaux employés à la culture de la terré sont les bœufs, les Vaches, et quelquefois Jes jeunes taureaux; l’pn attache ordinairement à la charrue une seule paire
décès animattx, et très rarement deux paires. Les chevaux
■ -(t) Cou , lib i , ç*p. 9. • • *
CH AP. Il» •— r— ANIMAUX ATTELÉS. 3Ô9
elles ânes n’y sont presque jamais attelés (1),' et -les mulets
encore moins. • . - .• • - - 11
Le laboureur fixe'.ordmairement les rênes au sommet du manche de sa charrue, qu’il tient d’une qiain , et même souvent des deux lorsqu’il la soulève. Il est de plus armé d’un bâton , dont un bout.cst muni d’un aiguillon , tandis que l’autre est garni d’une petite palette de fer, destinée à découper les racines et à rompre les mottes de terre (2).
Cette palette correspond exactement à la ralla de Pline (3) :
Purget vomerem subinde stimulus cuspidalus ralla.
Les autres instruments agricoles sont la pioche , le pic , la bêche et la houe non dentée. Celle-ci a retenu son ancien nom de marra , marrone (4) -, la bêche n’est guère connue que dans les environs d’Oristano ; les habitants s’en servent avec assez d’adresse pour creuser des fossés de clôture qui , dâns ce canton humide et argileux, tiennent Heu de haies,- • .
Le chariot des Sardes (5) est au moins aussi ancien que Chariot. ’ leur çharrue ; il est divisé en deux parties (6) , qui sont simplement posées l’une sur l’autre. Les roues sont fixées à l’axe , qui roule entre deux pièces échancrées ; elles sont pleines, et formées de trois morceaux de bois joints en-
(i) Depuis quelques aimées, ou attelle quelquefois tics clievanx à la charrue dans les environs d’Oristano, mais ce n’est là encore
qu’un simple essai venu naturellement du besoin .d’utiliser çes /
animaux destinés an charroi, et devenus momentanément oisifs par
la stagnation qui eut lieu pendant quelque temps dans le commerce ,
des grains. les chevaux ont repris maintenant Iburs anciennes
fonctions , ét les boeufs sont retournés à la charrue
(а) PI. ll,yîg.j,,a.
(3) Hi IL nat. , lib. xvm, cap. 19.