‹ Voyage en Sardaigne (volume 2)Chapitre 140 sur 193 · GH AP. III. — HAIMNS · texte numérisé non relu

GH AP. III. — HAIMNS

antina de Angiulus, galoppu, apesorgia bianca, museatellô (muscateglio), muscat <f Alexandrie , passe-longue, musquée. •

> ... Raisins blancs à gtains ronds.

Muscadeddu (muscat blanc ) , malvasia , rarnaccia, carnacda'(ota’g7<a/7u«:aa) , semidànu, manzèsu, arreraùn- >> giàu, sarravèsa , arbumannu, bianchedda, arrettallàu (variété sauvage).

* On cultive rarement le muscat noir, connu sous le nom de muscadeddu nieddu. ' . . . • ' -

Les variétés qui servent au dessert sont : apesorgia niedda, axina de très blas, A. (Je Gerusalem, merdulinu, rosa , galoppu , apesorgia bianca , muscadeddu , muscatellô, arrettallàu, "arbumannu, bariadorgia (1). •.*; •

Les vins sardes qui approchent de cetix d’Espagne sont : canortnàu , monica , girô , nascu , muscàu , malvasia et rarnaccia : ce dernier* qui est blanc et très clair, a quelque chose des vins du Rhin. > \

Ces vins sont les plus estimés dans llle ; la malvasia de Bosa et celle de Pirri et de Quartu passent pour les meilleurs vins et les plus- salutaires. Le mélange de plusieurs espèces de raisin blanc et rouge forme uut vin d’excellente qualité qui est plus ou moins coloré, suivant la quantité des raisins qui le composent^ Cependant, lorsque le raisin blanc domine, le vin acquiert beaucoup plus de force. . • ,

La malvasia , le muscatellô , la bianchedda et l’occhio dirana, qui mûrissent les premiers , sont cueillis dès la miseptembre. Quinze jours après , ori vendange les autres

(i) Variété particulière à Sassari. , - - i •- » *

r^isius de choix , principalement le girô , ensuite tous ceux qui retient. , . , i .

Le mode de cuvage varie considérablement dans chaqub canton , et on peut même dire dans chaque propriété»

Les vins sardes' se conservent assez bicri, et acquièrent même , avec le temps, un goût aromatique qiii lepr donne de la similitude avec ceux d’Espagne et de Sicile. En général , les vins fins. soutiennent bien la mer, et gagnent beaucoup à êtfe transportés sur le continent; on les met dans de grandes bouteilles qui contiennent quinze litres .environ. Six de ces bouteilles forment une caisse dont le prix commun est de 60 francs, tous frais compris. Les' vins plus communs sont transportés en futailles.

Peu de-çontrées en. Europe conviennent autant que la Sardaigne à la culture de l’olivier , si l’on en juge du moins par les progrès rapides quelle a faits depuis quelques années (1% et par la quantité prodigieuse d’oliviers sauvages qui croissent dans toutes les parties de l’île.

Les environs de Sassari et de Bosa sont maintenant re- > nommés par vF abondance et la bonne qualité de 'leurs huiles , qui peuvent soutenir la concurrence avec celles de la Provence et de la Calabre. . • .

Tous les terrains ne sont pas cependant propres à ce genre de culture, et toutes les espèces d’oliviers ne prospèrent pas également dans le même lieu : c'est pourquoi

(i) Le gouvernement actncl a singulièrement encôuragc cette culture. Un décret royal , promulgué pendant le séjour de la Camille régnante dans 111e, accorde des titres de noblesse à tout particulier qui aurait planté et cultivé une quantité déterminée de ces arbres.

Feu S. E. le marquis de Villermosa a fait, il y a une vingtaine d'années , une plantation de dix mille oliviers et amandiers dans sa campagne «l'Orri , et ces arbres ont parfaitement réussi.

'CBAP.* Ht. — OLIVIBHS. ' 417

l'on a soin , quand on feit une plantatidn de ces arbres 'utiles,, de tirer les jeunes plants de lieux analogues, par leur position et lèur nature , à ceux où l’on veut les placer.Cette attention est principalement nécessaire pour les cantons voisins de la mer.

» Jusqu’à présent, il ne m’a pas été possible de me procurer des renseignements satisfaisants sur ‘la quantité d’huile que l’on fait chaque annéq dans tout le pays. Je sais seulement qüe la récolte des environs de Sassari est évaluée annuellement à 800,000 francs.

Les amandiers sont aussi l’objet d.’une culture spéciale. Aminditr». On en .voit souvent des plantations très considérables •dans plusieurs vergers ; mais on les plante de préférence • dans les vignes. Ils fleurissent assez tard , et sont sujets à souffrir, lorsque les mois de mars et d’avril ont des journées froides ou brumeuses. • ,

Oncompte plusieurs variétés d’amandes. Celles qui ont l’écorce friablè sont les plus estimées ; elles sont expédiées en France ou en Italie pour l’iisage de la table ; on les mesure à Statelli et à imbntti , comme le blé , et leur prix se règle sur celui du grain. Les àutres qualités d’amande$ , sont également Vendues, la plupart pour l’étranger ; les confiseurs qn font une grande consommation. Elles servent aussi à faire do l’huile- V '■ " '

Les espèces du genre citrus ne croissent pas naturelle- ciiroonim ;

£. , . , r ’ limonier» ;

ment en Sardaigne, comme 1 ont cru quelques personnes iiig»™ü«r»i qui ont pris le houx pour un oranger sauvage. Cependans cette He est une des contrées les plus favorables à ees deux arbrés,'car ils y deviennent très grands et très Vigoureux, et leurs fruits sont remarquables par leur excellente qualité. J’ai vp des orangers qui s'élevaient à •plus de six mètreS , et qui étaient chargés de fruits exquis.

Voici la liste des espèces du genre citrus cultivées dans l’île, extraite dé la Flore Sarde citée çi-dessus.

Or»ngrr».

Lit rus medica.

Vulgaris. C u!rii , sidru, cirdu (en sarde),

Monstrunsn . Spompia, ' . .

Limon Üolia. Sidru piticu. , »

Et autres espèces cultivées en Sardaigne sous le nom de Cedrau ,

Citfiis limonum.

Vulgaris. Limoni naturali. ’

Nitida.’ Limoni fini , L. de Croxiu suttili.

Dulcis. Limoni durci , dutci. .

Pyriforrais. Peroto. t ,

Citrals. jL. de.saritu Giràni. ■ .

Paradisi. Lima. . 1 . ,

Bergamia. Bergamotta. • .

Citrus bigaradia.

Vulgaris. Arangiu agru.

Sinensis. Chinottu.

. . Citrus durant ium. .

Vulgaris. Arangiu , Portugali., Arangiu de Croxiu grussu.

Sinensis. Arangiu de Croxiu sultiii. •*

Sanguines. Arttngiu sanguignu. • • ■ 1

Le territoire le plus renommé ppur les oranges est la vallée de MUis, -que le P. Celti , dans son enthousiasme , a comparée au jardin des Hespérides. On y voit en effet une étendue considérable de terrain couverte presque exclusivement de citronniers et d’orangers, qui forment un véritable bosquet, tant ces arbres y sont touffus et forts; ils sont si hauts qu’on peut très aisément passer sous, leurs branches â cheval , sans risquer d’en être froissé. .

CÇAP. III. n- ORANGERS. 41»

Les oranges do Milis sont les plus estimées ; après elles Or«ngM. viennent par ordre de bonté relies de Muraveraet Villa- Puzzu , de TortoR, de Flumini-YInggiore , de Domus- Novas, de Teulada , d’Orri , d'Iglesias et de Sassari; dans ce dernier endroit, elles ne vieniientpasàbonne maturité, aussi on y consomme beaucoup d’oranges de Milis, .qui sont portées dans toute Pile. , •

Les Sardes n’ont pas encore appris des habitants de la •’ Provence et des Siciliens à distiller les fleurs des orauger£; ils les laissent tomber et pourrir.au pied de l’arbre.

Le, commerce des .oranges et des citrons a beaucoup diminué depuis que les bâtiments suédois, qui venaient chercher du sel en Sardaigne, ne fréquentent plus k ses parages. Il faut espérer que les difficultés qui ont suspendu les relations commerciales entre ces deux pays seront bientôt aplanies, et que les cultivateurs d'orangers pourront encore profiter de ce débouché.

Le tabac , dont 1 introduction en Sardaigne ne remonte • guère au delà des premières années du xviu* siècle, s’y est naturalisé ; et on l’y cultive à présent avec le plus grand succès, surtout dans les environs de Sassari. Il est ' d’une excellente qualité , et ne le cède en rien à ceux d-’Éspagne et de Turquie.

On le prépare dans la manufacture royale de Cagliari, et<il forme unq branche essentielle des revenus royaux • , dans Iule. La qualité que l’on nomme zenziglio (1) est la plus estimée : c’est une poudre finement broyée et d’une couleur jaune fauve, ayant,' félon les connaisseurs, un parfum particulier. On doit la laisser fermenter deux ans, et même davantage, pour qu’elle acquière sa perfection.

(i) Les meilleures qualités de tabac sarde sont ; le zedziglio, le uianocco, regalia albaccio, scaglia Inancl, mezza graoa, et».

Colon.

Soie.

Ce tabac.se vend très cher sur le lieu même, et-son introduction dans les états dn continent est frappée d’un droit exorbitant <|ui équivaut à peu près à une prohibition.

On a depuis long-temps cherché à introduire dans l*ile la culture du coton ; mais les préjugés des paysan^, qui s’y sont obstinément refusés', ainsi que, la mauvaise volonté de plusieurs propriétaires, ont toujours rendu infructueux les essais que l’on a tentés , et fait considérer ce genre de culture comme ne donnant pas de profil.

On commence cependant , depuis deux ou troisans,,à revenir de cette erreur, et les nombreuses plantations que M. le con\te Roero de Monticelli a faites dans les environs de la capitale ont donné par leur succès un démenti formel aux incrédules.

•La Sardaigne , surtout dans sa partie méridionale , est très favorable à. ectte plante-, elle doit d’autant mieux convenir atix Sardes qu’elle ne nuit en rien aux grands travaux agricoles', car on ne la sème guère que dans les mois de mars et d’avril , et la récolte se fait depuis septembre jusqu’en .novembre. Les femmes et les enfants peuvent suffire à cette dernière. Le coton est d’une excellente qualité.

La manufacture de coton qui est'etablie dans la ville de Cagliari va san^ doute encourager cette culture.

Quoique lq mùriof croisse très bien dans plusieurs ctyitons , on ne le trouve que dans quelques jardins ; aussi le produit de la soie est regardé jusqu’à présent comme à peu près nul. Le' village de Dorgali est peut-être le seul où l’on fasse des étoffes avec la soie de l'ile. On pourra juger de la qualité de ces étoffes quand on saura qu’elles sont ourdies sur des métiers semblables à ceux qu’on emploie pour la toile , et que la soie est filée au fuseau.

Les deux espèces de mûriers que l’on cultive en Sar-

cm’p. • in. mûhieii. 4-21

daigne sont le blanc, qui est le plus estimé , et le noir, donfonmange les fruits en été. .

Le lin est assez généralement cultivé. Il vient très bien ; Un. cependanj sa récolte ne suffit point aux besoins des habitants : chaque année , il entre dans i’île une grande quantité de toiles étrangères ; d’un autre côté , l’on expédie de la graine de lin pour le continent. Le lin de BusaChi passe pour le meilleur. ' * " .

Le chanvre est encore très peu connu des Sardes, cban.tr. quoique plusieurs cantons de l’île soient très propres à cette plantev Sa culture a grand besoin d’encouragement ,' car la seule pêche du thon exige annuellement l’emploi d’une très grande quantité de fils de chanvre. Je ne l’ai vu cultiver dans Tjle que dans les énviro'ns d’IHorai el de Bottidda.

'Dans le temps dù la Sardaigne étaft privée de tout commerce avec là plupart des éfats' continentaux , on a fait divers essais pouf se servirjd a chanvre du pays ; tous-ont très bien réussi. La culture de cette plante n’a pas cependant augmenté, ce qu’on attribue au défaut de population.

Le safran ( zafferano ) croît à merveille dans les envi- s«ri»n. rorisde Sardaraet de Sanluri, où il est l’objet d’une culture spéciale. Il est très estimé à l’étranger, et 'il passe pour être de meilleure qualité quç celui du royaume dé Naples ; cependant son produit n’a guère dépassé jusqu’à présent les besoins de la consommation.

'Parmi les plantes qui' serventà la teinture, on peut Ginm* compter les garances , rubia lucida et rubia peregrina, qui croissent naturellement dans plusieurs cantons de l’île, ce qui fait présumer que la culttire de la ritbia tincloria , limitée maintenant â quejques jardins, serait très avantageuse si on suivait la méthode usitée eft Barbarie el en Orient. Jusqû’à présent , les garances indigènes de l’île

Lichen i.

Soude.

422 LIVIŒ V. — AGRICULTURE.

n’ont servi qu'à teindre les robes rouges des paysannes; j’en ai vu dont les nuances étaient très brillantes, et qui se rapprochaient beaucoup de l’écarlate. •

Dans le nombre de lichens qu’on a recueillis dernièrement pour lé compte d’une maison de commerce écossaise (1), on remarqué les lichens tartareus , p a reluis , roccrl/a et lacteuS. M. Craig, agent de cette compagnie, qui habita long-temps la Sardaigne pour la récolte de ces lichens, faisait cueillir aussi le lichen pustulalus. Ces lichens poussent sur les rochers les plus inaccessibles , surtout sur les granits qui couronnent les principales cilhes des Sept-Frères et du Limbara (2).

La gaude et le tournesol sont aussi très communs dans presque tous les cantons de l’îlè , et y croissent spontanément sans culture ; l’orcanqtte est très abondante dans les’ • . . . J. » • parages maritimes.

La soude ordinaire ( salsola soda ) a été cultivée avec beaucoup de succès depuij quelques années. Il paraît cependant que son exportation diminue considérablement ce qui doit en grande partie être attribué aux droits énormes dont on a chargé l’introduction de la soude sur le èontiijent , et surtout en France, ainsi qu’à sa préparation, qui a été perfectionnée dans plusieurs autres pays (3).

Pour que ce commerce reprît sa première activité, il faudrait que les Sardes fissent subir à leurs soudes une légère opération pour en retirer le jous-carbonate de soude; réduites alors à un très petit volume , elles seraient plus

(î j I.a maison Mackintosh et compagnie, (le (Slasoow. - (•j) On peut évaluer à 100,000 fr. par an la somme que cette récolte des lichens a procurée à la Sardaigne pendant tes trois ou quatre premières années que cette branche de commerce fut exploitée.

(5) V-oye j ce qui sera dit ci-après dans le chapitre Industrie et Commerce.' * ‘

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