‹ Voyage en Sardaigne (volume 2)Chapitre 145 sur 193 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

• Animaux. ' .

ai vii !«. Quoique la Sardaigne n’ait pas été jadis aussi renom-

mée pour les abeilles que la Corse, cependant les Romains en tiraient une quantité assez considérable de cire et de miel ce qui probablement était dû à la plus grande 'extension donnée alors à cette branche de l’industrie agricole. Aujourd’hui on ne récolte pas dans l’île une quantité dë cire et de miel suffisante pour fournir à la consommation annuelle.

ici amer. Il existe en Sardaigne deux qualités de miel : le doui , semblable à-celui de tous les autres pays, et l’amer, qui ne se recueilleque dans quelques cantons de l’île, et surtout pendant une seule saison. Il a réellement une amertume qui n’pst pourtant pas désagréable , ce qui le lait préférer par plusieurs personnes au miel doux.

Les recherches que j’ai faites pour découvrir la cause de cette singularité , qui n’avait pas échappé aux anciens, m’ont fait penser qu’elle provenait des fleurs de l'arbousier, et peut-être même de ses fruits, que les abeilles sardes semblent fréquenter en automne; on ne recueille do miel amer que dans celle saison et dans les’régions où cet arbre est très commun. Je tiens ces renseignements de plusieurs propriétaires de ruches que j’ai consultés, et tous sont tombés d’accord sur ce point ; du reste , ce goût accidentel n’est pas particulier à Ja Sardaigne, les Ro- . mains l'avaient également reconnu dans le miel de

. CHAI* I*. — MIEL AMEK.

quelques cantons de la Corse. Virgile en attribuait la cause aux ifs' qui se trouvaient dans le voisinage des abeilles'; . .

Sic tua eyrneas fuf’iant examina taxas.

(Ecl. g, v. 3°.)

On distingue en Sardaigne deux espèces d’abeilles, la sauvage et la domestique , niais comme je n’en ai encore rencontré qu'une seule espèce , je suspends mon jugement sur ce point jusqu’à ce que l’expérience m’ait appris si cette opinion est fondée.

L’espèce que j’ai reconnue paraît être l’abeille ligurienne, apis ligustica de Spinola (1).

Le sol et l’exposition étant presque partout très favorables aux abeilles, il est étonnant qne tes Sardes n’aient point cherché a multiplier davantage ces utiles insectes.

Il existe èn Sardaigne trois sortes de chevaux, 1°. le • cheval sarde ; 2°. l'achetone ou quartaglio -, 3°.. Cachetta.

Le cheval sarde proprement dit est de race espa- uni.

r # 1 * r proprement dtt.

griole. On le distingue cependant à des caractères particuliers qui l’en éloignent un peu sous le rapport des proportions, et ne lui sont pas moins très favorables, puisqu’il est plus vigoureux , qu’il- résiste mieux à la fatigue et dure plus long-temps que le cheval espagnol.

Voici, ses principaux caractères : - • '

Taille du cheval andaloux, T ,

Tète un peu longue et busquée , ’

Oreilles un peu longues , . . .

Encolure recourbée et bien arrondie ,

Poitrine large , .

Épaules un peu chargées , , •

(0 Eoyez le Mcm . de M. Latreille , tor tes abeilles, p. 28 ,

PI. XIX, ^ïg. 4 et5, année >8n.

430f 1.1VAK V. — AGRÎÇCLTÜHE.

Corps bien fait , • . '

•Croupe un peu trop courte • .. .

La queue plantée un peu trop bas , ,

Jambes très robustes, et surtout très nerveuses.

On peut dire enfin que si cet animai a quelques légers défauts, ils sont amplement compensés par la force, la sobriété, et principalement par une •sûreté de jambes à toute épreuve. Cette dernière qualité est tellement reconnue que l’on voit la plupart des cavaliers sardes se lancer au galop dans les descentes les plus rapides avec upe sécurité qu'on pourrait ailleurs qualifier de’ témérité.

Le cheval sarde est très intelligent; il aime son, maître d’une manière toute particulière. D n’a pas en général de grands vices, car on ne doit pas réputer comme tels ceux de, mordre et de s’effaroucher parfois, ce qui ne tient qu’à l'éducation. Son principal défaut est d’élre rétif; On y obvie par plusieurs moyens. * ,

Les Sardes considèrent leurs chevaux comme très défectueux lorsque dans leur marche ils agitent leur queue" de droite à gauche. J’ai vu donner pour un prix très modique de très beaux coursiers qui avaient cette allure.

Lé cheval sarde est employé de préférence à la chasse , aux voyages, à la course. Les gens riches l’attellent à leurs voitures; depuis un très petit nombre d’années seulement % c’est-à-dire depuis la construction des nouvelles routes , on s'en sert pour les chariots. Ces chevaux ont eu jadis une réputation. Les rois d’Espagne en faisaient grand cas; on prétend que don Juan d'Autriche en possédait un supérieur à tous les chevaux andaloux. Le roi Charles* Emmanuel.IU en envoya dix magnifiques au roi de Portugal. (Pojrez Cf.tti et TVIimaut.) clic*»! jth«- Les chevaux achcttqni ou quartagli sont ainsi nommés à cause de leur taille, cjui ne dépasse guère 1 mètre ">0 centimètres. Cette race , qui passe pour la plus an-

C1IAV. IV. CHEVAUX.

oiennc du pays, paraît dériver des chevaux arabes , aVec lesquels elle a quelque resscmblauce.

Les achettoni sont plus forts que les chevaux sardes; ils supportent les plus grandes fatigues. On les monte', ou on les emploie à transporter de très lourds fardeaux ou à moudre les olives du matin au soir.

Ils' sont excellents pour la cavalerie légère. Pendant plusieurs années , deux régiments de chevau-légers pié— montais étaient entièrement montés sur des chevaux sardes; le voyage , la castration et le changement de nourriture leur faisaient, il est vrai, éprouver une petite maladie en arrivant sur le continent, mais ils se remettaient bientôt, s’accoutumaient facilement aux fourrages de la troupe, et reprenaient une grande partie de leur vivacité naturelle ; s’ils paraissaient petits , c'était relativement à la taille de la plupart de leurs cavaliers, qui étaient cuirassiers dans l’origine , et dont an. a fait .des chevaulégers (1).

. Je crois d’ailleurs qu’en prenant les soins convenables pour le renouvellement des étalons èt des jumqnts de race , on pourra en fort peu de temps parvenir à augmenter la taille des achettoni, qui peut-être un jour rivaliseront

(i) Ces chevaux Sont tombés ensuite dans une défaveur non méritée. J’ai vn le reste de ces anciennes remontés faire le service d’ordonnances an camp d’instruction qui eut lieu prés de Turin èn w854. où! les fonctions de mon emploi me mirent à roêitiedc les observer de près, et je me suis convaincu de la supériorité, de ces chevaux surfes autres, soit en souplesse, soit en résistance; ils appartenaient en partie à des remontés de douze ou quinze* années de date. Le gouvernement français ayant fait, en i 807 , l’acquisitiàii de deux oents chevaux sardes ponr remonter les chasseurs d Afrique avant la prise de Constantiuc , ces Chevaux , bien accueillis , furent d’un très 1k>m usage. ... • .

LIVUE y. AGRICULTURE.

avec les chevaux hongrois, dans le service des troupes légères.

cheni achctu. La troisième espèce, celle des Qchette, vient de la dégéiiération de la précédente , dont elle np diffère guère que par la taille , car elle conserve à peu près les mêmes proportions et les mêmes qualités. Cette dégradation n’est causée que par la négligence des habitants de la campagne , qui se servent pendant toute une journée de ces animaux sans leur donner rien à manger, et qui les lâchent ensuite pendant la nuit dans ce qu’ils appellent un pré , où l’on découvre à peine quelques brins d’herbe clairsemés et déjà foulés aux pieds. Des chevaux et des juments de toute taille s’y trouvent pêle-mêle, ce qui amène une dégénération progressive. Une autre cause de cette dégradation progressive de l’espèce consiste dans l’usage qu’on a dans l’ile de se servir des juments aussitôt qu’elles ont mis bas, et de les faire suivre par leurs très jeunes poulains dans des voyages de plusieurs lieues, d’où il résulte que le lait dont se nourrit le poulain est échauffé , et que ses jeunes membres souffrent, comme de raison, de ces voyages si précoces. Cepeudant on trouve assez souvent parmi ces chevaux des individus fort bien faits qui ne s’élèvent guère au-dessus de la taille d’un gros dogue; on les réunit alors pour en former des attelages d'agrément , qui étaient jadis recherchés par les princes . du .continent : les Anglais surtout en achetaient avant la guerre une assez grande quantité. Toutefois, ces achette ne soqt pas en général si petites qu’elles ne puissent' être montées, et même porter des poids très lourds (I); le

(i) M. Mimant a dit que ces chevaux sont si familiers et si faciles à' loger que souvent ils n'ont pas d’autre écurie que le dessèus du lit de leurs maîtres . HI Valéry a répété à peu près U. même chose : le fak est que pendant mes dix-neuf voyages dans l’ile, je n’ai rien

CD AP. ir. ACHETTE, . . . *3»

paysan sarde les emploie communément comme chrvatox ‘ d§ selle, et il faut qu’il soit bien pauvre pour qu'il n’en ait fias au moins une.

Les services que ces chevaux rendent sont d’ailleurs si nombreux relativement à la modicité de leur prix (1) , à leur nourriture fort peu coûteuse, et au peu de soins qu’on leur donne, que celte seule considération suffit pour expliquer la grande quantité qu’on en rencontre dans chaque village. Les gens aisés n’en font aucun cas; quant à moi, qui ne cherche que l’agrément, j’ai toujours préféré un de ces animaux, quand il est d’une certaine taille , aux chevaux des autres races.

La vie ordinaire des chevaux sardes est très longue dans leur pays natal , puisqu’on voit assez fréquemment plusieurs de ces animaux rendre encore de grands services à l’âge de vingt ét même de trente ans. Elle devient plus courte , peut-être à cause du changemeut de nourriture et dè climat, lorsqu’ils sont transportés sur un sol étranger.

Les maladies les plus communes auxquelles ils soient sujets sont : 1°. la fièvre charbonneuse, qui les attaque fréquemment on été. C’est la plus redoutable de toutes. Ce. fléau, qui sur le continent se manifeste principalement parmi les bœufs, semble ici les respecter pour s’attacher depréférence aux chevaux, parmi lesquels il exerce souvent des ravages terribles.

2°. La colique accompagnée d’inflammatiôu ;

3”. La pleurésie et la péripneumonie : elles se font prin- - y' ' " “ ;

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Maladies tlr«

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..observé qui puisse justifier "une pareille assertion. Quelque petites que puissent être Kf ackc 'tlc , clics nede sont jamais assez pour se fourrer sdus les lits ; d’ailleurs, les clievaax n’ont pas en-Sardaiguc le même privilège que lés baudets , celui d’avoir accès dans l’intérieur des habitations. •

(i)Tte prix d’un cheval ordinaire de cétte espèce ne dépasse guère la somme de ?5o .francs". ’ . \ ’ "• * . ■ . *

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cipalcment sentir en hiver, au commencement/ pluies

Ct du froid ; . ,

i °. La fourbùre, qui paraît provenir de l’usagé immodéré de l'orge : c«st peut-être la maladie |a mieux traitée par les vétérinaires sardes. .

Il n’existe plus pour le moment en Sardaigne de haras; on en comptait encore plusieurs il u’y a pas long-temps : les principaux étaient celui du roi, à la Tança- Rfgiq, près de Pauli-Latino; celui de Padru-Mannu , appartenant à un seigneur espagnol; celui de i Mores, , de M. le duc de Vallombrosa; celui de Monte-Minerva propriété du cômte de.ee nom , etc. Le haras de la Tànca-Regia a succombé le dernier, et il pourra être rétabli assez promptement, si l’oit transporte les habitations dans une localité dillércnte de celle où était l'ancien bâtiment, actuellement tombé en ruine.

pn choisissant un local plus salubre pour l’habitation des hommes (■ en, donnant de l’écoulement-. aux eaux qui inondent, les lieux destinés au séjour des chevaux, ct en confiant'- la direction dè cet établissement à une personne capable et conscierlcîéuse , il *era bientôt dans un état satisfaisant de prospérité, surtout si l’on a soin de préférer dans le-chobt'des étalons étrangers les rhevatn andaloux. Quoique danS les dernières années de soq existence le haras royal aitété fourni de bons étalons arabes. et barbes, les chevaux qui eh sont sortis n’ont pas répondu à ce qu'on s’était promis; l’étalon andaloux vaut mieux sans contredit tpi« tous ceux des autres pays pour les races sardes (I). /./• • ' ' > *.

* (i) 11 paraît que le gouvernement voit également la chose ainsi, car tous les étalons Arabes qui restaient à U Tnlica-Kegia et i Sassari .(■.l’époque ilç- la suppression de cet-établissemohl mit été vendus, et eu revanche on vienr d’envovér depuis deux ans des chevaux entiers

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*. * cüap. ry% ÉTALONS» \35.

Dans * l’état actuel des choses , la racé des chevaux sardes proprement dite est perdue ; une disposition vigoureuse à cet égard est urgente } il ne s'agirait, au reste ,que de donner quelques primes et des encouragements d'un coté , et de l’autre d'établir pendant quelques années une loi sévère qui mît tous les chevaux défectueux et. manquant de la taille nécessaire hors de la possibilité de re- * produire. Le mal actuel étant grand, il réclame un remède extrême , et ce remède ne pourrait manquer de porter de bons fruits au bout de bien peu de temps. •• ;

L'augmentation du charroi , par suite de la confection . récente de nouvelles routes , a contribué aussi à la deslru» tion des chevaux sardes d’une certaine taillent); aussi l’étahlissementduneracedechevaux de trait dans lile serait non ■ seulement un bienfait, mais une excellente spéculation.

Quand un jeune cheval a atteint sa deuxième année,. MAhak d« . on le juge capable de rendre déjà quelques services : alors, n^cLV™”.1" plusieurs hommes munis d’une longue cordo, dont le bout forme un nœud coulant, vont chercher l’animal qu’ils .

• veulent saisir, et (a lui lancent de façon à l’arrêter par le.

' cou dès le premier jet. Ils s’attachent tous à la corde et la ,

, - : -^-lï f-i, •

‘ andaloux, qu’on a distribuésen différents points dePlle, et qui sont

1 la disposition dès particuliers pour |a monte de leurs juments. . •'

‘ Par une ordonnance tonte récente, le local de la Tanca-Hcpiq vient '

d’être affecté à l’apanage de S. R,.le priuce royal , ce qui fait espérer qu’on Veut s’occuper de nouveau d'un établissement dont l’utilité • né. saurait être méconnue par personne. ’

(i) M’étant trouvé à Sassari en i85y en compagnie de M. le commandant d’Auiiassan, chargé de Tâchât des deux cents chevaux sardes destinés à l’armée d’Afritjue, dout nous avons fait mention ci-dessas , cét officier me Ct plusieurs fois remarquer que sur plus de cent chevaux des campagnards qui séjournaient pendant quelques .' heures sur la grande place dn marché, jl n’y en avait bien souvent pas un seul qui ci\t la taille requise pour le service de la cavalerie légère!! . . . . ' •» ^ •- . , • r - ;

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lircul de toute 'leur force, jusqu'à ce f]Ue le cheval, perdant haleiue , tombe. -, c

Alors li s hommes se jettent sur lui , lui passent un licol attaché à une longue corde, puis le laissent se relever, et. le fuel aller au trot et au galop , jusqu'à ce que ses forces soient totalement épuisées.. Ensuite ils le mettent pour la * première fois à l'écurie, ayant la précaution de l’y laisser long-temps sans manger. , • ■ •

Ce cruel exercice, renouvelé tous les jours, nç cesse que lorsque l'animal est habitué à la vue de l’homme; après, on l'attache à un cheval déjà dompté , qu’un cavalier monte et fait courir, en entraînant le malheureux poulain. Toutes les fois que celui-ci se refuse à marcher, an le force, à grands coups, à obéir. Quatre ou cinq jours, suffisent ordinairement pour l apprivoîser, et on finit par ' le monter en continuant à le tenir toujours attaché à un . cheval âgé. On lui met la bride , sans cependaut le sépa-

rer de son compagnon ; et enfin on l’on écarte par degrés.

Un lui fait en même temps sentir la pression du mors en le tiraillant en mille façons, et en le faisant tourner en tout sens. Il en résulte que fort souvent le sang ruisselle de la bouche du pauvre animal; mais les paysans rient de nos craintes à cet égard , car ils prétendent qu'ils lui forment-la bouche. -, -v.

MooùMo. Les jeunes chevaux ainsi domptés sont nourris avec de . l’orge dans l’écurie; la ration ordinaire est de trois im- Imtti pour les chevaux de race , et de deux seulement pour les autres. L’orge est mélée avec la paille brisée qu'on retire de l'aire après le battage du blé.

Le mors sarde est articulé dans le milieu, comme une espèce de filet ; on le place très bas , de façon que plusieurs chévaux ont à peine atteint l'àge de sept ou huit ans que déjà leurs barres sont tout usées par le frottement continuel de ce mors. U résulte de sa forme et de sa position

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•chap. iv. — môh$ s\mu:. • 4.17

que, lorsque le cavalier lire les rênes pOur arrêter- le cbcval ou pour le faire tourher, la compression a lieu sur lés, " ,

côtés des branches, et non sur les branchés mêmes; c’est pourquoi Je? chevaux sardes„ souvent menés par sac cades, conservent pourtant une bouche fraîche , lorsqu’ils ■ont un mûrs semblable à celui des chevaux du continent.

Dans un pays où, faute de routes, tes Voyages né se ivrimtr. . soht faits jusqu’à présent qu’à cheval, et où les femmes mêmes ne Connaissent point d’autre moyen d’aller d’un # •

lieu à un autre que celui de so placer èn croùpe , il est tout simple que l'allure dü cheval la plus estimée soit la moins fatigante. Voilà pourquoi l’amble, regardé comme une ' ' marche vicieuse par tes écuyers du continent, est au contraire très usité en Sardaigne, où il ést appelé’ portante.

On dresse les chevaux à cette allure par le moyen de Amble mmi-ci. lahride-et par celui des cordes. Quand on emploie le premier, l’animal conserve les jambes libres ; le cavalier qui (

le monte élève la bride., qu’il secoue à droite et à gauche, , pendant qu’il serre les jambes dd manière à rompre le pas du cheval, et à lui faire poser en même temps le^ pieds qui, de droite et de gaucüé, se Correspondent, te cheval ainsi mené peridant quinfco jours par un écuyer habile prend très bien l'habitude de l’amble et ne la^ perd’ plus , à moins qu’il n’y soit forcé par un autre mahre. .. r,

La seconde manière , qui n'est misé en usagé que lors- Ambi« r.*cc, qu'on ' désespère de réussir avec la première , consiste à '

Reé’ ensemble, par le moyen de deux cordes, les dèùx jambes del’ânimal qui se correspondent divmémc côté,1 de façon que le'moiivemcnt de Tune entraîne nécessaire^ ment celui de l’autée. Ces corde^ sont passées dans deux *

poulies fixées à chaque- bout d’uwe troisième corde qui, • ■ »

appuyée sur le. dos de l’amprinl , ou sur la selle," fait fonction dfc-snpport. F.lle n-’est ainsi placée que pour taupe- v >y. cher les cordes transversales de traîner par terre. ’ • • , V*

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Le P. Çctti, qui a- fait une description à la fois élégante et naïve des animaux de la Sardaigne , et surtout de ceux que l’on y tient en état de domesticité , s’est liien gardé $t’oublier le modeste baudet, que l’on désigne en Sardaigne sous’le nom de molenti (l), et qui est remarquable par la petitesse de sa taille et par la longueur de son poil.

Outre les divers travaux qu’on lui impose , et dont nous

(i) f'njret la gravure insérée page ï55.

♦ 36 LIVRE V. AUH1CDLT0RB.

J’ai vu des chevaux ainsi garrottés porter leurs cordes pendant plusieurs jours do suite, et faire avec ces entraves plusieurs lieues sans qu'on pensât à les en délivrer.

Quoique l’amble enseigné à un cheval à l’aide de cette dernière méthode ,ne soit jamais aussi doux que celui qu’il apprend par le seul moyen de la bride, j'ai trouvé le fait assez singulier pour en donner ici un petit dessin.

v chap. nr.

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