CHAPITRE II
Emploi de différentes substances.
Le seul minerai exploité en ce moment en Sardaigne Nîiwnî <i« est la galène de Monte-Poni , dont il a été fait mention ci- 1 loml> dessus (page 153); elle n'est plus fondue comme autrefois à la fonderie de Villacidro , qui est oisive et qui tombe en ruine : le minerai qu’on tire de Monte-Poni est vendu en grande partie à l’étranger, sans aucune espèce de main-d’œuvre ; On en débite une bien faible quantité dans le pays , où il est vendu comme arquifoux aux fabricants de terraille.
Depuis quelques années on commence à fabriquée de Poterie, la poterie grossière; les lieux où ce travail se fait sont Nurallao, autrement dit Nuradda, Oristano, Pabilonis,
Dccimo et Assemini ; dans ces quatre dernières localités on se sert de la terre du Campidano, appartenant au terrain d’alluvion. Ces fabriques sont loin de suffire aux besoins de la population de l’île, qui continue à tirer de Napl es et de la rivière de Gènes la plus grande partie- des ustensiles de terre, même les plus grossiers. Cette industrie pourrait recevoir en Sardaigne un développement considérable ,• si on voulait mettre à profit les différentes >
qualités de terre dont cette île est abondamment fournie. •
Parmi les localités qui sont bien partagée^ sous ce rapport, . on compte la région de la Nurra , près de Sassari' et d’Alghero, et cependant ces deux villes tirent de Genes1 et de Marseille jusqu’aux tuiles pour couvrir les tuaisoù* V,
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Sel.
454 1.1 VUE VI. — I Mil) S I’IU E ET commerce.
Il n'existe pas en Sardaigne de sel gemme ; mais en revanche la côte offre une grande quantité de lieux propres à la formation du sel marin, qu’on retrouve même, comme nous l’avons dit , dans les étangs de l’intérieur. Depuis quelques années on a fait de grandes améliorations dans le système des salines artificielles (1) ; mais cette partie est susceptible d’un développement, bien plus considérable qu’elle n’a aujourd’hui , surtout si on veut profiter des salines naturelles , dont on paraît faire peu de cas , et qui cependant ne laissent pas de fournir du sel de bonne qualité , sans exiger d’autre dépense que celle de la récolte.
Le commerce du sel marin était jadis considérable en Sardaigne , où il attirait une grande quantité de bâtiments suédois et danois -, on doit regretter que ces nations aient * perdu l’habitude de venir s’approvisionner dans cette Ile , qui peut en fournir trois fois plus qu’elle n’en exporte actuellement.
serran et pim. Le safran récolté dans l’île est en grande partie employé dans les fabriques de pâtes; celles de Cagliari jouissent d’une grande réputation , qui paraît due à la manière dont elles sont préparées, et surtout à la qualité du blé que l’on y emploie; on y fabrique également beaucoup d’amidon.
» Les paysannes des environs de Quartu et de Selargius vendent la plus grande partie des tamis dont on se sert pour passer les farines; elles les font avec des brins de paille d’orge posés parallèlement et soutenus à certains intervalles par des fils de lin. Ces tamis sont façonnés aVtec beaucoup d’adresse. Elles font aussi avec cette même paille des paniers pour les grains et les farines.
Ouvrage*
(ville.
(!) La moyenne des produits du sel pendant quatre années, de i8>i à i8i5 , adonné pour chiffre 1 88,344 fr. 48 c. ; celui des dix dernières monte déjà à 418,955 fr. 54 c.
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• -CD A P. Il, CORDAGES. 453
Dans quelques lieux, et surtout dans le village de Sofso, on fait des cordages avec les feuilles du palraite.I<es Sardes devraient aussi en fabriquer avec le sparte et le chanvre : cette branche d’industrie serait très avantageuse au développement de l’agriculture , et offrirait une grande ressource aux pécheurs de thon, qui en font une consommation considérable. . ‘ . *
A l’exce|)tion de la toile de ménage, que les femmes To.ic. sardes font avec des métiers bien imparfaits, celle que vendent les marchands a toujours été tirée de l’étranger.
Depuis quelques années, on a commencé à introduire chez les femmes des villages quelques métiers du continent qui offrent de grands avantages sur les métiers sardes proprement dits; leur introduction est due en grande partie au zèle très actif de M. le chanoine Manunta , dont il a déjà été question ci-dessus (1). Cetto industrie, comme tant d’autres, est susceptible d’un développement d’autant plus considérable que l’ile produit du lin de' très bonne qualité. ' m >
Une manufacture d’étoffes de coton a été nouvellement Cou», établie à Cagliari; eHe devrait prospérer, puisque le cotonnier peut se cultiver si facilement dans l’île.’ . •
La Sardaigne n’a pas une seule papeterie. On avait e»pi«. jadis bâti un grand édifice près du rivage de Cuglieri qu’on destinait à cet objet , mais il fut abandonné -avant d etre en activité; on en établit une depuis, près dé la grotte de Domus-Novas ; mais les' ouvriers étrangers qu’on y avait conduits étant tous tomhés malades ou morts de l’intempérie, cette papeterie , -là seule qu’il y eût dan» l’île , est actuellement abandonnée comme la première.
Le mauvais choix de la localité a été la principale cause de cet abandon.
(i) éVyej page 55 1