‹ Voyage en Sardaigne (volume 2)Chapitre 46 sur 193 · EAU DE SAINTE-LUCIE · texte numérisé non relu

EAU DE SAINTE-LUCIE

Chaux carbonate*. r ,00

Chaux sulfatée 1,2a

Chaux muriatée 1,77

Chaux carbondtée. ........ 1,6a gr. Magnésie sulfatée. « 1,66

Les soureçs d’eau douce les plus renommées par leur fraîcheur et leur pureté sçnt : 1°. celle du Gtfnnargentu. Le sommet de celte montagne étant élevé d’environ 1900 mètre, s au-dessus du niveap de la met1, c'est certai-

CHAP. II. — EAEX.

nement la plus haute de l’île. J’y ai trouvé, dans mes trois voyages consécutifs, la température de l’eau de 3" à 3° ~ au-dessus de zéro, celle de l'atmosphère étant à 8° 5.

On peut placer en seconde ligne la source qui coule du flanc septentrional duLimbara , et qu’on nomme Foniana b ranzoni. Le 30 juillet 1823 , à neuf heures du matin , sa température était à 7° 30, l’atmosphère étant à 19° 4.

D’autres fontaines moins élevées que celles-ci et moins célèbres sont celles d’Aritzo , de Fonni , de Tonara : plus elles approchent de la partie centrale et élevée de l’ile, plus leur fraîcheur et leur limpidité augmentent.

La Sardaigne n'offre pas une surface assez étendue pour qu on y trouve , même dans les montagnes et au pied des grandes chaînes, des nappes d’eau qui , par leurs dimensions , méritent le nom de lacs ; mais les étangs y sont nombreux (1). Je crois pouvoir les diviser en trois classes :

La première contient les étangs qui communiquent panière «- ...

avec la mer, soit par des coupures pratiquées par l’art ^ • . *4

soit par le moyen d’un ruisseau ou d’un canal quelconque.

Ils sont en général très poissonneux; on y pèche surtout beaucoup d’anguilles, dont il se fait une grande consommation pendant le carême. Les principaux étangs de ce genre sont celui de Cagliari, appelé de la Scaffd, pour le distinguer d un autre, situé à une distance presque égale de cette ville. Il peut avoir six milles de circonférence ; il est situé au fond du golfe de Cagliari, dont il n’est séparé que par une langue de terre longue d’environ deux milles, et daqs laquelle on a fait plusieurs ouvertures pour établir une communication continuelle avec la mer. Des salines artificielles ont été établies sur cette langue de terre. C est dans ces eaux que , dès le commencement de 1 automne, des troupes innombrables d’oiseaux aquatiques.

(i) Sol in et autres auteurs anciens en font souvent mention.

parmi lesquels on distingue des milliers de canards , do poules d’eau, de flamants, d’aigrettes, des cygnes, et quelquefois même des pélicans, se rassemblent pour hiverner.

Lorque les vents du nord dominent, les canots plats les plus légers ne peuvent naviguer sur cet étang, dont les eaux , dans leur étal ordinaire , ne s’élèvent guère au delà de 3 ou 4 pieds. C’est pourquoi les flamants, oiseaux qui ne nagent pas, maisqui posent seulement leurs longues pattes sur la vase, se tiennent au centre de l'étang, où ils ont encore plus de la moitié des cuisses à découvert(l).

On peut citer l’étang du Sassu, près d’Oristano , qui égale à peu près celui de la capitale par son étendue et par le produit de sa pêche -, ceux d’Oristano , de Cabras , de Marceddi, de Palmas,d’Alghero, deSorso, de Terranova, d’Orosei, de Tortoli , de Muravera , etc., etc., et plusieurs'autres moins grands. Ceux-ci paraissent devoir leur origiuc aux terres apportées successivement par différents ruisseaux et arrêtées par le mouvement des eaux de la mer, qui les ont ainsi rejetées en arriéré et entassées.

Je ne saurais passer sous silence une observation que j’ai faite en Corse et en Sardaigne, et que l’inspection des cartes de ces deux îles fera facilement reconnaître, je veux parler d’une particularité que présentent tout le long de la côte orientale de ces deux îles les étangs formés pâlie barrage des rivières à leur embouchure : ces étangs ,

(i) Souvent j’ai traversé l’étang sans difficulté pour aller cliasser sur la rive opposée; mais j’ai été quelquefois fort embarrassé au i-elour à cause de la diminution des eaux , quand le vent avait -changé dans l’intervalle : alors les matelots sortaient du bâteau, et, plongés dans l’étang jusqu'à laiccintuie, poussaient la barque avec leurs épaules et lui faisaient ainsi parcourir un chemin qu’elle avait fait à la voile quelques heures auparavant. Cet étang se comble tous les jours davantage, par les raisons dont nous parlerons ciaprès. . '

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