ETANGS
toujours plus ou moins oblongs, et séparés de la mer par des dunes, courent parallèlement à la côte du nord au sud avant que leurs eaux entrent dans la mer, et cette embouchure sc trouve presque toujours au bout méridional de l’étang , quelquefois au centre, mais jamais ou très rarement au bout septentrional.
Je' ne serais pas éloigné de croire que cette particularité, qui est trop souvent reproduite sur les deux côtes en question pour être un effet du hasard, doit être attribuée à un mouvement constant de la mer qui raserait le littoral dans le sens nord-sud , et jamais dans le sens inverse : ce mouvement serait celui qu’on nomme dans l'Adriatique moto radente (1).
Les étangs que je place dans la seconde classe sont seconde eipèfe presque uniquement formés par les eaux de la mer, avec laquelle ils n’ont pourtant aucune communication apparente ; ils doivent probablement leur existence à leur voisinage de la côte , mais principalement à l’abaissement de leur niveau.
Le plus important est l’étang de Quartu, dit de Molentargiu. En général, les eaux de quelques torrents voisins ne lui arrivent que pendant les grandes pluies et une partie du printemps ; mais pendant le reste de l’année il est formé uniquement par les eaux de la mer, dont il se remplit ou se dégage alternativement, selon que dominent les vents du nord ou du sud.
Cette communication réelle , mais non apparente, m’a souvent servi à reconnaître le vent qui régnait dans la journée. Cet étang dépose (tendant l’été une quantité con- • sidérable de soude muriatée (sel commun) ; jusqu'à présent l’on n’a guère profité de ce sel ; on pourrait aussi recueillir
(i) IdrniiUca pratica rnpinnntn dell'Abbnte Mari, p. 991 Guastalla, 1 784 ; e Crema, 1818.
avec avantage, sur le rivage de cet étang et dans les fossés voisins, la soude sulfatée qui s’y forme en très beaux cristaux ,et en assez grande abondance.
D'autres petits étangs de cette nature , mais de bien moindre étendue, se voient encore en différents endroits et présentent les mêmes phénomènes.
T.uiiiMi.r«péc« La troisième espèce d’étangs comprend ceux qui ne communiquent en aucune façon avec les eaux de la mer, et qui, placés dans l’intérieur des plaines, doivent leur origine et leur nature salée à des circonstances purement locales (1). Ils produisent également les deux sels dont il vient d’être question : quelques uns même doivent déposer de la soude carbonatée (natron). Ils sont presque tous formés dans des terrains d’alluvion ou calcaires argileux , au pied de grandes masses de trachyte.
Je. citerai entre autres l’étang de Serrenli et celui de Snn-Luri , situé au centre de la grande vallée du Campidano, et qui , en été , ne présente qu’une surface couvet-te de sel.
DtWciirmcut Le dessèchement de l’étang de Serrenti a été commencé il y a quelques années , mais il n’est pas achevé. Le gouvernement vient d’accorder une large concession du terrain occupé par celui de S.-Luri à une compagnie qui se charge de son dessèchement et de sa culture. Le premier résultat n’est guère douteux d’après les nivellements faits, quoiqu’il exige beaucoup de soin; .mais on pourrait douter que ce terrain , une fois conquis sur l’eau, se trouvât assez ptivé du sel qu’il renferme en quantité pour être bientôt propre à la culture et à la production , si le promoteur et le directeur de cette importante opération n’était pas une personne qui offre des garanties par son
(i) V oy ez la partie descriptive et géologique de ce voyage.