CHAP. 11. — MARAIS
savoir, et qui a déjà su vaincre d’autres difficultés en Sardaigne (1). ■ , ».
En général , on n’a pas tiré un grand parti de ces étangs. Non seulement on néglige d’extraire le sel qu'ils produi- -sent et dont l'exploitation ne paraît pas assez profitable à l’administration , mais on les fait même fouler aux pieds, tous les ans , en été , par les habitants des villages voisins, qui sont commandés à cet effet avec leurs boeufs, et auxquels il est défendu de toucher à la moindre parcelle de sel.
Si la Sardaigne avait des eaux stagnantes sous la domination romaine du temps de Solin et de Silius Italicus , époque de sa splendeur, elle a dû naturellement voir augmenter le nombre et l’étendue de ses marais depuis le dépérissement de sa population et de son agriculture dans le moyen âge.
Toutefois, il est bon de remarquer que, malgré la quantité considérable d’eaux qui manquent d’écoulement et qui croupissent pendant les chaleurs de l’été, on ne trouve dans l’île que peu de grands marais produits par l’encombrement des lits d’eaux courantes et par les inégalités des plaines ; ils sont même généralement susceptibles d’être desséchés et peuvent cesser de nuire à la santé des habitants et être mis à profit pour l’agriculture, sans qu’il soit nécessaire d’entreprendre des travaux bien considérables.
Plusieurs de ces marais n’existent que pendant l’hiver et le printemps. On peut considérer les lieux où ils se trouvent comme insalubres, quoiqu’ils n’offrent dans la saison des fièvres que fort peu de traces de leur nature
(i) M. le chevalier Carhonazzi, ancien élève <le l’ccole Polytechnique, inspecteur des routes , auquel on doit la construction de la nouvelle route Royale. Voyez ci-après ponts et chaussées.
Ma rau.
marécageuse. Les plus considérables, que l'on peut appeler permanents, sont ceux de quelques vallons de la Nurra, ceux des environs de la Liscia, au nord de l’île, l'embouchure du -Fiume d'Orosei , enfin ceux du bord occidental du grand étang de Cagliari, qui en cet endroit est couvert de roseaux , et qui , même pendant les chaleurs, reçoit de ce côté quelques filets d'eau.