CHAPITRE II
Carthaginois et Homains. i ‘ *
Vers l’an 528 avant J. -G. (ou 3423 de la période c.rtUgioo.s , jalienne) , commence la prerrtière époque vraiment histo- 3" J rif(ue pour la Sardaigne , «’est-à-dire celle de la première expédition des Carthaginois..- Attirés par la fertilité de . ’
cette île , et peut-être en relation de parenté avec les Africains, qui y étaient dès long-temps établis, ils. arrivèrent . de Sicile sons la conduite d’un certain Machéus. C’est sans doute le même de ce nom .qui, vé^s l’an 560 avant J. -G., avait également conduit en Sioilc la première expédition carthaginoise. Quoiqu'il en soit, cette invasion n’eut aucun résultat important. Les Sardes, unis aux Corses (1) ) ayant opposé une vigoureuse résistance ,
Maeheùs s’en retourna bientôt à Carthage avec les débris de sa troupe , et paya par l’ejcil sa mauvaise fortune.
Quelques années après , pondant le règne de Darius , Asdraui g». roi de Perse , les Carthaginois envoyèrent une armée plus nombreuse que les précédentes, sous les ordres d’As- 5,1 “*• drubal ,/ pour réparer l'affront de leür défaite , et tenter, de nouveau la conquête de l’île. Cette expédition ne fut . pas plus heureuse : les assaillants furent encore battus par terre et par merfc et leur général’ même fut grièvement' blessé. V J. . * • • . i •
Peu de temps après, les Carthaginois s’emparèrent de
(i) F*«* , De rébus sardois, lib. t, ; Cambiagi, St- tU Sorti, lib. f, p. 8; Masso, foc. cit- , p. 36. • . •
12 LIVME 1. — APËKÇtl I1ISTO1M0FE.
l'Espagne, et celte conquête les mettant à meme de disposer d’une plus grande quantité de troupes pour celle de la Sardaigne , ils y revinrent avec des forces supé- Troisième «-•rieures. Cette nouvelle expédition fut confiée à ce même fc^sUsdrubal, qui.fit attaquer sur plusieurs points les rivages m'1 ' • de Corse et de Sardaigne (1), surprit les Sardes lorsqu’ils s’y attendaient le moins , et en fit un grand carnage.
. Ce qui survécut fut forcé de plier sôus le joug de ce’yain-
. qneur impitoyable, ou de sç réfugier dans- les montagnes les plus élevées et les plus escarpées du centre de l’île. liions et Cônes Ces'fuvards, ainsi que les Iliens et les Corses, cachés
rfliré» d*o» , , ,
raonuguc». dans des grottes qu us se creusèrent aux bords des précipices et dans les rochers les moins accessibles, bravèrent ' les insultes de leurs agresseurs. Vivant du lait et de la chair que leur fournissaient abondamment leurs nombreux troupeaux , et se couvrant de la peau de leurs brebis, ils oublièrent. les biens qu’ils avaient perdus , et ne cher-, chèrent qu’à se créer d’autres occupations et d’autres moyens d’existénee. Leurs mœurs, comme on le pense bien, changèrent parce nouveau genre de vie. L’instinct de la défense personnelle dut rendre ces nouveaux mon- • tagnards inquiets et farouches ; la nécessité dut en faire . des pillards, et c’est vraiment là le portrait que les au-
teurs de l’antiquité nous .font de ces peuples pasteurs, •qqi, loin dJètre subjugués, ne cessèrent de faire dès incursions dans le4 plaines, et de ravager les moissons de leurs voisins. Ils subsistèrent ainsi pendant plusieurs siècles. " .'k. . *,*.
Les Carthaginois, voyant leur autorité mal affermie sür
le petit nombre des habitants de la plaine", et eti. butte aux
(r) Cambiagi fait ici revenir Asdrubal , que Fara fait périr Je scs blessures Uans’l’expcdition. précédente. Le baron Manno paraît être du inèhie. avis cil., p. 36.
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attaques des fugitifs, qui les harcelaient tous les jours impunément, prirent une dç ces déterminations qur caractérisent à la fois leurs mœurs et la barbarie de leur siècle.
Ils pensèrent que le meilleur expédient de réduire l’ile E*Pnii™u tarà leur entière domination était d'ôter aux Sardes tous leS thiginois. moyens d’existence. Selon quelques auteurs (1) , ils-firent couperet déraciner tous les arbres fruitiers, les oliviers, les vignes, etc.; ils détruisirent toutes les moissons -, enfin, ils ôtèrent anx insulaires jusqu’à l’espérancç d'une- récolte à venir. Non contents de ces cruelles mesures , ils défendirept ,.6ous peine de mort , de planter on de semer dans toute l’étendue de l’île, et, si l’on en croit certains écrivains; ils poussèrent la barbarie jusqu’à noyer Tes étrangers qui y abordaient (2).
Une pareille résolution n’éjtait pas propre à leur concilier l’attachement de ceux des habitants qui s’étaient ' soumis à eux pour conserver leurs possessions : aussi la masse de leurs ennemis augmenta-t-kdje de jour en jour.
Parmi ceux-ci se trouvèrent encore les auxiliaires venus E«p>gooU r#d’Espagne.â la solde dq Carthage , qui, ayant contribué moalagnçsà la conquête, de l’île ,. prétendirent avoir part aux dépouilles; il en résulta bientôt une rùpture entre eux et les Carthaginois ; mais., forcés de céder aü nombre , ils se réfugièivent également sur les hautes montagnes, et s’y maintinrent long-temps indépendants sous le nom de Balares , qui voulait dire fugitifs en langue corse. Ils y vécurent dp rapines et des produits de.lpurs bestiaux.
Pendant les deux cent soixante-huit années que paraît *
(i) .Jedis quelques auteurs, car il pourrait bien se faire que t’iU- * traduction de l’olivier et de la vigne en Sardaigne datât d’nne époque plus récente, c’est-à-dire après la fin déjà république romaine.
(a) Voyez i’antenr dn livre de Miraba: ausc. et Ksatostisbs ap. Strai., Ub. xvii, p. Soi; Faxa, Azgni, etc., etc.
14 ' 1IVKB 1. r- APKBÇü HISTORIQUE.
avoir duré la domination punique en Sardaigne , jamais la paix ne put se conserver dans l'intérieur de l'ile. B semble pourtant que , vers la fin de leur empire , les Carthaginois rabattirent de leur extrême rigueur envêrs les Sardes, puisque le pays se trouvait de nouveau dans Un * certain état d’aisance lorsqu’il passa sous le joug des Romains. •> ' ) t ■
Ropiaina , La première expédition romaine <lont l’histoire fasse TJ de b. " mention est celle de L. Cornélius Scipion , l’an de Rome 7 495. Ce consul aborda en Corse , •où il prit la ville d’Aleria. De là, il vint en Sardaigne , et s'y -rendit maître > d’Oibia , près de laquelle il remporta une victoire signalée sur les Carthaginois, C’est * cette époque qu’il fit faire au général ennçmî Hannon de magnifiques funérailles (1). Suipkiu» Pa- 'La' Sardaigne fut presque totalement envahie l’année
(ercu)us, 238 av. , jL. 1 - ,
J.-C.,^9t>dc r. suivante par Sulpicius Paterculus, qui gagna une autre grande bataille sur lès Carthaginois. Ceux-ci , désespérés de leur défaite , s’en vengèrent sür leur propre général (2), qu’ils firent périr du supplice de la croix , tandis que les ‘cohsuls- reçurent à Rome les-honneurs du triomphe.
Il ne paraît pas qu’à cette époque les Romains eussent le projet de faire lâ conquête de la Sardaigne, et, s’ils l'occupèrent , il est à troire que ce fut seulement en haihe •des Carthaginois , qui , Selon toutes les apparences , en reprirent ensuite possession. Comme, il n’est pas question de là Sardaigne dans le premier traité de paix entre les Romains et leurs adversaires, dans lequel il est cependant • fait mention de la Sicile , on peut penser qu’elle appartint . encore à ces derniers.
dP •^Pr^s l*1 première, guerre punique , les soldats mcrce-
ioWc Je Caitha- n ai res à la solde de Carthage' se soulevèrent, à l’exemple
ge, 238 av. J.-C. " ♦»•■•• u • 7 r
SiBJcH. « ■
( i} Flomis , liv II; Tit. Liv. Ëpit. xvn., * * *
. * (d) Annilial dit X Ancien.