CHAI*. II. — VENGEANCES
S’il existe dans l’ile de malheureuses divisions, du genre de celles qui ont lieu en Corse , il est bien difficile qu’elles aient lieu entre parents; l’intérêt n’arme pas un frère contre l’autre , à moins que ce ne soit dans les villes, où quelquefois ce sentiment prévaut sur les liens du sang ; car là , comme en bien d’autres pays civilisés ; parmi le grand nombre de gens de loi , on en trouve toujours quelques uns qui cherchent moins à arrêter les discordes qu’à les susciter. Le Sarde, comme le, dit fort bien M. Mimaut, n’ôte la yje qu’à 6on ennemi personnel. L’assassinat est !’eflèt d’une animosité individuelle ou de l’envie; la victime est rarement dépouillée.
LJn manqué de foi pour une promesse de mariage , le vol d’une pièce de bétail, sont, en Sardaigne , les causes ordinaires des querelles entre les habitants de la campagne, et surtout les pâtres. Ceux-ci , sous leprélexte vrai ou faux de déni de justice, prétendent avoir le droit de se la faire eux-mêmes, et le plus promptement possible. S’abandonnant alors graduellement à une longue suite de meurtres et de représailles , l’assassin 'est forcé d’aller cacher dans les forêts les plus sombres , au milieu des rochers les plus arides et les plus inaccessibles , une vie pleine d’alarmes, que le besoin de sa propre conservation rend de plus en plus criminelle : heureux lorsque, par le sacrifice de toute sa fortune et de celle de ses parents, il parvient à prolonger pendant quelque temps une aussi misérable existencé! Mais les ressources s’épuisent et finissent:, les poursuites se renouvellent avec plus d’ardeur, et le malheureux qui n’a songé qu’à sauver sa vie aux dépens de celle de tant d’autres, et qui a fait répandre tant de larmes, va enfin terminer ses jours sur un gibet , ou bien il Ips finit dans le dénûment le plus complet, au milieu des angoises de l’abandon et du désespoir.
Malgré res terribles exemples, qui. à la vérité, sontàu-
Wng«anc«,.
Vf>T-
Kt
r'iÆ