I.IVRR III
POPCI.ATIO,V . •
' ■> jourd'hui bien moins fréquents qu’ils ne l'étaient il y a
, ■ ' une quarantaine d’années, les paysans sardes, et surtout"
ceux qui habitent les montagnes de la Barbargia et de la • Gallura, ont beaucoup de peine à laisser au gouvernement
le soin de venger une injure qui leur est particulière! Cette, obligation de l’ordre social , base de la tranquillité publique et privée , est encore au-dessus de la portée de leur intelligence. A la vérité-, ils conçoivent qu’en sévissant contre un de leurs semblables , ils seront poursuivis par la justice, mais ils ne sauraient concevoir quel intérêt le gouvernement peut avoir dans leurs querellés. '
« L’injure r le tort , ont été faits à moi seul, donc fc’esl . « à moi seul qu’il appartient de les venger. » Tel est le raisonnement que j’ai bien souvent entendu faiée par ces fiers descendants des Iliens et des Corses , que je me suis occupé à étudier de près pendant mes courses dans leur pays (J). . " " *
Caraclrrc des Le caractère de ces montagnards , et même des bandits,
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u est pas cependant aussi ierocé qu on pourrait le suppo- „ ser,' car, indépendamment de l’hospitalité, qui- est -chez ( . eux une vertu naturelle , et qu’ils exercent même envers
leurs plus cruels ennemis , on leur trouve souvent une espèce de délicatesse généreuse qui les porte à rie pas abuser de la supériorité du nombre ét de l’avantage de la position. En effet, il est bien rare qu’ils attaquent les militaires, même ceux qui les ont poursuivis, lorsque ceux-ci,
{■) Le langage, les moeurs, le costume même de ces peuples, m'ont souvent porté à faire des rapprochements fort piquants entre ces montagnards de la Sardaigne et les habitants de l’Italie méridionale dans le moyen âge, ou du moins ceux qui vivaient du telpps de Benveuuto CclIini, qui nous a transmis dans l’histoire de sa vie uuc peinture si nlive et si originale des ntœnrs de cette époque. . ~