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CH IP. IV. — SACCU DA COPKHIU. 217
aux quatre coins. L’on y adapte ordinairement des agrafes d’une valeur analogue à la fortune du propriétaire , et que l'on place de façon à bien serrer les deux parties de devant. • • ,
Quand même le nom moderne de saccu da coperri ( nom qui ne signifie pas un sac ) ne décèlerait pas la véritable origine de cette espèce de manteau, il est difficile de n’y pas reconnaître le sagum des anciens?
« Le sagum, dit Facciolati, était une espèce d'habit k militaire, plus court que la robe , fait avec de la laine « grossière et rude , couvrant les épaules , descendant jus- « qu’aux cuisses, et assez semblable au pallium des Grecs.
« Il ne servait cependant qu'aux soldats et aux habitants « de la campagne, pour les garantir du froid et de la « pluie (1) »
Le P. Madao, qui, le premier, nous a fait connaître le rapport du saccu sarde avec le sagum des anciens, nous fait également observer, d'après l’autorité de Julcs-Capitolin (2) , que les Romains se servaient aussi de ce vêtement comme de tapis et de couverture.
Le sagum des soldats romains a dû , à la vérité , être • > quelquefois plusample que celui des Sardesd'aujourd'hui, puisqu’ils s’en servaient pour berner leurs camarades; je ne pense pas cependant qu’il en différât dans la forme, qui était également celle d'un carré long ; le sagulum n’aurait pu être employé à un tel office.
Quant à l’antiquité du sagum en Sardaigne , je serais assez enclin à faire remonter son usage à un temps antérieur à l’arrivée des Romains , et j’en attribuerais l’introduction aux Ibériens. En effet, c'est d’un surtout de ce
( i ) Facciolati, îj> J,ex. V*. Sagum, ex Liv., 1. vu, c. 34, et Cato, du R.R. c. 5g. . , -
(aj Jul. Capitol. , m Vcro, c. Ci, de Js’i/uo. ’ f . :
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genre que veut parler Appien , lorsqu’il nous apprend que les Ibériens, au lieu de casaques (cklamys) , se servaient de vêtements doubles et grossiers , qu’ils agrafaient, et qu'on nommait saga. Utuntur atterri (Iberi) duplicibtu vestimentis crassis , chlamydum vice , et infibulatis : ea . saga, appe liant (l).
Je fonde mon opinion sur l’existence de plusieurs idoles sardes vêtues d’un sagum, et dont je donnerai la description quand je traiterai des antiquités de l’île. Ces idoles pourraient bien dater d’une époque antérieure à la domination romaine.
Du reste , le saccu sarde n’est maintenant porté que par la dernière classe du peuple , et il n’est même guère connu • dans la partie septentrionale, où pourtant les pâtres sont
très nombreux.
• Surtout* à ca- Je distingue en Sardaigne trois surtouts à capuchon , j'lk iiuu. qu’il ne faut pas confondre les uns avec les autres : les deux premiers sont, à mon avis, un reste du costume romain, tandis que le troisième est un habillement grec moderne.
Cikanu. Le premier de ces surtouts est celui que le P. Madao a mal à propos nommé toge, et comparé au cinctus gabinus. C’est une grande et large redingote à manches , faite de furesi noir; elle descend jusqu’aux talons,' et est un peu fendue par-derrière , pour ne pas gêner quand on est à cheval; mais clic n’est ni assez longue ni assez ample pour qu’une partie puisse , comme le dit le P. Madao , être jetée sur les épaules et envelopper le corps et la tète.
J’ai cherché inutilement un cabanu tel quo le décrit ce bon père, et je me suis convaincu qu’il n’en existe pas en Sardaigne. Cette grande ampleur, qui était propre au cinctus gabinus , n’est pas nécessaire au cabanu sarde, qui % •
(i) FennAmiis, de K. V/Gbæviüs, Anl. vol. YI, p. 854.