‹ Voyage en Sardaigne (volume 2)Chapitre 82 sur 193 · COSTUMES DES FEMMES · texte numérisé non relu

COSTUMES DES FEMMES

Dans la province d'Iglesias, les femmes ont un corset F«amc< <n. très serré à la ceinture et à manches très étroites, mais u courtes : ce corset est souvent en étoffe de soie amarante.

Leur jupon, ordinairement blanc, est à très petits plis; elles renferment leurs cheveux comme celles des environs de Cagliari , dans une bourse amarante , à grands rubans flottants sur les côtés, mais elles se couvrent la tète d’une pièce de drap blanc bordée d’un large ruban bleu-clair, qui donne à ce costume une physionomie toute particulière. ‘

Les femmes de l’intérieur et des cantons septentrionaux Femme* * «U de l’ile se distinguent de celles du cap méridional par updc g.mri. leurs manches fendues, et surtout par la manière dont , plusieurs d’entre elles s’enveloppent la tête avec un linge blanc (1). Cet usage, qui remonte également au moyen âge, ne se retrouve plus de nos jours sur le continent que dans le costume des religieuses (2) et dans quelques ta- Jbleaux des ancions peintres de l’école italienne (3).

Cës femmes mettent par-dessus ce linge une espèce de voile carré en drap, ordinairement de couleur écarlate dans les jours de fête, et noir dans les jours de deuil ; ce qui me les a souvent fait prendre pour dos religieuses.

(«) PL III, Vet VII.

• (aj On sait que lu costume actuel des religieuses est celui que portaient les femmes i une certaine époque du moyen âge ; Içs règles monastiques s’étant toujours opposées aux réformes, il s’es» conservé -de nos jours tel qu’il était anciennement. Le défaut de communication a exercé en Sardaigne la même influence pour la conservation de ce costume. '

(3) On peut citer principalement plusieurs tableaux de Leonardo da Vinci; d'ailleurs, ce costume était déjà en usage à une. époque bien intérieure à ce peintre , puisqbe sainte Bathilde (ou Badour), épouse de Clovis II, le portait déjà vers l’an 644- Voyti ManiÙT, Costumes anciens , tom. III, p. 3o,édit. 1 804 .

Kctmuejd'Osilo

Tempio.

de

Le plus beau costume en ce genre est celui que portent • / les femmes du village d'Osilo dans les jours de fctc : qu'on se figure un habillement complet en drap écarlate, des manches fendues intérieurement dans presque toute leur longueur, laissant apercevoir une chemise bien blanche , bien fine et bien plissée : ces manches sodI garnies, tout le long de l’avant-bras, d’une suite de boutonnières en galon d’argent fin , avec de gros boutons à grelots du meme métal ; une robe à petits plis très multipliés , qui serre une taille élancée , et qui est garnie au bas d’un large ruban rose ; un voile en batiste enveloppant avec grâce les deux côtés, la moitié inférieure du visage, et toute la gorge: sur ce voile transparent est placée une pièce d’étoffe triangulaire en écarlate, comme le justaucorps et la robe, et garni également d’un ruban rose, qui en fait tout le . tour (1). Lorsque ces femmes vont à l’église, elles retroussent leur jupon sur leur tète (2). *

Les femmes de Tempio, dont la beauté des traits, ,et surtout des yeux, est généralement remarquable , avaient naguères un costume qui leur était particulier , mais depuis quelques années, et surtout depuis que Tempio a pris rang parmi les villes de Sardaigne , ce costume se' perd graduellement. Dans les jours de fête les Tempiaises' et la plupart des femmes de la Gallura portent le justau- ■ corps écarlate à manches fendues et garnies de boutons et de boutonnières en argent', quelques unes ont encore le jupon écarlqte , mais aujourd'hui elles paraissent adopter la couleur verte pour le jupon de drap ; ce jupon est alors garni d’un large bord très tranchant en écarlate ; pour les étoffes d’été , la oouleur est insignifiante : ce qu’elles •ont de remarquable , c’est le mouchoir de soie dit cencio ,

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