CHAPITRE VI
Armes et exercices dès Sardes.
. Foui. Le fusil sarde (1) est remarquable par la longueur excessive du canon et la petitesse de son calibre , qui excède . • de fort peu la grosseur d’un pois ordinaire. La monture en bois tient presque toute la longueur du canon , et la crosse est très courte et plate , ce qui force le tireûr de mettre en joue d’une façon particulière.
Ces fusils ont la batterie à l'italienne ou à l’espagnole , c’est-à-dire avec lé grand ressort en dehors ; mais ce qu’ils 'offrent de plus singulier, et de bien défectueux en même temps,' c’est la baguette, qui n’est qu’un long morceau de fil de fer, épais d’une ligne et demie, et au bout duquel on adapte une tète également en fer et faite comme un bouton. Ce fil de fer plie toutes les fois que l’on s’en sert; et il en résulte, par conséquent,. une difficulté extrême et une perte de temps considérable pour charger l’arme.
Les Sardes , comme nous l’avons dit, se servent de leur fusil avec une adresse surprenante ; plusieurs le courbent légèrement en appuyant le genou contre le canon , et ils en règlent la courbure d’après la distance où est l’objet qu’ils veulent atteindre.
J’ai vainement cherché à faire des rapprochements entre ce fûsil et ceux des autres contrées de l’Europe. Quoiqu’il ait, par la forme de sa crosse, beaucoup d’analogie avec l’ancienne arquebuse d’Italie, il en diffère cependant assez
(0 PI. I, !» et IV.