‹ Voyage en Sardaigne (volume 2)Chapitre 89 sur 193 · CHAP. VI. — FUSIL · texte numérisé non relu

CHAP. VI. — FUSIL

Pistolet.

Cotrtcau de

pour lui chercher une autre origine. Je serais tenté de le comparer aux armes des Dalmates , des Arabes et des habitants de la Barbarie.

Les canons des fusils gardes viennent presque tous de la manufacture d’armes de Brescia ; le reste est fait dans l’ile, mais principalement à Tempio, où L’on excelle dans la fabrication des batteries et dans la ciselure des garnitures.

Quelques uns de ces fusils ont une assez grande valeur ; le.ur prix commun est généralement de plus de 100 fr. (1).

Le pistolet n’est pas d'un usage bien fréquent en Sardaigne, à moins que ce ne soit parmi lcÿ bandits, qui s’arment, à la mode des Baehkirs, de tout ee qui leur tombe sous la main.

Lorsque le Sarde est armé complètement , il porte à sa ceinture un grand couteau de chasse qui tient le milieu °* dil' entre le sabre et le poignard; on lui donne le nom de daglian ou daga; j’ai cru reconnaître dans ce (Jaghan une arme doift l’origine est due aux Maures, plutôt que de la regarder, avec le P. Madao, Comme le poignard que Strabon (2) donne aux Sardes.

Dans plusieurs cantons- dp l'île , mais surtout dans le Campidano d’Oristano et dans les environs de Quartu , ou voit quelquefois les paysans armés d'une espèce de lance dont le fer, long de dix pouces environ , est fixé à une perche de quatre ou cinq pieds (3). Le nom de berudu , que cette arme porte encore en Sardaigne, et sa forme, la font facilement reconnaître pour le veruium des Ro- .mains (4); on ne s’en sert guère que lorsqu'on va eu pa-

Pcru<lu.

(i) l.es bandits commencent à avoir des fusils à pistou et à double

canon.

('j)Stsadon, liv. v, déjà cité. • ,

<ô) PI. J ,f,R. i.

(4) U paraît que le vtrulum des Romains avait une hampe un peu

24^ LIVRE ni. POPULATION.

Chasse.

C^attr «lu profita leu i .

Ghÿlte d’obl ifalion-

trouille : ce n’est réellement qu’une arme défensive, que l'on (yard p à tout événement dans un eom.

Un décret de 1819 défend, en Sardaigne le port des armes , qui n’est légalement accordé qu’aux miliciens et aux barraceüi ; on le permet aussi , sous certaines conditions, aux chasseurs et aux voyageurs; mais il s’en faut que cette loi soit exécutée avec rigueur : les bandits et les pâtres des lieux sauvages ne sont pas les seuls à l'éluder.

La chasse que les Sardes préfèrent est celle des bêtes fauves; on l’appelle dans le pays caccia grossa. Celle du lièvre et de la perdrix est moins du goût des campagnards , et n’est guère pratiquée que par les personnes aisées ou par les braconniers, qui en font un véritable métier.

La chasse aux bêtes fauves a lieu de plusieurs manières et pour plusieurs motifs : nous citerons , entre autres , celle qu’on fait dans presque tous les villages dès les premiers jours de Pâques, et que l’on nomme chasse du prédicateur : en effet , le produit en est offert à l’ecclésiastique qui.a prêché pendant le carême , et qui , à Pâques , se dispose à partir. C’est une marque d’estime que lui donnent les habitants du village.

Dans certains fiefs , il y avait des chasses d’obligation » auxquelles les vassaux étaient tenus de se trouver pour chasser ou pour traquer : elles étaient toujours très nombreuses et les rangs de la société s’y trouvaient confondus. Cette corvée arrivait rarement et les paysans s’en acquittaient avec plaisir, d’autant plus que les provisions n’y manquaient pas. Un des usages des chasseurs sardes est de

plus courte que celle de la lance actuelle des Sardes; c’est apparemment parce qu’on le lançait en guise de javelot. Missile minus ferra trianguln unciarurn quinque , hastili trium pedum semis, quasi tune vericulum , nunc verutnm dicitur. (Vacrrios, De re militari, lil>. il, c. i5.) Voyez Vise., Georg., il, v. i68;.cl Suies Ital., liv. u, v. 365. ‘

Page 1