‹ Voyage en Sardaigne (volume 2)Chapitre 90 sur 193 · CHAP. VI. -*■ CHASSE · texte numérisé non relu

CHAP. VI. -*■ CHASSE

comprendre , dans le partage de la proie , toute personne p>ruç. a. i> qu’un simple hasard amène au rendez-vous dé chasse au moment de la curée : cette coutume est si bien établie que les chasseurs s’offenseraient si cette personne faisait la moindre difficulté d’accepter sa part , qui est égale à celle des autres, souvent meilleure, et qui lui est offerte avec la plus franche cordialité. J’eus plusieurs fois, dans mes excursions , occasion d’en profiter.

Les chasses dont il vient d’ëtrc question ne se font pas cu«o > j,

• toutes à la traque ni à l’embuscade , quelquefois on force le gibier à la course à cheval , et c’est ordinairement le , sanglier que l'on poursuit de cette manière.

Rien n’égale l’adresse, on peut même dire l'audace, ’. que le cavalier déploie en cette occasion dans le maniement de son cheval, au milieu des rochers et des broussailles. Plein de confiance dans l’extrême sagacité de èet animal , le Sarde voit rarement les dangers fréquents qui se présentent devant lui , et il parcourt à la course des lieux qui seraient regardés partout ailleurs comme absolument impraticables.

Quoique les paysans sardes aient tous des étriers (1), il M«niir« d<

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est cependant assez rare qu ils en profitent pour monter a cheval ; ils préfèrent généralement se servir d’une grosse pierre ou d’un banc sur lequel ils se placent pour s’élancer sur leur monture.

C’est apparemment une habitude routinière transmise de père en fils dès les temps les plus reculés (2), car je

(i) Les ctriers des paysans du cap septentrional sont assez remarquables par leur forme, qui se rapproche de celle de la moitié antérieure d’un soulier. (PI. I, /?g. i.) Ils sont en tôle et faits de cette façon pour garantir le bout du pied des coups qu’il pourrait recevoir des branches d’arbres, lorsque le cavalier traverse à la hâte une forêt ou des broussailles.

(v) Les Romains montaient «le la même manière. On sait que

ne conçois pas pourquoi des gens aussi agiles que' le sont en général ces insulaires ne pourraient pas monter a cheval de la même manière que les peuples auxquels l’usage des étriers est connu.

J’ai eu des guides qui pour rien au monde n’auraient consenti à monter à cheval autrement qu’en s’aidant dhine pierre ou d un banc ; j’en ai meme vu qui, descendus de cheval dans une plaine, ont souvent parcouru près de quatre cents pas à pied avant de trouver ce qui leur convenait pour se remettre en selle.

L’usage du porte-manteau est inconnu en Sardaigné ; on y supplée par une grande besace nommée berlola, que Ion place sur la selle, de manière que les deux po-' cheS pendent de chaque côté du çheval (1) et à côté «les jambes du cavalier.

Quoique ces besaces paraissent au premier abord incommodes , et qu’elles soient peu agréables à la vue , elles ne laissent pas d’offrir de grands avantages loTsqu’on Voyage dans un pays où il n’y a pas d’aubeCges , et dans lequel il faut transporter avec soi jusqu’à la nourriture de son cheval.

Ces' bertoles sont faites d’une étoffe de laine, tissuc pour ce seul cmplbi, et presque toujours rayée transversalement de bandes de couleurs différentes; elles m’ont rendu les plus grands services dans tontes mes tournées (5).

Caius Gracchus fit placer tout le long des voies romaines des erppes pour aider les voyageurs à monter à cheval.

(i) Voyez les quatre figures delà planche I.

(a) Je croirais assez que ces besaces, souvent très volumineuses, et <pù par conséquent gênent le cavalier pour monter élaiil pied à terre, sont la véritable cause de l'usage que j’ai indiqué ci -dessus , de monter à cheval par le moyen d’un banc ou d upe pierre.

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