‹ Voyage en Sardaigne (volume 2)Chapitre 98 sur 193 · CHAP. VI!.' — MARIAGE · texte numérisé non relu

CHAP. VI!.' — MARIAGE

ie mariage est annoncé à l’église pendant trois dimanches consécutifs, mais huit jours avant la bénédiction nuptiale on procède à la cérémonie nommée su fiorlu de sa ivbba (le transport du trousseau). Elle a toujours lieu avec beaucoup de solennité. . •"

L’époux, accompagné de ses parents et de ses amis, tous Tnmpori

r , U , * 1 .. . , , trousseau.

à cheval, part de la maison paternelle; une quantité de chariots proportionnée àeellc des objets qu’on doit transporter suit la troupe. Quand on est arrivé à la demeure de la future , les parents de celle-ci remettent le trousseau à l’époux : il vérifie tout pièce par pièce, et fait successivement charger chaque objet sur ces chariots •, ensuite on retourne à la maison de l’époux. ' * •

Deux jouetfrs de launedda , choisis parmi les plus habiles, ouvrent la marche en exécutant des airs champêtres.

De jeunes garçons, des filles et même des femmes, viennent ensuite; tous sont parés de leurs plus beaux habits, et portent sur leurs tètes ou sur leurs épaules les objets fragiles que l’on n’a pas cru pouvoir placer sans risque sur les chariots. Par exemple , un garçon tient sur son épaule • un grand miroir à large corniche dorée ; un autre a de chaque côté un tableau de saint, peint avec des couleurs bien vives et bien tranchantes (1); un troisième est chargé d’un grand panier plein de tasses de faïence ou de porcelaine, de pots à fleurs en verre bleu, et d’autres choses semblables ; un quatrième enfin transporte sur

pourvoit à tout ce qui a rapport il l’agriculture odàsa profession. En cas de décès de la femme, tout ce qu’elle a' apporté étant considéré comme sa dot, doit être rendu i> sa famille, à moins qu’il n’y ait eu donation réciproque.

(i) Ce sont ordinairement des tableaux venus de la ville voisine, et Souvent de Naples : ils représentent pour la plupart les patrons des deux époux, et sont destinés à orner le lit nuptial . .•

son bonnet' aplati une corbeille remplie de veares , de carafes, etc. • ' '

Immédiatement après , marchent de front quatre ou six jeunes filles ou femmes , ayant chacune sur leur tète plusieurs oreillers tous plus ou moins garnis de rubans couleur de rose, et ornés de fleurs et de feuilles de myrte. La cruche de bronze ou de terre dont la mariée doit se servir pour aller puiser de l’eau à la fontaine repose ce jourlà sur un bourrelet écarlate , placé sur la tète de la plus belle fille du lieu-, ce vase a presque toujours une forme antique très élégante (1) : alors il est décoré de rubans et rempli de fleurs naturelles. Plusieurs enfants portent ensuite divers petits ustensiles de ménage; en un mot, on fait parade de tout ce qui doit meubler la maison.

A cette avant-garde , qüi est naturellement assez bruyante, succède en silence une nombreuse cavalcade , au milieu de laquelle l’époux se fait distinguer par l’éclat de son habillement, qui est tout neuf, et par le riche équipement de son cheval (2).

Bientôt après le cri perçant des essieux et le son des

nombreux grelots annoncent le départ des chariots; ils sont traînés par des boeufs dont l’extrémité de chaque corne , entourée de bandelettes , porte une orange.

Tous ces chariots marchent à la filé ; les deux premiers portent plusieurs matelas tout neufs entassés avec soin l’un sur l’autre, et formant, sur chaque char, une pile

( i ) On peut voir un de ces vases en terre dans la belle collection deS terrailles étrangères réunies à la manufacture royale de Sèvres par les soins de son illustre directeur M. Alexandre Brongniart, auquel j’ai, S sa prière, apporté ce vasç en 1839.

(1) On se sert ordinairement, dans ces otcasions, de harnais fort riches, que les grands seigneurs se font un plaisir de prêter aux époux. • • % ■ ’ ,

t'HAP. Vit, — TRANSPORT DO TROLSSEAU. 27 i cart^e; les deux suivants sont chargés des bois de lits et de tous leurs accessoires ; dans une demi-douzaine d’autres ,on voit les chaises rangées en pyramides et garnies de laurier et de myrte; ensuite, les tables et les bancs, et puis deux immenses commodes, dont une contient le linge du ménage et l’autre les habillements de 1 épousé ; deux chariots sont occupés par l’attirail de la cuisine et plusieurs ustensiles, au nombre desquels on remarque une ample provision deftiseaux et de quenouilles; parmi ces dernières , il en est une qui est dressée et garnie de sa touffe de lin , comme prête à’étre filée.

Trois ou quatre chariots chargés de blé composent la première provision du nouveau ménage ; après le blé vient naturellement la meule et tout ce qu’exige, en Sardaigne, la fabrication du pain . .

Enfin le patient molenti , attaché par une longue corde à la meule qui le précède et qu’il doit bientôt faire mouvoir pour la première fois, férme la marche d’une manière assez plaisante. La queue et les oreilles ornées de myrte et de rubans, ce pacifique animal attire sur lui les derniers regards d’une multitude déjà fatiguée du spectacle qu’elle vient de contempler ; l’hilarité qu’il excite fait alors une agréable diversion à la pompe sérieuse qui l’a précédé. *

Le cortège est ordinairement suivi de près par trois ou quatre traccht (1) qui transportent plusieurs jeunes filles, amies ou parentes de l’épouse : elles sont chargées de meubler la maison et de mettre en ordre le trousseau de la

(t) Voye* PI. VI, leohariot couvert. M. Mimaut a été induit eu erreur; la tracca n’eét qu’un chariot Ordinaire (un plaustrunï), sur lequel on met des matelas, et que l’on couvre d’uUe toile ; c’est la ypiture commune des femmes dans la Sardaigne méridionale. Je pense que le nom de tracca vient du latin traliere. , • * • ' .

mariage.

372 • LIVRE III..:— — population.

future. Leur costume , dans ce jour de fête , est extrêmement brillant. . - » ,

Tout le monde étant arrivé à la maison de l’époux , on procède au déchargement des chariots, qui s'opère dans l’ordre suivi pendant la marche. L epoux donne bien souvent l'exemple en chargeant le premier sur ses épaules un des matelas du lit nuptial; alors les autres jeunes gens lui barrent le chemin de la chambre, et il s’établit entre eux une lutte ; quelquefois ces derniers , ayant chacun un matelas , le jettent sur l'époux et l’en accablent , pour faire allusion sans doute au fardeau qu’il, va s'imposer; enfin celui-ci entre et place son matelas; la maison est successivement meublée et arrangée par les filles qui sont venues exprès de l’autre village.

Alors tout est disposé avec le plus grand soin et dans le meilleur ordre : chaque meuble, chaque chaise, chaque pilier (1) est garni de bouquets de fleurs et de verdure , qui sont scrupuleusement conservés; on ne l'arrache jamais , et on la laisse sécher et tomber d’elle-mêmc , de sorte que souvent on en voit encore les lambeaux plusieurs mois après la noce, lors même que les autres souvenirs de ce beau jour sont tous évanouis. : ...

a Arrive enfin le jour du mariage , dont la célébration a lieu à la paroisse de la fiancée. L’époux, accompagné d'un ecclésiastique de son village, de ses plus proches parents et des paranymphes , va en grai)d cortège à la maison de sa future ; dès qu’ils paraissent sur le seuil.de la porte, la jeune fille se lève et se précipite à genoux aux pieds de sa mère, lui demandant sa bétiédictjon ; scs paroles sont accompagnées de pletirs et de sanglots. Sa mère la fait relever et la confie au prêtre de loutre village, tandis que l'époux est remis à un ecclésiastique de celui où l’on est

CO PI. VJ, Jtf. 10.

ui *

CHiP. Vil, — CKAHMONIK DO JIAKIAGÈ. 273

alors. La-troupe se .partage en doux cortèges séparés , et s’achemine ensuite •‘vers la paroisse au son des doubles flûtes et au bruit du carillon des cloches. La cérémonie du mariage achevée , la compagnie se réunit et revient à la maison de la nouvelle mariée , où l'bn sert à la hâte une espèce de déjeûner. C’est alors que ' les époux , assis pour la première fois à tabhe , l'un à côté de l’autre , doivent manger ton potagte dans la même écuelle et avec la même cuiller (1). »

Bientôt un signal est donné , on arrache l'épouse des Dq»rt d.- n bras de ses-parents pour l’asseoir sur un cheval richement nljr“c’ enharnaché , qui doit la porter en pompe à sa nouvelle habitation (2). ,

Le cortège est souvent nombreux et très brillant. Les joueurs de'fhite ou, pour mieux dire, de launedda, marchent à leur ordinaire en tête de la cavalcade (3), et précèdent la mariée de quelque pas. Celle-ci, dont un homme marchant à pied lient le cheval par la bride, occupe la place d’honnenr à droite de l’époux, qui l’accompague constamment en se tenant sur la même ligne. Les parents et les amis, formant une longue file , marchent aussi deux à deux , les femmes à droite et derrière l’épouse , et les # hommes à gauche. Si le mariage a lieu dans une saison durant laquelle on redoute l’influence fâcheuse des rayons du soleil , les femmes , dans quelques cantons, ajoutent à leur riche costume Un chapeau rond de feutre qu’elles em-

(i) Cette cérémonie le renouvelle dans d’antres circonstances. . ÿ&yn ci-après. * '

^•(a) L’épouse ne peut guère revoir ses. parents durant tes trois premiers jours de son mariage ; on lui donne , pendant ce temps , une fille' de compagnie, nommée dans le pays spnsa t angulis.

(5J PI. VI. Ce.usa.ge remonte au temps d’Iloraère./'Ares la description du bouclier d’Achille. • . • . t ’ ■ • • "

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pruntcnt ordinairement pour celle seule occasion ,‘ ét quelles ornent de plumés, de galons, de rubaos et de fleurs. * ■« • •

Rénpiioa. Aussitôt que lé soft ries flûtes et le tumulte du peuple annoncent l’arrivée de là troupe , la mère de l’épouse , ou sa plus proche parente, se prépare à la recevoir, tenant à la maiivun plat contenant du blé, du sel, et souvent . même des dragées, ce qui se nomme dans le pays sa gra-

zia (la grâce); elle va à la refteontre des époux jusqu’à • ’ l’entrée de la cour , et dès qu’elle les aperçoit, elle leur «* ' jette de grosses poignées de grazia.

* L’épouse est alors conduite près d’une table couverte

d’un riche tapis, que l’on a placée à l’entrée du Vestibule, et auprès de laquelle est également pôsé un petit tabourèt servant de marche-pied. C’est là que, selon t’étjqùcttë \ l’épouse doit descendre de cheval ; arrivée,, ou pour mieux dire transportée sous le péristyle , elle baise la rrtain de ses nouveaux parents, en signe de respect et de soumission, et elle est ensuite introduite dans la chambre nuptiale nommée sa domu e lettu : la maison (chambre) du lit. Dans quelques cantons {le l’île, là belle-mère reçoit s l’épouse avec un verre d’eau et un plat contenant la grazia; elle verse l’eau à terre devant la mariée au moment où celle-ci franchit le seuil de la chambre nuptiale , et lui jette la grazia (1). -

Ajnmwyc*. Les cérémonies qui suivent celte réception n’ofFront rien ' de particulier. En certains endroits cependant, surtout dans l’intérieur de’ l’île, l’épouse ne doit pas bouger, pas même remuer |es mains, ni parler, le jour des noces. Véluu dc.ses plus. beaux habits et immobile sur une chaise,

(i) La grazia rappelle les npixqne Ici Romains jetaient en pareille occasion ; .quant an verre «l’eau , je le crois un reste de rite liébrcii Voyez Storia i/eg// rili ehraici , de Léo» Modes*. Paris, 1657, p. 8<>

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rnAP. .TU. t- AUTRES USAGES. 27.»

elle doit recevoir, pendant toute la journée, les visites des gens qui viennent la féliciter, et il-ne lui est pas permis de proférer un seul mot ; usage qui , sans doute , Sera Tegardé comme bien barbare par plus d’une femme vivant dan» les pays de l’Europe les plus civilisés.

La Réception de la jeune femriie est ordinairement suivie d’un festin, pendant lequel les deux époux mangent, de nouveau dans le même plat et avec la méme’cuillèr ; enfin un bal termine la journée.

On a prétendu, que dans certains cantons' de la Sar- N«,mnr< daigne régnait encore l’usage que Strabon attribue aux peuples de l’Ibérie , et <Jui , suivant le rapport de divers voyageurs, existe obez plusieurs peuples sauvages de . • l’Amérique. Quand une femme accouche , sdn mari, diton , se met au lit et reçoit les compliments de ses voisins, tandis que l’accouchée s’occupe du ménage, , et donne à son. mari tout ce qui lui est nécessaire pour réparer ses ■"forces. * ■

On conçoit que j’ai dû faire les recherches les plus exactes pour découvrir la vérité; elles m’ont convaincu que cet usage n’existe pas plus en Sardaigne que dans le Béarn , où un avait dit qu’on l’avait aussi remarqué. Le fait est d’ailleurs si bizarre et si ridicule que je serais même tenté de douter qu’on l’ait trouvé chez les sauvages de l’Amérique. \ ' '

Voici ce qui-, en Sardaigne , aura apparemment donné lieu à une pareille fable. L'usage d’après lequel les deux époux , en signe d’affection réciproque , mangent dans une même assiette et avec une seule cuiller, n’est pas limité „ ...

au jour des noces : il se renouvelle à tous les événements '• .

heureux de la vie conjugale; or, comme la naissance d’un crtfant, et surtout d’un fils aîné, est certainement du nombre de ces derniers, plusieurs habitants de la Sardaigne renouvellent en cette occasion la -même cérémonie

(VntaioDitJ

funèbre*.

Allitu.

276 1.1 VUE 1H. —, rOTULATiOn.

(|wi eut lieu entre eux le jour de leurs noces ; et la femme 'étant couchée, il est tout naturel que l'époux se placedans le Ut à côté d’elle. Voilà Sans doute tfe qui', dés les temps les plus anciens , aura fait supposer l’existence ch1 cette coutume que l’on a successivement attribuée à Tant de peuples différents. ' , • «

Les montagnards de la Sardaigne ayant conservé plusieurs usages anciens, ej particulièrement ceux qui sont relatifs aux principaux événements de la vie, il est tout simple (pie nous retrouvions dans leurs cérémonies funèbres une grande analogie avec les neniœ des præficœ romaines. . "••••' - ' • .

Lorsqup quelqu’un meurt ,-on place son corps au milieu d’upe chambre, -le, visage découvert et tourné vers la porte. Alors des parentes ou' des amies'du défunt, souvent même desfemmes salariées , vêtues de lcürshabits de deuil et tenant à' la main qn mouchoir blanc , entrent dans cette chambre en gardant le plus profond silence; elles ont même l’air' d’ignorer le décèsde la personne qu’elles viennent pleurer (1). ‘ •' -, • , ^ -

Tout à coup elles poussent un cri de surprise et de douleur qui est suivi de pleurs , de sanglots' et de gémissements; elles donnent des marques du plus violent désespoir; les unes s’arrachent les cheveux, les autres se roulent à terre , d’autres enfin semblent même par leurs gestes menacer le ciel. • '• r » •• • • ,

Mais bientôt un calme momentané succède à ces démonstrations bruyantes d'affliction'; une de ces femmes se lève comme inspirée, -son visage se colore, elle improvise en vers un long éloge du défunt; elle le déclame en cadence,, et finît chaque strophe par ces cris : ahi! ahil . ahi! qui sont répétés par. toptes ses .compagnes.

[i) PI. vn.

«4jfW

• (.UAP. Vir. — ATTITO. 277

Le discours ; le tou ddnt il e«t prononcé , les cris et les gestes qui l’accompagnent, varient suivant la qualité de Iq personne que l’on pleure.

Pour une jeune fille, la déclamation de la prwfica et ]<;s cris de ses compagnes ont quelque chose de tendre et de mélancolique qui excite la sensibilité.

Le chant fnnèbre devient plus animé et les. cris d’aocompagnoment plus forts, si l’on déplore la perte d’une jeune femme enlevée à srf famille par une mort prématurée, ou celle d’un homme qui jouit d'une grande considération parmi se? parents: sou jugement, sa prudence, son courage, le -désespoir de sa veuve, sont retracés avec les couleursdcs plus vives, elfc,, . .

Mais rien n’égale les hurlements qui se font entendre aux funérailles d'un homme tué par son ennemi; ce n’est plus cet accompagnement triste et lugubre -qui fait couler les larmes; clest un, cri de rage et de désespoir; ce n'est pas la douleur qu’on- veut exciter dans. le cœur des assistants, ce sont les sentiments de haine et de vengeançe dont la famille, du mort est agitée. Soit quelle les éprouve, soit qu'elle feigne de leà éprouver , la femme qui déolame fait tous scs efforts pour les inspirer à toutes les personnes qui l’éCoutent.

Pour y parvenir elle a. recours aux métaphores : « C’est- «- un lion , s’écrie-t-elle , terraasé par un renard , un hérqs « tué eii trahison par un lâché. » Alors elle fait la longueénumération des meurtres nombreux dont les membres dçs deux familles ont été victimes ; die ranime les an-' ciennes inimitiés , et rappelle toutes le? vengeances qui les ont suivies. . . • '

Quoique cet usage, dont les funestes conséquences sont évidentes , soit défendu par le goitvernçm.ent et par l'église, les montagnards .trouvent toujoqrs le- moyen d’éluder la vigilance.de l’autorité; ils se croiraient désho-

278 UVRJB IM. — POPULATION,

norés si, avant de descendro an tombeau , un cevait pas cette marque authentique d'estime de ses proches et de ses amis (1).

Dans plusieurs cantons de la Sardaigne, la veuve d’un homme tué par son ennemi se pare de ses plus beaux habits, et défait sa chevelure, qui retombe sur ses épaules ; ensuite, accompagnée de ses principaux parents, elle va chez le juge du lieu et lui demande publiquement vengeance du meurtre de son époux ; on la reconduit chez elle , où elle dépose ses habits de couleur, qu’elle ne reprend plus pendant tout le temps de son veuvage.

Les règles du deuil sont rigoureusement observées en Sardaigne : il est bien rare qu'une femme convole à de

secondes noces. J,a couleur ordinaire du deuil est le noir;

dans quelques cantons, les veuves s’enveloppent la tête d un voile en drap jaune , qui leur cache les trois quarts de la fjgure (2).

(i) L’ensemble de tontes ces cérémonies porto dans l’ilc le nom <f nttito. Je pense que ce mot peut provenir de quelques uns des cris à peine articulés que l’on poOssedaus la douleur et la surprime, comme niât dans ce vers db Plaute : , . ' . ,

A fai perii Hercle ego miter ! '

. ( AuluUr in, 1,8.) . *

.ou comme otot»-toî> prononcé olotoli, exclamation commune aux ‘ tragiques grecs. , . • >

(Escmti., Agnmemnnn , v» 107a— 1076.)

(à) A Hùsachi , le voile jaune est un signe de petit deoil ( PI. III, /îjç. 5); dans le grand deuil, Jes femmes couvrent ce voile jaune d’un grand crêpe noir dont les deux extrémités retombent de chaque côté ( même Pl.fi g. 6 ). En d’autres lieux , comme à Tissi , près, de Sas, sa ri , elles ajoutent pour le petit deuil un voile noir en ta fêtas , sur lequel elles en placent un autre en drap jaune ( même Pl.fig. 7).

A Tcmpio , on voit encore des femmes porter dans le grand denil des bandelettes blanches sur le front comme certaines religieuses

CHAP. va. -T- USAGE DE TUER LES VIEILLARDS. S79 Or a prétendu que les Sardes avaient anciennement la coutume de fuer les vieillards , mais la fausseté de cette assertion A déjà été démontrée par quelques écrivains.

Quanta l’usage de hâter la fin des moribonds , qu’on a prétendu exister jadis dans l’île, et dont se seraient chargées des fçmmes dites pour cela accabadure (l), a-t-il réellement existé ? ou n’est-ce , comme il est très probable, qu’une simple tradition populaire? Je ne saurais le décider, malgré la vive polémique que ce sujet a éveillé, dernièrement dans le pays ; le fait est que de nos jours il n'ep existe aucune trace.

cet lisage remonte en Gallura, à l’époqne de Dante , puisque ce poète fait ainsi parler N in, juge de Gallura, dans son hnitième chant du purgatoire, v. 70. *• • • . ‘ •

• • * Quando tarai di Ils dalle larghe onde , , •

* Di a Gioeanna mia (*) cheper me chianti là ioee agli innocenti sirisponde. 1 • •,

Non credo ehe la sua madré (’*) pii i la ’ê/ni, , ■ ,

Poscia ehe trasmutô le bianche bende * • Le quai convien che misera an cor brami.

' 1 ' Per IA assai dilleve si comptcndc ‘

Quanta in fentina fioco d'amor. dura , ,

Se Tocchio o’I tatto spesso nol raccende : ,

‘ . * Non le farh si btlia sepoltura • .

• La vipera che i Milanesi ticcampa , '

■ Came auria fatto il galle di Gallura.

Cosidicea. ,

(1) Nom qui provient A’accabttrc achever, finir)

(•) Jeanne u fille. Voy. le tableau des juges fie Glllura , pag. $3. t”).Béatrii d'Eneu femme , qui Le* mort Spuue* Galeae VUfconli do Milan, dont 1* famille portait pour «rmoirie un urpcnl : voyex également le Ubltau on quostinn,

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