PAULI GEII.BI, CHATEAU DE SALZAI, CONI
Au bas du village de Patdi (lerrei, on voit bien dislinclemenl ces bancs de calcaire fossilifère alierner avec lès schistes, qui en' quelques points deviennent carburés, et contiennent des veines et des rognons de graphite; un peu plus loin ces mêmes schistes paraissent avoir été traversés par un puissant filon , ou plutôt par une espèce de culot de roche porphyrique rouge, sur laquelle nous reviendrons dans le onzième chapitre, ('es couches sont dirigées ENR-OSO, elles inclinent au NNO; elles vont également NO-SË, plongeant au SO.
Si de Pauli Gerrei on va toujours à l'est, dans la direction de Villa Salto, on passe sur un grand plateau schisteux, dit la plaine de S. Crislolo, qui présente une surface à-peu-près plane, mais fort ravinée vers le nord. Le schiste y est presque partout talqueux ; il est traversé par de nombreux filôns de quartz hianc; la direction de ses feuillets, souvent très-tourmentés, varie d'un point à un autre; nous avons cependant cru reconnaître que la plus commune des directions de ces schistes est celle N-S.
, Si, au contrailre, de Pauli Gerrei on se dirige vers le village de Ballao, on passe au pied d'une ancienne ruine détruite, dite château de Salsai, <]iii est également bâti sUr du schiste talqueux alternant avec du calcaire et de la grauwaehe. Enfin on ne change pas de terrain en allant de Siliue Goui. Nous Ames séparément, et à plusieurs reprises , ces trois routes différentes , et nous n'y avons vu qu'un sol essentiellement schisteux, accompagné de grauwaehes et de bancs calcaires schisteux, pauvres en fossiles.
Tel est également le terrain sur lequel est bâti le misérable village de Goni , qui va prendre une certaine renommée à cause des nombreuses et belles empreintes de graptolites que le hasard nous y fil découvrir en 1838. Ces empreintes, que l'on peut voir dans notre planche A, lig. 1, II, III! sont argentées, comme les fougères des schistes de la Taranlaùe. Nous renvoyons, pour l'énumération de
Plàlrju de S. CriUoto.
Château de Sattai,
Goni. Scbitlet à firaptulitc».
m cHAr. U. — kocutü mlvbibhni», u> pabtw.
leurs espèces, pres(|ue loules nouvelles, au Iravail spécial lie M. Meneghini, en appendice à ce volume. Ces schistes portent dans notre catalogue le n° fi 55. ,
i.o.a.u'. Le lieu, où nous limes cette découverte, se trouve k cinq minutes de Goni, vers le nord> dans une région dite /M liiconi (pied boiteux). Là se montrent au jour, dans un chemin légèrement encaissé, les couches feuilletées de ce schiste noir qui se subdivise en plaques aussi minces qu’une feuille de papier à lettre, et qui laissent voir des deux cùtés les empreintes de ces corps singuliers. Nous ajouterons que ces schistes sont fortement carburés, ou plutôt enduits d'uim matière charbonneuse, luisante, et tachant les doigts. L'association de ces graptolites à la substance charbonneuse, cohiirme les observations Laites par l’illustrateur des graptolites de la Bohême (t). As.iorialloit Les schistes feuilletés et carburés de Goni alternent rVkiir». avec des bancs d’un calcaire tout-à-fait pareil à celui de Pauli Gerrei et de Silius. Nous y avons même rencontré des traces de fossiles analogues, qui figurent dans notre . planche C (fig. t et î). Le beau Noraglie qui domine ce village, et dont nous avons donné une description ot un dessin dans la seconde partie de cet ouvrage (page 85, planche XII, fig. 2), est formé de ce calcaire, qui prend en quelque sorte un aspect réticulé et qui rappelle une roche à-peu-près semblable des terrains paléozoïques des l'yréitées. La direction de ces alternances de schistes ph}llades et de calcaires varie infiniment; car toutes ces couches sont souvent très-contournées et plissées* en tous les sens. L’allure dominante nous a cependant parue être celle N-S, avec une forte inclinaison à l’Ë. ' y. .11,1.. De Goni ,• nous eûmes occasion de faire trois excursions '^ '' différentes du côté de la profonde vallée du Flumendosa;
(l' Crnpliiliics Hi l<i Jcarliin tl.irrandr l'r.i(;iic, IS.ïO
l'n pplil vol. in-t», page 8.
BSCALAPLANI).
(l'abord, CD nous dirigeant vers le village de iVurri, nous reronnumes, dans les terrains parcourus pendant ee trajet, toutes les alternances de schistes et de grauwaehes avec des bancs calcaires , que noos avons laissées à Goni. Ce terrain ne cesse de paraître que lorsqu'on arrive dans la vallée de Mulargia , où il est caché par des dépôts plus récents, sur lesquels nous nous étendrons dans les chapitres suivants.
Pour aller de Gont à Escalaplanu, on prend une autre route ; mais le terrain ne change pas notablement de nature. Bn arrivant à la descente vers le fleuve, on voit ô côté , et à gauche du chemin , un lambeau de coulée basaltique placée horizontalement sur les schistes ; ce ne peut être que la continuation de la grande coulée qui se trouve en face, de l'autre côté du fleuve, et qui provient de la montaÿ^ne basaltique de Nnrri. (',cci démontre clairement que le canal actuel du Flumendasa est postérieur it la période pendant laquelle s’épanchèrent en Sardaigne ces grandes coulées ' de lave basaltique , qui jouent un rôle si important dans la constitution géologique de c.ette tic. ,
Sitôt qu'on a passé le fleuve (au gué, bien entendu), et que l’on commence à monter vers Escalaplanu, on voit les schistes s’altérer, devenir très-tordus et tourmentés; ils prennent la couleur d’un rouge violacé très-vif, et en d’autres points iis sont violets et môme verts; enfin on y reconnaît tous ces changements de couleur, que nous avons également rencontrés ailleurs, dans les localités où les schistes sHuriens se'trouvent en contact, on à proximité des roches éruptives. Dans les terrains qui nous occupent, ces changements semblent dus à la présence des roches porphyriques , dont nous parlerons -ciaprès.
Avant d’arriver à Escalaplanu, les schistes disparaissent; et ils sont recouverts d’un grès cl d’un dépôt calcaire contenant des cérites, que nous croyons devoir r»iq)ro-
d’Escalti/ilann.
Moiift*.'
Ts*r<ce xilUçe.
"10 cmtp. II. — ■ocma sildbibnnbs, ii> rAans.
cher du terrain nunimuliliquc du plateau voisin de Monte Canliga.
t'Jirmîit di' Goni Si de la descente de Com, indiquée ci-dessus, au lieu de passer immcdialcmenl le fleuve, on en parcourt la rive droite dans le fond du canal, par un chemin trës-rocaillcux et difficile, on trouve toujours les mêmes alternances de schiste , de grauwache et de calcaire ; seulement les couches de ces différentes roches deviennent plus tourmentées et plissées sar elles-mêmes, au point ,de prendre en quelques endroits le faux aspect d’une rose. La direction la plus générale de ces terrains est celle du NO au SE. En suivant toujours la berge, on arrive au village de Ballao.
B“ù-iTdinr point, le fleuve coule dans une espèce de plaine,
U lu du ura<rc. QU du moûis sur un lit horizontal, tout formé d'une masse de galets de couleurs très-variées. On y voit figurer des blocs arrondis 'de basalte, dont la couleur noire fait un singulier contraste avec d'autres boules de calcaire blanc, de quartz et de porphyre rouge. Parmi les pièces que nous a offertes cette espèce de mosaïque naturelle et mobile, nous avons spécialement distingué une roche, qui porte dans notre collection le n^ B 56 , mais que nous ne pûmes retrouver en place; c'est une sorte de brèche feldspathique talqueuse, à fond brun-café, qui enveloppe des fragments pétrosiliceux, du porphyre et do schiste talqueux. ('.ette substance, que noos serions portés à placer dans les roches qui ont paru avec le dépôt carbonifère, serait à notre avis fort utilement employée dans les arts, pour des vases et d'autres objets de luxe.
Miiifd'^imoiiir Ce qu’il y a de plus remarquable dans les environs de Ballao, c'est sa veine d'antimoine, qui se trouve à une demi heure de distance- du village, dans un lieu dit Sa Milia (la mine), ou bien Su Carraxiu. Lorsqu’ en <827 nous visitâmes eette localité, les travaux de recherche étaient abandonnés; ils avaient été pratiqués dans un schiste argilo-talqueux , 'allernnul avec du calcaire super-
KUXAO. SAKABIIS, CUBAS. CHIBBA. 71
posé à de la grauwaehe quarlzeusc grisâtre H 57. Cos roches sont spécialement dirigées du NO au SK, avec leur inclinaison au NE. L'excavation avait été pratiquée dans le sens NNO*SSË. Le minerai, dont les déblais nous oITrir^l quelques fragments, est un antimoine sulfuré d'assez belle apparence, associé à du quartz H 58 Les recherches de ce gtte métallifère furent reprises plusieurs années plus tard , comme il résulte de l'ouvrage de M. Baldracco, pag. 133 et suivantes.
Le terraio schisteux de Itallao, accompagné de grauwaehes et de* bancs calcaires, continue à se montrer à l'E et au NE , c’est-à-dire dans la région de Sarabu», et vers le territoire de Perdus de Fogu (autrement dit Fotjhesu). .Le sol du Sarabus est généralement formé de schistes argileux ou talqueux analogues à ceux des environs d’Iylesias et de Flumini; aussi les collines de cette contrée prennent toüt-à-fait l’aspect de celles de la partie occidentale de l'tle, que nous avons déjà décrite. Les monts Narba et Genn -argiolas , qui dominent le territoire de Muravera et de Villaputsu, sont schisteux; ils sont conhns dans le pays par leurs filons métallifères. Le lHonle Narba, en particulier, est composé d'une roche schisteuse, qui alterne avec de la grauwaehe: on y voit un filon de plomb sulfuré, dont l’allure va-N30®O -S30”E. La richesse métallifère de cette partie de l'tle complète la similitude de ces terrains avec ceux du groupe silurien zle la partie occidentale.
Près du village de Villaputsu, on rencontre un lieu dit Gibbas, où l'on exploite un gtte de minerai de plomb argentifère , dirigé E-0 ; il se trouve dans la roche schisteuse. Cette excavation présente de grandes difficultés à cause des eaux qui entourent la mine, et du mauvais air qui règne en CCS lieux pendant plus de |a moitié de l’année. Les schistes en question vont jusqu’à la mer, que l'on rencontre bientôt à Porto Corallo.
Lé long de toute celte côte, les schistes siluriens pa-
Terrain* «iluHrn* du Xurvéut.
Mine de Gibbas.
Mont «I cltltrau de Cbirra.
CHAP. Il — nOOBES 8ILI)BIBNAE8. IP PABTIE.
raissent par-ci par-là au cüiilacl du granité, qui Cnil par I dominer. Le monl à-peu-près isolé^ sur lequel se Irou- ^ vent les ruines de l'ancien château de Chirra, forme, dans cette partie de l'tle, U limite septentrionale des terrains paléozoïques qui, du reste, prennent déjà l’^parence de CCS schistes et de ces calcaires cristallins que nous avons signalés dans le chapitre précédent.
TiTrtiiik iloal ee Le temps et les moyens de traverser le fleuve, de Chirra, .noM.-.ifiprnK'. ^ embouchure au pied du château de ce nom, nous ayant toujours fait défaut pour visiter celte montagne, nous priâmes M. Giordano, ingénieur actuel des mines de la Sardaigne, qui devait se rendre dans ces régions, de 'vouloir bien y faire une excursion et de nous rapporter quelques échantillons de ce rocher isolé, qui avait, bien malgré nous,- échappé à nos invesli^ralions. i)iK..rd.ofr observations de cet habile ingénieur ont plcine-
ür iirmaoiion. justifié Ic doulc que nous avions conçu en passant plusieurs fois au pied de celle montagne, savoir, que le calcaire gris cristallin (passé à l'état de bardigHo), qui en constitue la partie supérieure, et sur lequel sont posés les murs du château , ne se trouve pas en stratification concordante avec les schistes qui le supportent. Les banés de ce calcaire sont fortement inclinés vers l’O; leur direction moyenne serait celle NIO^E, tandis que les schistes ^ur lesquels ils reposent, auraient à-peu-près l'allure générale des terrains siluriens, puisqu'elle approcherait de celle NO-SE. Nous citons ces faits sans prétendre les expliquer; .nous faisons seulement remarquer (|ue nous avons déjà signalé, des discordances de stratification dans des .terrains loul-à-fail analogues de l'ouest de nie, spécialement au Monte Marganai, page 38, et à Santa CiulioHa, page 31, tous deux dans les environs iïlglesias.
Grapliile Avant d’arriver de Villapulzu au château de Chirra, on àu Gfnnarriia. cspècc dc gocge , dite Cennorella, où. l'on
a prétendu avoir rencontré du combustible minéral. Nous
TBBTBNM, M. CAUI«A, CBBMIN DK LA nOMTBME.
nous sommes expressément transportés sur le lien, en décembre 1 853 , et nous eûmes la confirmation de ce que nous avions cru reconnaître à l’inspection des échantillons qu’on nous avait présentés, savoir, que ce prétendu com^ buslible n'est autre chose que du graphite, plus ou moins terreux,. intercalé dans les feuillets fortement tourmentés, ((uartzoux et carburés du schiste silurien. C’est le même fait que nous avons rencontré près de Pauli Gnrrei, cl que nous aurons occasion de signaler de nouveau en plusieurs autres localités, notamment à Laconi, îi Silanu» et à lUorai. • .
Nous avons dit'ci-dessns, que le mont de Chirra forme, le long de la côte orientale, la limite septentrionale du’terrain silurien, et qu'à partir de ce point, c’est la roche granitique qui domine ; nous ajouterons cependant que, si dans tout le cours de la longue vallée arrosée par le fleuve de Tertenia, les granités en occupehk exclusivement tout le côté oriental, les terrains schisteux n’en constituent pas moins -tous les monts qui se trouvent à- l'ouest du mémo cours d’eau. ■ • •
En/ allant de Yillajmizu vers le |)lateau du Moule Cardiga, on traverse d’abord une série de monticules schisteux, aux formes arrondies, qui ont le plus grand rapport avec ceux de Monte Pont et de S. Angelo des environs lïlglesias. Nous o'eumes pas occasion d’y. rencontrer des fossiles, mais nous ne doutons pas de la parfaite identité de ces terrains. Au bout de deux heures de montée, on commence à rencontrer sur les schistes des lambeaux de terrain à nummulites, dont est formé le Monte Cardiga. ■ ■■■ r .
Mais si de ce dernier plateau on< descend vers l’est, par un ancien chemin dit Scala de >a Cmtissa (1), ou bien