‹ Voyage en SardaigneChapitre 9 sur 84 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

Terraini lilorien*. Groupe de l’eit et du uord do la Sardaigne.

Si , en parlant du point le plus septentrional do groupe silurien dont nous venons de donner une esquisse , nous voulons nous diriger vers les autres régions de l’tle, où l'on rencontre des terrains .analogues, nous n'aurons qu'à traverser la grande vallée du Campidano, pour arriver bientôt à un monticule qui domine celle plaine, et sur lequel se voient encore les ruines d'Un Fort du moyenàge, dit château de Monreale.

Celte espèce d'tlot schisteux, surgissant au milieu des N>tunterrains tertiaire et alluvial, na que 282 mèlres d'altitude. La roche, dont il se compose, est un schiste lalqueux, ou plutôt un Icplynolile schisteux, jaunâtre, maclifèrc et altéré fi 48; il oiïre la plus grande analogie avec le leplynolile fi 46, que nous avons déjà signalé comme formant la cime du Monte Linos (Voyez page. 61). Ses couches, observées au pied de la grande tour posée sur le point culminant de la colline, sont presque verticales; elles sont dirigées N-S; ailleurs elles prennent des allures différentes et même opposées entre elles; elles sont tordues et tourmentées ; ce qui parait devoir être nttrihué aux nombreux liions de quartz qui traversent ces schistes en se croisant à angle droit.

Ces liions quarlzcux blancs forment, pour la plupart , Eilons (|uarUcui. saillie sur loute.s les rrëlcs et sur le dos des contreforts de celle montagne singulière, dont nous reproduisons ci-

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Filuu dt: fer*

V4 CHAP. II. — ROCHES SILURIENNES. Il‘ PARTIE.

après une esquisse, prise d'une montagne voisine qui domine le village de Sardara.

Fig. 8.

aaa filona do quartz, direction NO-SE; b antres filons de quartz dirixes NE-SO; c point culminant du mont, où se trouve une tour encore debout.

Ce croisement perpendiculaire de filons quartzeux parallèles entre eux est un de ces faits que nous 'aurons bientôt oocasion de signaler en d’autres localités de l’tle, et sur lequel nous nous réservons d'appeler l'attention des géologues. Nous avons cru observer que les filons quartzeux de Monreale de Sardara, dirigés NO-SE, sont coupés par ceux qui vont dans le sens NG-SO, conine à la mine de Monteveecliio. Nous pensons cependant que les observations, que nous avons pu faire sur ce 'sujet dans cette localité, méritent un examen plus approfondi, auquel il nous a été impossible de nous livrer pendant nos travaux trigonométriques.

Au pied SE du château et de la montagne de Moureale, on rencontre, en y allant de Sardara, un grand filon de fer, dont la puissance varie de 0,50 à i mètres; il' consiste spécialement en une hématite brune enclavée dans du quartz; ce filon est dirigé à-peu-près 0-E; le schiste à son contact devient charbonneux et fortement maclifëre B 4€. Cette roche, que nous envisageons également comme un Icplynolile, se comporte absolument comme celle loul-à-fail analogue que nous avons signalée sur le Versant oriental du Monte lÀnas, où elle est éga^ leménf accomiiagnée par un grand filon de fer

TII.LAOBBCA, S. PA^TALEO. )i5

Au pied septeAilrional du Moiireale, cl non loin de la source minérale qui coule de l'est à l'ouest, on observe un mur de roche schisteuse qui se trouve à proximité d'un filon basaltique, et qui sort du sol de la plaine comme un dyke vertical; il conserve la même direction E-'O indiquée ci-dessus. Nous croyons y reconnaître un lambeau du terrain schisteux silurien, dont est formé le Mourtale, qui aura été soulevé de bas en haut et relevé en saillie au-dessus de la plaine, par la force d'impulsion produite par l’apparition du filon basaltique voisin, dont la direction concorde parfaitement avec celle de ce mur. C’est aussi la direction dans laquelle coule la source thermale, dont la température est de 18 degrés, comme nous l'avons dit dans notre première partie du Voyage en Sardaigne, page 109.

Près du village de Villagreca, des schistes (|ui ont toute l'apparence -d’appartenir au système silurien, se laissent voir à côté de la grande roule royale, lorscpi’on va de Serrenti à Nurammis. Leur direction principale parait être celle N 30° O - S 30“ E. Ils se trouvent en contact avec le trachyte amphibolique et phonolilique deA’uraittinis, et ils supportent le terrain tertiaire subapennin.

La même roche continue à se montrer entre Aiiramiiiis et Ussana,, où elle forme une suite de petits monticules fort peu élevés; et on peut la suivre jusqu'au pied du |>ont de ÿangiuM sur fa grande route de Cagliari à Mandas. C’est près de ce pont, - que surgit le Monte IJda, où ce même schiste parait avoir été soulevé à l'époque de l'apparition du beau gi^nilc rouge, ou plutôt de la belle Itegmalite des en.virons de Ikmori: tandis qu'en d’autres |K)inls, ce même schiste suppqrle le terrain tertiaire supérieur, qui constitue la presque totalité de la filaine de la Trerenla.

D'f^.mna, on peut également suivre les mêmes schistes jusqu'aux environs de S. Panlalen, quoique dans ce trajet ils soient presque toujours couverts par le terrain ler-

llur Kbitteui relevé.

Schiste»

de yuiagrecn.

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de S. Pantalco.

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oc r.U*P. II. — BOCHKS SILtBIEJIJiBS. Ilk P*«TIB

liairc^ mais à peine on dopasse ce dernier viHage vprs l’esl, la roche silurienne se présente en forme de montagnes élevées. Ce sont les mêmes schistes argileux ou talqueux que nous avons déjà signalés dans le grand •;roupc oriental. A une heure de chemin de S. Pantaleo, vers l’est, près d’une fontaine excellente, dite Fontana de xAridelli, on voit les schistes dont il s’agit prendre la direction NO-SE et passer, vers Pauli Gerrei, à une ardoise noirâtre B 50, dans laquelle il nous a semblé reconnaître ({uelqucs traces de graptolites.

Plus au SE, dans la montagne de Serpeddi, nous avons rencontré ces mêmes schistes noirs carburés; ils y sont recouverts par une espèce de grauwache schisteuse, dans •laquelle on trouve des impressions articulaires d’un crinoïde (Caryocrinus?) B 49. Ces empreintes, dont nous donnons un dessin dans notre figure 1 4 , planche B , ont cela de remarquable , qu elles sont remplies de petites feuilles de mica, dont les lamelles sont beaucoup plus développées que dans la masse de la pierre.

En approchant du village de Pauli Gerrej, on voit le schiste, tantôt talqueux, tantôt argileux, alterner avec du calcaire schisteux et du calcaire compacte bleuâtre, qui laissent voir, dans le pays même, des traces de certains fossiles difficiles à déterminer, que l’on trouvera reproduites dans la planche C. fig. 1 » et •», et fig. î. Mais c est surtout sur le versant oriental du Monte Exi, qui sépare le village de Pauli Gerrei de celui de Silius , que l’on peut faire une plus grande moisson de ces 'restes de la faune silurienne. Malheureusement la téna’cité de la pierre qui les renferme ne nous a pas permis d’en recueillir des exemplaires bien déterminables; ce sont en général des débris d’énerines et d’orthocères, tous déformés et écrasés. On ne les rencontre guère que dans les bancs calcaires (t).

(1) Voyei'pour ce» caleaire» no» cchanlillon» B 50. 51, 5Ü, M.

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