V.iUër (!u llcavr de Trrtenia
CIténiin de yiOuputin au
Mont* C<tr-rfip<r.
Chemin
de ta Cumlcsar.
(l).C’e(t-ii-dire Vtscalitr de la Camiette, qui est Tisiblcropnl dirigé \ert lp châlpau de Chirra. Celui-ci fut habité, dans le uinycn-tgc.
74 CHAr. II. — BOCHBS SILUUBNNBS, 11^ PABTIB.
si l’on se dirige au nord, vers le village de Foghesu, le schiste réparait aussitôt , et il forme la base de tous les terrains stratifiés des environs.
Envirani Nous renvoyons au chapitre suivant la description do
defog*r/u carbonifère de Perdas de Fom (Foghesu) -, c’est
pourquoi nous ne nous étendrons pas davantage sur les schistes, tantôt talqueux, tantôt micacés et tantôt argileux, qui forment la véritable base de ce dépôt; nous dirons seulement que plus on s’approche des grandes * masses granitiques, plus les schistes deviennent cristallins et talquenx ; ils perdent leur nature argileuse et leur couleur verdâtre ou lie-de-vin. Dans la vallée de Terlenia , ils sont très talqueux, tor.dus, tourmentés et pénétrés de veines de quartz; leur allure la plus commune en cette région est celle NE-SO, qu'affectent plus généralement ces roches passées à l’état de schistes cristallins, chrniin d’jrriu. Sur U routc dc Foghosu à Jersu , en un lieu dit
Ergiole, le schiste associé à de la grauwache prend la direction N-S, inclinant vers l'E, .tandis que tout près du premier de ces deux villages, au Noraghe de s' Areu è Ortu, il conserve la direction générale NO-SE. De Foghesu -, en se dirigeant au contraire vers Ballao, on voit les schistes, alternants avec des grauwaehes, prendre en quelques points une fausse apparence de gneiss £ 59, 60. . ‘ .
Boni Au NO de Foghesu, et au NNE de Nuni, s’élève une montagne remarquable, qui porte le nom de Moule di Santa ViUoria (TEtenili, à cause d’un village ainsi nommé, qui SC trouve sur son versant NO. Cette montagne, au sommet de laquelle nous plaçâmes un de nos principaux signaux trigonométriques , compte 1235 mètres d’altitude. Sa nature est essentiellement schisteuse,' mais elle se com-
par noe comteue de ce nom , yhltnte Carroz. Nona parlerons des vicissilndes de ce chàteaa dans notre quatrième partie de ce ynyage; Violente iWait en 1388.
mOLO BT fiABONL
• pose d’nne alternance de schistes lalqnenx on argileux, de grauwaches et de bancs calcaires. Ces derniers sont ordinairenient schisteux, et ils ne différent en rien du calcaire que nous avons rencontré près du village de Pauli fierrei, de St/iiM et de Goni; ils renferment également les mêmes fossiles indéterminables que nous avons recueillis en ces trois localités distinctes. Voyez les ligures t » b et i, planche C. '
L’allure générale des couches du M. di Santa Vitloria est celle NO-SE ; cependant, près d’une fontaine dite Brunm de Stticû, le calcaire schisteux prend la direction N-S; il incline vers l’O. Nous citons ce fait, parce que nous aurons occasion- de parler de cette direction N-S, qui est celle 'de'trois cimes principales, dont le Monte di Santa l’ùloria est du nombre:
D'autres calcaires, renfermants >les mêmes fossiles cl accompagnés dés mêmes schistes, se rencontrent également à la chapelle de S. Cosimo et 'au Noraghe Manno, près de Seulo. On leS retrouve enéore au-delà du Flumendoea, non loin de Gadoni.
C'est dans ce dernier lieu, qn’cn 1847 nous nous rendîmes, en compagnie.de M. de’Vecchi.el d’une autre personne qui prétendait y avoir découvert ,unc mine de houille d'excellente qualité. EfTeclivemenl, les échantillons que -cet individu présenta au vice-roi comte Launay, et qui même furent, envoyés au Minisfère, étaient de trèsbonne qualité. Nous-mêmes nous reconnûmes sa bonté dans les échantillons qu'on soumit alors à notre jugement; mais tout nous porte à croire qu'au lieu de provenir de la montagne désignée, c'est-à-dire des environs de Gadoni, ils avaient été puisés à Cagliari dans le magasin de charbon venu de Sewcastle, et destiné aux boteaux à vapeur, qui étaient chargés alors de la correspondance de la Sardaigne avec le conlinenL
Désireux de connaître la vérité sur cette prétendue trouvaille, nous n’eumes rien de plus pressé que d'éclaircir
Allure
dra couchra.
Sfuto et (iMjomi.
Kecherrhra de hoiiillr.
Double
eicursioa.
76 CH«P. II. — HOCUBS 8ILIIBIBNNB8, ll> PABTIB.
par nous-mêmes celle question' imporlanle; mais peu conlenls de nos propres observations , ayant dd quitter bientôt la Sardaigne en y laissant cependant notre compagnon de voyage, nous l'engageâmes à faire en ce lieu une seconde excursion ; ce qu'il voulut bien exécuter quelques jours après notre départ; mais celle nouvelle visite ne fil que confirmer le jugement porté dans la course précédente, i.n.iir Le lieu qui nous fut désigné comme riche en combusdc gp trouve au bas du village de Gadoni, sur le ver-
sant oriental d'un mont assez escarpé qui domine le cours du Flumendosa. C’est en cet endroit que se trouve une faible cavité, dite GroUa di Nuretüulu. I..e8 parois fortement noircies de ce léger enfoncement dénotent) à la vérité, la présence en cet endroit d'une matière charbonneuse, mais en examinant avec attention l'allure et la composition des couches qui forment le mur de la grotte, on reconnaît bientôt que la véritable substance charbonneuse ne s’y trouve qu'en petits filets toul-à-fail insigniüanLs, comme on peut le voir dans le croquis que nous avons pris sur les lieux, et qUe nous reproduisons ici.
Fig. 9
c calcaire légëreident schialenx , contenant qnelqaes traces de fossiles lilnrient £ 64; c' calcaire très-schisteux, pénétré de substance charbonneuse et fortement tourmenté; c" calcaire presque. compacte, gris-foncé, avec des veines apathiques blanches B 63; rh veinules de substance charbonneuse , ne deipattant pas 3 millim'etres d’épaisseur; j roche noire, qnarUense, trcs-6breusc , traversée par des veines blanches B6\ ; rrr rognons de substance noire, silioeuse, avec des traces de cuivre £69.
MANA BT ATftABA. UT M PLIIHENB08A. 77
La matière charbonneuse dont il est question, sé trouve, R<!inii>t<iMdFu>
. , ...... » ncuMioni.
comme on le voit, dans une quantité ei minime quelle lie saurait avoir aucune importance comme objet d'exploitation. Au reste, nous croyans envisager la pénétration de cette substance charbonneuse dans les terrains siluriens de cette localité comme nn'fait analogue à celui qui a produit les blets et les rognons de graphite dans les terrains semblables de plusieurs autres points de l'Ilc. Ainsi on ne peut en aucune façon assimiler les veines charbonneuses de la grotte de Nureniulu aux véritables dépôts carbonifères de Foghem, de Seui et de Seulo, qui appartiennent à un ordre de choses tout différent.
Avec le mont de Gadoni, nous terminons renumération Terni II»
des localités où se montrent au jour les roches siluriennes et d'Maara. de la partie de l’tle que nous venons de faire parcourir à notre lecteur. En avançant vers le nord, les schistes talqueux et argileux passent à l’étal de schistes cristallins, comme nous l’avons fait voir dans le chapitre précédent; mais vers l’ouest, les mêmes terrains paléozoïques continuent à paraître, tantôt sur bue petite échelle, comme vers Mcana et Atiara, où se trouve un lambeau de schiste carburé, tantôt sur une échelle bien plus vaste, comme dans les environs de jMconi, auxquels nous passeronsbientôt.
La grande et profonde crevasse qui sert de lit au Fh- ** Lti *■' mendosa el qui va presque en ligne droite 4cpbis Gadoni “ jusqu’au confluent de ce fleuve avec le Rio Mnlargia, est toute creusée dans un terrain formé de Schiste talqueux ou argileux, associé à de la grauwache, et- à des bancs calcaires plus ou moins subcrislallins. On peut même dire que le Flumendosa coule exclusivement sur de semblables roches , depuis la base méridionale do Getmargenlu jusqu’à son embouchure. Son lit.el ses flancs ne varient jamais de nature , el si ses eaux charient el déposent- les cailloux les plus variés , ceux-ci proviennent presque toujours dos diCférenles espèces de roches qui recouvrent de leur*
78 cur. IL — BOCBIS SILIIUBRHBS, n« MIT».
pittoresque manteau les berges de ce Qenve, dont le cours a plus de 60 milles géographiques de longueur. C'est seulement au-dessous de Nurri que l'on voit surgir, sous les schistes en question, une, masse porphyriquc rouge qui lésa pénétrés; mais cette interruption -est de peu d'étendue , et bientât le lit du fleuve redevient exclusivement ' ' schisteux.
scbitiri ar jvvrH Lcs méiiics terrains que nous avons déjà signalés sur
ciieniiii de Goni à Nurri, et dans la vallée de Mular- - v constituent la base de tous les difl'érenls dépôts suc- / cesaifs qui se sont accumulés près de ce dernier village.
Les schistes reparaissent bientôt à découvert sur le chemin de Nurri à Mandas. Avant d'arriver par cette voie à ce dernier pays, on rencontre la carrière de marbre de Mandas, qui est ouverte dans un bardiglio gris ordinaire B 66. Ce mhrbre , assez commun , n'est pas l'objet d'une exploitation bien activée ; il est associé, comme presque tous les calcaires de ce genre , à un schiste pkyllade noirâtre B 65, qui se lie à son tour avec les schistes talqueux et argileux ordinaires; l'allure principale de ces couches est NO-SE.
ftemgniùt , Les schistes de Mandas sont recouverts par des dépôts ri'â^u'uda. tertiaires; ils vont s'unir, par Donigalla et S. BasUio, k ceux du Monte Uda, dont il a été question ci-dessus, page 65. •
Moiu Trtmpn. Dcs sclüstes , plutôt micUcés que talqueux , mais qui passent insensiblement d'un état à l'antre, forment la masse principale, et Surtout la partie supérieure d'un mont àpeu-prës isolé, qui domine • les environs A'Isili, cl qui porte le nom de Monte Trempa. Noos ne serions pas éloignés d'attribuer la condition actuelle de ces schistes à leur contact immédiat avec une roche granitjdoïde, qui est plutôt une espèce de pegmatite qu'un véritable granité. Cette roche parait à la partie inférieure, et môme sur les flancs de la montagne, en guiso de culot; elle y -.'forme des filons, romme nous le dirons en son lieu.
LAOOM . MONTE NTUNU.
Les roches siluriennes se montrent de nouveau aux en- Tcmi»
de luccttii
virons du village do Laeoui, qui est bâti sur un semblable terrain, dont la slratiiication prend, en cet endroit, la direction NE-SO , avec une inclinaison marquée au SE. de façon que lorsqu'on, y arrive par le bas de la vallée,'
: du côté de Genone, et que l’on monte vers Laconi, on passe successivement des couches les plus anciennes aux plus récentes. Parmi les premières nous noterons spécia- •; lement de belles granwaehes talqueuses auxquelles succèdent des schistes grisâtres et noirs; ces derniers surtout renferment en abondance des noyaux et des veines de graphite; cette substance charbonneuse se remarque principalement dans les parois des rues encaissées du village même. De nombreux filons de quartz traversent tous ces schistes, et en certains points, surtout au-dessus v . du pays, on reconnaît des traces d’émanations sulfureuses,' qui paraissent avoir sensiblement décomposé la roche schisteuse, avec introduction de petits cristaux de gypse dans ses feuillets. Nous attribuons cette pénétration de gypse à l’approche des trachytes.
8i dq Laconi on se dirige vers une montagne voisine, umustÊ,»,,. dite Honte Stiinu, on ne quitte presque jamais le même sol, spécialement formé d’un schiste talqueux prenant souvent l’aspect de schiste cristallin. Ce dernier, qu’au premier abord on pourrait rapporter à une autre forma- • lion, laisse bientôt voir son origine silurienne par son ^ « ‘
alternance avec des grauwaehes et- avec des calcaires ' «
schisteux qui dévoilent son identité avec les terrains de Liconi, et avec ceux que nous avons décrits jusqu'ici.
Parmi les. calcaires qui aecompagneot ces terrains, il y en a de toul-à-fait identiques avec ceux qui à Flumini Major contiennent des Orthocère». Nous ne fumes pas asse's heureux pour y rencontrer de semblables fossiles. Les couchi's du Monte Stunu sont dirigées du NO au SE ; ce mont est en partie recouvert de Irachytc , comme nous le dirons en son lieu .'A
80 CHAT. II. BOCMEli SILUBUHim», IIk rABTIE.
o>im<' Lorsqu'uprès avoir (iépassù le village J'/tsuNi, qui esl •II* * Mrdusa. bÀli sur les roches Irachyliques, on se dispose à visiter le château de Samugheo, connu sous le nom de château de Médusa , on n’a qu’à suivre le chemin qui conduit d’.tsiini à Samuglieo, puis on se dirige vers le NE; pendant ce trajet, on foule successivement des alternances ^ de schistes et de hancs calcaires; les premiers sont réduits à l’état de schistes cristallins, les autres à celui de ; niarhre bardiglio; ceux-ci forment des assises puissantes 0 ^ au milieu des schistes. Toutes ces roches sont très-dislinctement dirigées du NU au SE. Tout-à-coup l’espace’'
(|ui sépare le plateau d’Tsuni du Monte Sfunu, se montre fortement raviné par deux crevasses très-profondes, et c'est en ce point d'intersection des deux fentes, qu’on voit s’é- ’JÎ'
^ lever une grande masse calcaire, sur laquelle sont posées ' les ruines du château en question (t).
Ru.ii.'t>«riiM|u<!i Ce rocher n’est accessible que d’un seul côté, par un^
' passage étroit et dilhcile à parcourir, qui. lie celle masse ,
presque isolée au mont dont elle fait essentiellement partie. " Il forme une espèce de triangle dont les deux faces principales sont coupées à pic, sur une très-grande hauteur, dans le sens des deux crevasses ; c’est dans ces dernières que coulent les eaux du torrent Traxûi, eq faisant un crochet remarquable. Celte ma.ssc est formée d’un calcaire gris^clair, légèrement saccaroïde , qui a conservé les traces d’une ancienne stratification en bandes parallèles, et qui a passé à l’état d’un banliglio rubané B 67. rnaitiim Au premier abord, la position géologique de ce cal- ■ir'^rrtuXr Caire n’est pas. facile à saisir; mais en l’examinant avec soin, «oit à sa partie inférieure, soit au-dessus de sa junctioji avec le mont voisin, du c6lé de terre, on ne larde pas à apercevoir les schistes, qui indiquent par leur pré-
(I) Ce cliâlrau nous semble être une eunslruclion romaine iln Has-Einpjrr. Nous nous réservons fl'cn parler «lâns la <|ualrièo)e
* ou^rajio
It. OHfKGHÉlU. HOGOttfiLLA. , 81
• • \ seocc la TiVritable position de la masse calcaire; qelle-ci
SC trouve en ce point de nie , comme en beaucoup d'autres endroits, subordonnt'e aux schistes de lavande formation silurienne de la Sardaigne. La parfaite analogie du rocher en question avec celui de plusieurs localités, où ce marbre est toujours associé aux schistes paléozoïques, vient encore à l’appui des inductions tirées du gisement. ‘ ■
II est bon de remarquer que les deux grandes cre- cruUr.n. .a .i< . vasses qui contournent le château de Mahisa, sont dirigées en sens perpendiculaire une de l’autre; celle par laquelle arrivent d’abord les eaux écumantes de l’/traxwi, va dans la direction NE-SO; l'autre, qui reçoit les mêmes ». eaux après leur jonction avec celles du ruisseau venant du territoire de iMconi, suit la direction de ce dernier, ■ du SE au NO. <
En poursuivant le cours du même torrent, vers Alai, onarmr»a«<>ti«i.>t arrive, au bout de quelques heures de chemin, au pied oriental d'une montagne isolée qui porte le nom de Monte " Ghirghini ou Urigliini; c’est encore, comme' au Monte Trempu, une masse schisteuse pénétrée et modifiée par les roches granitiques ou porphjTiques. Le granité se montre seulement au jour au pied du versant oriental du Ghirghini, du cêté d'Alai; vers le sud, à l’ouest,' et principalement sur toute la crête, le terrain «st essentiellement schisteux ÿ mais les schistes varient tellement 'd’un point à l’antre, qu’il serait difficile d’en saisir la véritable origine, 'si vers le sud ils ne^prenaient pas l’aspect des terrains siluriens des environs d'Iglesias et de Flumini Maggiore.
En faisant l’ascension de cette montagne par le village de MogoreUa, on rencontre d’abord, sous le terrain 'tertiaire , lès schistes argileux - violacés et verts , qui- nous paraissent siluriens. Ils passent à on schiste phyllade noir, pareil à celui qui à Monte Linos contient des traces de graptolites, dont il nous a même paru retrouver en ce lieu des indices. Peu-à-peu ce schiste devient macli-
Afrenûon par i/ogortlU.
r.HAP. II. ~ BOCBES SILDBUmNU, II> PABTIE
AA«‘**tlAIUIi
pjf P'ili'Urititna.
Direr Itun geoérilr dca acbitlea.
l'ëre cl carburé & 68, ce qui complète la similitude des deux terrains. Ces schistes maclifères et carburés passent à des espèces de bancs de lydienne^ mais à mesure que l'on approche du noyau granitique et porphyrique, les mêmes schistes deviennent feldspathiques ou micacés, et ils prennent lout-à-fait l'aspect de roches cristallines.
Lorsqu'on veut se rendre au sommet du Ghirghini, par le village qui en est le plus voisin, c'est-à-dire par Vi/rVrbana, on parcourt d'abord une espèce de plaine, et on trouve ensuite un dépôt de roche tertiaire ; mais à peine on commence à gravir les lianes de celle montagne, on voit une roche qu'on prendrait au premier abord pour du granité, et qui passe. essentiellement à un schiste micacé, quarlzeux et même fcidspathique. Quelquefois cette roche est associée à des bancs d'un quartz noirâtre passant à la lydienne, ce ipii nous a rappelé les terrains (lu Honte Santa de Pula et surtout de Sa Stidiosa, décrits ci-dessus (1). A moitié de la montée, on rencontre un filon porphyrique rougeâtre, pareil à ceux qui dans les monts des Sept Frères . de Sinai , près de Cagliari, traversent a la fois le granité et le schiste silurien. Plus vers le sommet, les schistes sont très-micacés et quartzeux, et ils prennent une apparence de gneiss. Dans le premier chapitre, page <5 ci-dessus, nous avons indiqué les motifs qui nous ont engagé à placer certains schistes du Monte Ghirghini dans la catégotie, des terrains cristallins; ainsi nous nous bornerons à renvoyer le lecteur aux pièces A 1 .4 3 de notre catalogue.
Les feuillets des schistes du Ghirghini^ surtout 'vers le sommet, sont généralement dirigés NO-SE; bien souvent ils sont verticaux , et ils se lient à des filets et à des filons de quartz qui courent dans le même sens. Ce (piartz est un peu ferrugineux; on dirait même qu'il s'unit intime-
(1) Vnypz*
FILM M FBUA MinACei.
ment, en quelques points, à la roche porphyrique qoi paraît au jour à moitié de la montée.
Toute cette masse est traversée par cinq ou six grands liions de quartz blanc, qui coupent les schistes et les autres liions quartzeux, perpendiculairement à leur direction, c'est-à-dire dans le sens NE-SO. Ces filons sont très-puissants et verticaux; ils se dessinent parfaitement, à partir de la base orientale jusqu'au sommet, où ils forment autant de points saillants en guise de dykes, et ils redescendent par le versant occidental jusqu’à la plaine. Comme l'axe du tîhirghini a une direction assez marquée du NNO au SSE , il en résulte que ces grands filons forment des saillies, ou des espèces de dentelures , le long de la croupe schisteuse qui, vue de loin, parait presque, horizontale et uniforme. Les filons quartzeux sont très-*' visibles de loin, comme le démontre le croquis de cette montagne, que nous avons pris du haut du clocher deJa ^^, ville d’OriiUtno, qui en est éloignée de plus de 20 kilomètres, vers l’ouest.
Fig. 10
sigotl M. Ghirghini.
Notre signal trigonomélrique -fut placé sur une emi- v„r«gs<. nenee, dite Perdu Muraggi, à une altitude de 693 mètres; ce nom provient sans doute de celui de pierre muraille, a cause de la similitude que présente le dyke quartzeux qui sert de base au signal, avec une muraille; mais ce mur a cela de remarquable, que dans le- point où il se croise avec un filon de même nature, qui rourl sùr la
flr& filoiii.
Lrur« rrlattfi.
Eavin>iis
d'Ottûftéi.
^iKiit •Ivliottnart.
84 CBkP. 11. — MGHB8 StLOlIlllim, lU PARTIE.
créle de la montagne dans le sens NE-SO, la rochç (juarlzouse n’est pas homogène , c'est plutût une véritable brèche formée de fragments anguleux de quartz blanç, cimentés par une pâte également quartzeuse, fortement colorée de rouge par de l’oxide de fer.
C’csl ce qui nous porte à croire quHes fragments anguleux de cette brèche proviennent de filons qnartzeux préexistants, que celui .de Perda Muraggi aura fracturés à son passage ) et ces fragments se seraient cimentés dans sa pâte encore molle, associée à du fer. Nous avons aussi observé que les filons quartzeux de cette montagne, qui sont dirigés du NO au SE, sont formés d’un quartz plus pur que les -autres, qui sont plus ou moins salis par le fer. Il y a dans ce fait la confirmation de ce que nous avons déjà observé ailleurs, et surtout au Monreale de Sardara et à la mine de Monte Vecchio près Guspini, savoir, que les filons quartzeux, dirigés -NE-SO, sont postérieurs à ceux de la même substance qui courent dans le sens perpendiculaire, c'est-à-dire NO-SE, et qui, à notre avis, sont les plus anciens de toute l’tle.
En remontant la rive gaucho du fine, depuis Fordùnijianut jusqu’auprès d'Oltana, par une succession de terrains granitiques et trachy tiques, on né rencontre plus les roches schisteuses que dans les environs de ce dernier village, où elles se présentent avec leurs caractères ordinaires, c'est-à-dire elles y sont associées à des banca de calcaire grisâtre subcristallin.
Non loin de là, plus vers l’est, se trouve une montagne isolée, ({ui mérite une mention spéciale; elle est connue sous le nom de montagne de Gonnari. Les groupes granitiques aux- formes arrondies ou découpées , 'qui environnent ces lieux, cèdent la place à un accident du sol d un ordre très-différent; le mont dont il s’agit, prend la forme d'un grand cône , ou plutôt de deux cônes à axes verticaux r un plus élevé vers l'est, l'autre plus bas vers
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MORT BB fiORNARI. S.*»
l’ouest; ils s'unissent par une espèce de col; leurs surfaces sont régulières dans toute leur étendue.
La nature du sol commence à varier sitôt que l'on sort Sa iiilurr. du village d’Orant, placé à la base NO du mont. Si l’on prend le,chenvn du sanctuaire qui en occupe la ‘sommité, on voit d'abord des schistes , qui ont toute l'apparence d’étre d’origine silurienne, reposer sur la roche granitique; ils contiennent des noyaux, plutôt que des veines de fer oligisle micacé, très-luisant »*** 1: Sur ces schislqs sont adossés des bancs d’un calcaire très-allcré, qui en certains points est devenu un vrai cipolin, et qui présente une stratification dirigée N 25° O. Au - dessus de ces bancs calcaires on voit de nouveau des schistes cristallins, qui sont recouverts à leur tour par des assises calcaires.
C’est sur une répétition de ces alternances que l'on gravit la montagne jusqu’au lieu où sont établies les houtiques et les autres maisons, destinées à une espèce de foire qui s’y tient chaque année au mois de septembre.
A partir de ce point jusqu'au sommet, on ne rencontre plus qu’une masse de calcaire cristallin, sur laquelle sont posés les fondements de la chapelle de Noslrn Signora di Gtmittri.
* Comme la composition de cette montagne nous avait Olifcnatiiilis fortement intrigués , surtout à cause des calcaires sléali- "
leux et de la pierre ollaire que nous y. avions re<;ueiliis dans nos précédents voyages, -et qui figurent dans notre collection aràc les n°* B 75, 76> 77, nous’ engageâmes M. de’ Vecchii qui devait parcourir après nous ces contrées en juin 1 847, à bien étudier la position relative de ces roches. Ce géologue a bien voulu nous satisfaire, et il nous a remis la coupe du mont de Gonmri, que nous donnons à la page suivante, en l’accompagnant de ses observations.
sa
CHAP. II. — ROCHES RlLURfEttRES . Il> PARTIE.
SUalitc olUire.
Modificaliont du ciitraire.
Fig.JI.
A, Stgnora di Goanari
g granité,' f schiste micacé avec du fer oligiste luisant; c calcaire cristallin; s schiste cristallin; is schiste avec stéatite; o nficaloe.
M. de' Vecchi a reconnu que la substance que l’on nomme dans le pays perda moddi (pierre molle), et qui dans le fond n’esl que de la pierre ollaire ou pagodite, se présente, en petits filons minces et très-irréguliers, à travers les schistes micacés et talqueux; ces fiions sont apparemment étrangers à la première formation des roches qu’ils traversent, et ils semblent être le produit de certaines actions qui furent subies par les roches schisteuses postérieurement à leur premier état.
Il est vraisemblable qu’une action analogue à celle que nous venons de signaler pour les schistes a eu lieu à travers les couches calcaires qui se trouvent à la Sommité du mqnt; mais le résultat final a été bien différent, à cause de la part que la roche calcaire parait avoir joué dans l’œuvre du métamorphisme. La matièré stéatiteuse 'qui en traversant les schistes se forma en guise de petits filons, s’est toüt-à-faU mêlée avec la Substance calcaire, en y formant une espèce d’oficalce £76 ; d’ailleurs, cette roche ne se trouve pas irrégulièrement mélangée avec la masse calcaire, mais elle se présente en forme d’un filon tortueux dirigé approximativement N-S; il est marqué o dans la figure H ci-dessus. Tels sont sommairement les ohservalions importantes dont nous sommes redevables à
M4BBRE BILANVS.
notre jeune collaboraleur, qui nous, a permis d'en faire usage.
Pour trouver un terrain qui fasse suite à ceux que nous venons d'esquisser, nous passerons ie Tirse à OUana, et nous nous rendrons à Silanus, qui se trouve au pied de la chaîne du Marghim.
Silanus est, connu en Sardaigne à cause de sa montagne d'un marbre bardiglio, assez analogue- à ceux de Mandas et du ch&teau de Médusa. Ce calcaire y est également associé au schiste, qui parait avoir subi lui-mème plusieurs altérations. Ce schiste repose sur une masse granitique dont se compose le mont de Bohlana, et que l'on retrouve presque à l’entrée.du village de Silanus, lorsqu'on arrive de l'est. C’est d’abord une succession de roches schisteuses noirâtres, qui contiennent de nombreux cristaux 'de macle blanc entrecroisés entre eux de manière à produire un bel elfet sur la teinte foncée de la pierre; celle-ci passe insensiblement à un schiste talqucux très-tourmenté , contenant du graphite, également schisteux et impur, qu'on a fort mal à propos qualifié d'anthracite A 69, 70. Il est souvent pénétré de veinules et de ror gnons de quartz blanc fl 71. C’est spécialement dans ce schiste que commencent à se montrer des bancs plus ou moins puissants d'un calcaire subcristallin gfis-clair, passant, par différentes nuances et par divers états d’une cristallisation plus ou moins pronontée, au marbre Aardiglio fl Ti. Un de ces bancs forme la véritable montagne de mar\)re’ qui domine le village (t), où jadis on avait pratiqué une excavation assez régulière de cette pierre Toutes ces différentes roches sont concordantes entre elles dans la direction de leurs couches, qui vont généralement O 38“ N - E 38“ S, avec une inclinaison de 60" au SO.
(I) Voyez ci-aprn, chapitre 13, la Ggure 95, qni représente tout le versant ihéridional du Monte Santa Padrr de Bortigati
88 Cn.iP. II. — ROCBES ftailBtBNBES, 11^ PABTIE.
/Iforiu, ichisif* Los m^mos schistes maclirèros , que nous venons de sip:naler à Silamis on conlacl, ou à proximilé du granité, SC ronconlrenl de nouveau sur l'autre versant de la montagne granitique de Bolotana; pnS du village d'IUorai, ils y sont également associés nu schiste carburé, accompagné de graphite, et de bancs de marbre gris subcrislallin. Les cristaux de macle sont longs cl comme argentés, et ils sont groupés entre eux en éventail, ou plutôt en guise de simuler l’empreinte de pied d’oiseau. Le fond de la roche est d’un noir verdàlrè, sur lequel se dessinent ces curieux groupes de cristaux, qui sont entrecroisés d’une manière si remarquable JB 73. siiaiiir. La première fois que nous visitâmes ce village, en 1827, on nous avait beaucoup parlé d’une roche que les habitants du pays nomment gesso (gypse); ils s’en servent pour faire des écritoircs, des pipes, et même des petites statues de saints. À la première inspection de ces objets, d’une industrie barbare cl dans l’enfance, il nous fut facile de juger que leur prétendu ge3so n’est autre chose que de la stéatite, dite autrement pierre ollaire ou pago- 4ile; mais il nous intéressait d’en connaître le gisement. Ce sont d’abord de grands bancs d’un quarlzite gris&lre rubané, alternants avec du calcaire également grisÀtre et un peu cristallin , qui alterne à son tour avec une roche schisteuse , tantôt phylladique, tantôt passant à la lydienne.
s..ti Ki.eincni. ^ Daus la roche quarlzeuse qui est subordonnée au marbre, on trouve cette pierre sléaliteuse en rognons ou en petites couches; elle est associée à du fer pÿrileux qui se décompose facilement. La stéatite d’IUorai B 74 se distingue de celle de Gonnari par sa couleur jaunâtre et par le taches de rouille, que lui donne son contact avec les pyrites exposées à l’influence atmosphérique, pjriici C’est encore près de là que se trouve la prétendue
d<rciniiw.iii..ii. mioc dc soufre, qui n’est autre chose qu’un certain amas de pyrites en décomposition daus une roche schisteuse et même quarlzeuse, fortement altérée par l’écoulement de
MONTE EASV. NVOHEM. OZIEAI. 89
différenls filets d'eau qui suintent à travers les couches de cette pierfe.
Les schistes niaclifèrcs continuent à sc montrer jusqu'au ruisseau qui sépare le territoire d'Ulorai de celui de Bottidda; en ce point on retrouve de nouveau le granité, qui forme loutë la base du Monte Hasu, dont il n été fait mention dans le chapitre précédent, page 15. La roche schisteuse cesse de se montrer on ces lieux.
Mais sitôt qu'on se trouve sur le versant septentrional de cette montagne, et qu'on se dirige vers IS'tujhnlu, on voit reparaître les mêmes associations de schistes et de calcaires cristallins que nous avons signalés à Silanui. et à lllorai. Le vHlage de Nui/hedn est principalement bâti sur des bancs de marbre bardigUo, qui passe par toutes les nuances., depuis le gris bleu-foncé jusqu'au blanc approchant de celui de Carrare. Les'couches de ces roches, à l'entrée du pays vers le sud , sont dirigées à-peu-près NNE-SSO.
Le même terrain continue à se montrer jusqu'à la ville d'Osieri, toujours avec des alternances de schistes, tantôt phyllades, tantôt talqucux, et rarement micacés, avec des bancs calcaires. Ce lambeau calcarco-schisteux est en quelque sorte enclavé dans une grande masse granitique, comme le 'démontre la coupe suivante.
Fig. M.
A/, S. di Monierrato.
1 schislea Inlqoeux et micacés; c calcaire lalqueux et cristallin, (J granité y I trachyte ancien.
Oh voit par celte coupe que la ville d'Oxier» est bâtie suf le schiste, au milieu de deux grandes masses verti-
rtr Monte Basu.
Maritrr de Nu^hedH.
SchUtet t-t ralcaires d’0»<rn.
LcuriTsppotls t'Otre ru«.
90 CHAP. II. — BOCBES 8U.IIKIBNNIiS , IH PAiriE.
cales calcaires, qui à leur tour sont flanquées de schistes, et que ceux-ci se trouvent en contact avec le granité. Le calcaire des deux cimes, et surtout de cetle qui supporte In petite église de la Vierge de Momerralo; est blanchâtre ou gris-sale ; il prend en quelques points une teinte verdâtre, et en d’autres il devient rose-pâle, ce qui nous a rappelé le marbre de Vrevola près du làc Majeur. Ce marbre A’Ozieri est très-talqueux W78; il se rapproche un peu de ceux de Gonmri et de Si/anu«. Aux capucins, dont le couvent domine la ville en question, on se trouve sur les 'schistes ; leurs couches sont presque verticales; elles afTcctent la direction N-S, qui est celle de toute la masse schisteuse enclavée dans le granité.
schifin dr riUu Au bas de Uonserrato, et de la ville même, il y a
pl des cnviroui » i • i- i .» .r» • • *
ûià casiei dunm. une grande « plaine , dile le Campo d recouverte de
tufà trachvlique et d'alluvion; mais au-delà du Campo, les schistes talqueux et micacés font une nouvelle apparition; ils forment à Tula la base et le flanc oriental du grand plateau trachj'tique du Scmu ; on les rencontre sur la rive gauche du Coghinas, partout où ils peuvent se montrer sons la masse de roches trachytiques qui les recouvre en grande partie; enfin on lés voit paraître, pour la dernière fois dans ces régions, sur les flancs du rocher sur lequel s’élèvent les ruines du CatUHo d'Oria, dont nous parlerons ci-après.
'^'d“'îî groupe de monts, que par leur ressemblance avec les terrains que nous avons décrits jusqu’ici, nous croyons devoir figurer dans ce chapitre, est celui qui termine l’tle au NO, depuis le cap de l’Ar(;en<tera jusqu’au Capo Falcone; c’est une partie importante du territoire de la Nurra, qu’on peut diviser en deux masses, une schisteuse et l’autre calcaire. Comme cette dernière appartient aux terrains secondaires et crétacés, nous ne nous occuperons pour le moment que de la partie schisteuse. stMteforn. Lorsqu’on part d’Alghero pour longer la côte septentrionale, le premier indice de- roches schisteuses que Ton
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rencontre, se voit sous la masse de grès qui forme le Monte del Caporone, dans le petit bassin de Porto Girntn.
Si de ce point on regarde vers l’est, on est frappé de la forme élancée et dentelée que présente une montagne voisine, fort pittoresque, dite Monteforte, et sur laquelle sont encore debout les restes d’un ch&teau du moyen-àge.
Cette montagne est essentiellement schisteuse ; la roche -Sa cnmpoiulion. dont elle se compose est tantôt talqueusé, tantôt micacée, et elle est fortement tourmentée et pénétrée d’une infinité dç filons et de rognons de quartz blanc; ces filons n’ont pas la régularité de ceux que nous avons signalés au Monreale de Sârdara, au Monte Ghirghini, et en .d’autres localités ; au Monteforte ils traversent confusément les schistes, dont il nous a été impossible de relever une allure un peu claire. Près de la bergerie,- au pied de l’ancien château, au sud de ces ruines, les 'schistes vont ESE, et Us inclinent au NNË ; les filons de quartz semblent au contraire être dirigés NNO-SSE; mais, nous le répétons,, ces schistes sont tellement plissés et fracturés par les filons quartzeux, qu'il est impossible de leur assigner une allure un peu régulière et décidée.
Le Monteforte forme lui-même l’extrémité orientale d’une Son union espèce d& chaîne transversale, dirigée E-0, dont l’autre de l’jirjtrntierii. extrémité est le cap de VArgentiern, qui est le plus occidental de toute la Sardaigne. On voit sur son versant septentrional, au-dessus d’une bergerie {(Mie), qui porte le nom de VArgetdiera , deux autres petites chaînes , ou plutôt deux ridés, dirigées également de l’ouest à l’est (1) ; ce qui parait annoncer que la direction de ces trois chaînes, et peut-être leur apparition, se rattacheraient à un mouvement du sol tout spécial, qui se serait opéré dans le sens perpendiculaire au méridien.
(1) On peut voir ce« rides dans notre carie de l’ile rnnstmite sur une plus grande échelle que relie de noire allas.
Autre
)>etite chaliif tnnaverMlc.
Inclinaison des srbislei.
Schistes de S.
Cmpo Srfirrito.
Arduises.
9i CBkP. II. — AOGUft fllLOaiBJIMM. !!« PAITIC.
En avançant vers le nord, à partir de la bergerie de IMri/eniiera, on voit. en face de soi s'élever une autre petite cbatne, parallèle aux précédentes; son point culminant se trouve tout contre la mer. Les schistes de cette localité passent au phyllado , et même à un schiste argileux qu'il serait bien difficile de distinguer de ceux de Goniwsa et de Flumini Magtjwre, s'ils étaient fossilifères. D'ailleurs, les formes arrondies de ces colKnes, et un certain fades que nous ne saurions bien caractériser,, nous engagent à considérer ces terrains comme analogues à ceux qui ont été décrits minutieusement dans la première partie de ce chapitre.
Tous les schistes de la A'urra, comme le remarque fort bien M. de’ Vecchi dans ses notes, ont me direction qui tend toujours à Ja jterjiendiculaire au méridien (h); ils inclinent constamment dans le sens opposé à la mer, et si l'on parcourt le bord de celle-ci , depuis le cap Zampiano jusqu’au Ccqio Negretto,- on ne voit plus qu’une falaise plus ou moins élevée, mais toujours coupée à pic, qui laisse voir les extrémités des couches' schisteuses fortement inclinées vers l’est.
Ces schistes se retrouvent à une assez grande distance de la cùte, où ils supportent des terrains jurassiques et crétacés. Près de la bergerie d’dndrca de Roma, en un lieu dit S. Giorgio, les bancs, sécondaires sont directement placés sur un schiste phyllade un peu fibreux et noirâtre R 79, qui a tout l'aspect de ceux que nous avons indiqués à Jlandas et à Silanus, pages 77, 87, et qui y sont associés au bardiglio.
Mais l'ardoise la mieux caractérisée de toute celte contrée c'est celle qui constitue le Capo Negretto; c'est un
(I) Nous aérons dans le cours de ce volume, et surtout dans le chapitre 17, occasion de parler de ce mouvement du sol de la côte occidentale de l’ile dans le sens O-E, qui aurait précédé l’autre mouvement plus général N-S. Voyei notre planche lia, fig. S.
CAP FALCONE. CONCLCMON. O.'t
schiste phyllade noirâtre, assez compacte, non elTervescent; il donne une ardoise solide et lourde, plus pro(tre à faire des dalles et des marches d’escaliers, et même des montants et des architraves de portes cl de fenêtres, qu’à être employée à la toiture U 80. Celle pierre est même susceptible de recevoir un assez beau poli; nous l’avons vue travaillée comme du marbre pour couvrir des tables et des consoles. La découverte de celle carrière, maintenant abandonnée , remonte à une époque assez reculée, puisque l’historien Fara, dans sa Corographie de la Sardaigne, en parlant du Capo Negrelto, dit: a A slafione Palmae ad promontorium Nigrum , ubi est insignis lapidicina petrae nigrae » (1j.
Du cap f/egretto, en suivant toujours la région mari- capaurnAw. lime de la Narra, oti ne cesse de trouver les roches schisteuses. Au cap Falcone et à VAsinara elles prennent un aspect cristallin. Comme ces roches figurent déjà à la fin de notre premier chapitre, nous nous abstiendrons d’en faire de nouveau mention ; nous déclarerons toutefois que nous regardons leur état actuel comme un effet de l’inllucncc des roches granitiques voisines, et que nous sommes portés à les considérer comme d’une origine analogue à celle des autres roches schisteuses que nous avons signalées dans ce chapitre. '
D’après tout ce que nous venons d’exposer ci-dessus, Conciution. il est facile de se convaincre que la formation silurienne, qui parait manquer à toute Fltalie, est au contraire assez étendue eu Sardaigne. Malheureusement les localités fossilifères de ce terrain y sont si restreintes, qu’il nous fut impossible de bien définir les étages dans les roches que nous avons visitées. Nous croyons cependant que la présence des Ortiiis, des Ortiipcàres, de la Cardinla interrupta
(I) Juannis Francise! Farac Oe Clwingraphia Sardiniac. Edenir Alloisio Cibrario Au|;uslac Taurinnrum, 1835, pag. 21.
M CHAP. II. — BOGIIBS SILUUEIMBa, U< PABTIB.
el du Graplolilliut .Priodun de Flutnini Maggiore el de C»ntieM soit suliisanlc pour nous indiquer en cel endroit l'exislence de deux terrains ; c'est-à-dire celle de la partie supérieure du terrain silurien inférieur, et celle de la partie inférieure du silurien supérieur. Ces deux étages ‘constitueraient, à notre avis, la principale masse du groupe occidental, tandis que le groupe oriental-, avec ses GraploHles de Goni, ses Orthoeères cl les fossiles de SUius, pourrait appartenir de préférence à la partie inférieure de l'étage supérieur. Quant à la présence du terrain Dévonieu dans l'tle, nous ne saurions ni la nier, ni l’adraettre , puisque les fossiles de cette catégorie nous ont fait complètement défaut. Peut-être pourrait-on considérer comme dévoniens certains calcaires qui reposent sur le terrain silurien en slraliticalion discordante, comme à Sanla Giuliana^ au Monte San Giovanm et à Domus Noveu (province d'igelsias), mais sans les données paléontologiques il nous est impossible de nous prononcer; c'est pourquoi nous nous abstiendrons de toute autre considération générale. Les géologues, qui nous suivront un jour dans l'tle, seront peut-être plus heureux, si l’on parviendra, comme nous n'en douions pas, à découvrir d'autres gtlés fossilifères que ceux que nous a offert jusqu’ici le terrain qui a fait l'objet de ce chapitre.
BKPOT» CBABBONNEIjX.
CHAIMTRE III.
I>ép6la cbarbonoeox de l’époque huuillèrc.
Noos avons longtemps hésité sur le titre qu’il aurait convenu davantage de donner à ce chapitre, uniquement destiné à certains dépéls de matière charbonneuse, qui sont fort peu développés et que l’on rencontre dans la partie centrale et jnonlueuse de la Sardaigne , au-dessus des terrains que. nous venons de décrire. L’absence de toute espèce de roche qui puisse se rapporter au Calcaire carbonifère et aux dépôts qui l’accompagnent, nous interdit d’adopter le nom de Terrain carbonifère; d’un autre côté , celui de Terrain houiller aurait pu faire supposer l’existence , dans cès localités , de la houille proprement dite , ce qui serait également contraire à la vérité , puisque le seul combustible capable d’exploitation, que nous y avons rencontré, se présente à l’état d’anthracite.
Le nom de Terrain anlhradfére , ou anihracileux , aurait également manqué de justesse; d’abord parce que les variétés charbonneuses qu’offrent ces bassins ne sont pas toutes à l'état d’anthracite; en second lieu, parce que le nom de Terrain anthracifére a déjà été employé, ailleurs pour désigner un dépôt tout différent , auquel le nôtre ne correspond pas par les débris organiques qu’il renferme. Or, comme les restes et les empreintes végétales que nous y avons recueillis, quoiqu'en petit nombre, indiquent de préférence une Qore de l’époque houillère , nous avons pensé ’qu’il était prudent de désigner ce terrain par son âge relatif, plutôt que par toute autre dénomination
Dans les figures 1 et 2 de notre planche II », les ter-
Difiicultéc dâna U désignation de ces temins.
Nom adiiplê.
Forme cl pnsilioi»de rrnxemble dr re» dépôts.