‹ Voyage en SardaigneChapitre 21 sur 84 · ENTBÉB M LA «BOTTE, LAC SALÉ · texte numérisé non relu

ENTBÉB M LA «BOTTE, LAC SALÉ

l'on rencontre une ouverture de deux mètres environ de largeur sur presqu’autant de hauteur; eette ouverture est l'entrée obligée du vestibule de la grotte.

Le seuil de celle porte naturelle se trouve à un point Son ouvrrlurr; fort peu élevé au-dessus du niveau ordinaire de la mer, en temps de calme ; et c'est ce qui rend l’enlrée de celle grotte assez dangereuse : cal*, pour peu que la mer s'agite contre ce mur à pic , les barques n'abordent plus l’ouverlure; il devient alors dangereux d’y entrer et souvent impossible d'en sortir; d'aulanl plus que, dans les gros tempe, les vagues pénètrent avec furie dans le vestibule de la grotte. •

En temps de calme, on passe assez facilement d’une uc »ir embarcation quelconque dans l’ouverture; celle-ci donne accès à un corridor de 18 mètres environ de longueur, au bout duquel on se trouve sur les bords d'un lac d'eau salée. Ce lac peut avoir, en moyenne , 20 mètres de largeur sur 120 de longueur, mais il est rempli d'écueils cl de haut-fonds (1), ‘de façon qu’on ne peut s'y aventurer que dans une très-petite barque, à peine susceptible de contenir une personne, outre le rameur.

Celle circonstance donne à ce trajet du lac un carac-.e^tuf.' Je cr o. . 1ère singulier qui, joint à l’obscurité de la grotte cl au grandiose de ses concrétions de stalagmites et de stalactites, saisit l’ènie et porte naturellement la pensée du voyageur sur la fabuleuse barque du vieux Caron (2).

Lorsqu’on arrive enfin à l’autre rive, -non sans avoir s,uo iu|«'rifurr heurté à plusieurs reprises contre les récifs et les roches à fleur d'eau, on se trouve sur une plage presque ho-

(I) Nous adoptons la nouvelle dénomination de la marine, qui nomme maintenant haut-fond ce qni fut jadis appelé hai-fond.

(9) Ces lignes ont été tracées avant que ' parut l’ouvrage de M. Edouard Delessert sur la Sardaigne, publié en 1854, avec lequel nous nous rencontrons sur les impressions produites par cette grotte Voyez Six Stmoinrs en .Sardaigne, page flO

Visile d« l’Auteur dans cette grotte.

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18i CHAF. V. — TBHAINS CBÉTACâü.

rizonlale, parsemée de petits galets calcaires; mais bientôt le terrain commence à monter le long d'un corridor assez étroit et élevé, qui finit .par conduire, toujours en montant, dans une vaste salle de 30 mètres de long, sur 50 de large. La Hauteur de cette salle est inconnue, car la lumière des torches ne parvient pas à en éclairer le |)lafond. De ce point parlent d'autres corridors, qui finissent par des précipices à pic et d'un fond immensurable, ou bien par un rétrécissement tel que l'homme ne peut plus y suivre son chemin.

Quand nous visitâmes cette grotte, le 10 mai 1839, nous eûmes, il est vrai, l’avantage dç la voir splendidement éclairée par des milliers de .chandelles, posées avec art le long de ses parois; mais il nous fut impossible de nous y livrer, comme nous en avions l'intention , à la recherche des osscpients fossiles, que nous supposions pouvoir exister dans la caverne supérieure (1).

Du cûlé de la tour delBollo, c’est-à-dire sur la pente orientale du massif du Capo délia Caccia, tout-à-fait audessous d’un des deux précipices, dont nous avons fait mention ci-dessus, page 179, on trouve une autre grotte, qui est connue dans le pays sous le nom de Grotla dell'Altare (de l’autel); effectivement, on y voit les restes d’un autel dédié jadis à S. Theramm, qui, dans les temps de l’historien Fara, donnait le nom à tout ce cap. On arrive à cette grotte avec beaucoup de difficultés, en gravissant une pente extrêmement raide pendant plus d’un quart d’heure, à partir du bord de* la mer; on trouve cMisuite une cavité spacieuse, qui descend en pente rapide du côté opposé, c’est-à-dire vers l’oilest, ou plutôt vers l’intérieur du massif. Cette grotte est remarquable

(I) Nous eûmes l’Iionneur à’y accompagner S. A. R. le Prince de Carignan, depuis Roi Charles Albert; mais on Tait assez mal do la géologie daus une grotte obscure ,' avec un costumfe oOiciel ; c'est-à-dire aVec un plumet sur la tôle et un sabre au côle!

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