‹ Voyage en SardaigneChapitre 22 sur 84 · ILOT BB FOBAD.4DA · texte numérisé non relu

ILOT BB FOBAD.4DA

par le nombre et par la grosseur des colonnes de sla- ^ *'

laclilcs qu’oilc renferme , el qui se recouvrent d’une ■couche verle, probablement végétale.

Nous visitâmes cette cavité naturelle an 1833 (1), dans Ai»cnc>.

• ^ d oMfmciili.

I espoir d -y rencontrer des ossements el d y trouver une communication avec la grotte de Neptune, contre laquelle elle est en quelque sorte adossée; mais nos recherches furent vaines sur ces deux points. Il est possible qu’on parvienne un jour à pratiquer une communication entre ces deux souterrains; ce qui permettrait de pénétrer dans la grotte de Neptune pendant tous les temps, la mer étant toujours calme dans le bassin de Porto Conli.

Lorsque, de l’entrée extérieure de la grotte de IVop- iioHeFormi„ii<i. tune, ou continue à longer par mer la côte vers le nord, on voit bientôt paraître un Ilot, qui se fait remarquer par un trou naturel qui le traverse de part en part à une certaine hauteur; ce qui lui a fait donner le nom de Foradmia (Jlc percée).

Cet Ilot est formé du même calcaire à hippuriles , dont Sa nalurr. se compose le cap délia Caccia, ainsi que celui .de la partie supérieure de la montagne voisine , au sommet de laquelle s’élèvent les ruiires de la tour de la Pegna. Nous disons la partie supérieure de celle montagne , parce que nous soupçonnons maintenant que le calcaire crétacé, dont il est question, puisse reposer sur quelque lambeau de terrain jurassique, car l’on voit paraître au-dessous du calcaire, le grès couleur lie-de-rin, dont nous avons amplement parlé dans le chapitre précédent, el que nous avons fait passer du terrain crétacé à celui de l'oolile moyenne. Ce grès violacé se lie avec un grand dépôt

(1) Nous .ctioDS alors en compagnie de notre collègue à l’Académie el au Sénat, le Comte Louis Sauli, auteur d'un excellent travail sur la. colonie génoise de Galala et avec le révérend Victor Angiu.v, qui a écrit plusieurs ouvrages reman|usl)les sur la Sardaigne

CMkP. V. — TBUA«8 GIÉTACÉS.

«le-gypse, qui rappelle louUà-fail celui que noua avons déjà .-«gnalé dans U Nurra, page 427 ci-dessus.

U Gtssitn.r L’endroil le plus convenable pour éludiefdes rapports, qui existent entre le grès violacé et le gypsè , se trouve à un point de la côte , dit le Gessiere (les pIMrières). Le gypse s'y rencontre en veines et il forme aussi des espèces de réseaut ; il se présente même en rognons dans le grès violacé. Il est difficile d’en faire deux échantillons pareils £ 40, tant sont nombreuses les variétés de cette substance, auxquelles a donné lieu la cause quelconque qui a produit dans le terrain préexistant la pénétration des émanations sulfureuses. Le pied de la falaise devient- bientôt inabordable, à cause de sa coupure verticale ; et on ne peut plus arriver à ces plàtrières autrement qu’en bateau ou à la nage. Ces difficultés nous ont empêché de vérifier si l'infiltration de la substance gypseuse s’étend égaleinent dans la masse calcaire, qui recouvre le grès violacé et si ce calcaire. est de la formation oolitique; ou bien , si c’est déjà là un élément du terrain crétacé.

Vup prise Nous allons donner le croquis que nous avons ‘fait dans

le temps de ces plàtrières et de la monUigne de la Pegna, « lorsque nous nous trouvions sur la cime du Mamie Timidone, qui n'en est pas fort éloigné.

Fig. 34.

gg itrèi violacés, ou couleur lie-de-vin; rr calcaire; gypse.

nom A«niB, miiTB cahu. I85

Nous pensons que la pénélralion de la matière sulfu- » /

reuse, qui a formé le gypse, dans le grès violacé ou dans stpmui. le calcaire des Getaiere, ainsi que la présence d'un gypse semblable dans les grès violacés de la Nurra, dont nous avons fait mention ci-dessus, page t27,.sont dues à' une cause unique, qui aurait agi souterrainemenl dans la ligne N-S; aussi, nous croyons devoir rapporter ces effets à l'époque de l'apparition des trachytes anciens , dont nons parlerons dans le chapitre XII. C'est également à l'apparition de. cette roche plutonique, que parait remonter la forme actuelle du Porto Conli et celle du cap délia Caccia, qui vont dans la même direction du nord au sud; celte direction se reconnaît ensuite plus loin dans la position et dans l’allure de cette espèce de traînée de dépôts gypseus, dont nous avons déjà fait mention et que nous avons rencontrée, depuis les Monlirom, près de S. Giorgio de la Nurra, jusqu'au pied du mont de Santa Giusta. • •

Dans le chapitre précédent, nous avons également t/,mM Jum-st parlé, page KH, de deux Collines proches A’Alghero, nommées Monte Agnese et Monte Carbia, dans lesquelles il .nous fut impossible de rencontrer des fossiles. Nous croyons cependant pouvoir, avec qüelque fondement, rapporter au terrain crétacé les bancs calcaires dont ces iffonts sont uniquement formés. Ce calcaire est compacte , avec une tendance à passer à la dolomie; il est d'un blanc légèrement teinl de jaunâtre ; ainsi il. s’écarte d’autant plus du faciès du calcaire gris-bleufttre jurassique, sur lequel se trouve la ville d'Alghero, qu’il prend l’apparence de celui qui forme la partie supérieure du Monte Akaru, dont le caractère crétacé n’est pas douteux.

Ajoutons que la roche des deux collines en question repartit bientôt, un peu plus au nord dans la plaine, oh elle finit par constituer le sol du village d’Olmedo, auquel nous allons passer.

Lorsqu’on se dirige, du pied du Monte^Carbia, par l’an- oimaio.

CMP. V. — TBEUINS CK^AOte.

I8ti

Kouilc*.

Rouir du pont de S. Giorgio.

üien chemin,, vers la ville de Üassari, on trouve, dans la plaine, des monticules fort peu élevés, les uns formés de roche calcaire, les autres de trachylc ancien; et on suit pendant quelque temps la limite, ou pour mieux dire', la jonction, des deux terrains; mais, sitôt que l'on a dépasse le misérable village d'Olmedo, non pas pour aller vers Sastari, mais pour se diriger au NO vers Monleforte, on voit, presque au niveau de la plaine, des roches calcaires de couleur blanchâtre tirant sur le gris , qui ont une structure brecciforme. Ces roches laissent voir sur leur surface, entamée par les agents destructeurs atmosphériques, une quantité de reliefs, irrégulièrement circulaires et presque dentelés, qui donnent à la surface de la pierre l'aspect le plus curieux; or, des reliefs « qui imitent en certaine façon, par leur ensemble, les yeux de la queue d’un paon, nd sont autre chose que les sections horizontales de certaines espèces de^Ruddslet, dont la roche est pétrie £ H.

Parmi ces. fossiles, on distingue VHippuriles conitmucitmin Brn., la Sphaeruliles Hoenmghausii DsmI. et la même RadioHles que nous avons déjà signalée au cap delta Cacria. On y voit en outre une autre espèce de Radiolites qui ressemble à la R. Paillellana d'Orb., la Nerinea aculangula Mgh. (PI. F. fig. 1), que nous avons aussi rencontrée à S. Anlioco et un joli petit fossile , qui semble être une nouvelle espèce de Radiolites (voy. pl. F. fig. 14); eniin, dans le calcaire gris compacte , qui renferme ce dernier fossile, et qui contient aussi des rognons de silex pyromaque routti la fracture laisse apercevoir les sections d’une espèce' de Qmnquelocuüna (6g. 12) et d’autres miliolites.

Si, au contraire, on sort du village A'Olmedo, pour aller vers la ville de Sassari, par l’ancien chemin du pont àc Saint-Georges (1), on arrive au bord du torrent de ce omm.

(t) Il DO faut *pa§ confonilre ponl cl te Rto di S Giorgio de

DigitUed by C’OOgle

>IO Bl POBTO TOkBES.

en suivant presque sans intemiption la liaison du terrain cri^cé avec le trachytc ancien/ Le calcaire de cette localité, qui est compacte et presque toujours d’un Wanc tirant au jaunâtre, présente les mêmes variétés que celui que' nous avons signalé dans une situation analogue (c’est-à-dire, qui se trouve également en contact avec le trachytc) , entre Canai et Malatlroxa de l'Ile de S. Antioco.

Celui des environs lïOlmedo prend aussi, au voisinage de la roche plutonnique, une teinte rose et même rouge.

Le calcaire, dont il s'agit, disparaît sur l’autre rive du aù

Porto Torrts.

Rio dt S, CMiorgio; ca)* celle-ci est déjà formée de lorrain tertiaire, dans lequel finit par couler ce cours d’eau qui devient le Rio di Porto Torre»; mais le calcaire crétacé parait par-ci par-là, le long de la rive gauche de ce torrent, jusqu’au pied oriental du Monte Aivaru.

Près de l’embouchure de ce Rio di Porto Torree, nops «ou» s/m. avons déjà signalé l'existence d’une colline, dite Monte EIra, que nous ne saurions trop nous décider à placer avec le calcaire du Monta Santa Giusta, dans le terrain jurassique (voyez la tig. 21, page’ 128), ou bien aVec la partie supérieure du Monte Aivaru, dont les fossiles sont crétacés; c’est pourquoi nous signalons ce monticule à l’étude des géologues qui visiteront l’tle après nous.

Nous voici arrivés de nouveau à ce Monte Aivaru , dont Àivm. nous avons fait mention dans le chapitre précédent-, page 129 et dont les seules assises supérieures paraissent devoir se rapporter au terrain de la période crétacée. N’ayant pas des données précises sur la superposition immédiate deà deux qualités de terrains dont se compose cette montagne (1), nous devons nous borner à renvoyer le

celle régidn, avec le lerriloire du même nom de le A'urra, dont il a été Tail mention dans le chapitre précédent, page 1S5.

(I) fendant nos travaux do la carte de l'île, nous gravîmes à différentes reprises cette montagne presqn'isoice; mais occupés plus

CRAP. V. — TBimAINS OÉTACÉS.

lecteur à la coupe que nous en avons donnée ci-dessus, fig. a, page 43i; nous ajouterons seulement que le calcaire, qui forme la partie supérieure du mont, est d’un blanc tirant légèrement sur le jaune , qu'il est compacte et qu’il annonce une tendance à passer à l’état de dolomie.

M. de' Vecchi n’a pu y recueillir que des fragments de fossiles, parmi lesquels on voit des Hippuritcs, des Actéonelles, des Nérinées, dcs radioles de Cidarides, et des indices de Bryozaires et dé Corallaires. Le seul qui a pu être déterminé, c’est la Sphaeruliles Hoeningluuuii DsmI.

!.*ur caractère. Quoique les espèces indiquées ci-dessus soient peu nombreuses et en grande -partie indéterminables, leur ensemble n’en dénote pas moins un caractère de fossiles des terrains crétacés.

Konu oogtia. Il nous resterait à parler du calcaire qui couronne également le Monte DogUa et qui pourrait fort bien , comme celui du sommet du Monte Atooru, être rapporté à un dépôt de l’époque crétacée; puisque parmi les pièces que nous avons recueillies à côté de notre signal trigonomètrique , il s’en trôuve une dans les mains de M. Meneghini, qui renferme la même AcUonelte et les autres fossiles du calcaire supérieur du. ATonte Aivarn; le faeiex de Ja roche est tout-à-fait le même. Dans l’impossibilité absolue où nous nous trouvons d’entrer dans plus de détails sur ces terrains, nous mettrons lin ô ce qui regarde les dépôts de l’époque crétacée de l’ouest de l’ile, pour passer -à ceux.de la côte orientale, dont les caractères sont beaucoup plus précis. .

ipéciatemenl de celle besogne, il nous Tut impossible de nous y livrer à la recherche des fossiles, pour nous éclairer sor l'âge géologique des roches qui la composent. Nous tentâmes doTesplorcr dans notre dernière excursion en 1855; mais l'état physique où nous nous trouvions, ne nous a plus permis d’atteindre son sommet, comme nous étions disposés à le faire.

MAMIF DE NOKTB SANTO.

Groupe hippurilique oriental.

Le point le plus méridional où commence à paratlre . sur la côte orientale de la Sardaigne, le terrain crétacé, avec des Nérinées et des Rudistes , se trouve au nord de l’église de Santa Maria Naeareia, près de- TortoU. En longeant cette ■ côte tout contre la mer, pour se diriger de Santa Maria vers le cap du Monte Santo, on quitte , bientôt les granités et les schistes cristallins , qui sOnl un peu. granatifères et on les voit recouverts par un calcaire qui repose indistinctement sur ceS deux roches, en formant des falaises abruptes de plus de 300 mètres d’élévation verticale." Ce calcairé est dirigé du NO au SE; il inclfne'au NE de feO®.

. Pour donner une idée de la physionomie de cette côte, nous reproduirons d’abord une esquisse de sa partie méridionale, depuis Téglise de Santa, Masia, jusqu’au cap du Monte Santo; nous l’avons prise de la mer.

Fig. 32.

1 églUe et tour de Santa Maria Navaresa\ aol granitiqae, avec filon de porphyre rouge ; S îlot dit do rOgliastra , également granitiqàe et traversé par le porphyre ronge; 3 obélisque naturel,dit ta Guglia, roche calcaire; 4 Aigede, ou source abondante, connue des marins; l’eau coale sur les schistes, qui paraissent 40U8 le calcaire; 5 cime la plus élevée du Monte Santo j signal Irigonomélriqne ; G falaise du cap de Monte Santo; masse calcaire coupée à pic à une hauteur considérable; 7 extrémité septentrionale du cap; g granité; t schistes cristallins quaclzifèrcs cl granatifères; it dolomie; r calcaire coAipaclc crétacé.

Boalir par Daonei.

PuMtion du «illagr.

(VromrKMilion du calcaire.

190 CRAP. T. — TBRRAINS CRÉTACÉS.

Comme le sentier, qui parcourt la côte, n’est plus praticable au bout d'un quart d'heure de chemin de la tour de Santa Maria vers le nord, pour étudier cette montagne , il faut prendre le seul chemin qui existe , celui qui conduit de Torloli à tiaonei, en traversant les villages de Girasol et de Lotzorai. On ne rencontre d'abord qu’un terrain plat et alluvial; mais Lozzorai se trouve déjà sur la roche schisteuse. Le granité parait bientôt et on ne le quitte plus pendant trois quarts d'heure ; c'est le prolongement de ce même granité, qui arrive A'ers l’est, jusqu'à la mer, où il est traversé, à Sonia Maria Narareta, par des liions porpbyriques, dont nous parlerons ci-après. Les schistes se montrent de nouveau au jour contre le granité et on ne les quitte plus jusqu'à Baonei, où l'on arrive par une forte, montée.

Ce village est bâti au pied d’une masse calcaire, qui est superposée aux schistes. On y rencontre également des lits de certaines brèches qui sont fréquentes aux pieds des monts calcaires, aux dépens desq'uels elles se sont formées.

Lorsqu'on veut se rendre sur le point culminant de tout ce groupe, sitôt que l’on sort de Baonei, on commence la montée sur la roche calcaire qui domine le village et on monte toujours jusqu'au sommet; mais cette course est extrêmement fatigante, à cause de la décomposition opérée par les agents atmosphériques sur la pierre calcaire, qui est toute criblée de cavités larges et profondes; ces cavités ne sont souvent séparées les unes des autres que par de minces cloisons tranchantes comme une lame de couteau. On ne pourrait mieux comparer l’étal où la surface de celle montagne a été réduite, surtout vers son sommet, qu’à une éponge, considérée sur une grande échelle, qui aurait été changée eii pierre calcaire. Pour ne pas mettre les pieds dans l’intérieur de ces cavités, dont quelques-unes ont plus de 60 cenliniètres dcT profondeur, sur autant de largeur.

CALCAIBB DE BAO:«EI.

U faut constamment marcher du bord de l'une à celui de l’autre , ce qui rend la marche inégale , fatigante et même dangereuse, à cause du tranchant des cloisons sur lesquelles on marche continuellement; ajoutons, que, pendant ce trajet, il est impossible de porter les yeux ailleurs que sur les points où doit poser le pied.

C’est après une montée de plus de deux heures, exé- sigmi cutée dans ces conditions, que l’on par\ient au sommet où nous avons placé notre signal trigonométrique. Nous regrettons que la rupture de notre baromètre, qui eut lieu la veille de notre ascension sur cette cime, par la maladresse d’un matelot, nous aie empêché d’en relever la hauteur avec précision. Nous la croyons supérieure à ^

Taltitude qu’en donne le capitaine W. Smyth, (|ui ne lui assigne que 731 mètres ; peut-être n’a-t-il pas mesuré cette même cime, nommée Genm in Ircu, et sa mesure se rapporte-t-elle seulement à la partie qui domine directement lé cap et la falaise du Monte Santof

Le calcaire de cette montagne est compacte , blanc ou légèrement leint de jauire £ 12; il est tout-à-fait pareil à celui du cap de la Caccia; en quelques points il passe ùlg dolomie. Nous n’y avons pas rencontré de fossiles, mais M. de’Vecchi, qui a visité ces monts après nous, a recueilli, non loin du signai trigonométrique, quelques restes organiques. Ces fossiles ne sont pas nombreux, cependant leur comparaison avec ceux d'autres localités semblables ne nous permet pas de douter qu’ils n’appartiennent au terrain crétacé. Voici la note bien courte de ces fossiles.

Pecten sp. ind. Avicula nstarlea Mgh., pl. F. lig. 10.

— Paraslrea sp. n. — Ammonites rotliomagensLs I,k. (c’est une très-petite Ammonite, la seule espèce de ce genre, que noos ayons pu rencontrer dans le terrain crétacé de l'Ile).

La stratification de ce calcaire est très-dérangée et si itnniScuiuD. même on ne peut i’entrevoir qu’en regardant d'une certaine distance les coupes naturelles, mises au jour dans

Ifatore du calcaire; uet rotaUet.

191 CHAP. V. — TBKBAIIS CRÉTACÉS.

Dolomies.

Ses rapports avec le calcaire.

Difliérence |vec le calcaire magaéiiei:.

celte masse par les précipices qui arrivent jusqu'au niveau (le la mer. On y reconnaît clairement que les bancs, dont elle se compose, ont une inclinaison très-marquée vers le N£; ce que nous avons également observé dans le calcaire au-dessus de Santa Maria Navaresa. •

Au calcaire en question, se trouvent souvent associées des dolomies saccaroïdes très-blanches, dont on ne peut pas facilement voir le rapport avec la roche principale, à cause de l’état de bouleversement et d'altération dans lequel se trouve cette masse. On commence à rencontrer la dolomie dans la montagne qui domine le village de liaoiiei; et en tenant compte de cette circonstance et de l'inclinaison des couches vers le NE, on est porté à penser que )a dolomie (comme nous le verrons plus clairement ailleurs) se trouve à la partie inférieure du terrain crétacé de cette côte orientale de l'tle ; mais ce qu’il y a de positif, o'est ({ue l’on voit des bancs calcaires au-dessous de cette dolomie; on remar(}ue ce fait près du village de liaonei, où le calcaire repose immédiatement sur les schistes cristallins, sans l’intermédiaire de la dolomie.

, Il est probable que celle-ci se trouve, au Monte Santa , intercalée dans les roches calcaires; on serait d’autant plus porté à lui reconnaître ce gisement (en cet endroit) qu'il y a une transition insensible entre les deux roches; (l’ ailleurs, on voit les mêmes traces de fossiles, soit dans la dolomie, soit dans le calcaire sur lequel elle repose; soit enfin dans celui qui la recouvre.

Nous ne devons pas oublier que la dolomie du Monta Santa et celles que noos signalerons fréquemment ci-après à Üorgali, è Oliena, à Galtelli, k Monte Alvo, k Tavolara et k Fiijari, n’ont rien de commun avec celte autre roche que nous avons expressément désignée , dans le chapitre précédent, par le nom de Catcaire magnétien; et qui forme la partie supérieure du terrain jurassique des plateaux des Tactiti cl des Tonneri. La structure des deux roches est différente; la configuration du sol, formé par l’une ou

VOLrE DE OOUALI. 193

par l’aulre, ne permet pas do ies confondre un seul instant, même de loin; enfin, la différence des fossiles que. Chaque dépôt renferme et l’indépendance prononcée qu’il est impossible de nier et qui existe entre le tpirain ,

jurassique et le terrain crétacé de la Sardaigne orientale, sont autant de motifs pour faire une distinction entre la dolomie^de ce chapitre et notre calcaire magnésien, qni appartient au terrain jurassique (tj.

Au bas du massif du Monte Santa, après avoir doublé coUc a. le cap de ce nom vers le nord, où commence le golfe de Dorgali, on voit surgir près de la mer un autre obélisque naturel, dit également la Guglia, comme on peut le voir dans le croquis ci-dessous, par lequel nous conipiétons la vue du Monte Santa, du côté du golfe de \ •

Dorgali. .

. ' . ■ Fig. 33.

I c»p da Monte Santoj 9 poiol cnlmioant du lignai Irigonomé- Irique, dit Genna m Ircu; 3 crique, dite Porru è Campu; 4 la Guÿtia septentrionale; 6 petite anse, dite Biriola; g granile; c calcaire à Nérinées et à Hipporites.

Depuis l’extrémité du cap de Monte Santa jusqu’à Orosei, toute la côte forme un cercle rentrant, qu’on nomme spécialement golfe de Dorgali; son bord se compose d’un massif calcaire, presque toujours coupé à pic, dont les falaises ont des centaines de mètres de hauteur verticale.

Avant d arriver du cap à la Guglia, indiquée dans la

Fal|û'«

abniplc*.

ApparitS^^ du frauilt.

(I) Nous nous réfenrons d’rtabtir une comparaison entre cei deux roches dans le cliap XVII el dernier de ce voloiar

Chemin

impraticâble.

Roule dr Aaoeri k Urtutei.

Lambeau

doloinilique.

194 RHAP. V. — TKRAAIN8 CBÉTACÉS.

ügurc 33 par le n» 4, on trouve une crique, dile Porru è campu, n® 3; c’est là que nous avons abordé, pour étudier la montagne du cap, du c6té du nord. Le granité s’y laisse voir sur un petit espace g; il supporte directement le calcaire, sans l’intermédiaire de la dolomie, qui manque en cette localité. Le calcaire y est d’une blancheur éclatanté, sa structure est oolitique, avec les grains d’une finesse extrême £43. Nous n’-y -avons pas rencontrés de fossiles, mais en revanche, noos en avons trouvé en certaine abondance non loin de là, dans le calcaire analogue de Cala di Luna, dont il sera bientêt question ci-après. *

Comme toutes ces montagnes, qui bordent le golfe de Dorgali, ne peuvent être visitées qu’en s’y rendant en bateau; et comme le géologue, même le plus exercé aux marches pénibles et périlleuses dans les monts calcaires, serait à chaque instant arrêté tout court par des précipices infranchissables , jious ferons prendre au lecteur le cUiynin qui conduit de Ilaonei à Dorgali, en passant par Urtulei et par la gorge de Sihna.

Lorsqu’on sort du village dé liaonei, on longe pendant longtemps la masse calcaire qui repose indistinctement sur le schiste et sur le granité; elle forme une falaise très-prononcée vers le NO. Le terrain y est souvent caché par des fragments et des délrüus anguleux de roche calcaire, qui sont légèrement agglutinés et disposés en différentes assises d’un parallélisme très-marqué; leur inclinaison est à-peu-près de 25®.

Mais entre le calcaire crétacé et le terrain granitique ou schisteux (selon les localités), M. de’ Vecchi, qui a visité ces lieux après nous, a vu un banc de dolomie blanchâtre privée de fossiles. Ainsi en combinant celte observation avec celle qu’il a faite au Monte Santo, notre compagnon dé voyage a pu croire que dans ce massif de calcaire vélacé on pourrait rencontrer deux étages de dolomie, au lieu d'un seul.

OtSlILBI.

Ce qu’ii y a de plus singulier, c'esl qu'en se rendant de Baonei à Ursulei, en passant près des enclos, non loin de la chapelle de Santa Lueia, cet intelligent et infatigable géologue a observé, non sans dit-il,

qu'entre la dolomie crétacée et le schist^^iT'voyait paraître un banc dé grès quarizeux; et sur celui-ci, un grès ferrugineux analogue à celui que l’on rencontre partout à la base du terrain jurassique du Sarâdano-, des Taechi et des Toneri, dont il a été amplement question dans le chapitre précédent. M. de' Tecchi ne veut rien préjuger sur ée fait, qu'il n’a observé qu'en un seul point, où le teitain n’est pas recouvert du détritus calcaire ; mais noos en prenons acte pour nous en servir ci-après. Ndtis pensons que le terrain dolomitiqne vu par ce demiér et qui est accompagné des grès quartzenx et ferrugineux, analogbes à ceux du Sarcidano, est un lambeau de la formation jurassique magnésienne, dont nous avons signalé l'existepce an Monte Nota et au Monte’ Fumau, dans le chapitre précédent, pag. 159 et suivantes.

A une demi heure de distance de Santa letcia de Baonei, on perd de vue le calcaire et on ne rencontre plus que des schistes ou do granité; ce n’est qu'en sortant d'Urmlei, que l’on se trouve de nouveau en face d’une masse calcaire ; cette dernière formé une cime au nord du village , qiie l’on nomme Punta de eu Piscopü (la cime de l'évêque), parce que c’est de cet endroit qu’un évêque (peutêtre ce même S. Georges , évêque de SuelU , qui a pourfendu le calcmre d’Osm>(1)) a donné sa bénédiction à toute la population, que l’on voit de ce point à ses pieds, presque à vol d’oiseau. Le calcaire de celte montagne repose sur les schistes cristallins, avec un banc de dolomie à sa partie inférieure; la même roche s’étend à l’ouest, où elle forme la ‘région de Fennau; et elle arrive

(I) Voyci ci-(lcsiu», page UH'.

L«nibeau

junssiffuc.*

Vrtul^i.

Oirmiu de SUaia,

DUposiüooi

des

rochei calcaires.

19C CRAP. V. — TEBBAIN^ CHÈThCÉS

jusqu'au Monte Novo, qui est jurassique, comme nous l'avons dit'page 161. Au nord de celle dernière monlagne, le calcaire crélacé forme une espèce de falaise abruple, dirigée N-S, qui se prolonge jusqu'au-dessus li'OIiena, où nous allons bicnlûl conduire le lecleur(l).

Le chemin Irès-rocailleux, qui va d'Ursulei à Dorgali, esl enlièremenl Iracé dans un vallon granilique, flanqué, d'un cèlé par la masse calcaire que nous venons de signaler au nord du Monte Novo, couranl dans le sens du méridien, el de l’aulre, par la bande, égalcmenl calcaire, qui arrive à la mer, en allanl du Monte Santo à Dorgali. La vallée, donl le fond esl granilique, a aussi sa direclion N-S. On y voil clairemenl l'influence d'un même syslëme de soulèvemenl, à la simple inspeclion des deux massifs calcaires laléraux, qui encaissenl celle curieuse crevasse.

Il esl clair que le graùilc a élé poussé de bas en haul, lorsqull élail déjà couvcrl par la nappe calcaire, donl les bancs furenl rompus cl inclinés des deux cèlés opposés. £n examinanl ce calcaire . avec un peu de soin, il esl facile de reconnallre des indices de slralificalion , qui a élé altérée, tordue en arcs, en bassins el en volutes; mais son inclinaison générale va, d'un colé, vers l'esl el de l'aulre, vers l’ouest. Ainsi, le caraclère que préscnlcnt ces terrains, regardés en masse, serait celui qu’exprimerail une section perpendiculaire à l'axe de la vallée, telle que le démontre la coupe suivante, faite par M. de’ Vecchi.

(ij On peut Toir parfaitement la direction, dans le sens du méridien, de cette falaise abrupte de roche crétacée^ soit dans notre carte géologique, soit dans la figure 4 de la planche lia. Voyez aussi la ligne ponctuée CD de la figure 6, planche II b. Cetle ligne de sonlcvrmenls cl de crevassements annonce les elfcts d'une cause uuiqiie, qui s agi dans la direction N-S.

«toNABDXI BT AILANA.

Le chemin de ïhrgali passe presque constamment au pied de la fhlaise A, qui est une continuation de la montagne qui domine Ursulei et qui se prolonge veHi Fennau; cette falaise forme, à proprement parler, ce que l’on nomme la Cottiera ,di Geimaruxi et di Silana; mais ces deux localités sont séparées transTersalemeul par un passage assez élevé, dit Germa Silana (porte de Silana), où le granité disparaît au-dessous d'une masse de schistes modifiés. C'est en ce lien que l’on rencontre des bancs d'un calcaire subcrislallin ; analogue à celui de Demu» Novas, qui passe au cipolin A 44, comme nous l'avons dit page 44 ci-dessus.

Après être descendus d'Urtulei, par le passage en question, vers la petite église rurale de Santa Anna, on voit la masse du calcaire crétacé, dont on a presque toujours longé la base , s’interrompre tout-à-coup et donner lieu au passage d’un torrent, à travers une fente verticale très-étroite, mais fort profonde, placée en sens perpendiculaire à l’axe de là chaîne. Celle crevasse se nomme Goroppu; nous la signalons au crayon des amateurs dé vues. à la fois sauvages, et pittoresques. A Santa Anna, on retrouve le sol granitique jusqu’auprès de Dorgali, où il supporte, an mont Saut’Elme , une cOulée basaltique, qui se rattache à celles -de celU* contrée, dont il sera question dans le chapitre XIV

Gennartixt et Mlanm.

Satt/a Àhna Gorifppu.

DorifiUi

et ae» enviroDi.

tton/0 TWati.

Cain di Luna.

198' CH*r. V. — TEBBAINS CBÉTACÉ8.

De Dorgali nous ferons d’abord une excursion du ebté de la mer, vers le camp de Monte Santa, en nous dirigeant vers Cala di Luna. A peine on sort du village , qui est bâti sur la limite du granité et du basalte, on ne larde pas à retrouver le calcaire crétacé, sur lequel on a pratiqué le passage de Scala Homines; ce calcaire repose directement sur le granité. Au pied occidental de la Scala Homines, ces deux roches sont traversées par un Glon basaltique fort remarquable, dont nous aurons occasion de faire mention. Ce qu'il y a de singulier, c’est que la superposition du calcaire compacte blanc au granité se fait en ce lieu sans trace de dolomie, tandis que ce même calcaire est légèrement dolomisé par un autre lilon basaltique, qui traverse les deux roches tout près de là

Après avoir franchi le col de .là Scala Homines [\)-, on se trouve sur le versant oriental de la montagne; et on peut monter directement au Monte Tului (3) ; la cime de celle montagne conique est assez pénible à atteindre, surtout à cause des fragments de roche calcaire, dont elle est totalement recouverte à sa. partie supérieure ; ces fragments sont très mouvants, ce qui occasionne de forts éhoulcmenls à chaque pas que l'on fait. Nous avons recueilli, dans la roche en place de celle sommité, un calcaire très-blanc et linement oolitique, loul-à-fail semblable à celui £13, que nous avons pris au bas du Monte Santa. Nous retrouverons un calcaire semblable E 21 sur le mont de Galtelli.

Lorsqu’on a dépassé la Scala Homines, si au lieu de monter sur le Monte Tului, on suit le sentier qui va vers Cala di Luna, on arrive en ce lieu, au bout d’une course très-fatigante de plus de 3 heures, qu’il est impossible

(I) Voyex la Scala Homines, dam notre pl. IV, 6g. 4. (ï) Voyer 6g 4 ci-dcsaus.

CALA M LOUA. MONTS ABOIA BT BSVBBI.

de faire autremenl qu'à pied, car on esl arri^lé lotit le long de la côte, par des crevasses profondes qu'il faut franchir avec peine, ou bien, il faut faire d'immenses détours. Âu fond de qnelques-unes de ces crevasses, on voit bien souvent paraître le granité, sur lequel la roche calcaire repose, sans passer en ces lieux à la dolomie. Ce calcaire. est compacte et presque blanc E 14,

Pendant ce trajet nous avons recueilli un certain iiombre de fossiles, dont voici lea principaux: Serinea lunensis Mgh., fig. 6. — N. gymnoclielia Mgh., fig. 7. — N. apenninica.Mgh., Gg. 2. N. dyagira Mgh., Gg. 3. — AcUonellaconica d'Orb., Gg. 8 — A. lorntUa Mgh. , Gg. 9. — FastigUlla Turrù Mgh., Gg. 13. — liequienia Toucasianaf d'Orb.

A Cala di Lutta, sur le bord de la mer, nous observâmes on phénomène curieux, qui consiste en une grotte naturelle, ouverte dans la roche calcaire et terminée à son sommet par un plafond horizontal de roche basaltique, coulé d’une pièce et suspendu dans l'espacq de la grotte. Nous y reviendrons dans le chap. XV (V. Gg. 121).

Le calcaire de la Scala llomines se lie avec celui du Honte Ardia, qui domine vers l’est le village de Dorgali, et sur lequel esl implantée une croir, comme on peut le voir dans notre Gg. 4, pl. IV. Ce même Monte Ardia s’unit à son tour, vers le nord, au Monte Erveri, qu’on voit également dans la même Ggure. Celle dernière montagne , qui esl baignée à l’est par la mer, esl traversée à sa base méridionale par une coulée basaltique; supérieurement elle se compose d’un calcaire oolilique blanc, qui présente en quelques points une structure compacte £15; celle compacité augmente à mesure que la roche passe aux assises inférieures, où elle prend une teinte un peu grisâtre £16; et elle devient ensuite d’un gris plus foncé £ 17. Celle dernière variété du calcaire de Dorgali esl très-fétide sous le inarteau. Nous avons cru remarquer un passage de ‘ce calcaire gris fétide à la dolomie; mais la végétation épaisse, (|ui couvre la plus grande

Grolte

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MO OlAt. V. — TUBAmS CBtTiIOéS. '

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