partie de ces monts, ne nous a pas permis de bien, vérifier ce fait
Au pied occidental du Monle Erveri, on voit une espèce d'Ilot de roche calcaire entouré de tous les cèlés par des nappes basaltiques, ce qui produit le plus curieux effet, d’une montagne très-blanche, isolée, au milieu de roches noires. Au reste , cet Ilot est formé d'un calcaire analogue à celui des monts voisins; il port^ plusieurs noms, dont le plus commun est celui du Monte de $ù i4tuu (du bain) , à éause d'une source thermale, qui surgit à son pied oriental. .
• De profondes crevasses séparent les monts calcaires de Dorgali de ceux d'O/teita; elles rendent impossible le trajet direct des uns aux autres. Ces crevasses donnent passage à deux torrents, connus dans le pays sous les noms de Flumineddu et de Hio de sa Og/ie; les eaux du premier viennent directement de la fente de Goroppu , dont Qous avons parlé ci-dessus page 1 97 ; celles du Rio lie sa Oghe {délia foee) ont leur origine sur le versant oriental de la grande chaîne d'O/tena, qui est dirigée du nord au sud, comme il a déjà été dit. Ces deux torrents coulent spr le sol granitique, qui forme la base de tout le systèm'e; le long du Rio de sa Oghe, on voit cependant paraître , sur le granité et sous le calcaire , quelques lambeaux de terrain schisteux.
Pour se rendre de Dorgali à Oliena, il faut prendre le chemin de la plaine, le seul praticable. On descend d'abord de Dorgali le long d'une pente assez rapide sur la lave basaltique ; mais lorsqu'on est arrivé au Rio Manno, on tourne à gauche et l'on 'suit pendant longtemps le chemin contre et en amont de ce torrent, ayant à droite une coulée basaltique, dite Marghine de Gullei, dont il sera fait mention en son lien (d), tandis qu’à gauche, de
(1) Vojrei ci-aprêa chip. 15, 6p. 117.
ooLooom. iHMrrE ccmMi. wt
l'autre c6té du torrent, on voit s’élever une crête • calcaire, qui part -du mont le plus élevé d’Olisna et s’abaisse peu à peu vers le Colofinne. '
Le Colofjone, qui dans le pays passe pour une mer»veille, n’a aucun intérêt pour l'homme de science; c’est simplement un torrent qui s’échappe tout-à-coup d’une crevasse naturelle de la roche calcaire, après avoir, sans doute, traversé le massif du mont par des canaux souterrains. Le point, où celle masse d'eau vient au jour, est un lieu de partie de campafrne pour les pens/des pays environnants, qui y vont manger les truites à l’ombre des beaux chênes-verts qui croissent prés de la source. La roche, d’où sort celle-ci , est une dolomie blanche , qui repose sur le granité et même sur un lambeau schisteux; elle supporte à son tour une masse de culcaire compacte, blanc, peu riche en fossiles, mais qui est de la même nature que celui du Monte Santa.
Si l’on veut arriver au sommet de la grande montagne A'OIiena, en passant près du Monte (huidori, on rencontre absolument les mêmes roches que nous avons signalée^ dans le groupe de Dorgali, c'est-à-dire, du granité à la base, ou bien quelques schistes cristallins; puis de la dolomie, qui passe à son tour au calcaire compacte renfermant des Nérinées et d’autres fossiles crétacés. Supérieurement, le calcaire devient un peu ooiflique; dans les bancs du milieu de la montée , on rencontre quelques couches assez minces de calcaire marneux ; ce sont les -seules par lesquelles surgissent quelques veines d’éau, très-rares sur ce mont aride et blanc. Ce terrain n’esf que d’un médiocre intérêt, mais la disposition générale, selon laquelle il e^t désordonné, mérite toute l’attention du géologue.
Près de la cime du Cutidori, qui est bien inférieure à celle du mont A'Oliena, on voit des bancs de silex brun intercalés dans ceux de la roche calcaire; ceux^îi sont un peu fossilifères, mais la plupart des fossiles qu'ils renferment, sont tellement adhérenLs à la pierre qu’il est
Cofo^one.
Monlëf
par le Cusid^H.
Btocs de silex.
909 CIAP. V. — raauiiu CKfiTAOtS.
bien difficile tle les >recaeillir dans un élal convenable pour bien les déterminer: ce sont des Caprotinet, des Nérinéfs, de beaux Corallaires (Pleurocora) et surtout l’flipjmrües organitans Desnil.
crotK uiarciie. Noo loiu du Cusidort, se trouve une grotte, où Ion peut se procurer de l’eau; c’est l'étape .obligée de ceux qui veulent escalader par le NE (avant le lever du soleil) la grande cime d’OJtena, où l’on arrive au bout de deux heures d’ascension des plus pénibles, à partir de cette grotte.
Cime du ti|ui. Cette sommité porte le nom de S'Alha é Bidda (la cime du village). Effectivement elle domine la population d’O- Uena, placée au pied occidental de cette imposante masse. C'est sur ce point que nous plaçâmes, dans le temps, notre signal trigonométrique, à une altitude de 1338 mètres (1). De ce lieu remarquable, le géologue voit s'étendre à ses pieds tout le développement de ce grand massif, de manière à pouvoir en embrasser les moindres détails; alors seulement il peut coordonner entre elles les données qu’il a pu recueillir pendant, ses courses précédentes dans ces contrées.
couix- Voici la coupe générale de ces monts, prise de l’ouest
A villag* d’Olitna; B Cime de S'jiika è Bidda; C Cctogone; D Rio de ta Oghe; E Tillage de Dorgali; g granité; a àchisle criatallin; d doldmie ; c calcaire crétacé ; e' calcaire avec ailez ; i baaalte en conléea et en filona.
(I) C’eat la troiaième aommitr de l’tle. Vovei ci-deutit, page 159 , note 9.
MONT D'eLIBH*.
Il est facile de se convaincre de l’imporlapce de celte „
locanié .pour l’élude géologique, si l’on pense que lors- <i« qu’on est sur celle cime, ou se Irouve placé sur le poinl d'inlerseclion de deux syslémes de soulévemeiil, donl un se dirige à-peu-prés ENE-OSO el l’aulre va exaclemenl N-S. En jelanl ses regards aulour de soi, on voil'se développer, vers le sud, une longue masse calcaire, qai par la forme seule de sa topographie, indépendamment de sa composition, annonce la continuation des mêmes terrains observés du côté de Silana et de Geimaruxi. Vers l'ESE, on voit une suite de crêtes bien alignées entre elles, qui joignent le mont. d’Oftena à ceux de Dorgali, en passant par la cime du Cusidori.
Mais qui est plus intéressant, c’est de voir de ce smiiacation. poinl, l’allure de la > stratification de la masse calcaire; celle allure est concordante avec l’orographie de toute celle région; la crête, qui forme une longue falaise faisant face à l’ouest, est composée de ÿancs calcaires qui ont bien manifestement leur direction dans le sens N-S; leur inclinaison est vers l’est; de l’autre côté on voit parfaitement les indices d’une stratification dirigée à-peuprès NE, avec une inclinaison au NO. Sur la cime du signal, qui est, comme nous l’avons dit, le poinl où les deux lignes de soulèvements se rencontrent, tout indice de stratification a disparu , tandis que dans un autre poinl culminant voisin (qui se trouve un peu' plus vers le sud et que l’on nonyme Pwita Corrari) on voit les bancs fortement contournés et disposés en forme de grands ‘arcs, plusieurs fois ondulés el sinueux.
La cime de S’Alha é Bùlda est formée d’un calcaire compMiiwD. compacte E tS, analogue à* celui du Monte Sanlo^ il est cependant un peu jaunâtre; il contient des restes de ces nrêmes fossiles que nous avons indiqués jusqu’ici.
La distance verticale de ce point au village d'Oliena uwinie. est de H 15 mètres, tandis que l’horizontale ne dépasse pas 1900., c’est pourquoi, pour opérer directement cette
CHAV. V. — TBUAIN8 OIÉTACÉS.
Polomir.
ModI de GnAW/).
descenle, en faisant face à l’ouest, il faut la faire dans des côndilions très-difliciles ; mais on a l'avantage de passer successivement en revue tous les bancs qui composent la montagne. Ainsi, l'on commence à descendre par un côté qui est coupé à pic d'une hauteur de 300 ou 400 mètres; il faut' par conséquent tourner ce point en grande paHie. Celte masse se compose d’abord do même calcaire compacte, blanc -jaunâtre £18, que nous avons* rencontre au point culminant ; c’est la partie la plus récente de ce dépOt.
Au-dessous des couches calcaires, on en voit paraître d’autres assez puissantes d'une dolomie, qui présente dilTét-eqtes gradations de cristallisation et de couleur; elle est souvent d’un blanc tirant un peu au jaunâtre; sa^structure est approchante de celle du marbre de Carrare,' variété à petits grains £ 1 9 ; ailleurs , sa cristallisation devient plus prononcée et sa couleur est grise et même brune. La dolomie repose immédiatement sur les schistes cristallins ; enfin en approchant d'Oliena, on voit ces derniers céder la place à la roche granitique, sur laquelle est posé le village.
Le mont isolé qui. domine vers l'est le village de GaltelU et vers l'ouest celui d'Orosei, est formé d’une répétition des calcaires que noüs avons indiqués jusqu’ici. Nous nous réservons de donner la coupe de cette montagne, lorsque nous traiterons du terrain .nummulilique qui se trouve sur son versant oriental (1). Nous nous bornerons maintenant à dire qti’on y rencontre la succession ordinaire, du granité -au schiste, de ce dernier à la dolomie et de la dolomie au calcaire, tantét compacte, tantôt oolitique; mais les schistes, que l’on ne voit que vers -GolteUt, sont accompagnés de grauwaehes et ils prennent l’apparence de schistes siluriens. La dolomie se
(I) Vojn ohapitrr VI , 43 c'mprè».'
MONT BB OALTBLLI.
développe, également de ce célé , sur unë grande échelle ; et c’est sur cette roche que l’on voit surgir les restes d’un ch&loau du moyen-àge, -dit de Gallelli.
Immédiatement au-dessous des .ruines de ce château, on rencontre une roche porphyrique Crès-variahle , dont noos parlerons dans le chapitre XI. Nous croyons devoir attribuer à la présence de ce porphyre l'abondance de la dolomie en ce point et son passage au calcaire ferriffere. . .
La cime du mont de. GalUlH est toute calcaire; elle se termine par la- Punla di TuUamta, qui a environ 750 mètres d'altitude. Plus bas, vers Orosei, itoqs recueillîmes quelques coquilles caractéristiques de. ce terrain, parmi lesquelles nous citerons une grosse Néritiée, fig. 5, que M. Meneghini a bien voulu nous dédier et qui se trouve également à l’ile de Tavolara; les autres fossiles sont les suivants: Nautilus sp. — Solarium cirrlioides d’Orb. — Aslarle Dupiniana d'Orb. — Requienia To^asiana d’Orb. — Pleuroeora sp. nov. Le calcaire de la cime est compacte, d’un blanc jaunâtre, avec des traces de fossiles £ 20 ; à la base, il est oolitique à très-petits grains £21.
La roche en question 'se perd bientôt, car le mont de Gallelli est «empiètement isolé; mais elle reparaît à une certaine distance, entre le village de Lula et. ceux de Simuola et de Posoda., Dans ce. long espace de terrain, elle forme un mont élevé, qui slétend presque en lignedroite, dit Monte Alto (Mons AUrnt)-, ce nom provient sans aucun doute de sa blancheur éclatante, qui; jointe à sa forme, décèle de -fort loin -la* nature calcaire des roches qui le composent.
Le point de ce mon^ le plus rapproché de Gallelli est la partie quë l’on nomme le Monte Alto di Lpla, o’esUà-. dire , la partie méridionale, du Monte Alvo. Pour y arriver de Gallelli, on traversé d'abord une plaine dite d' balle, dont le sol est exclusivement granitique. On .ne perd de vue ce terrain que lorsqu’on commence la montée de S.
Rorhrx du chfttrau.
de TuUmvista.
âioHie Àtvo.
Monte de Lula,
CHAP. V. — TBBMAINS OÉTAr.tS.
Francesco, oü l'on voit succéder au granité, un -schiste fortement cristallin, qui est traversé par des filons de quartz et des veines de graphite. On peut même dire que cette substance charbonneuse s'interpose par-ci par-là, au milieu des couches et des feuillets du schiste; nous croyons pouvoir regarder ces derniers comme des terrains siluriens mélamorphyqnes. C'est sur cette roche que s'élèvent la pittoresque église isolée de S. Francesco et la misérable population voisine, de Luia.
Fonnr iUong«- Nous vonons de dire que la mobtagne calcaire , qui
‘u djracikfa.'^' domine le village de Luià, constitue l'extrémité méridionale, on pour mieux dire l'extrémité SO, du Monte Ako, dont la forme est très-allongée; nous ajouterons que cet allongement suit à-peu-près la direction ENE-OSO et que du côté du NO, ce mont présente une falaise abrupte et continue, allant presque en ligne droite pendant plusieurs milles. Cette uniformité ne cesse qu'à l'extrémité NE> où la montagne s'élève et-où elle forme une butte conique, dite Punla Cupelti, qui domine le village de Siniscota.
soa lacUuiMiK ‘ La longuo falaise calcaire est supportée par le terrain schisteux, on directement par le granité qui descend en pente douce vers le fond d'dne grande vallée; la douceur de cette pente contraste singulièremerrt avec la forme abrupte et brusque de la falaise. Du c6lé opposé, c'està-dire vers le SE, le Monte Alrç forme une pente trèsprononcée; ses bancs sont inclinés, exactement comme ceux que nous arvons signalés au mont d’Oliena, qui ont une forte ‘inclinaison vers Dorgali. C'est ce qui fait qu'en parcourant le Monte dleo dans le sens de sa longueur, c'est-à-dire, dans celui de la direction de ses couche^, on se trouve toujours sur les mêmes' banrs,* tandis qu'en le parcourant dans le sens de sa largeur, en partant du bas de la falaise qui fait face au NO, on passe successivement des assises les plus anciennes aux plus récentes; mais lorsqu'on parvient à la dernière, celle-ci continue sans interruption, comme la pente uniforme d'un toit.