‹ Voyage en SardaigneChapitre 24 sur 84 · MONTE ALTO · texte numérisé non relu

MONTE ALTO

sans changer de nature dans toute la largeur et la Ion' gueur de cette surface inclinée.

Nous allons donner une esquisse démonstrative du Moitié" Alto , que nous avons relevée de la mer, en navigant au-delà des Ilots nommés / Pedrami (1). Nous nous trouvions, lorsque nous fîmes ce croquis, parfaitement alignés sur le prolongement de l'axe. de toute la chaîne du mont en question; c’est pourquoi notre figure 36 représente la coupe du Monte Alto, prise dans le sens perpendiculaire à sa direction.

UoHtf 4hv prit dr l'eti

A signal trigonomêtriqoe , Punla Cuptlti; B chitean de la Fava; (de Posada) près de la mer; C village de Sinucola; D Monte RtpaUe; g granité; s schiste} d dolomie; e calcaire crétacé.

Le Monte Alvo de Lw/a se compose d'un calcaire blanc- Gritrcmieintai. jaunâtre, pareil à celui des monts â'Oliena et de Galtelli] il a également pour base la dolomie; mais ce qui est bien remarquable, c’est que M. de’Vecchi, qui a visité après nous ces localités, a vérifié ce que nous avions cru apercevoir en parcourant, il y a plusieurs années,' le pied NO de la grande falaise qui se prolonge depuis Lùla

(■} Il est asseï curieux de voir que ces Ilots des Pedrami, qui se détachent de plus d’un millé de la côte, se trouvent précisément sur le prolongement de l’axe de soulèvement de tonte, la chaîne du Monte Alm\ c’est pourquoi notas pensons que leur apparition date de l’époque h laquelle cette chaîne a clé soulevée. Voyez notre carte géologique • '

TERBAINS CRÉTACÉS.

FomîIc* du Monte Jit>c.

Moiildt* par Sinitcola,

ÏOH CHAP. V. —

jusqu'auprès de Sinitcola; savoir, que l'on renconlre^eii cerlaines localités, entre les schistes et les dépôts cré' lacés, des lambeaux d’un grès quarlzeux et ferrugineux à gros grains, qui semble identique avec celui qui constitue la base du terrain jurassico-magnésien dont il a été question dans .le chapitre précédent; mais au pied du Monte Alvo, ces lambeaux sont fracturés et interrompus (1). Le plus souvent la dolomie crétacée, qui sert de base au calcaire .de celte montagne» repose sur les schistes , cristallins, sans autre intermediaire;, et môme quelquefois, on la voit directement superposée à la roche granitique.

Dans nos courses souvent répétées sur la partie méridionale du Monte Alvo, nous rencontrâmes quelques fossiles, surtout des Nérinées; nous y trouvâmes également la Thecomilia tobata âl. Edw. I. U. et VActeouella /oetû d’Orb., que nous aurons également occasion de si-> gnaler dans le calcaire de l’ile de Tavolara, dont il sera question ci-après. •

Maintenant, si on gravit le Monte Alto, pn partant de SinUcola,' pour atteindre son point culminant, on rencontre d’abord , en sortant de ce village , une roche à la fois schisteuse et cristalline, qui prend un peu l’apparence d’un gneiss; ses feuillets sont tordus et elle passe au caischistu c\ même à une espèce d’hyalomicle. C’est sur ce terrain que repose, en slratiGcation discordante, tout le massif crélacé de la montagne. La dolomie semble plus rare de cq côté que vers Lula, mais 'en revanche, le calcairè compacte atteint un plus grand développement, et surtout une plus grande altitude.

(I) La préMQce de ce teitaia, (|uo nous croyoDS d’origine jurassique, concorde arec l’observation faite* pat M. de’ Vecchi à Sonia Lucia do Baonei, dont il a été question ci-deasut, page 195, et avec la présènee du même terrain au Monte Non et au Monte t-'ummu (voyei aussi, pag. 161 et suivantes).

CIME BU SIGNAL. MONT l>B POSADA. tü9

La Punta Citpetli se trouve à trois heures de distance Cime du si{n«l. de Siniêcola; on y arrive par une montée continuelle et fatigante^ c'est sur celte cime, à laquelle le capitaine W. Smylh (1) donne 706 mètres d'altitude, que fut établi notre signal trigonomélrique ; elle est formée d'un calcaire compacte, blanc-jaunàtrc, qui ne diffère en rien de celui de ce même mont, observé du côté de Lula; il contient les mêmes fossiles,

Uans le prolongement oriental du '.Voti/c <i/vo de'Si-Hom d< />w«. niseola, on voit surgir, non loin de la cùle, un monticule isolé, sur lequel est encore debout une tour qui faisait partie de l'ancien château de La Fava, connu dans l'histoire du moyen-âge de la Sardaigne. Le village , qui est à ses pieds, prend le nom de Posada; ce n'est «qu'un misérable reste de l'ancienne forteresse (Voyez B Gg. 36, page. 807 ci-dessus ).

Ce monticule conique est egalement formé de roebe cal- nuu». Caire superposée à'des schistes cristallins, qui près de la mer sont devenus granalifères (8); mais ce calcaire, au lieu d'être blanc, tirant un peu sur le jaune, comme celui du Monte Alvo voisin, a pris une couleur d'un cendré bleuâtre; en quelques points il passe au rougeâtre E 88. Sa structure est compacte. Ce qui le distingue surtout, ce sont plusieurs petits corps microscopiques, clofsonnés et arrondin qu'il renferme et qui semblent appartenir à'des foraminées, assez semblables à une Qumquelocvlina que nous avons signalée dans le calcaire â radiolites li’Olmedo (3). Celte roche prend aussi une teinte plus claire, mais on y voit les mêmes, petits fossiles £ 83. ‘

Le calcaire du Monte Alvo se trouve de nouveau à l'tle Ur Je Tteeiara.

(1) Nous n’avoos p» ipeiurë ce point r^arqiiable, par la même raison que nous ne primes pas la liauleqr du Manu Sonia do Baonei, c’est-à-dire , i cause de la cassure de notre tiaromètre.

(3) Vovrz ci-dessus chap. I, page 13.

(.T) Voyez, dans re même chapitre V, page ISO.

910 CHAP. V. — .TEIlRAinw CBKTAC$8.

de Tavolara, à 18 milles marins de Posada, sur le même méridien; son extrémité occidentale est granitique , ou plutôt elle se compose d'une pegmatite rouge à petits grains m 1 c’est ce qui constitue la Punia di Terra; tout le reste de cette Ile est une masse de dolomie ou de roche calcaire, allongée comme le Monte Aho et allant également à- peuprés du NE au SO. De fort loin on' distingue les deux qualités de terrains indiquées ci-dessus.- D'ailleurs, .une roche -esl recouverte d'une végétation assez vigoureuse , tandis que l’autre est aride et tout-à-fait nue. La partie calcaire, qui est la plus épaisse, est en quelques peints, surtout vers le SE, coupée à pic et même en sur|)lomh du côté de la mer, à une hauteur de plusieurs centaines de mètres. Au reste , ce calcaire ne forme pas une masse agglomérée et confuse, car on peut distinguer ses différentes assises, superposées les unes aux -outres, comme nous allons l’indiquer par les deux ligures suivantes.

Fig. 37 m. Fig. 37 b.

g .^ranitc (pcgmalUe)i d dolomie ^ c calcaire compacte;, f gréa <|ualcrnairr.

Superpotittoii La surface de jonction des deux terrains inférieurs n’est *■ pas plane; au contraire, elle s’approche d’une surface cylindrique, ayant- sa concavité tournée vers le haut; sur cette courbe il ^’en est ajoutée une autre, qui s'est déposée comme si le cylindre supérieur fôl élastique et replié dans une de- ses sections circulaires. La direction'

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