‹ Voyage en SardaigneChapitre 25 sur 84 · T4T0LAM · texte numérisé non relu

T4T0LAM

de H»*e de ce cylindre serait à-peu-près celle E 40® N , qui est, ielon toute apparence, celle de l’axe géographique de la petite lie en question et qui parait être la ligne selon laquelle la cause soulevante a manifesté son action (t). Cette disposition se voit parfaitement lorsqu’on arrive par mer du cap Fiçari à Tarolara, comme l’indique le dessin ci-dessous. '

Fig. 38. ■

A Bocea Jel Oamoue; B Punta di Terra; g gnnite (pegmalike); d dolomie ; c ««Icaire compacte ; g gréa quaternaire.

Les roches stratifiées constituent un arc immense au- Forme an|o<<e tour du culot cristallin; et lorsqu’on regarde celte fie de itniiSca'ion. l'exlrémilé de la Punla di Terra, on voit fecilemènt que les bancs calcaires, quand ils furent soulevés, ne se laissèrent pas rompre et rejeter des deux cètés de la masse granitique, comme cela eut lieu dans la vallée de Silana (voyez fig. 34, page 197 ci-dessus), mais au contraire, à Tavolara, ces bancs cédèrent notablement pàr l’effet d'une espèce d’élasticité ; ils se tordirent selon les formes de la bosse granitique , qui était poussée de bas èn haut au-dessus d'eux et sur laquelle ces bancs se moulèrent.

On pourrait même supposer que les masses stratifiées Finibuitè de cette tie, qui ont maintenant. une physionomie si al- dM'c^hM.

(I) \oyet notre planche lia, fig.. 4, dans laquelle a’ous avons indiqué le ridement oblique des masses granitiques des îles de Corse et de Sardaigne , dans la direction R 40® N.

Vue de l'Ue prise de l'uarsU

Ordre

de succession des roebet.

naraclères de U dolomie.

SIS CMAP. V. — TBUUM8 CBÉTACSs.

térée et si différente de celle qu’elles devaient avois.qna«d elles furent déposées dans la mer, ont été réduites, par une action quelconque, à l'état pâteux , par suite duquel, au lieu de se rompre, elles prirent cette forme arquée qu'elles présentent aujourd’hui.

-Nous ajouterons ci-dessous une vue de. ravo/ara,<que nous avons prise à la chambre claire, du bout de la Punta di Terra à l’ouest ; elle indique parfaitement la forme arquée des masses dolomitiques et calcaire^.

Fig. :t9

A Bocca dtl Cannant j B Punta di Terra} g ijnnile; d dolomie j c calcaire à Nérinées e( à .Hyppuritea ; g grès quaternaire.

A la pegmatite à petits grains g, succède de bas en haut, un grand étage dolomitiqucd qui se moule, comme nous venons de le dire, sur la bosse granitique et qui de chaque côté s’abaisse vers la mer; de façon qué ses deux bouts forment les deux extrémités d’un arc gigantesque qui plongent dans la* mer, tandis que le sommet de. l’arc suit la courbe de l’axe le plus élevé de la masse granitique.

Celte dolomie est cristalline en plusieurs points et un peu saccaroïde E 24; en d’autres endroits, elle est presque compacte et on ne peut la distinguer de la roche cal-

BOCCA BEL CANBOAB. ■ ^ 313

Caire proprement dite, que par de très-petites lamelles romboïdales qu’elle contient et par une struclurè .un peu grenue; mais à mesure que l’on passe à l’élage supérieur, l’alléralinn s'affaiblit; elle disparaît par des grada-> lions -insensibles; et on finit, sans s’en apercevoir, par SC trouver sur la simple roche calcaire. '

Celle-ci cpnstilue la partie la plus élevée de l'Ile et elle forme également un grand rocher ^iresqu’isolé vers le NE, djt La Punta ou Lo Sjmlmalore ili fuori. Ce même calcaire tombe à plomb, vers le SE, en falai.ses épouvantables, comme nous l’avons dit ci-dessus. Voyez surtout fig. 37 b.

La crête du rtiont vers le NO est également coupée par des crevasses dont les parois sont verticales, ce qui en rend l’ascension difficile même de ce côté’; c’est pourtant le seul point par lequel on puisse parvenir au sommet de la montagne. La principale de ces fentes porte le nom de Doeca del Cannone, a cause d’un certain ‘rapport qu’on lui trouve avec une embrasure de canon. M. de’ Vecchi y est arrivé en' 1847, lorsque nous visitâmes pour la dernière fois celle Ile; c’est alors que nous avons pris le dessin de la fig. 39. A part les pâtres de Tawlara, nous ne connaissons que fort peu de personnes qui soient réellement parvenues sur celle périlleuse cime, sur laquelle nous ne pâmes placer notre signal trigonomélrique, que nous établîmes en un autre point plus accessible de la. même Ile.

La plus grande élévation de Tarolara, d'après l’amiral W. Smyth, serait de 457 mèlr. 19 cent., landisque d’après un autre Anglais, M. le capitaine Roberts,- qui réside à nie de La Madeleine,- elle atteindrait 576 mètr. 68 cent.; quant à nous; ayant dû rebrousser chemin lorsque nous eûmes gravi les trois quarts de la montée , nous ne pûmes exécuter la niesure barométrique que nôus noiis étions proposés de faire à son point culminant, ni vaquer de làà nos opérations géodésiques. - ■

Roche calcaire.

ttocea

det Cnftnone.

Ahitucle.

Obtervation* *ar U dolomie-

Alléralioii du ealraire.

S(T« caractères.

Rial de Usuifac*’

}I4 CKAP.. V. — TBUUINS CBÉTACÉS.

• La séparation entre le calcaire et la dolomie de Tavolara n'est pas brusque et nette , comme il conviendrait à des dépôts d’àges différents, qui sont placés dans des circonstances diverses; au contraire, on s'aperçoit de suite que la période dans laquelle les deux roches furent déposées est la même; ou du moins, qu'un dépôt est la continuation de l'autre. « Si l’on examine attentivement a (dit M. de' Veéchi auquel nous empruntons ce passage) a les roches qui forment l'aréte culminante de Tavolara , <1 on voit que cette arête n'est pas toute calcaire , mais U en partie dolomitiqu,e et que la dolomie constitue des a amas ou des espèces de veines dans la roche calcaire. « Ce fait et le passage graduel des deux substances, « ainsi que la présence de la pegmatite au-dessous des « deux -roches sédimentaires , prouvent que la dolomie en (I question n'est qu’un calcaire altéré. » L’observation que nous avons également faite gvec notre compagnon de voyage, que la dolomie de Tavolara présente les indices des mêmes fossiles, qui se rencontrent dans le calcaire de cette localité, est une confirmation de ce qui vient d'être exposé.

« Au reste (ajoute M. de’ Vecchi), la roche calcaire, qui « est superposée à la dolomie de Tavolara et qui se lie « avec elle, présente un aspect excessivement altéré et « disloqué; la stratification n'a pas entièrement disparu, « surtout du côté de l'ile, qui regarde celle de Molara. »

Les caractères minéralogiques de ce calcaire s.out: 1”une couleur blanche tirant au jaune; 2° une fracture presque ferreuse; 3* une structure compacte E 2&, 25 bis; cette structure , considérée en grand , est massive ; elle se présente ordinairement en masses continues, qui sont seulement interrompues par des fentes irrégulières.

U est bon de remarquer que' fa surface actuelle de ce calcaire est Apre et scabreuse; en quelques points on la dirait scorHiée, ce qui nous a rappelé le calcaire de la cime de Mmle Sanio (voyez pag. 490). C’est aussi ce qui

TAVOLAU;

rend celle surface difficile el même dangereuse a parcourir. Les slries, qu’on y voit, présentent en quelques points un parallélisme qui imite assez bien l’elfel de certains sillons des glaciers. Quoique nous soyons bien éloignés d'attribuer la même origine aux stries de Tnvolara, nous .pensons néanmoins que c’est là un «ITct des* agents destructeurs atmosphériques sur la roche calcaire, dont la surface, vue en détail, offre l’image de ces reliefs qui représentent efes régions monlueuses, avec leurs crêtes, leurs versants el leurs contreforts.

Ce que le 'calcaire de Tavolara offre de plus important, ce sont les restes organiques .qu’il renferme en certaine abondance; on pourrait même dire que le versant de cette Ile, qui regarde Molara vers le sud, en est en quelque sorte, pétri; mais -c’est principalement à cause de leur liaison intime avec la roche qui les contient, qu'ils sont difficiles à extraire et que l'on ne peut qu’avec peine en reoOeillir de déterminables. En dépit de celle difficulté, nous sommes parvenus, avec l’aide de M. de’ Vecchi, à nous en procureç en quantité suffisante et dans un étal de conservation assez passable; pour bien connaître leur âge géologique, que nous rapportons sans balancer à l’étage hippurilique de l'époque des terrains crétacés.

Voici la note des fossiles de Tavolara, d’après M. Meneghini: Nerinea Lamarmorae Mgh., fig. 5. — N. apenninica Mgh.ylig. 2. — N. diagyra Mgh., fig. 3. — N. gigantea H. Firm. fig. 4. — N. lunensü Mgh., fig. 6. Faitligiella Turrii Mgh., fig. 13. — Fasus lurrileilalttt d’Orb. — Aa/ica ClemeAlina d’Orb. — Caprina adtersa d’Orb. — RaïUolile» sp. (I). — Theeosmilia lobaia M. Edw. J. H. — Pacltyipjra labyrinthica .M. Etlw. J. H. — Àctinocoenia ratüala Mgh., fig. 14. Il est facile de reconnaître- (]uc le calcaire de Tavolara renferme les mêmes fossiles que cçux

(I)' La mî-mc i|ue noua avons (rouvéé au Cnpo érila Carcia

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