‹ Voyage en SardaigneChapitre 26 sur 84 · C.HAP. V. — * TBAftAINS €BÉTACBS · texte numérisé non relu

C.HAP. V. — * TBAftAINS €BÉTACBS

Capo Figari.

5a compolUioo.

Coupe.

qui furent recueillis dans les terrains de la cAte orientale que nous venons dè décrire, depuis le Monte Satilo.

Le dernier dépôt de ce genre, dont il nous reste à faire mention, c’est celui dont est formé le Capo Figari^ au NNO de Taivlara; le voyageur qui arriverait de cette dernière Ile et -qui aurait déjà exploré les calcaires.de toute celle côte orientale de la Sardaigne, reconnaîtrait môme de loin, dans le cap Figari, les terrains qu’il a laissé en ces lieux ; c’est pourquoi nous sétons brefs dans la description de ce promontoire.

Pour étudier celle montagne, on n’a qu’à partir de l’isthme étroit qui la sépare du continent sarde pour se diriger directement sur notre signal Irigonomélrique (IJ; ou alu moins sur l’emplacement qu'il occupait et qui naturellement était le point culminant du promontoire. C’est le long de celte ligne que nous avons fait passer la coupe suivante.

Fig. 40.

gr granité; g gneias;.' g' gneisa quarUenx; a scbifle;' j'< gneiaa à noyaux qoartxenx; g"' antre gneisa quartienx; d dolomie; e calcaire rrélacé.. ,,

(1) Noua, ne pûmes pas prendre la haulenr exacte de ce aignal, à cause de .la rupture de notre baromètre, qui nous emp^ba de mesurer, pendant ce voyage, le Monte Santo et le Monte Alfo. Nous donnerons approximativement an point culminant du Cap Figari une altitude de 450 mètres. C’est en ce lien qu’en 1799 M. Tranchol, colonnri danti les ingênienrs-géographes franvaia, qui

CAP PKMBI

• Voici tnainlenanl la vne du même cap , prise eir mer du rôle de Tavolara.

Fig. 41. . '

* Si|j;nil.

Figarotto. ’j j , ^Capfijori.

IslhiDF. i

Vue.

g granile; craUce^ .

IR «chulej métamorphiques; ,d dolomie,; c calcaire

L'islhme esl formé en grande partie d'une roche grani* Roche cnuaiiine. loïde, Irès-mfcacée , qu'on pourrait regarder plutêl comme une espèce de pegmatile, qu’un vrai granile A 5; ellc«st accompagnée de veines d’amphibolile. Lorsqu’on quitte cette roche au bas de la montée, on voit bientôt paraître sur la pegmatite une espèce de gneiss très-quartzeux A 6, à feuillets parallèles blancs et grisâtres. Cette roche, marquée g' dans la coupe, fig. 40, pourrait être', à notre avis, employée utilement an pavage des vestibules. A cette espèce de gneiss succède, de bas en haut, bien entendu , un schiste trés-micàcé i, qui est recouvert A son tour par une autre espèce de gneiss â noyaux quarizeux g"; ce dernier passe ensuite à lin schiste s tout-à-fail semblable an précédent, qui esl recouvert par une autre assise ^

,de gneiss g'". Toutes ces couches sont plus faciles à se décomposer que les roches qui leur sont superposéles; ce

fil la première triangulation de Ja Corse et qui l'étendit à la côte de la Sardaigne aeptentrionale , plaça 'aussi son signal, dont nous avons vu les traces; ces restes avaient conservé le nom de Turritmc dt lu Franmr (la petite tour du Français)

CH AP. T. — TBHBAIN8 CB6TAC6s.

qui produit en cet endroit une pente beaucoup plus douce que celle du reste de la montagne calcaire.

Doiomir. Au-dcssus du terrain en que.slion, se trouve une masse dolomilique considérable, dans laquelle on reconnaît des indices de stratification , qui n’est pas toujours bien claire; la ligne de séparation entre celte dolomie et les roches cristallines qui la supportent, est trés*marquée ; elle a lieu sur un plan dirigé à-peu-près N 30** O, avec une inclinaison de 30° au N 30° E.

Rochr caUairr. Enlin, au-dessus de la dolomie, on voit paraître un système calcaire ç, tout-à-fait pareil à celui de Tavolara , auquel il ressemble également par l’abSence presque totale de stratification distincte; cependant on voit' qu'il a été formé d’une succession de bancs qui concordent avec les mêmes indices confus de stratilication, que présente la dolomie. Ces bancs correspondent même àvecla direction et avec finclinaison des gneiss et des schistes, qui forment la base de tout ce dépèt. Le calcaire est dépourvu de fossile, dont les traces ont disparu, à 'cause de la grande altération qu'a subie celte roche. figtmu. „Près du cap Figari on voit surgir de la mer un petit Ilot, dit Figarotto ou Figarollo, qui ji’esl qu'une répétition, en petit, du mont qui forme le promontoire, ou, pour mieux dire, de la péninsule (I) On trouve à sa base occidentale les mêmes successions de terrains cristallins stratifiées, que nous avons signalées au pied corres{>ondant du cap de Figari; mais comme par sa position méridienne, cet Ilot se trouve sur la même ligne que la dolomie de ce dernier, c'est celte substance , qui forme son, manteau extérieur et qui plonge dans la mer vers le SE; de façon que la masse calcaire, qui à Figari fait suite à la (^olomie, manque tout-à-fait à FigaruUo. salon Avant de quitter ces localités, nous devons signaler ain

fait par la mer.

(I) Voyci ci-<lcf$ui 4t..

CAT PMABI. SI9

fait qui peut rendre raison de 'l’action de la mer sur la roche calcaire. Lorsqu’on se dirige en bateau, de la pAlile crique dite Cala Moresca, vers la partie exlri^me du cap Figari à l'est, en passant entre ce promontoire et l'ilot de FigarûUo, on voit, au niveau actuel de la méditerranée, se former dans la roche calcaire, coupée à pic au-dessus des eaux, un sillon parallèle à la surface des eaux, comme le démontre da coupe suivante.

. U n’entre pas dans le plan de cet ouvrage de vouloir expliquer un phénomène, qui a lieu journellement sous nos yeux et qui est dû à une cauée purement mécanique ; mais il nous est impossible de ne pas faire remarquer que ce sillon est plus large et plus profond à la base de la montagne de Figari, du côté de FigaroUo, que dans la partie septentrionale du même cap, où il .est fort peu prononcé et où cependant la roche calcaire, qui est également coupée à pic et plongeante dans la mer, est beaucoup plus exposée au choc des grandes ondes. Noos avons également observé qu'on ne rencontre paS de sillons semblables, ou. du moins qu'ils sont fort peu sensibles, en d'autres localités, où la même roche calcaire est également coupée en guise de mur vertical dans la mer, eomme par exemple au SB de Tarôlara' et dans le golfe, de Dorgali, jusqu'au-delà du eap de Monh SaïUo.

Di(T<é rinces qu'il préiCRte.

CHAP. V. — TBMAIN8 «ÉTACto.

Cauir ^roUiblr ces différence^.

Avis

sut voyageurs

Sillons

de Gibraltar.

Données quHls peuvent fournir.

En voyant cetlc différence dans les effets exercés par une' même mer sur des roches tout-à-fail identiques de composition et placées dans les mêmes conditions, nous avons cru reconnaître que l’érosion de la base méridionale du cap Figari, qui eét la plus considérable, peut être attribuée à l’influence exercée snr les ondes et sur les courants par la proximité de l’tlot de FigaroUo, qui n’en est pas plus éloigné de 300 mètres. La mer se trouve en ce lieu forlement encaissée; ce qui fait que les flots et les courants, qui passent et repassent sans cesse par ce canal étroit, acquièrent, une force d’érosion continue et active, qu’on pourrait comparer au mouvement uniforme d’une scie placée horizontalement ; ce même mouvement n’a pas lieu au point où les ondes arrivent librement du large, en battant de front le mur calcaire.

Nous citons ces faits pour attirer l’attention des géologues et de^ voyageurs sur les phénomènes analogues qu’on pourra observer en plusieurs autres points du littoral de la Méditerranée, atin' qu’on tienne compte, plus qu’on ne l’a fait jusqu’ici, des circonstances locales èt hydrographiques dans lesquelles ces sillons se trouvent.

Dans notre planche III, flg. XXXI, XXXII, nous donnons deux exemples de sillons semblables, que nous avons observés au pied oriental du promontoire de (iibraltar, qui est, comme on le sait, formé par un grand massif de calcaire jurassique ; mais un de ces deux sillons ne’ se .trouve plus contre la mer, qu’il dépasse verticalement de près de 10 mètres. Nous ne nous occuperons pas ici de la cause qqj a pu produire cette différence de niveau, mais nous constatons l’existence de ces sillons en cette localité, plutét que dans d'autres points de la cOte d'Espagne et d’Afrique, où se trouvent également' des falaises coupées à pic dans la roche calcaire et qui ne sont pas entamées de la m'ême manière. *

Nous pensons qu'en appliipianP aux anciens sillons de Gihrallar les données que nous avons cru recueillir au cap

i ./ ' CON«U»MN. m

Fiqari; el qu'en exaijiinant avec soin les autres localités où ces sillons, dépassent maintenant le niveau actuel de la mer, se montrent, comme en Morée et ailleurs, on pourra en condurè un jour, que les érosions de cette nature , qui existent à la base orientale du promontoire de Gibraltar, doivent être attribuées ù une plus grande pression en sens horizontal, opérée par les eaux du détroit sur les parois de ce dernier, à cause de la plus grande difficulté, que les eaux auraient: eue, de communiquer de la Méditerranée avec l’Océan, ou viceversa. Ce fait démontrerait peut-être que, lorsque ces sillons se trouvèrent à un niveau de 10 mètres plus haut qu'ils, ne sont aujourd'hui, l’ouverture du détroit pouvait être plus restreinte qu’elle ne l’est maintenant.

D’après ce que nous venons d’exposer dans ce chapitre, il parait résulter 1* que l’existence du terrain néocomien proprement dit, danè l’tle de Sardaigne, a’ est pas bien prouvée, mais qu’op y rencontre des dépôts, qu’ob peut sans bésitajion placer dans le terrain crétacé inférieur, pris dans son ensemble et que celle du terrain à hippurites est mieux cobstatée; 2^ qu’il se trouve une différence assez marquée entre les groupes de la partie orientale de l'ile et ceux de la côte occidentale^ ceux-là passent presque tous, inférieurement, à la dolomie; ceux de l’ouest n’ont point de vraie dolomie ; ils sont quelquefois accompagnés de gypse; 3° les premiers se trouvent dans un certain rapport, visible ou latent, avec la roche granitique ; ceux de la côte occidentale se lieraient plutôt avec la masse des trachytes

(>uiiclu»ioii.

CBAP. VI. — eaoiira ITOMmLITIQVE.

CDAPITBE VI.

Lambeaux nummoliliquea et terrain éocêne à Milliolilei çl Cêriles.

NdHs avons déjà fait remarquer au commencement du chapitre précédent que les roches du terrain crétacé ne se rencontrent, en Sardaigne, que sur les flancs de l’Ile, c’est-à-dire sur les côtes orientale et occidentale (t), d’où nous avons conclu que, lorsque la mer les déposait, la Sardaigne avait déjà pris à-peu-près les limites quelle a actuellement. Pour ce qui regarde les dépôts à nurnmulUes , et ceux à mjlliolites. et céritès , dont nous allons nous occuper, on peut également faire la même remarque, en jetant d’abord un' coup d’oeil sur notre figure 5 , pl. II m. Nous diviserons les terrains de ce chapitre en deux groupes; le nuramulitiqne, qui se trouve vers la côte orientale; et le calcaire à cérites et à milliolites, qui se rencontre vers l’ouest. , .

Groupe nummulUique .

^ iwp<u> Si nous eussions suivi la marche progressive que nous avons adoptée jusqu’ici dans l'ordre des localités que nous avons décrites, en commençant toujours par le point le plus méridional de l'Ilc, où se rencontre le terrain

(I) Voyez ec i|iii a etc dit ci-dessus dans le chapitre précité.

Foroie de l'Ile tvaot U ^riode nammulilique.

BAPOT NDNHDLITHH» B'OBOSH. , 9Ï3

dont nous traitons, pour aller graduellement vers le nord, ordre que nous avons également suivi dans la succession des échantillons de roches de notre collection, nous au-, rions dû commencer l'indication des dépôts à nummulites par celui qui constitue le plateau du Monte Cardiga, qui est le plus méridional. Mais, comme la pôsition géologique du lambeau nummulitiqne d’Orosri est beaucoup plus nettement fixée ; et comme nous croyons avoir reconnu que les roches de cette nature de Monte Cardiga nous conduisent pas à pas au terrain éocène à cériles et à mjlliolites de la partie occidentale de l'tle, qui paraît leur avoir succédé immédiatement, nous avons préféré suivie dans ce chapitre un ordre dilTéreirt, en partant du point le plus septcntrionalj où se réneontre la formation nummulitique, pour arriver au plus méridional.

Orotei est un as^ez gros village de la côte orientale de nie, au pied d'un monticule tertiaire, recouvert d'un manteau horizontal de lave basaltique. Lorsqu’on sort du pays pour aller vers Gallelli (1) en rasant le pied dç la montagne crétacée de ce nom, dont il a déjà été question dans le chapitre précédent, page 204, on ne tarde pas à rencontrer l'ancien chemin qui conduit à la chapelle de Noitra Signora dei Rimedio; à 10 minutes dés maisons du village, on commence à trouver un puddingue à ciment calcaire , formé de galets assez gros et arrondis de granité grisâtre et de pegmatite rouge ; ce puddingue peut-être pris au premier abord pour un dépôt alluvial; mais à mesure que l'on avance vers la chapelle, cette illusion cesse, comme on le verra ci-après. * • ,

(t) Nom ignorons quel tracement a fo suiTre la nonvelle lonte royale qn’on a oiiverte en ees loc&lités, depuis que noos les avons vues en 184-7; mais nous pensons que cette roule n’èst pas lort éloignée de l’annen chemin dont nous parlons mainlcnant, qui allait d’Orojfi à GallelH. t

i94 CIUP. VL — OMUPB NUMHIILITI9VK.

puddingur Ayant examiné arec le plus grand soin- le puüdingue «riDiiiqac. question, en compagnie de M. de’ Vecchi, nous reconnûmes que le banc qu'il forme est courbé et fortement redressé vers le nord et qu'il est recouvert par le terrain tertiaire snbapennin en stratification discordante. C’est ce que démontre la coupe suivante, que nous avons lardé à donner jusqu’ici,. parce que le terrain nummuliliqoe y joue le rôle le plus important et le plus instructif de toute cette région. , .

• • , Fig. 43. •

Mont de GaluUi.

N. S. tCIstria. N. S. dtl Rimedio. Fleuve. Oraâei,

g granité i tt schistes alternants avec des bancs de calcaire cristallins (silnricnsT); d dolomie crétacée; cc calcaire crétacé à Nérioéesj en brèche calcaire nnmmulitiqne n calcaire mimenx à nummulites; pg puddingue nminmulitiqae à galets granitiques;

( terrain tertiaire aobapennin; b coulée baagltiqae; aa alluvion de la vallée. . ,

Posiliop Le puddingue dont, il s'agit, marqué pg ^ans notre, ecepüddiuguc. 43, cst doHc infailliblement antérieur au terrain tertiaire subapenniii, qui tout-à- fait au SE du plateau d’O- ' roses et au-dessus des maisons du village, manque sous

la lave basaltique; de façon que celte dernière repose, en ce point, directement sur le puddingue remanié; tandis que partout ailleurs la superposition du terrain aubapennin au puddingue granitique et celle de la nappe basaltique au terrain 'pliocène, sont évidentes. Cette superposition immédiate, du basalte au puddingue granitique , qu'on ne voit* qu'à. l'extrémité du monticule vers l’est, indique que le redressement de co( puddingue a été opéré .entre l'é-

oaomii.

pfique à laquelle le ilép6l hununulilique a été laisse par la nier, avec les débris de roche granitique qui en for- ' * ment la partie supérieure et' celle de la déposition du terrain tertiaire subapennin, dont la ’stratiticalion est discordante, avec celle du puddingue granitique.

Pour bien connaître, les rapports qui existent entre ce dernier et le terrain nnmmiiliti'que proprement dit, il faut reprendre le chemin de la chapelle du Rimetlio; d'abord il est nécessaire d’accompagner le puddingue jusqu’au contact de la roche nummulitique, qui fornte, du côté d’Orom, les premiers contreforts de la grande montagne de Galtelli. A mesure que l'on avance dans celte- direction, on voit le banc pg passer à un autre puddinguo dans lequel les galets Calcaires sont plus nombreux que ceux de granité; puis l'on arrive à un banc de grès numniulitique renfermant des cailloux de pegmatilc rouge F t . 'Ceci se Voit surtout lorsqu'on se rend de l'église du Rimetlio à une autre église dite N. S. d'Agoito, qu'on trouve sur une espèce dé. plateau ; sitôt après avoir passé le vallon du Rimetlio. Là on voit clairement que le puddingue supporte le grès à niimmuliles, qui en approchant de la montagne passe à une brèche en, contenant des fragments de. calcaire compacte; les nummnlitcs manquent complètement dans ces fragments enveloppés, qui renferment au contraire des A'érinéci et d’autres fossiles crétacés; ce qui indique leur provenance de la montagne contre laquelle est adossé, ce puddingue; mais les nummulites abondent dans la pâte de ce dernier, qui est quelquefois friable et en d’autres points solide /■’ 2, 3.

La présence des fragments de granité et de pegmatile,

(|ue nous avons recueillis dans la brèche nummulitique, entre les deux églises, est un fait important à constater, car on ne trouve pas de débris de roche granitique associés au calcaire crétacé de la grande mmitagné dé fia/lelli. Plus on avance vers celle-ci, plus la brèche devient exclusivement calcaire Fi, et elle finit' par ressembler

EtliiTi «lu nimfdiu

de y. S. d'À^ptto.

Importance des galets

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