I.eiir JtilM|uHd
Rcrlificftfitiii.
Alliludi* d<* tf «le|>«l1.
:t7H IX. — TBUAIIW «UATBINAUBS.
Celle composition quartzeuse cl arénacée intérieare, ainsi que la couleur noirâtre en dedans el rouge au dehors, indiquent l'enfance de l'art, trahie par une terre grossière mal purgée et par une cuisson très-imparfaite ce qui semble rapporter ces fragments de terraille à l'anliquilii la plus reculée (I).
Qu'il nous soit permis de relever une confusion com>mise involontairement par M. le professeur Deülippi, notre collègue à l'Académie des Sciences de Turin, à propos de ces fragments de terre cuite. Ce savant, dans un article fort intéressant, intitulé It Diluvia Noelico, qui est inséré dans le journal II Cimen/o, vol. VI, cahier 2, p. 28 du texte tiré à part , nous fait l'honneur de nous citer en parlant de ces débris de poterie grossière; mais au lieu de les associer, comme nous le faisons ici, aux coquilles marines subfossiles des jilages soulevées ^ M. Deülippi les fait rencontrer dans la brèche osseuse donl„nous |tarlerons bientèl. C'est une erreur que nous sommes forcés de relever, quoique dans le fond elle ne porte , aucune atteinte aux conclusions de notre savant confrère, puisque nous dirons ci-après que nous sommes portés à attribuer la' formation de la brèche osseuse de Monreale de Cagliari au même mouvement du sol de ces régions, qui souleva les coquilles marines accompagnées de poterie grossière.
On peut évaluer à une trentaine de mètres la distance verticale qui sépare le niveau actuel de la mer du point le plus élevé où se trouvent ces amas de coquilles, dans
(I) l.r (Ful exemplaire d'une terre acmliltlde, que noua ayon.< rencontre en d'autres points de.I'ilc, c’est un fragment d'un, vase grossier, avec son anse, que nous avons tiré des fondemepl* d’un Koraghe des environs de Budduto, dit A'hetle; nous avons décrit et figuré ce monument dans la seconde partie de ce f'iiyuyr, p. I5d et suivantes; voyei surtout page tS4. On sait que l'origine des IVnragliet se perd dans la nnil des temps. pièce dont il s'agit, est déposée .ni .Musée royal de Turin, avec le ii* <* 'ibn.
COOVIIXBR. 3'7!)
le chemin creux indiqué MM dans noire planche lY. SiliM (jue ce diemin cesse d'élre encaissé,, c’est-à-dire, silôl que l’on arrive au plan de la Villa S. Tonmato, le banc coquillier disparaît sous la terre végétale et sous lar culture; niais si on le quitte en ce lieu, c'est pour le retrouver plus loin, sur la colline, à une bien plus grande élévation.
En elTel, si d’on sort de la ville de Cagliari vers le r,c même* snm nord, en laissant à droite le Moule délia Pace et en suivant toujours le chemin qui passe par le lieu dit h Meriones (1 ). pour conduire vers la plaine ; à peine on a dépassé la vigne Arcitaïs, \e chemin devient encaissé; alors on voit, à droite en descendant, la répétition exacte de ce que nous venons de signaler dans le ebcmin creux de la Villa S. Tomiiuiso; ce chemin creux est indiqué dans notre planche IV par les deux lettres iViV. On y rencontre également -les mêmes fragments de poterie grossière, associés aox coquilles qui percent au-dessous de la terre végétale et alluviale et qui reposent sur les bancs Jcrti'aircs pliocènes. Nous n’en donnons pas la coupe, parcé' qu’elle ne serait, que l'exacte répétition de celle de la page 376 ci-dessus, 6g. 6ü, à laquelle nous renvoyons également le lecteur.
Quant aux coquilles de celle localité, on peut voir par la note suivante que ce sont les mêmes que celles que nous avons signalées, soit presqu’au niveau de la mer, près de La Palma et sur le chemin de Quarto LL LL,
.soit à 30 mètres d'nililude dans le chemin creux MM.
Voici la note de ces coquilles , qiii furent également déterminées par M. le professeur Menegbini.
Murex Irunculus Lin. — Kassa reliculata Flem. — Conus FoshIc». medilerrauetu Brug. — Cerilliium vulgalum Brug. — Turbo rugosus Lin. — Soleu Vagina Lin. — Dnnax Irutirulus Lin.
'() Vnyri. K |tl, IV.
CHAP. U. — TBRRAINS OtUTERNâUBS.
Roule «le terre ruile.
Sun niafte proliable.
— Pelricvla fratiHin Mich. — Venus ilenussala Lin. — K. (>»«<-' lilamella Desh. — Liirina lartea Lk. — -Cardium ctluU Lin. - (celle coquille et les Venus conservenl souvent les deux valvds réunies). — : Peclunculus pilosus Lk. — P. glyâmeris Lk. — Mytilm eJuliâ Lin. (qui y forme des bancs enliers).
— Pinna rrniis Lin. — P. telragona Broch. — Oslrea edulis Lin. (Irés-abondanle, même avec ses valves réunies). — > O. lameÙosa Broch. — O. pKcalula Gniel. (voyez K* 4).
C'est dans la partie supérieure de ce chemin encaissé iVJV(l) et au milieu des hnllres, dont les valves étaient encore à leur place, fermées et entières, que parmi les fragments de poterie grossière, telle que nous l’avons représentée dans la iig. 66 ci-dessus, nous avons recueilli, il v a bien des années (en 4824), une petite boule de la même terre, que nous avons déjà signalée dans le temps à l'allenlion des géologues. Ndus ne répéterons pas ici ce que nous avons déjà dit au sujet de celle pièce dans lé Journal de Géologie, Tome III, 1834, pàge 343, note 4. Nous nous bornerons à en donner ci-dessous un 'dessin, réduit à moitié de la grosseur de l'original, qiii se trouve au Musée R. 'de Pise , avec loos les fossiles de ce terrain A' • 3.
On verfa par ce dessin, que colle. espèce de boule parait avoir tourné longtemps autour d'un axe placé dans
(I) Vo)ez i«* lieu fuar(|ui* O «le noire pl. IV. *
boclb de tedbe cuite, nivellement.
le Irou qui la pcrcc de pari en pari, et qu’elle esl visililemenl usée en a b dans le sens perpendiculaire à celle perroration, comme il arrive aux roulelles-des liU el des labiés de nos meubles acluels. C’est pourquoi nous serions disposés à envisager cel objet comme le poids de qùelque Ciel de pécheur, qui aurait tourné longtemps aur lour d’une corde, comme cela se pratique encore de nos jours sur les bords de la Méditerranée, où les cordes des lilcls sont garnies de disques perforés, de plomb ou de liège. Nous ne mettons, au reste, aucune importance à celle conjecture, relativement à la boule en question.
Lorsqu’on achève la descente de ce chemin encaissé, les coquilles snbfossiles disparaissent dans la plaine souS . Li terre végétale el sous Tes haies de cactus ; mai^ si l’on fait le lour du pied oriental du UoMe délia Face el si l'on observe avec attention les anfractuosités du terrain (t), il esl facile de les retrouver el de se convaincre quelles ap)mrlienneni ù un dépôt général très-élendu. Ce qui le |irouve c’psl leur apparition sur les bords de l’autre che- . nlin , qui des Merione» descend tout droit dans la plaine de Pirri , où l'on peut suivre une traînée violacée de valves de HÿlilH», aussi bien que sur le penchant septentrional de celle colline (3).
Dans notre figure XXXVlll de la pi. 111, nous avons lâché de rendre visible la suite de tout ce dépôt de coquilles subfossiles, depuis la plaine de La l*alma, où il est resté horizontal ,‘ jusqu’aux monts de la Face cl de ’ S. Michèle, où il a été porté -à une élévation notable.
tic ce d4^|H>t.
Nivellement.
(I) Sur la pente orienUle de ee œool, â-pen-pres à la hauteur lie la vigne Arcaia, ilana lei teriaina de celle propriété , noua avoua vu ouvrir dca roaaca profunda pour la planlaüou de la vigne; cumiftr cea fosaes allaquaicnl aiiasi le terrain terliaire, noua vjoica claire- Hirnl cea coqoillea rrpoaer rnirc ce terrain el la terre vrgeiate ()iii le recouvre.
(9) Voyez dans nuire pl. IV le Chemin désigne par Ica IcUres l’IV
389 CJI4r. U. — TEBMINS «CATBKNâlKE*.
Voici mainlenant les résultats d’un niveliemenl que nous avons fait exécuter tout exprès, à partir du niveau du grand étang jusqu'au point du Monte delta Pace où l'on rencontre cea coquilles.
, A t'angte de la birurcation de la grande roule de
Sassari avec celle A’iglaias II. 74
Maison de campagne des RR. Ri*, scolopes, de V An-
nondinte. . . 94. 63
Vignè dn marquis d'Arcaïs ^ . . . 46. 15
l*ied occidenlal du Monte delln Pan, où le trouve le
. banc coqnillier 73. 69
' Cime du même mont, où l'on rencontre quelque co-
' quille 98. 36
Rondeau de la promenade de Buon Cammùio, vers le NO, où sous la terre végétale nous rectteillimes de ces mêmes coquilles r . . 74. 57
fiê|xit rttquillirr Maintenant, si on part du pied septentrional de cette
à'Mfeinini. ai a *i *a i • i ^
même colliBe, pour aller dans la grande plaioe du Campidano, en suivant une ligne droite qui passe j>ar les. villages d’Etmos et d'A$$emini, on reconnaît que ce même dépùt coqnillier continue à se montrer bien au-delà des limites actuelles de la partie nord du grand étang de Cagliari. Nous avons eu plusieurs fois occasion de nous , as8urcr.de l’existence de ce dépOt coquillier, dont les espèces sont les mêmes que celles du terrain de La Pahm. Comme dans cette dernière localité, ces coquilles forment ' un banc borizonlal au-dessous de la terre végétale; nous les avons vues paraître chaque fois que nous avons vu opérer des tranchées sur les bords des chemins ou dans les vignes dés propriétés A'Elmas et d’Assemin».
poursuivant les investigations jusqu'à l’autre extrémité de. la grande plaine du Campidano, passé Orislano et surtout vers Cabrae, on retrouve le même dépêt de coquilles subfessilcs; il s'étend sous le sol do toute leltc plaine; mais c’ésl près des ruines de, l'ancien château des Juges d'Arborée qu'il s'élève davantage. ,
' C09VILLEB BE CUBAS.
Nous n'avons pas fait une grande rccbercbe.de ces coquilles de Cabras, mais celles que nous nous sommes procurées en cel endroit suibsenl pour prouver l'identité de ce dépôt avec ceux des environs de Cagliari; ce sont la Luiraria rugosa Lk. (très-abondante, avec ses deux valves réunies et remplies d'une terre d'un, rouge -jaunâtre). — Venus decussala Lin. — V. Chian'e Lin. — Scrobicularitt jnperata Schum. — Cardium edule Lin. (avec ses deux valves réunies). — Perluncnlus pilosus Lk. — Ostrea lamellosa Broch. K 5,
Si de Cabras on se rend vers Itinla, en traversant les territoires de Solanas et Ao., Dnnigala , on voit, dan;} les [larols des fossés fralcbemenl ouverts, reparaître la couche coquillièrc dont il s'agit; c.'est une répétition de ce que nous avons signalé sur les bords des fossés des environs A'Elmas et d'dMemini, à l'autre extrémité de cette même plaine, du côté de Cagliari; c’est pourquoi il y. a tout lieu de croire que ces dépôts si parfaitement uniformes, ou pour mieux dire identiques, placés, aujourd’hui aux deux extrémités du Campidano et séparés de plus de 100 kilomètres, ont jadis été réunis, à une époque qui a suivi celle de la dénudation' du terrain subapennin et de, la déposition du grès quaternaire. Nous avons indiqué cette pensée dans notre ligure 9, planche il b et dans la planche III, dans laquelle nous avons ligure la mer de l'époque quaternaire, qui occupe aussi dans la .Méditerranée les parties -basses des' ll(ss Baléares 'et d.’autres points de la côte d'Italie, maintenant à sec..
Nous ne saurions nous dispenser de citer un fait qui. pourrait se rapporter aussi bien au phénomène des plages soulevées, qu'à une cause beaucoup plus simple et d’une date plus récente f nous voulons parler de certaines valves de jmquilles marines, qui appartiennent toutes à des espèces vivantes et que nous avons rencontrées non plus en traînées comme les précédentes, mais éparses sur le
Atitrca (té|iùt8 aiiAloguc».
Prrarncc de r<M|uiUe9 en d’aulrr»
3)U CHAP. IA. — TKlIPAMS QUATlikNAIPliK.
sqI ou dans la terre végétale de plusieurs monticules du bassin du CampUlano et de ses dépendances.
UiMite Ollattiii. Une des localités oü nous avons rencontre cés débris de coquilles en certaine abondance, c'est sur la surface et- surtout sur la cime du Monte OtUuliri de Monaslir, dont il sera question dans notre chapitre XlV. Ce monticule, qui compte à-peu-près 200 mètres d'altitude, ‘est exclusivement formé de trachyle amphibolique et phonolitique, dont l'apparition est bien antérieure à l'époque du soulèvement des plages coquillières mentionnées ci-dessus; mais la terre' végétale, qui recouvre scs flancs et son sommet, contient -un nombre remarquable de valves de co- ({uillcs marines de l'époque actuelle, parmi lesquelles nous citerons spécialement ce, même Mylilus edulit et ce Cardium edule, qui abondent dans la plage soulevée de Ciigliari. Ces coquilles ont conservé leur couleur cl leur flluten animal, comme celles-là; elles ne sont pas cependaqt disposées' en traînées, mais plutôt elles sont éparses confusément dans In terre labourée; on les voit aussi tout contre les ruines de l'ancien château qui couronnait ce monticule, dont la pièce principale nous a servi pour y ' 'placer notre signal trigonomélrique. Comme ces coquilles appartiennent toutes à des espèces mangeables , nous n'osons pas nous prononcer sur la véritable cause qui a pu les rassembler en abondance dans ce lieu et surtout sur la cime de lu butte; car celte cause pourrait n'avoir rien de commun avec un fuit géologique; cependant, comme ces mêmes coquilles sc retrouvent dans les bancs de la .plage évidemment soulevée par une cause naturelle, nôus avons cru devoir appeler, sur leur présence en ce -lieu, rallention du géologue.
fiuon Qtmmiiti' Nous avons observé un fait semblable sur une colline
dtgicas. Ijj yjiig ju sommet de laquelle se
trouve la chapelle de A'. S. </• Ruon Cammiuu à une altitude de dit mètres. i,à encore, à peine on sort de la ville pour aller à celle ehapellc, on ne cesse de reii-
EWU0N8 D'ICtKSHS. KT*N« M SANLtIlU.
l onlrer dans la terre végétale les valves de ces coquilles qui se montrent jusqu'auprès de l'église; ce sont toutes des espèces mangeables, telles que le Cardium tubercu-latum Chem. — C. edule Lin.> — Palella ferruginea'.{ime\.
— P. seutellaris Blainv. Nous répéterons , au sujet de des 0 coquilles, ce que nous avons dit de celles du M. Olladiri, savoir, qu'elles pourraient bien y avoir été éparpillées par la main de l’homme, tandis que, d'un autre côté, elles pourraient avoir été portées à celte hauteur, avec le terrain qui les renferme, à l'époque du mouvement du sol , qui produisit le phénomène de la plage soulevée des environs de CaffliarL • '
Nous allons maintenant indiquer une autre preuve du kudi!> uUf séjour assez récent des eaux de la mer dans la longue plaine du Campidano, en la déduisant dé la présence, dans cette même plaine, de trois (laques d'eau salée, qui existaient encore il y a bien peu d'années. Nous voulons parler dés étangs de Sanluri, de $. Gavimi et de Serrenli, que la spéculation vient de dessécher plus, ou moins complètement (t).
L'étang de Sanluri, qui ne comptait pas moins de t5Éi4ii|dcs^.n/nri, kilomètres de circonférence, était-il, il y a une quinzaine d'années, un véritable lac salé, qui se desséchait complètement -dans les mois, d'été. Nous nous souvenons d'avoir vu, pendant cette saison, les paysans des villages d’alentour être forcés par l’autorité fiscale à aller faire fouler, par les pieds de leurs bœufs et de leurs chevaux, la croule assez puissante de sel, que l’évaporation laissait toulçs les années sur la vase desséchée et fendillée.
(.1) Lei deux premiera Turenl coqccdës à une aocicUi rreUçeuc, dilc de yiclor Emanutl, élablic en ce lieu depuis une quinzaine d'années^ celui de Serrenli fut dciséclic par M. Carbnnazzi e( ses associes -, mais malgré les efTorls de ces deux sociétés, le sol occupé jadis par les e^iix de ces étangs est loin d'étre dégagé de 'son sel.
4hilu<!r.
Origiiir probable (lu tri
(Ir ctr» clangi.
Opimuii
dr l'auicur.
:t8(> . CHAP. IX. — TBXBAIN QVATEBNAIBIi.
L’allKude du -sol de cet élang, mainlenwl Tdlréci cl cultivé en parlie, a été reconnue de 76 nièlres environ, au-dessus du niveau de la mer. C’est de ce poinl culminant que parlent des Hlels d'eau pluviale d abord iiuperceplibles., qui deviennent ensuite des cours d’eau importants cl qui parcourent à-peu-près la môme dislancc dans la valU*e, pour arriver, vers le sud, dans l’étang salé de Cagliari et vers le nord, dans celui de Marceddi.
Nous avons longuement réfléchi sur la véritable origine de celle puissante croule de sel des étangs intérieurs dont il s’agit; mais nous ne saurions nous ranger à J’opinion des personnes qui pensent que ce sel est le produit du transport aérien de celle substance par l'auro mariuima, c’est-à-dire, qu’il provient des particules de sel emportées par les vents et venues des deux mers, de Cagliari et i}’Orislane. Ces deux mers sont séparées par dne dislance de plus de üO kilomètres de l’étang en question, ce-qui donnerait à rcfTel de l’oura mariuima une portée inadmissible. Nous n’avons pas, à la vérité, rencontré dans la vase de cet étang des coquilles marines, mais il n’est pas dit qu’on ne Unisse pas par en trouver; puisqu’elles existent fort avant .dans la plaine du Campidano, tant du côté de Cagliari, que vers Orislano, rien n’empôche qu’on puisse en rencontrer dans le poinl intermédiaire, qui est le lac de Sanluri.
. Parmi les hypothèses que nous a suggéré ce curieux gisement salifère superGciel qui recouvre le leérain tertiaire ,. voici celle qui nous semblerait la moins hasardée. Comme il est indubitable que des lambeaux de grès quaternaire.ont été soulevés, dans les environs d’Algliero, après leur consolidation et qu’ils ont été portés à plus do 100 mètres de hauteur; et comme les coquilles subfossiles de Cagliari, accompagnées de fra^enls de poterie grossière, ont également été soulevées à une époque asspz récente, ne pourrait-on point rapporter ces deux soulèvements à une même cau.se? ,.
.. üOULliVKMENT DU TEIVASE. . 387
.Nous pensons que ce mouvenienl du sol sarde, dans la direction approximative du N 20" O -S 20“ E, pourrait coïncider avec la perturbation du globe, coitnue dans la science sous le nom de soulèeetnenl du Tenare. L’on sait d’ailleurs qu’elle est rapportée par les. géologues entre la période- dite du grand Dilupinm et celle des alluvions modernes, c’est-à-dire, après l’apparition de l’homme sur la terre (nous avons tracé cette direction dans notre pl. Il b, lig. 9, ligne CD). Il est très probable que, lorsque les plages coquillières à subfossiles de Cagliari ét de Cabras furent portées à leur hauteur actuelle*, toute la partie intermédiaire du Campidatio, occupée alors- par la mer, aie été mise à sec et t|uc les eaux-, qui la couvraient , se soient écoulées vers les deux extrémités de cette longue plaine, terminée aujourd’hui par des étangs salés; tandis que, dans le centre de ce bras de mer desséché, il se serait formé un ou plusieurs làcs isolés,. que les alluvions postérieures auraient rétrécis et même divisés; ce. qui aurait produit les autres petits (dangs salés, dits de Serrenti et de S. Goriwo, maintenant en grande partie desséchés comme celui de "Sanluri.
Nous pensons aussi que le mouvement du sol, qui a |iorté les coquilles et les débris dé poterie de la colline de Cagliari à. plus de 70 mètres au-dessus du niveau actuel de la mer; aura produit une espèce-de cataclysme dans les localités voisines; et c'est à cetlc causc’que nous rapportons l’accumulation des ossements dont était camposée la brèche osseuse, dite do Bonaria\ i laquelle nous allons passer. . *
Cette brèche était encore bien visible, il V a uné.trcn-' laine d’années ; mais depuis lors elle a été graduellemcnl détruite par les ouvriers carriers, occupés à l’extraction de la Pielra forte, dont il a été (|uestion ci-dessus, chap.. Vil. .Maintenant, la roche miocène , qui. servait de gangue à la brèche osseuse, a presque entièrement disparu; de façon que, si en 1831 nous n’eussions point
du Tenare.
Set eflfU.
Brèche oMcute.
CHAP. IX. — TeMAim «UATE1I8AIIE8.
fait prendre une vue de cette localité inlére^sanle pour le géologue, nous ne pourrions en donner aujourd'hui une idée exacte; car, à peine en avons-nous pu retrouver quelques faibles indices au milieu des décombres de la pierre calcaire, lorsque nous y fûmes assez récemment (en 1853), en compagnie de notre ami le général de Collegno.
vu<' i)f U brkhr. Le dessin pris en 1831 est celui qui 6gure dans notre planche VII; nous en sommes redevables à feu M. CominoHi , enlevé trop tél aux arts et à ses nombreux amis ; nous lui devons également les dessins des scènes costumées de notre premier atlas, ainsi que la pl. XXXVIII de l'allas de la seconde partie de ce Voyage, destinée aux antiquités de l'Ile (1). '
Si politiuo. On peut voir la situation de celle brèche osseuse , soit dans notre figure XXXVII de la planche III; soit dans la planche IV, qui représente la topographie dés énvirons de Cagliari (2); ce lien se trouve p^sque à la sommité du Monreale de Çonaria, dont la partie orientale se ral- 'lache à la colline voisine du Monte Urpi^. C'efSt apparemment celte espèce de barrage 'naturel , opéré par la jonction de la pente occidentale de celte dernière colline avec la pente orientale du Monreale, qui aura été la principale cause dé l'accumulation en ce lien , dans les cavités naturelles de \a Pielra forte, d'une multitude d’ossements; ceut-ci, malgré le désordre apparent dans lequel ils sont entassés dans ces cavités, ne laissent pas de déuionlrer une certaine régularité de gisement.
CouM.
Fig. XXXIX.
Nous donnerons en outre ci-après la coupe, que nous avions faite 7 années avant ce dessin ( c'estrà-dire en
(1) .Vous sommes heureux de saisir celle occasioB, pour pajer un juste Iribut do regrets et de gratitude à la mémoire de cet excellent jeune homme, moissonné h la fleur de son âgel (S) Voyez dans celle carte le point marqué
OS8BCIili.
182i], de la principale de ces crevasses, qui est la même qui' se trouve figurée dans notre pL VII. Cette coupe fait voir le dépôt à ossements tel qu’il existait alors, dans toute son intégrité; elle est aussi reproduite dans notre ligure XXXIX, pl. III. •
I- calca'ue, dit Pietra Forte, de l’époque miocène; o brèche o>' spiise; a terreau noirâtre pénétré de t’pbstaneea a'nimalea.
Un voit, par cette figure, que le remplissage de celle cavité doit s’élre opéré du haut, par deux et même par trois ouvertures naturelles abc, qui donnaient* accès dans cette poché; les ossements s’y- sont accumulés successivement et s’y sont entassés, en commençant par çeux des animaux plus petits et en terminant par les restes de ceux qui avaient, de plus fortes dimensions.- • •
Diapostlioit dra uiirmeuts.
Rurti notritre.
Xalurr
dr«
Animaut auKfueli iU sr raltactieul
390 CHAP. I\. — TBEBAIIS QllATEBNAIEES.
Tout autour des parois inférieures de la cavité on rcmar- (|uait un cordon, ou espèce de bord, formé d’une matière terreuse a, qui, au feu du chalumeau ou sur les brai^ répandait une forte odeur de substance animale brûlée. Celte matière nous a semblé ne devoir être autre chose que le produit de la décomposition des parties eharnues et musculaires des cadavres, dont les ossements sont restés dénudés et intacts; ce qui semble annoncer que la plupart des animaux ([ui les ont fournis,, sont ‘entrés entiers par ces orifices, du moins |)our ce qui regarde ‘les petites espèces, qui sont les plus nombreuses.
Ces ossements ont pria une teinte jaunâtre, probablement à cause de leur union avec le dépôt de fer limoneux en grain, dont nous parlerons, ci-après. Ils happent fortement â la langue, ce qui, à notre avis, les fait distinguer de suite des autres ossements avec- lesquels on |)ourrait les confondre et qui apparliennéol à une é|M>que plus récente.
Quoique ces débris de la brèche de Cagliari aient déjà .été depuis longtemps soumis à Fexamen de .MM. Cuvier et Loreillard, auxquels nous les. avons communiqués dés l’année 1825; et quoiqu’un savant Allemand, .M. AVagner, qui a visité ces lieux postérieurement à celle époque, en aie aussi fait mention daps plusieurs Mémoires de l’Académie de Munich et dans le journal Vhis (I), nous
(l) Dans ce journal, page 550, M. Wagner signale l'cxislenri', dans celle brèche oSsciisc, des traces des animaux suivants: une chauve-souris; — deux rais 'd’eau, déjà connus par Cuvier; — an^lagomyi , également déorit par Cuvier; — un campagnol, idem;
— un rat proprement dit; — un cerf; — un chien, plus gros .qu'on renard, plus petit qu’un loup; — un carnivore do la dimension d’un loup; — un oiseau rapace, do la grosseur du Falco Buten;
— un autre olseàn rapace, un peu plus gros; — un oiseau d’eau, peut-’êlre un canard? ' — on oiseau omnivore, pent-êlre nn corbeau? — un <10100 oiseau de lof dimension du Corv»» Coràx; — un
' «NIMAUX'BB CBTTB BBËOHB.
avous pensé que, puisque nous possédions des pièces nombreuses et probablement inédites de. cette brèche, qui pendant une longue suite d'années se sont successivement accumulées dans nos mains, il convenait, dans l’intérél dé la science, de les faire étudier et déterminer par une personne compétente et studieuse. A cet effet, nous nous sommes adressés à M. le docteur Studiali, adjoint à l,a chaire d’anatomie comparée à l’Université de Pise. Ce jeune savant n’ayant pas reculé devant les dHKcuIlés et l’ennui que présentait l’examen des pièces de ce dépôt, il s'est mis à même de fournir un supplément important au travail de scs devanciers. Nous allons donner une simple analyse de ce travail, en nous réservant de le reproduire dans son entier dans le second volume de celle troisième partie de notre Voyage.
M. Studiati a trouvé, dans la classe des mammifères,
. , . » «V ‘ï'" M, Sluilînli.
parmi les carnassiers, une espèce a on genre nouveau, qu’il nomme Cifiotlierium, dont la mâchoire et d’autres dents figureril dans notre pl. VII; il a reconnu, en outre, un renard, un ours et un Sorex, tous d’espèces indéterminables; parmi les rongeurs, le Lagomys eafdous Wagner {qui est Irés-abondanl), le Myoxus Glis, un Mus d’espèce indéterminable, une Arvicola et ‘un Arctomgs, idem; parmi les pachidermes, un Sus et ,parml les ruminants, un Cervu.i, tous d’espèces indéterminables. Dans la classe de$ oiseaux.
oiseaa grimpeur, peut-être un Pictu analogue au Pic noirj — un niseau rtiaAtenr, qui' a de, l’knalogie ' tivee le TurHus pilaHii — une espèce d’alouette; —un'gTaniTore, espèce de moineaU'; — u'ue ronlcuvre; — -un petit lézard, également éeconon par Cuvier; — enUn , un limaçon terrestre. M. Wagner accompagne aqn mémoire de plusieurs, figures, au nombre de 10, qui représenteut les pièces les plus importantes dont il fait mention dans son travail. Il a egalement traité de ces' ossements de la brèche de Cagliari dans les Mémoire» lif P Académie dcoSnrnrrs de .Munich, auxquels on pourra recourir. • , • •
n> raiVOUB LUiOHBtIK.
inâlaicnl (l’abool. Ce fer limoneux se ilivisail en autant d'assises , distinguées par la différence de grosseur de ses. globules, qui augmentaient en diamètre à mesure qu’ils C ' passaicnl de la partie supérieure à la partie inférieure do dépôt ; ce dernier finissait par n’étre plus qu’une brèche fortement ferrugineuse , composée de fragments angulaires du calcaire blanc la PUtra forte, cimentés par
un suc ferrugineux afee iia fer hydraté.
Voici l’analyse de la ptuHé moyenne de ce dépôt pi- Analyse (lu frr solitique, que nous devons à l'obligeance de M. l'ingénieur des mines Sella,- professeur à l'Institut technique de Turin.
Péroxide de. fer liydralé
Argile et utile . . . .
Calraire
dr
Perle
Au centre de chaque glqbule, on trowv-e presque tou- onim de uiiU; jours un grain de sable. Quant à la teneur en- fer^ elle dam i»'suurri. est très-variée; au reste, ce dépôt de fer hydraté se rencontre également dans plusieurs fissures de la Pielra forte, qui forme, comme nous l'avons -déjà dit, le vrai hoyau de la colline de Monreale. Cette substance femiginense pénètre le calcaire miocène, au point de lui faire prendre en certains points uné belle teinte janhe; c'est -ce que l'on remarque surtout dans les pièces de celle Pietra forte , qui passent à une espèce tie Broeatelle-fl 2 , dont nous avons fait mention ci-dessus page 257. Le même enduit ferrugineux jannhtre enveloppe également plusieurs moules des fossiles de ce calcaire, qui dans leur intérieur ont conservé leur blancheur originale , comme le démontre leur cassure; ce fait semble prouver que celle colorisation par l’hydrate de fer est postérieure à l'époqVie à laquelle’se déposait la Pielra forte.
394 r.HAP. I\. — T8BBAIÜ8 QUATUNAIBES.
Ag»* lit* CC tll'I'Ùt. H pourrait, sc faire cependant que la déposition de la jnetière ferrugineuse dans les fissures du calcaire tertiaire moyen du noyau du Monreale, ainsi que celle du fer limoneux en grains K*\i. 2. 3.. 4 et la formation <te la brèche calcareo- ferrugineuse K** 5,- dussent être rapportées à une époque antérieure à celle pendant laquelle se forma la brèche osseuse proprement dite A'* *6. Nous n’ignorons pas. que l’attention des géologues vient de se porter sur l’origine et sur l’âge de dépôts analogues de fer pisiforme et que plusieurs d'entre eux. penchent à les rapporter à l'époque du Paléoliterium (t mais , eorame le fer de la brèche de Monreale se trouve visiblement injecté dans les fissures d’une roche, dont les fossiles appartiennent sans contestation au terrain miocène; et comme le fer limoneux, auquel le fer hydraté passe par des nuances insensibles, est placé dans les cavités de la même rocjie, nous ne pouvons pas rapporter la déposition de cette substance à une époque qui soit antérieure à la formation tertiaire moyenne; c’est pourquoi nous regardons < comme l’époqUe de la formation de ce dépôt, celle qui a été fixée pour le fer pisiforme de plusieurs autres localités et que plusieurs géologues rapportent à une période géologique bien plus récente {2). • .
Son oiisiiie. Mais, si nous ne sommes pas d’accord avec quelquesuns de nos confrères , sur l’âge géologique que nous croyons pouvoir fixer pour la formation de ce dépôt de fer limoneux, nous le sommes pléinemeift quant à son origine; car nous admettons que c’est le produit d'épancheiuents de sources Souterraines-; celles-ci, chargées d'oxide de fer passé môme à l’état d'hydrate, se seraignl
(1) \ayri Butlflin dt la giologi^ue de France, "Tonte XII,
■panes 72S, 7S3 el 7C5. ’’ ' ^
(S) Voypj éRalmipnl Ip même Bulletin, Toihp X, pa^P 397 «
r.oQiiiLLn maiimi mn» BaficaK ombuxe. .Wi
rail jour A trav’prs Ips Ussliros do la Pictra forlt (On ppiil Toir, pour ces prodoils, ‘lés échantillons A'"* I. S. 3. 4.