‹ Voyage en SardaigneChapitre 39 sur 84 · de noire collection el du calaloguc · texte numérisé non relu

de noire collection el du calaloguc

Il nous resle encore un fait important à sigrralcr dans coquiii.-t la brèche osseuse de Bonaria, c'est la présence, au milieu des ossements qui la composent, de la 'coquille marine'la plus caraicléristique e( la plus abondante dé la plage sou^

/eeéede la cglline voisine de CagUari; nous voulons: parler AiiMÿfiliis-eilulia, qui aélé mentionnée tant de fuis ci-dessus.

Les valves do celle hoqiiille, que nous avons recueillies au Monrcale, avec des os.semcnts divers, sônl encore incruslées, tant an dedans qu'au dehors, de la pâle rougeâtre qui enveloppe les os; ceux-ci sont adhérents à la co<|aille; comme le démootrent les deux exemplaires que nous avons 'figure dans noire pl. VII (I), les deux originaux de ces pièces sont déposés au Musée R de Pise.

Il est bon d'observer que les ossements, au miliau desquels nous avons recueilli ces valves de ilytilu», se 'trouvent à 45 mètres environ au-dessus du niveau de la mer, qui peut en Aire distante de 800 à-peu-près.

Dans notre planche 114, nous avons indiqué plusieurs Br>riif localités des bords de la Méditerranée occidenlale> où m.

l'on rencoolre aussi 'des brèches* osseuses analogues à celle du Uom-eale. La figure XL reproduit la coupe de la brèche osseuse de Nice, telle' qu'elle a été pnblico -par .M, de la BAcho, dans ses 'EÜmenIs de Géologie, page i SH, fig. 30. Nous ajouterons aux observations de cet illustre géologue, (|ui a Vu de? trous faits par des ooquilles perforantés dans les parois de. la cavité qui contient celle brèche, que dans une excursion que nems avons faile,. il y a près de 30 années, dans celte localité, nous y avons recueilli, avec les ossements, des coquilles marines el entre .autres un TVor/iu* et les valves de ce .même Hptihn

(!) Voyez li;<. 18, 10.

Aulret di(p4)ti ■«•mblable».

Illluviuiu.

39C O.IIAP. I\.-— TBIMIRI* QUATsaNAI^BS.

nlulis, que nous venon& de si|n4lcr au Motireale de Cagliati'; ces pièces éUienl également indufles de la substance tougeàtre, qui forme le ciment de toules-les brèches osseuses. ■ . '

Nous ne parlerons pas ici des autres dépôts de ce genre, qui se trouvent également dans tout le pourtour de la Méditerranée; nous nous sommes contentés d'indiquer, dans notre planche III, les principales, localités oü on les y rencontre. Sans vouloir tirer des. conséquences rigoureuses de celte remarquable uniformité de gisement et de composition qu'offrent toutes ces brèches littorales méditerranéennes, nous ferons observer què les principaux ossemenla qn’elles renferment,. appartiennent aussi à des rbngenn, parmi lesquels figure principalement le Lagomys, qnr.ed nne espèce perdue, dont l'analogue vit seulement dans les plaines de la Sibérie. Il est curieux de voir, dans les races éteintes de l’Europe méridionale , des genres d'animaux qui vivent maintenant dans les steppés du nord ; tandis que le sol de ces régions froides renferme les restes d'éléphants et d'autres espèces, dont les congénères vivants sont africains II

S'il doit exister en Sardaigne des traces du, terrain de transport, auquel la science donne le nom de Dilwnum, nous ne pourrons appliquer ce nom qu'à un dépôt. de cailloux et de -terrain meuble, qui se trouve à l'ouest de Cagliari et que l'on rencontre en place à là base des monts qui- bordent le Campidaito méridional du côté du couchant. Cetto nappe ,de terrain de transport commence à se montrer près du Cspo Manno , au pied de la tôur de ce. nom (i) ; il se compose d'dne succession d'assises de gravier et de terre rougeâtre , qui reposent sur le terrain tertiaire subapennin des collines' du Smii; il recouvre également la base occidentale de ces coUines. •

(1) Voypi plancliF II 6, fifiurra 9 pl 10.

■ feiunrioii. 397

■Le golfe A Oriitano forme une inlerniplion à ce dépôt; nvais il reparaît dans le Cainpidano, au pied des monts de'(iu«pmi et de Vitlaeidro du côté de la plaine, où il atteint une puissance, de plusieurs mètres; il y est principalement (brmé de blocs- provenants de toutes espèces de roches, de pcgmatils et surtout de quarlzHes, débris des terrains siluriens voisins ; ces pièces sont réunies par nn ciment terreux rougeâtre. Ce dépôt est interrompu par l'ouverture de Iq vallée transversale A' Iglesias; mais il reparaît de nouveau vers Caputerra, non loin de CaqUari et il continue, d'abord entre les monts de cette région -et l'étang, puis entre les montagnes et la mer, jusqu'au-delà de la Vi//a d'Orri, pour arriver au village de Satroc. • •

(i'est. toujours un mélange de galets, plus ou moins arrondis, liés par une terre rougeâtre. Le long de cet espace et surtout au-dessous do village de Capulèrra et lie l'église de S. Barbara, nous avons cru remarquer que la roche qui forme Ja base des monts siluriens de ces régions, qui est phylladique et sur laquelle re.pose ce dépôt, paraît' striée et polie en quelques points (t), ce qui annoncerait une espèèe de débâcle dans la déposition originaire de ce terrain de transport. Nous ignorons si l'on y a rencontré des ossements , mais si les restes A'ÉUphaat, qui figurent aq Musée de Càgliari comme ayant été trouvés dans les environs de cette ville, ont réellement nne'semblable provenance, nous avons tout lieu

(I) Feu le major tliév. Léonard de Praner, rondalenr du Mnaéc de Càgliari , aTtit fait 6gnrer, dans la collection minéralo{;M|ne de cet établiaaemcDt , un échantillon de roche polie, qni d'après son é(ii|uelle serait provenu précisément des environs de CapuUrra. .Nous no saurions dire si celle pièce a réellement une semblable provenance; mais il est certain que nous avons observé des slries dans la roche dure silurienne, qui est recouverte par le dépAt doni il s asil.

Rj»r dra muuU du Oimpidano 1 uurat.

>alar(* d« r« dé|*dl.

AlluvioDS

receottt.

G»r(ton littoral.

398 CIIAP. I\. — TSKRAnS QUATBftNAIBES.

lie croire qu’ils, iront pu t'ire recueillis que d?ns ce tlilnvium. -■ ' - .

Nous avons -olisorvé un terrain de transport -analogue au précédent, dans la plaine du Snlcis, entre le ^licd occidental du groupa de S. Michèle d'Arenu* et la presqu'île de S. Anlioco..L& langue de terre, qui réunit cette presqu'île au coatioeiit sarde, est formée d’une -agglomération de cailloux roulés et de terre rougeâtre; mais ce qui nous a paru fort singulier, c’est que les roches Irachytrques (trachVlc ancien), dont est formée la majeure partie dé nie de S. Aitlicro et celles, également d’origine ignée; du groupe de S. Michèle d'Arevas, ne sont presque pas représentées dans la multitude de galets qui entrent dans la composition de ce terrain. Nous oserions même dire que noos n’avons jamais rencontres de cailloux semblables parmi ces pièces, qui forment le terrain dç transport de cette région , tandis que celles-ci appartiennent à- des roches granitiques et siluriennes; mais ces roches anciennes n’existent en place que dgns des régions bien plus éloignées que celles dont nous venons de parler. Nous sommes donc portés â croire qhe ce dépôt dojl probablement être -le résultat d’une canse générale;, qui' a apporté ces galets d'assez loin. Un terrain de cette espèce forme I& soi de la plaine comprise entre Algitero et Pûr(o Torres, qui joint )es territoires à'Alghero çt de la fiurra â celui de Saswiri. . - j fotrm

Nous nC parlerons pas des autres amas db galets qui recouvrent les plaines ou les fonds des vallées; nous les considérons comme les produits de causes locales; c’est pourquoi nous les rangeons dans les- tprrains d'alluvion , qui se reproduisent de nos jours sous nos yeux,

Il nous reste encore à faire mention de quelques phénonrônes géologiques, qui se rattachent, -il est vrai, il l’époque actuelle, mais qui ne laissent pas de remonter il la plus hante antiquité; nous voulons parler, soil des

• ANUlüHMIi OUVUmiCK.

priiK'ipaui Coiihm JUhraux de r*Ue de Sardaigne, soil des elangs de- la côte, qui eu sont la conséiiucnce.

Le plus imporlaiil de ces elangs est, sans contredit, celui qui se trouve à l'ouest de la ville de CagHari; il n'a pas moins de 50 kilomètres dc'circonrérence. Il est séparé de la mer par une langue de terre sablonneuse, dont la longueur dépasse 9 kilomètres, tandis que sa largeur moyenne peut être évaluée à 00 mètres. Un donne à cette langue le nont de Plaja, qui [ittrail coïncider avec celui de plage; ce- qui esl bssez exacli puisque du côté de 'la mer c’esl- une véritable plage coulinue (Voyez la planche IV).- • .

Cette langue esl coupée maintenant par huit ouvertures transversales, qui servent de communication entre les eau.v de l'étang (alhnenlées par les ajllnenls intérieurs) et les eaux salées de la meif. Ces ouvertures , qui datent de près de trois 'siècles, sont presque toutes l'ceuvre de l-bomme, du moins sept d’entre elles forment des canaux de pêcheries, avec autant de ponts, qui sont pour la plupart en bois et d'une construction si -barbare, qu’en les traversant un se croirait transporté dans un pays sauvage; un seul de ces ponts a ses culées en pierre; il date d’une trentaine d'années. -

Frappés dé la forme que présente la partie occidentale de l'étang en question , nous avons pensé que cette forme devait décéler une ancienne ouverture naturelle, confbrmémeiil à la règle presque générale des étangs littoraux de la Sardaigne, dont nous traiterons ci-après. Nos conjectures furent conbrmées par une pièce assez curieuse, (|ue nous devons à l’obligeance (Ju révérend Victor Angius, écrivain distingué des choses sardes (1). Celte pièce

(•iJitil rljitj; ilr i'tiÿUttn.

Otixrriurr*

arliiellr».

AncteiiDe uutvrture Dafârellc «en l'ooetl.

(I) Ot ccrivain, dont iiuus avons Tait monlion, soit dans la jinr partie de ce Poi/ni/e, consacrée aux antiquités, soit dans ce vidnme, ps(je 183, note -I, est t'aiitenr des articles, qni regardent

Doruntpnt « ce »U|rt.

.SrpI oitwrlure»

rcccalc*.

Opiiiinn ftur rrl ét4ng.

iOO r.HAP. I\. — TEHAIW8 QIIATKRXAIBEli.

censisle en une pélilion, en langue catalane, d'une seC' tion des Étals du pays (Stamenlo mUitare) au vice-roi I). Michel de Moncada. Nous nous réservons de la publier dans son entier à la fin de ce chapitre; 'ou > lit qu’en 1586 il n'existait plus que lé canal actuel de la-8ea/fa, pour servir de communication entre les eaux de l'élang et celles de la mer; 3" que ce lieu de la Scaffà était habité él fréquenté, de façon que le poisson venant de la mer,^ n’ayant plus que ce canal 'pour entrer dans l'étang, étail'épouvanté par le bruit des hommes; c'est pourquoi les pétitionnaires demandent le rétablissement' de l'ancienne ouverture,, placée à l'extrémité occidentale do l'étang. •

•Celle ouverture est parfaitement désignée conjme un débouché naturel de.s eaux de l'étang «'qui provenaient des monts d'ouest, per la quai ijsien las aigitas de rias de la motdanes de ponenl, que doiien en la dit eslanlj; il était alors comblé depuis quelques annpcs, par suite de la rupture du pont, per scr caigut lo jtont per liant passava la genl, IJ ]ier la dila caigiida-se lia segal la dila boca de aleiins anijif ensa. Or celte boNc/te - était située sur la Ptaja de la Matldalena, que va In rolla de Capo de Pu!a\ c'est-à-dire, elle se trouvait placée à-peu-prés dans le point indiqué dans notre planche IV par la lettre Q.

Les sept ouvertures 'actuelles placées à l'ouest du canal de' la Scalfa (qui est le -seul navigable), sont par conséquent postérieures ' à l'époque dont il s'agit; et la trace de l'ancien émissaire* naturel près de la Magdelaiùe a depuis lors totalement disparu. Nous reviendrons sur ce sujet à l'occasion des fotmes, et des directions presque générales que prennent les étangs littoraux de l'Ile.

Jl existe dans le pays, sur L'emplacemepl du grand

la SuAiaigM, du IKxhnarto geografico, tloriço, tUtlislitn, commrrrMemneai'li Tarin par fru t'abbé Casalis.

PIEMB MILLIAIBE.

cUmg, une version que nous ne saurions partager, savoir, <|ue cel emplacement était jadis occupé par de riants jardins. Nous ferons d’abord observer que le barrage de la Vlaja remonte à une antiquité trés-recuIée, puisque c’est par là que passait la voie romaine, dont nous avons reconnu des traces près de la Maddalena, en venant de la ville. Une pierre railliaire(t) découverte il y a peu d'années près de la Villa d'Orri, qui est placée tout juste à moitié chemin entre Cagliari et les ruines de iVora près du cap (le Pu/a, démontre que ce lieu se trouvait à 14 milles de distance sur la route qui unissait ces deux 'anciennes villes, ce qui est parfaitement conforme à la mesure que nous en avons faite et que l’on peut facilement vérifier

(L) >'oiu allons donner copie de l'inscripUon de celte colonne, t|ui fut découverte après la publication de la seconde partie de notre f' oyage en Sardaigne, où sont consignées celles des pierrps millialrcs do ta mémo époque. Celle époque paraît avoir été celle de la restauration générale des anciennes voies refflaines de l’île, . ordonnée par l’empereur Philippe et son fils. Voici l’inscriplion :

IMF. CAËS.- M. IVUVS PH1LIPPV8. PIVS. FELIX AV.Ü. PONT. MAX. TBIB. POT COS, III. P. P. PBOCONSVL IMF. CAES. U: IVL. PBI LtPPVS. PIVS. FELIX. AVC.

PONT. MAX. TBIB. POT. V COS. II. 1». P. PBOCOS.- VIAM OVAE DVCIT. a. NOBA. KA, .

' BALIBVS. VETVSTÂTE. COB BVPTAM. BESTITVEBVKT. CVBANTE IBABCO Vl.pio VIC/OBE. PBOC. SVO. EV.

r.llAP. IX. — TEIIIIAIN8 «DATBBNAMES.

sur noire eartc en deux feuilles, soit que l’on parle d’un pnùil, soil que l'on commence par l’aulre.

Rmiie roimiup. <>ci iious coiiduil il rcxciiir sur ce que -nous avons dil.

au snjel tic celle voie romaine, dans noire seconde parlie ilestince aux anliquilés de l'Ile, p. HO cl snrloul.p. Hii. où nous avons adoplé le cliifre de. xxii milles romaines, au lieu lie XXXII donnt' par la pluparl des varianles de l’/finérnire tlWntonin.

Kii.ui.c^ Mainlenanl, avec la découverle de celle pierre luilliaire a« te b.»iir. el avec les Iraces de voie' romaine . tpie nous avons reconnues dans la l'laja, voici le raisonnement que nous allons établir. Si l’on admet avec nous que la voie romaine passait par la Plaja, 'ce qui amène nécessairement la correction des chiffres de l’itinéraire d’Ântonin, p'our la distance de Karalis à Nora, l’étang existait déjà tel qu’il est actuellement^ et alors,, cette parfie de la voie romaine figurait en guise de la corde d’un ai'c, dont les contours de l'étang donnent une idée approximative; si. au contraire , pour maintenir le texte presque général de l’itinéraire d’Antonin, on suppose que la voie romaine de ' Karatis à Nora avait une longueur réelle de xxxii milles,

toujours est-il que cette voie devait parcourir l’arc, c’està-dire, le pourtour de l’étang vers le nord el qu’elle n’aurait pas été développée ainsi, si l’aire actuelle de celle nappe d’eau eut été cultivée el mise à sec. L’étang existait donc pendant l’époque romaine; c’est probablement un de ceux dont parle Solin (4).

Ancienne Un autre motif pour lequel nous ne pouvons pas ad- •^'ccwiant. mettre l’existence des jardins dans l’espace occupé par le grand étang de Cagliari, c’est que tonies les données historiques annoncent que sa surface él même sa profondeur étaient beaucoup plus considérables jadis qu’aujourd’hui. En effet,' nous savons par l’histoire du moyen-àge quq,

(f) Solin Polihhtvr. lib. 5, cap. 9.

• ÉTANO M CiSLUAI.

peodanl ks guerreü qui eurent lieu entre les Génois et

les Pisaiis et entre cinu-oi et les Aragonais, leurs galères navigaienl aussi dans eel étang et qu’elles arrivaient •même d’un cùtc sous les murs de S. Oilla prés de Caijliari et de l'antre, au-dessous de Cajnilerra; ce (|ui ne l>ourrail pas s’eiïeetuer de nos jours; mais alors, comme nous venons de le dire , il n’exislail <[ue deux ouvertures, celles de la Sra/fu cl celle de la Mmldalvna.

La l‘lnja est à nos yeux un véritable cordon littoral, formé par les matières sablonneuses rejellées cendinuelleuienl par la mer; elle présentait probablement jadis un véritable barrage aux eaux douces (|ui arrivaient de la vallee du Caiiijiidiiiio et de celle d’/ÿ/cséis, Depuis lors, les eaux de l’étang ont progressivement diminuée ; c’est ce que nous avons été à même d’observer de jour en jour depuis 37 ans; car, pendant les premières années de notre séjour dans l’tlc , nous voguions avec radlilé sur presque toute la surface de celte grande nappe d’eau, eu allant et eu revenant de la chasse; nous passions alors eu des points île. ce lac oii, même avec une bari|ue des plus jilatcs et d’un tirant d’eau presque nul, on ne peut plus naviguer anjourd’hui.

Les coupures actuelles de la Plaja sont toutes plus ou moins obstruées par le sable rejeté par les brisants et par les Ilots de la mer, ainsi que par la vase qu’apportent successivement dans l’étang les allluenis de rinlérieur. Si l’administration ne pense pas sérieusement à les faire draguer, l’étang ne sera bientèt plus i|u'une lagune pestilentielle, préjudiciable à la santé des habitants de Cagliari et aux intérêts des finances. Celles-ci tiraient de la pêche de ce bassin un revenu qui diminue tous les jours en proportion de la diminution du fond; c’est-à-dire , a mesure que les eaux baissent et i|ue leur communication avec celles de la mer devient plus difficile. 11 y aurait donc un double intérêt à ce que ces canaux soient convenablemenl dragués el entrelenu.s.

Origiue

du

cordoD littoral.

Étal actuel des cou|*arci.

<:H4P. 11. — TBM4IKS QUATBKNAIKBft.

Euii(:

de

Sun

ile^kcchcment et 1011

d«(vrrtetnciit.

C'^u*c de CCI alirniance».

A l'est de là même ville, on Toil aussi un étang trèssalé, dit de Molenlargiu; il est séparé de la plage de Quarlo par un autre lac allongé , qui court le long de là éète, dit Mare-stagiio ou bien Slagn» di Quarto, égalemenV représenté dans notre pi. IV. .

Ce qu’il y a de curieux dans l’élang de Molenlargiu, c’est qu’il n’a' pas de communication directe avec la mer; ou du. moins de communication apparente Lorsque le vent du NO (maestrale) domine, il est presqu’entièrement à sec; alors les eaux qu’il contient, s’accumulent sur la limite du côté du SC, tandisque lorsque les vents opposés se font sentir à leur tour, même sans être violents, l’étang se remplit totalement et même il déverse sur la roule de Quarlo, en dépassant vers le- NO ses limites ordinaires.

Nous attribuons ce phénomène singulier à deux causes réunies: 1“ au niveau presque parfait du fond de cet étang; 4“ à l'infiltration souterraine des eaux de la mer, malgré l'éloignemont notable qui existe entre cet étang et la côte voisine. Nous* ajouterons que l’étang dont il s’agit, n’est parfaitement à sec que pendant les deux ou trois mois plus chauds de l’année; alors il se ‘couvre d’une puissante couche de sel, ce qoi donne lien à une espèce de pillage annuel de cette substance, de la part des habitants des villages environnants, à la grande confusion du fisc. Pendant les autres saisons, son centre devient la demeure habituelle de milliers de F(ammands et d’autres oiseaux aquatiques, qui savent s’y maintenir en toute sécurité, à l’abri du plomb meurtrier des chasseurs (1).

(t) Lonquo Dou. babitiooi le pelait du Hoi à Cagliari , situé au ■onimet de la ville, en regardant ^vcc un bon télescopé ces groupes réguliers de Flammands, nous en complûmes, pendant l'biver, des bandes de 6 à 8 milles. Nous les vîmes toujours placés au èenlre de l’elangi ce lieu elanl impénétrable à l'homme à pied, à cause

%DTBE8 ÉTAN68 BK LA SARDAHSNB. iUj

M. Élie (le Beaumont, dans ses excellentes leçons de Aulm cUiifts (iMoffie pratique (I) en parlant des (‘tangs littoraux de la ” '

Corse 1 indique également reux de l’Ile de Sardaigne. .V propos de ces derniers, nous rappellerons au lecteur ce que nous avons déjà eu occasion de' faire remarquer dans la première partie de cet ouvrage (3); alors, en signalant la position et surtout les contours presque , uniformes des étangs littoraux de ces deux Iles, nous disions qu'ils sont presque tous oblongs, et que leur diamètre principal court, presque sans exception, parallèlement à la côte; ou, en d’autres termes, qu'ils se prolongent dans le sens N-S, avant que leurs eaux entrent dans la mer par une ouverture, qui est ordinairement placée au sud et dirigée de l'ouest vers l’est.

Cette particularité parait se reproduire en sens inverse cin,«> <ir i< rùi< sur la côte occidentale* de la Sardaigne, où les étangs littoraux, tout en conservant les formes généralement oblongues que nous avons signalées dans ceux de l'est, paraissent avoir principalement leurs débouchés dans la mer à leur partie septentrionale, ce (|ui est le contraire de ce que l’on observe dans les autres; tels sont, par exemple, l’étang de la pêcherie de Porto Piuo, celui de l’Ile de S.

Pietrn, au sud de Carloforte, .qui débouche dans la mer entre le pays et la Torre Villorio; les'étangs du Sas.<m et

lie l’ëpiiMeur de la vase noire el ninllo qui en conililuo lu ruoil, et à l'homme en bateau, par le peu de profondenr de l'eaii^ maia ces animaux, largement palmes, t'y tiennent très-bien. Nous oliservlmes que, quel que toit le vent qui domine, ils n'ont jamais de l’eau à une ëIcTatinn qui dëpasse la mnilië de leurs longs larses ; c'est une preuve de l'ëgalilë parfaite du Tond de l’ëtang, qui, eh général, est couvert d'une nappe d'eau de 30 à 40 ccniimrtres de banteur) cette élévation correspond A la partie inférieure des longues jauilies du Flammnnd.

(I) l’aris IH48, page iU

(S) Voye* f'nyagt m Sariloignr , édilioii l’aris 1839, page

115, sur le Vota roiirnte.

40G CHAP. IX. — TEBKAraS «DATKBXAnBft.

de Santa Ginsla dans' le golfe d’fM«<<mo el surtout celui de Calico, dit aussi dette Prediiere, au nord de la ville A'Alghero. ■ •

Son inHupnre Si relativement aux étangs de la côte orientale de 4’llc lu •ûd‘'de 'iV. nous avons cru pouvoir attribuer leur condition actuelle.

c’est-à-dire leur forme oblongue, parallèle à la côte el leur débouché vers le sud , à l’influence d’un mouvement constant de la mer, qui presserait le littoral du nord au sud ; et si nous avons cru reconnaître l’elTet de ce même mouvement en sens inverse Sur la côte occidentale , nous devons retrouver les signes d'effets analogues dans la partie de la Sardaigne, qui fait face au sud; à ce sujet nous rappellerons au lecteur ce que nous avons dit ci-dessus, page 399, sur la forme du grand étang de CagKari el sur son ancien débouché près de la Maddalena.

sjouterons maintenant, qu’en raisonnant par similitude, nous sommes portés à croire que l’étang de Quarto, qui sépare celui de Molentargiu du rivage de la mer el . qui court pendant longtemps parallèlement à celle' dernière, devait avoir eu jadis son embouchure, plutôt à son extrémité occidentale vers la presqu’île de .S, Elia (t). qu’à son extrémité opposée, vers Quarto.

JHoto rndftit^. Tous ces phénomènes ne sont à nos yeux que les effets d’une même cause, c’est-à-dire, ceux d’une pression continue el uniforme de la mer; c’est ce que les Italiens nomment U Moto radente. Ce Moto radente ferait continuellement le tour de l’Ile, en venant du nord au sud, tout le long’ de la côte orientale et il remonterait la côte occidentale en sens opposé, c’est-à-dire, du sud au nord, comme nous l'avons d^à démontré.

Àura mariUimtn Nous avons dit ci-dessus, page 386, en parlant de la .salaison des étangs intérieurs de Sa}duri el de Serrenti,

J) Vnypz lo point mar<]iip R Hans iioirr pi IV.

M3>A MAftimilA. AcAUXBS D'OMIMBNKB. tUT

qu« nous n'admpllions pas l’opinion des personnes qui aUribuent-celle salaison à l'anlion de l'ytura marillima. Celle action, qui à nos yeux est impossible à une aussi grande dislance de la nier, pour la déposition du sel, s'est manifestée clairement à nos yeux comme cause de corrosion sur les monts calcaires qui se Irouvenl dans le voisinage des côtes. Nous rapportons à l'action des parties, salmes, emportées avec les gouttelettes d’eau salée par les venis lorsque la mer est agitée et écumante, celte corrosion de la roche calcaire, que nous avons signalée’ ci-dessu‘s, page 190, en parlant de lu cime du Monte Sanlo. C'est û la même cause que nous croyons pouvoir attribuer la corrosion en stries eL en sillons, daps le sens des lignes ife plus grande pente, de la roebe calcaire de l'Ile de Tarolara, dont nous avons fait mention page 215. Comme la formation de sillons semblables fut déjà parfaitement traitée par feu M.* Pouillon Boblaye dans son beau travail sur la Morée, nous nous abstiendrons d'entrer dans ces détails, mais nous ne saurions nous empêcher dc' faire remanjucr que la comparaison, que nous avons faite, de la disposition des sillons de la roche de Tarolara avec un plan en relief, qui reprétenle une région monlueuse avec xes crêtes et ses contreforts,, était déjà imprimée, lorsque nous nous sommes aperçus que nous répélious, sans le vouloir (nous pourrions dire textuellement), les paroles employées par l'illustre géologue, qui a attaché son nom à la description géologique de la Morée (1).

Nous no saurions clore ce chapitre , consacré aux phénomènes géologiques qui eurent lieu depuis |p eommeneemenl de la période quaternaire jusqu’à nos jours; sans revenir sur un fait que nous avons seulement indiqué en

Cl) Voyez iurtout Pooilinn Boblaye, Notice sur tu attérahous des ruches calcaires du littoral de la Grèce. Journal de Géologie , fnirriev 1831, pageü 144, IJ7. *•

ÈcaOlc»

d’obdai«ttoe*

408 CHAP. IV — TBMAINS OOATBKNAIBBS.

passant, Jans notre chapitre IV, page 153; nous voulons parler de la présence d'une quantité de pièces, ou plutôt d'écailles d'obsidienne noire, que nous avons observées éparses sur Je sol, ou renfermées dans la terre végétale de plusieurs localités de l'ile, principalement au Taeco Ticci.

Leur oendue. Nous'ajouteroos maintenant que ce phénomène est commun à un grand nombre de localités de la Sardaigne, où un œil exercé sait reconnaître ces fragments, à leur noir luisant et leur cassure écailleuse et concoïde, lorsque l’on parcourt l'tle dans Ions les sens et que l’on explore' à pied et avec attention toute sa surface, comme nous l’avons fait, on le sait, pendant un grand hombre d'années. 1

i-r«r Il est vrai que nous avons cru remarquer que ces pièces

ont par leur nature un grand rapport avec l'obsidienne noire b 43, qui se trouve, soit en gros fragments, soit en place, sur le Monle Arci dont il sera plus d'une fois question dans nos chapitres XII, XIV et XV. Il nous a également semblé reconnaître que la dispersion de ces pièces d’obsidienne dans la terre végétale et sur sa surface actuelle, ne doit pas s'étre opérée partout dans la même proportion; car nous avons cru remarquer que le nombre et la grosseur de ces écailles diminuent mesure qu’on les rencontre dans des cercles concentriques plus éloignés de ce même ifonte Arci, qui en figurerait le point central.

Si l’idée d’une éjection de ces fragments de verre naqui .auraient été lancés, à une' époque inconnue, en guise de bombes volcaniques, peut en quelque sorte trouver une explication par la nature même de la montagne dont il s’agit, presque toute formée de trachjte et de basalte, celte explication serait seulement admissible pour ce qui regarde les localités proches de cet ancien foyer de matières volcaniques, comme seraient les plateaux voisins de la Giara di Geslori, le. plateau du Snr-

ÉGâILLES B'OISmiENNBH. 40i)

ciJam el même le Tacco Ticci el les autres Tacchi voisins.

Mais comment concevoir que des fragments de cette mii. imn ^

* pour d aulrrs.

nalurevà la vérité plus rares, plus petits et plus minces que ces derniers, puissent- se rencontrer dans d'autres points de l'tle? Commept expliquer leur présence sur la cime du Monte îiarcao, non loin d'IgleMai,. dans l'Ile di^

S. Anfioco'et sur le sol de la mine.de Mottleponi, toutes localités où nous avons ramassé plusieurs de ces écailles, en compagnie de M. dé' Vecebi, auquel nous avons signalé ces faits? Gomment nous rendre raison de. la troiN ^

vaille de ces mêpies' pièces, que nous en avons faite sur la cime du Monte Linos, qui est distant de plus de 40 kilomètres du Monte Arci et qui compte une altitude de plus de 1000 mètres, ainsi que sur la crête supérieure du Gennargentu, plus éloignée encore de cette montagne vers l'est et dépassant 1900 inètres de hauteur? Enfin, la présence de ces mêmes écailles sur le Monte Rasu, sur le Mont limbara et jusqn'à la Mariiiella, au bord de la mer près du cap Figari, où nous en avons recueilli en 1845, an milieu des rochers granitiques, devient plus difficile à expliquer par le mode proposé ci-dessus.

Comment peut-on se rendre raison de la dispersion si Opinion

... , ^ ... ^ " de M. Vitln.

lointaine de ces écailles d obsidienne et de leur transport par un autre moyeu que la voie aérienne à des distances et-à des hauteurs si variées, à moins d’admettre pour plusieurs des eas la main de l'homme? Telle est la question que nous nous étions posée et qu'il nous aurait éki bien difficile de résoudre, si, par une heureuse coïncidence, le jour inêrae où nous allions consigner le contenu de ce chapitre à la -composition de l’imprimerie. M. Virlel ^ d'Aoust, géologue Jiien connu par ses beaux travaux sur lü Grèce, ne fût pas entré chez nous pour prendre congé avant de rentrer à Paris. Ayant soumis les. nombreuses pièces d'obsidiennes, que nous avons recueillies dans l'Ile, a l’œil exerré de ce savant, qui a parcouru aussi le Mexi-

CHA». IX. — TUBAIN9 90ATBXNAIBBS'

que , il n'a pas balancé à voir dans quelques-unes de ces écailles, soil des fragments d’anciens couteaux ou bouU de flèches ou de lances, soit des pièces de ce verre naturel, accumulées en certains points .pour les soumettre à la cassure des fabricants de ces instruments et de ces armes de guerre; c'est ce qu’il a parfaitement vu au Mexique. If nous a fait observer que plusieurs de nos fragments sardes portent la trace irrécusable de la fracture produite par une main exercée à ce genre de travail (4).

Dialiiirltûn Ainsi nous croyons devoir faiCé une distinction importante entre les pièces d'obsidienne, en général plus volumineuses et plus nombreuses, que l'on rencontre sur les terrains qui recouvrent certains monts et certains plateaux compris dans un cercle de 45 à 20 milles autour du Menle Arci et les éfailles plqs minces que l’on.lrouve . ' par-ci par-là, dans le reste de l'tle, soit sur les plus

’ hautes cimes , soit dans ^les plaines , soit près de la

mer.'

cauir. Dans le premier cas, la cause qni a éparpillé et amassé df U di.prnioo les fragments plus volumineux d'obsidienne pourrait avoir été volcanique ; elle nous rappellerait l’explication donnée de la présence de pièces tgut-à-fait analogues dans certaines Iles de l’Archipel grec, dont le sol est calcaire et .que l'on suppose avoir été lancées en guise de projectiles

(]) .Nuire ami le ^cné^al de ('.ollegni), que nous avons conduit en 1853 au Tacco Ticci el au4|uel nous avotis fait remarquer Tahon- «lance des fragments d^ohsidieones épam sur le sol de ce plateau, est d'un «vis 'Semblable à celui de M. Vtrlel; c'est-à-dire, il croit qu'Hs fureot apportés en ce tteii par la main de Tbomme; nous croyons cependant, va leur |;rosseitr et leur gsinde abondanc^en celle localité, pouvoir maintenir notre opiniou émise ci-deattiei, c'esl-à-dbre, qn'ils pourraient bien y avoir été lancés da Mhntt /4rri en guise de projectiles volcaniques. Noos n'y %îmes pas, comme dans les autres écailles pjus nfinces , de Irares de fracliires arlilicielles.

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