‹ Voyage en SardaigneChapitre 56 sur 84 · MONTS DE DOSA A ALCHBBO. 5IU · texte numérisé non relu

MONTS DE DOSA A ALCHBBO. 5IU

Nous avons essayé, toutes les fois que nous avons parcouru cette route , de nous faire une idée claire et précise des différentes directions et des inclinaisons variées, que ce» trachytes stratifiés, ou pour mieux dire , dispésés par assises et par étages, présentent dans leur ensemble*; mais ces directions sont tellement variables qu'il nous -ir été impossible de les saisir d'une manière concluante. En général, on pourrait dire que les masses du Montresia, dont nous avons donné la coupe dans notre fig. 94, vont (i 5® S'- E 5" N, en plongeant au N 5“ O. D’après d'autres observations que nous avons (ailes, les tràchytes 'stratifiés du mont de Taralta iraient à-peu-près dans la direction NO-SE, tandis que ceux de Villanom-iloHleteomiraient, au contraire, dans le sens NE-SO, inclinants au SE. Ce qu’il y a de positif c’est que les plateaux, qui s’approchent davantage de la mer, sont fortement relevés de ce côté et qu’ils inclinent vers l’est. On dirait que K* plateau isolé du Monte Minerva, dont la cime est presque horizontale, forme le centre d'un système d'inclinaLsons variées, vers lequel plongent les bancs des trachytes environnants. Nous avons taché de rendre la disposition singulière de ces terrains dans notre grande carte de l’Ile en deux feuilles, qui est plus détaillée que la carte géologique de l’atlas de ce volume. . •

De Villanora MoiUeleone les trachytes continuent k,se montrer le long d’une ligne N-S; près d'Algliero, ils forment l'important groupe de la Scala Piccada (t) et les environs de la Sperama, renommés par leurs belles calcédoines (3). Près de la ville cètte même roche constitue les monticules de S. CiuUano, Monte Iticcio , Monte S. Elmo, ainsi que plusieurs autres buttes ou plateaux maintenant isolés, dont quelques-uns percent à travers le calcaire

- (I) Voyez cliap. IV, 6g. SO, page lil ci-iles!tu!i (9) Voyez même cliapiire, page 119.

Direrlion cl iiirliiuiton lie en trcrlijrl***-

Munit

tnrliylii|urt prêt â'^tf^h^ro.

590 f'.HAP. XII. ■ — TKICHTT^S ANCIBNR.

crélaré. En partant A'Aliihero pour so rendre à OlmeJo, on voit le trachyte se môler au calcaire à hyppurites (1); puis il continue à paraître jusqu'auprès de rétablissement rural de la Crucca et il ne se perd qu’au pont romain de Porto Torres, près de la mer. . . •' •

Tra.b;ir> ' '* Ilcvenons màintcrianl sur nos pas et partons de nouvcau-dc la ville de Posa, en nous dirigeant un peu-vers^ nd/rtri. irouvèrons toujours le trachyte à Padria, à

Pomana et même jusqu'au village d'Itiri, en passant par . le Monte Magqiore, qui est calcaire à hase de trachyte- La même association des deux roches se remarque à Piri, où ces terrains sont tellement mêlés ensemble qu'il est impossible de tracer exactement leurs limites sur un plan horheonlal ; nous en avons déjà fait mention ci>de.ssus page 30*.

uonir T„ru. rochc trachvtiqne prend, au sud d’Itiri, la forme

j/oi.» jnitirfiu. plateaux isolés : tels sont le Monte- Toru et le .Monte

Anturgiit; mais plus vers l’est elle se présente en petits monts dentelés, parmi lesquels nous nommerons le Monte * Puju et le Monte Ferulosn, qui dominent la plaine dite le Cam/jo Giarem supérieur. La dilTérence de forme, que présentent ces monts (*), provient de la différente qualité de la roche trachytique dont ils sont formés; les premiers se composent d'argilolilc reposant sur le tufà stratifié ; les autres sont principalement composés d'un trachyte porphyrique plus cristallin. Nous avons recueilli auprès de ces derniers une variété de porphyre rouge à points blancs, qui forme en quelque sorte le passage du trachyte pOrphyriqne au rélinite. C’est une roche d’un trèsbei effet b h*.

EnvlruiiB Du Cam/M Giavem supérieur on peut passer au Campo **'”■ Giarem inférieur, sans quitter la roche trachytique, qui

(I) Voyez chap. V, page 185 et suivantes. (9) Voyez noire planche VI, ti|(. 1 et 3 bis.

BHflROlK^ DE BONOBVâ. 5il

parull tic - temps en temps sous le terrain tertiaire, ou sous les laves basaltiques très répaiulaes dans ces lieux.

Les anciennes grottes sépulcrales, que l'on rencontre non loin (le la roule royale, vers le village de Bmorva, sont creusées dans un lufà Irachy tique- qui est recouvert de bancs de terrain tertiaire. Ce lufà est brecciolaire; il contient des fragments de plusieurs variétés de roche trachyli(|ue; . il se décompose naturellement en espèces de grottes; non loin de la Cmloniera île Bonona, il j>aratl iiu jour sous un dépèl de calcaire marneux tertiaires à crabes, dont il a été fait mention ci-dessus, page 299.

Le tufà trachylique prend en ce lieu une teinte verdâtre très-prononcée b 53. . . . -

11 est inutile de faire ici l’énumération de tous les au- Aulrfi ItK'alilêii. 1res points de celle partie occidentale de la ^daigne, où se montre encore le.lracbyle ancien , soit à déconvérl, soit revêtu par les dépôts tertiaires ou par des coulées basaltiques ; nous nous-bornerons à renvoyer le lecteur ù notre carte géologique, où une teinte spéciale désigne ce terrain; et nous passerons immédiatement à ceux de celle catégorie,. qui complètent la bande trachylique, dirigée ù-peu-près du nord au sud , en longeant le pied du grand massif granitique, depuis les environs de Laconi, jusqu'à Coitel Sardo sur la mer de Corse.

Comme une partie des .Irachy tes / qui forment cette TrarSyir

* . , df» Seau»

longue bande» a déjà élé décrite ci-dessas^ nous nous k üMomer, abstiendrons d’en parler de nouveau et nous -reprendrons notre description pair les roches de cette nature,

(|ue 'qous' avons signalées à la base septentrionale du Monte Ferru. Les Iracbytes, qui percent sous la grande masse basaltique de jeette .dernière montagne, se voient bien à découvert, dans le village de Scanu, comme nous l’avons dit page 517. En parcourant à plusieurs reprises le chemin qui conduit de ce village à celui de Macomer, nous avons eu lieu de reconnaître l’existence du Irachyle ancjeli au-dessous de la coul(*e basaltique; nous

CHâP. XII. — nACVTTES ANCIENS.

l'avons, spécialement observe en forme de monticules près d’un lieu dit TamuU (1), à une faeure de chemin avant d'arriver |i Macwner de ce côté; et quoique ce dernier village soit construit sur la lave basaltique, la roche trachylique n’en parait pas moins immédiatement au-dessous.

r.rpvatM' Cette superposition est surtout visible au nord do Maarun,. lorsqu’ou se dirige vers le beau Noragbe de Sanla

Barbara (3). A .peine on quitte les maisons du village, on se- trouve arrêté par une profonde crevasse , dont les parois presque verticales montrent clairement que la lave basaltique (qui n'a qu’une épaisseur de deux ou- .trois mètres) a coulé sur le sol trachytique; c’est un Irachyte porphyrique rougeâtre, très -rude" au toucher b 54; il passe, inférieurement, à un véritable tufà par l’intermédiaire d'un autre trachyte à cassure esqnilleuse d’un cendré violacé b 55. De l’autre côté de cette crevasse , la lave basaltique disparaît et le sol, sur lequel sont placés le Noragfte et l’église de S. Barbara, est uniquement formé de trachyte, qui constitue à lui seul toute la grande montagne, dont le plateau du Monte Santa Padre est le point culminant.

Trachyte de U Lorsqu on sort de Macomer par la roule royale, vers l^fa rubaué. ’ Sassari, après avoir dépassé les maisons, la lave basaltique disparaît et le trachyte ne se perd plus de vue jusqu’au point culminant de celle roule, près de la Cantonûra di Campeda-, c’est seulement en ce point que repai^ la lave. Le lieu le plus propre pour étudier les variétés des trachytes anciens de ces contrées; c'est précisément le long de cette grande route , à 1 0 minutes du village ; les parois des fossés et des banquettes laissent voir à dé-

(1) Voyci noire seconde partie. Antiquités, allas, pl. III, fig. | el I 4i<; texte, page 9 cl saiTanlcs. '* •

(î) Voyex le mémo allas, pl. XII, fig I et le te’xlo page M.

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■OUTB BOVALE.

couvert les aheniances de lufà cl de Irachyle , qu’on peut ainsi suivre chemin faisant. C’est une succession de bancs parallèles et réguliers d’un lufà rubané, à fond d’un blanc grisâtre, avec des làinces .couches d’tin gris "plus foncé b 56. Le lufà rubané, qui frappe sur celle roule le voyageur même le plus étranger aux éludes géologiques, conlienl des fragments anguleux de roches Irachyliques de diiïérenles espèces; il est recouvert par d’aulres assises d’un porphyre lrachylique‘un peu violacé, à lâches blanchâtres b 57, qui passe à l’argilolile. Ce sont absolument les roches des environs de Carloforle vcT» la tour Vittorio, dont nous avons fait mention ci-dessus, page 479, et celles de Laconi, page b04. Sur ce porphyre on voit de nouveaux bancs de lufà rubané le long de la route en question; ils ont généralement une direction .>E-SO et ils inclinent fortement au NO. •

Au sommet de la montée, en venant de 3/acomer, on uomr voit, sur la gauche de la roule royale, une masse rocheuse, qui a l’air d’une forteresse, à laquelle on a donné le nom de 3/on/c Muradu , par sa ressemblance avec une muraille. Cette masse est formée d’un Irachyle porphyrique rougeâtre, légèrement poreux b 58, qu’on dirait une roche injectée en filon à travers le lufà. Elle prend à l'extérieur une .apparence de slrucfure prismatique grossière et elle est , traversée à son tour par une veine de roche noire, qui parait être plutôt un rélinile qu’un Glon basaltique, comme nous l'avons cru d’abord. La direction du Monte Muradu est E 40“ N - O 40" S. •

Nous avons déjà- dit qu’après avoir dépassé le Monte La Cam/<rr/<t Muradu, -on arrive au plateau de la Campeda, où, près de la Caidoniera de.ee nom, on trouve une plaine couverte d’une coulée basaltique ; celle dernière roche continue à se montrer jusqu’.à la descente de Saint-Simêon de Vonorra; mais au bas de, cette descente on voit de nouveau le Iradhyle ancien percer sous hv roche tertiaire dégagée de son manteau basaltique. Ce Irachyle se présente en

Rrlnur 4u liante UitraHu.

Vut* du Haute Santa Pmlre,

Sa composition.

CHAP. XII. — > TIACHYTES ANCIBK8.

guise de conglomérat verdâtre , breceiforme ; c’est le même b 53 dont nous avons déjà fait mention ci-dessus, page 521. • .

Revenons maintenant pour -un instant sur nos pas jusqu’au Monte Muradii, pour nous diriger vers l’est; c’esl là que s’élève l’imposante masse du Monte Sanio Padre, dont nous donnons un croquis, pris cependant du sudouest, c’est-à-dire, de. la route royale, au sud de Macomer.

g granité de Bolotima; t nchlate oiarlirère ; m marine de Sitanm* , ( voyei page 87); I tracliyte ancien; I lave liaaallique; an A'i>raglics des environs de BorligaU.

Le Monte Santa Padre est exclusivement trachytique; sa structure par étages, comme celle dçs monts de Posa et d'Alghero, indique, même de loin, qu’il est formé d'une succession de bancs à-peu-près parallèles cotre eux. En général, la masse principale de cette montagne se compare d’assises d’un tulà brecciolaire tdanebâtre, qui alterne avec des argilolites rougeàtpes et avec une roche verdâtre pareille à 'celle de la mine de Seneghe b 45. 46 (voyez page 5H ci-dessus); nous en indiquerons une à-peu-près semblable dans 4es environs d'Ozieri. Celle roche verte se trouve au Monte Sauto Padre en bancs peu épais; elle passe lanlôl à une espèce de grès vert', lanlAI à une argilolite de même couleur b 59,; en quelques poiiiU

HONTE 8ANTO PADBB.

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