‹ Voyage en SardaigneChapitre 57 sur 84 · SS · texte numérisé non relu

SS

oh voil le (ufii renfermer de nouveau des* fragments de tradijlc cl de rélinile b CO. Ailleurs' le rélinile noir à (-rislaux de feldspath blanç (pareil à celui de Porto Scuso b JC) prend loul-à-fail l'apparence d’une veine intercalée dans Vargilolile ou dans le luIA'bCf; en d'antres points ou le dirait en couches; il offre alors une slniclnre qui sajiproche du perlile; et, comme celui de la Grotln dei Culomhi de S. Autioco, il renferpie des sphérolilhes; mais celles-ci sont plus irrégulières cl plus grosses que celles du perlile de S. Anlioco.

Le sommet presque horizoutal de la montagne, où sp son lonmufi; trouve la chapelle dédiée au Santa Padre, est sans con- n' ctrop^îent!' Iredil le point le plus élevé où soit parvenue en Sardaigne la roche Iréchytique (105) mètres d’altitude].

Elle s’y présente sous l’aspccl d‘un perphyre Irachylique rougeâtre ; cl malgré l'horizontalité apparente de ce plateau, tous les bancs de la montagne ont une direction assez constante et régulière dans le sens NE-SO et une inclinaison très-prononcée vers le NO. Cette direction est absolument la même que celle du lafà rubané que nous avons signalé sur la grandfe route entre Macomer et |c Monte Muradn , et auquel les bancs lufacés du Monte Santa Padre se lient sans interruption.

Maintenant, pour bien étudier la charpente de cette Detccoie dernière montagne et pour connaître ses rapports avec les Iracbyles de la région voisine, il faudra la descendre iSï!'"

dans. le sens N-S; mais, comme sa cime est coupée à pic. du câlé du midi, il faut prendre d’abord la pente occidentale jusqu’à ee que l’on arrive au col, par lequel passe le chemin direcl qui va de Berligali à Bçnoiia. C’est précisément dans ce chemin, en grande partie cncaisséi que l’on peut plus facilement étudier les alternances des diiïérenles assises dont se compose le sol. Nous ne nous étendrons pas à les décrire, puisque nous ne ferions que ré|)élcr CO (jue nous avons déjà signalé; mais nous ne saurions passer sous silence un fait qui fut nouveau p'our

GSAP. III. — T«%CHrrE6 AKCIENS.

SitnHus,

nous et que nous eûmes ensuite octasion de rencontrer ailleurs; savoir, que dans un endroit où cc chemin, qui descend de la cime vers Borligali, est fortement raviné, nous vîmes bien distinctement, encaissés dans le tufà trachylique blanchâtre, des blocs ou des grosses boules du même granité que l’on rencontre en place, à plusieurs milles de là, sur la montagne de Bololana. Ces blocs arrondis n’ont point été porlés-en ces lieux élevés' par une alluvion; de la manière dont ils sont enveloppés dans le tufà, il est facile de voir qu’ils y ont été introduits dès que ce tufà se déposait. Cette déposition aura probablement eu lieu sur la roche granitique ou sur les schistes de Silanus. Au reste , ces blocs de granités entassés dans le tufà du traebyte ne font que confirmer ce qui a déjà été dit sur les roches de Seoneh, relalivemenl à la postériorité de l'àpparition des Irachytes, à l’expansioo des granités de l'tle.

Le village de Borligali est encore bâti sur le traebyte ancien, dont une des variétés se présente comme un trachyle porphyrique rougeâtre raboteux b 62, analogue à celui du Monte Muradn; mais à peine on sort du pays, soit vers l’est, soit vers l’ouest , on rencontre la lave basaltique. Celle-ci ferme le bofd supérieur d’une grande nappe de cette nature qui, plus- bas, s’étend en forme de coulée sur un très-grand espace; le même rapport entre ce^ deux terrains continue à-peu-près sur un même plan horizontal , depuis Macomer jusqu’au village* de Silamis; de façon qU’à fort peu d’exception près, la n (nivelle roule qu’on vient d’achever cl -qui court le long du pied de la chaîne du Mafglùne, laisse voir la roche trachyliquc à son bord supérieur ou septentrionai et le basalte du côté opposé.’

On voit le Irachyle disparaître un peu avant d’arfiver au village de Silanus; le basalte qui lui succède momentanément, forme niic petite bulle sur 'laquelle est hàli un Snraghr au SO du pays; mais hienlôl le «sol' n’est plus

SILARIiS. BOLOTAR.i.

formù que d'une alternance de schiste raaclifère carburé et de i^caire crisUllin , qu’on foule encore pendant dix minutes de chemin après aroir dépassé le pajs vérs l’est; alors la roche trachylique fait une dernière apparition et c’est sur elle que s’élève le beau Noraghe presque entier, que l’on voit à droite, entre Silantu et Lei{\).

Nous ne répéterons pas ce quq noos avons dit dans le chapitre 11 , page 87, sur le marbre et sur le schiste maclifère de Silanus; nous ajouterons seulement que ce lambeau de terrain paléozo'tque modifié est en grande partie enclavé dans la masse trachylique. Celle-ci semble s’ètre fait jour à travers ces terrains anciens en guisa d'un grand filon, au point de jonction des schistes et des calcaires de Silanus avec le granité, qui constitue la mon' tagne de Bolotana et de Lei. E/i effet, à peine on sort de Silanus, pour' se diriger vers le village de Lei, le granité SC montre en place sur la roule royale même et on peut le suivre sans interruption jusqu’au bout de la chaîne du Marghine, dont le mont de BoloUma forme l’extrémité orientale. Le marbre et les schistes maclifères cl graphyliques de Silanus ne sont pas seulement enclavés enlcè Je granité et le trachylc, mais ils sont encore an partie rècouverls par celle dernière roche, qui s'est épanchée sur ces terrains. Quant à' l’emplacement de l’ouverture par laquelle se sera opérée celle émission du trachylc, nous pensons qu’elle aura pu avoir lieu de préférence à l’endroit oü il devait déjà exister une ligne de séparation entre le terrain paléozoïque et le granité.

Celle dernière roche continue à se montrer jusqu’au bus de la montagne de dont le versant regarde

le sud; mais silôL qu’on, tourne celte espèce de promontoire, c’esl-à-dirc , à peine on arrive à la petite église

Rapport du Irücbjtr avec le terrain palcosotque.

Orauile de fioiotama et tracbjfle de S. Litta»

(I) \nyei l'allas de nuire seconde paiïiv du l'nijagc , Aulii|uilés, ,.l. VUI, f.}, 4.

r.UAP. XII. — TRACatTKS AIM'.IKXS.

de

de <5. Luea d’Illçrai, qui se trouve à sou pied oriental, -le trachyle reparaît de nouveau. Le Nàrw/he, dit aussi de S.

Luca, ^ue l’on voit à quelques pas de l'église, esL déjà bâti sur le trachyte, qui a fourni les pierres pour sa construction; mais le granite.se voit également prés du Tirsp et c'est sur cette roche que fut établi , sur ce fleuve, le vieux pont encore existant, dit le pont A'Illorai; ce qui n’empéche pas le trachyte de se montrer tout près de ce pont, en lambeau qui surgissent (>ar-ci par-là du sol granitique.

La même apparition de rochers isolés de trachyte en place, au milieu du granité, se renouvelle plus en amont du cours du fleuve; cela se voit surtout à la hauteur de 0eno, dans un lieu pardequel passe le chemin qui conduit de ce village à nenrtulH, tout-à-fait dans la berge du Tirse; le trachyte y forme des monticutes, qui ont tout l'air d'avoir été les produits d’une faible éruption de la roche trachy tique, à travers le granité. ^

€es lambeaux trachytiqiics, qui sortent* du granité dans le fond de la vallée, sont le dernier terme de l'apparitioii.de cette roche le long de cette ligne, par laquelle le^ trachytos du MarQhinc se lient avec ceux d'Otlam et de Neoneli sur lesquels nous nous sommes amplement étendus, ün dirait que ce sont les témoins d'un dernier effort de b matière trachy tique, qui n'a pu percer le granité que dans le fond des vallées, où celte maâse offrait 'nalureUemenl bien moins de résistance à son éjectidn.

Il est bon de faire remarquer que le trachyte dont il s'agit, est seulement de la qualité porphyrique, décrite ci-dessus maintes fois et qu’il, se trouve 'en contact avec le granité, sans l’intermédiaire du lufà, comme’ cela sc voit dans' le plus grand nombre de lieux. Celle remarque,

, nous engagerait à. penser s occupons, peut être venu !S toutes particulières et fort non pas sous des jappes

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EKVIPONS l>K BOKO.

d'eau, comme parait s'ètre formé celui qui recouvre le lufà. - .

' Pour continuer l'indication des localités où la roche tra- Retour chytique joue encore un réle important dans la constitution (le ÜUanut. géologique de la Sardaigne septentrionale, il conviendra que nous transportions de nouveau le lecteur sur les monts de cette' nature, qui se trouvent- au-dessus de Silanus, dan» la région où nous supposons que cette roche s’est fait -iour au point de jonction du granité et des terrains paléozoïques. C'est précisément de ce point que part une étroite vallée, dirigée comme celle de Bono N-S, dans laquelje coule un des principaux aflluenls du Rio Coghims. A peine on descend dans cette profonde crevasse, on retroqve le trachyle avec tous ses caractères, ayant à droite les granités et les schistes de la base occidentale du Monte Rasu et vers la gauche il se cache quelquefois sous des nappes plus ou moins puissantes de lave basaltique.

Le ipéme trachyte continue à se montrer et il s’unit, s„n cuemiou vers l’ouest, avec celui du Campo Giavesu et des envi- « rütiunuaiioo. rons de Bonorva, dont nous avons parlé, tandis que vers le nord on le voit paraître au pied N-0 du Mooie Rasu, au fond d'un vallon, où il joue absolument le même réle que dans la vallée de Bono; mais 'en ce lieu,. le tufà trachytique existe. On voit principalement ces deux roches au bas de. la descente sur le chemin qui de Bono va à Chieri, en passant par Nughedu. '

Enfin, sans s’écarter de cette direction du snd au nord.Bion tir eraniir en suivant à travers les- monts, on finit par rencontrer, à ' .

une distance d’une demi heure d’Osim'," la route royale, qui va de Morts en celte ville ; c’est en ce point que les travaux de celle roule, récemment exécutés, nous'onl per- •• • ' .

mis de voir, en 1853, une répétition île ce que nous ‘ •

avions déjà observé sur. le Monte Smlo Padre au-deSste ^ ^ .

de Borligali; savoir, des blocs arrondis et Tolumineux de ^ granité, enchâssés dans le Inla trachytique. Au-dessus de ^ .

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