PREMIÈRE PARTIE
llochN lilntieDnes. Groupe occideiiUJ.
La première masse de terrains siluriens, que l'on rencontre dans la partie méridionale de la Sardaigne, vers l’ouest , est celle du Monte Santa de Pula. Lorsqu’on gravit cette montagne, qui se trouve à l’ouest de ce village, après avoir laissé le sol alluvial de la plaine et le terrain granitique qui forme la base du mont, on voit succéder à ce dernier un calcaire noirâtre, associé à un quartzitc schisteux et très*-alléré. En quelques points cette roche prend l’aspect schistoïde, et elle contient du graphite; ailleurs elle se présente comme un calcaire grenu, subcristallin, alternant avec dé minces couches d’une roche siliceuse qui passe quelquefois à la lydienne. La stratilication de ces terrains est ondulée, on peut la suivre en gravissant le mont pendant un certain espace de' temps. La ligne de jonction entre le granité, ou plutôt entre la pegmatitc à petits grains et les roches stratifiées, est très-irrégulière et trés-sinueusc; on dirait que la pegmatite perce en forme de dyke la masse superposée; et comme on traverse alternativement les deux roches, en suivant le chemin, qui lui-niéme est très- tortueux, on pourrait d’abord croire que ces roches stratifiées alternent avec la pegmatitc, ce qui n’a pas lieu réellement.
Le. calcaire dont il est question, est d’un gris noirâtre /?2, il passe, à la partie supérieure du mont, à un autre calcaire de couleur plus foncée, et qui est plus compacte, dans lc(iuel nous avons cru remarquer différents poinU spathiques blancs, assez rares d ailleurs, dus probablement
■ hoktb mnto »b pola.
à (les restes organiques li 3. C’esl sur un liane de rollc roche que sont placées les ruines de la chapelle de Saiiti- Micliel (^) , sur lesquelles nous avons élabli noire signal trigonomélrique, à une allilude de 877 mètres.
Aux deux tiers de la hauteur du Afonle Sanln, c'est-àdire à 629 mètres de hauteur, l'on a commencé une excavation de galène dans la roche' calcaire li 9 ; elle doit être aclu('llement abandonnée. En général, les couches de schiste et de calcaire de celle montagne semblent dirigées N 65“ O - S 65“E. Ces roches forment le versant septentrional du Monif Santa et de toute la chaîne qui s'alligne avec lui.
Lorsqu'on descend de ta cime, eu parcourant la crête dans le sens du NE, avant de tourner vers Pula, on rencontre d'abord les schistes, puis le calcaire noirâtre qui se prolonge au loin; celui-ci forme les grandes masses escarpées de la paroi qui se trouve à la gauche du ' vallon , vers le village. Le graiiitc parait toujours au fond des ravins, ce qui fait voir clairement que le calcaire ne forme qu'une enveloppe superficielle. C'est ce même calcaire qui (>st métallifère, et qui contient du plomb et do fer oxidé. Presqu'au bas de la descente, on trouve un lilon de quarlzile encaissé dans le granité, avec une direction N 10° O. Dans le fond de la vallée, les schistes paraissent jusqu’au bas; ils sont enclavés dans la roche granitique.
Un des points géologiques intéressants pour l’élude des terrains en question, c’esl sans contredit la vallée dite Sa Slidiosa, qui se trouve vers le NE de Pula, à deux heures de roule de ce village. Comme notre compagnon de voyage
Miiirrai de plomb.
de 11 nioiila^tic tert le
Valire
de U Stidtosft.
(I) Il eit carieux de voir qae l’on a employé dans la conitruction (le cette chapelle, noD-aeulemcot des pièces do pcgmalitc et de calcaire silurien qu’on trouve sur le lieu, mais encore de pierres taillées dans le grès quaternaire, dont sont Tormées la plupart des habitations de Pula, et qui fut évidemment tiré du bord de la mer.
Nolirr
de M. de' Vccchi.
Poulum •If cettr viillec.
RiMbe^ «{lie r<Mi y renriinlrc.
ai cuAP. II. — aocuBt» aitcaiBiiNfis. PAariK.
M. de' Vccchi en a fait, hicu des aitoécs après nous, .et à notre prière, uoe étude particulière, nous croyons beaucoup plus convenable, sous tous les rapports, de transcrire sur ces localités les notes qu'il a consignées dans son journal, à l'époque de son excursion. Nous allons le citer icxtuellemenl.
« La petite chaîne qui se rattache au Monte Sanlo « (vers l'est), et qui court parallèlement à la mer, est « euhlique et granitique. » Ici nous ferons observer que H. de’ Vecohi entend par roche euritique une espèce de variété de pegmatite, qu’on rencontre souvent dans l’tle, presque toujours à l’état de filon , et qui est un intermédiaire entre la pegmatite porphyroïde et le porphyre rouge.
« A la hauteur de Sarfoc, cette chaîne est interrompue, « et on la voit coupée longitudinalement par une vallée Cl profonde et étroite, encaissée entre les parois -d’un « eurite quartzëux, dont les formes sont évidemment U éruptives; la jonction et l'analogie de ces roches avec « celles qui constituent la charpente des monts voisina « jusqu’à Monte Sanlo sont manifestes. Dans cette vallée « coule le Biu Mannu (grand), qui court, dans |a direction U N 7ü“ O, et qui a son embouchure en face de la tour U et de file de S. Macario, non loin de Pula.,
« En pénétrant dans le vallon , on ne tarde pas à voir « que ses flancs, et le fond même, sont formés d’une snc- « cession de roches quartzeuses à base de silex noir U (c’est pour nous une espèce de lydienne, dont nous « possédons un échantillon dans notre collection , marqué « /M); ces roches font voir une stratification très-dis- <1 tincte, avec des directions très-variées, parmi lesquelles H prédomine celle N70"E; l’inclinaison est vers le NO. Cl Comment un dépôt d’origine sédimentaire se trouve-t-il « placé d'une manière si singulière vis-à-vis de.s roches d éruptives? ('.‘est sans doute l’action du soulèvement el Il celle de rupparitioii des roches éruptives, qui l’ont ainsi Il réduit et altéré 11 parait i|ue l’eurite s'est meme dé-
f*IX^ SB SA STimOSA. il
« versé sur ce terrain • slrafifié , comme le ilémoiilre lu « coupe ci-dessous, qui est celle d’une section perpen- «'diculaire au fond du vallon.
<. lernÎD iilurien; t. euritr.
«A mesure qu’on avance dans celle vallée, celle-ci A.|>r. i j.i hru
■ prend un' caractère toujours plus âpre et plus sauvaj^e;
« ses parois sont nues et coupées à pic; elles semblent « même menacer l’audadieux mortel qui< ose |>énclrer a dans celle solitude. Celte gorj^e, du moins dans le point « où elle est plus rétrécie, a reçu le nom de Sa Stidiosa,
* (qui correspond à celui italien de slillicidio) , sans doute
■ à cause de l’eau qui dégoutte en abondance des fissures
■ des parois de la vallée.
« En poursuivant ma roule , toujours dans le lit du tor- p*rt»- « renl creusé dans ,un canal plein de précipices et de a rochers mouillés par ses eanx écumantes, j’ai toujours « foulé des roches siliceuses, souvent bigarrées et d’ori- « gine évidemment sédimenlaire. Il est impossible de ne « pas regarder ces terrains comme des roches stratifiées ,
■ fortement altérées, et changées dans leur composition
a minérale, et il est difficile de trouver un endroit plus •
« pittoresque. Ce sont des vallons en pente raide et pro-
• fonds à la fois, par lesquels s'échappent des torrents « impétueux, et qui sont dominés par des monts escarpés « et pleins de précipices; ce sont des aiguilles découpées « et élancées, allant jusque dans les airs, et qui menacent « en quelque sorte le ciel; tout cela entouré de forêts « sombres cl toulTues, et parcouru dans une solitude com- « plèle et dans un silence absolu.
« Trois heures d’une pénible montée me conduisirent à euirju
, . , Il » * . • • • Ov 1j
« 1 pxIrômiU» supériouro ui* la valler»üu je tournai tout-
a COAP. II. — BOCRBS 8ILOBIBIIHB8. |K PABTIB.
U à-coup à droilc pour côUiycr une espèce de plaU>au a dit la Pianedda, qui forme le terme de- la montée et le « commencement de la descente vers Orri. Je passai entre U les deux cimes Leonargiu et Gilladas (t), et je commençai « la descente par un sentier très-escarpé, ouvert dans « du quartzitc schisteux, qui s'est délité en pièces mou- « vantes sur le talus de la montagne; mais on ne tarde « pas à rencontrer les roches compactes stratiformes, qui « se prolongent comme celles de la Slidiosa. Enfin , on K voit surgir le granité pareil à celui du Monte Santa ; « de façon' qu’on retrouve en ce lieu la même succession « de roches, qui existe dans les localités voisines. Le « ruisseau qui de la PtmUt GiHatku va vers Orri, court « dans le granité , qui est traversé par plusieurs filons de « quartz dirigés N 20* O. »
Nous avons cru devoir reproduire fidèlement la note de M. de’ Vccchi sur son excursion dans la StidÛM, qu'il a entreprise à notre invitation; car nous Béions visité cette vallée en et il nous impoitmt d’en avoir une
connaissance plus parfaite, étant persuadés que dans peu d’autres localités de la Sardadgne on peut se faire nue idée plus nette des rapports qui existent entre la partie inférieure du terrain silurien sarde, et les roches qui l’ont soulevé et modifié.
Perdai/erri Si maintenant do Monte Santo on passe vers l’ouest, après le AToiKe Révéra, avoir Iravcrsé on assez court espace de terrain granitique, on trouve d'abord un lieu dit Perdasterri (2) ; là existe un calcaire grisâtre, trto-crislailin , en bancs assez poissants, B 4. On le voit spécialement au point dit de t'Oren (la table du géant). Ce calcaire parait avoir subi une forte cristallisation par suite du voisinage du granité qui le souleva et lo modifia. Il e^ dirigé à-peu-près dans le sens N-S, avec une assez forte inclinaison à l’E. En
(1) Voyet noire (^rnnde carie <le 1845. (3) Voyeï noire planche I*''’» coupe îO.
MORTE EBTBE*;
pouraoivanl la montée jusque vers la cime la plus élevée, on marche toujours sur le calcaire crislallin, et on ne le perd qu'en approchant du point culminant, dit./'ioim Serera> où se trouve notre signal trigonométrique , à 983 mètres d'altitude. Au bas de cette cime vers le sud, et non loin d'une belle fontaine , on voit le calcaire en question alterner avec des roches quarlzeuses rubanées, que nous retrouverons dans un gisement analogue au cap de Teulada, près de la mer. La sommité où se trouve le signal du Mmile Snera, est schisteuse, et elle se compose d'un schiste talqueux grisâtre, un peu argileux, U>ul-à-fait identique avec celui que nous allons rencontrer dans la plus grande partie des localités environnantes. ■
Nous avons tout, lien de croire que ces schistes et ces dr fnsaitrs, calcaires du Monte Severa, dans lesquels nous n'avons pas d'en mironlrer. eu le bonheur de rencontrer des fossiles, ne font pas moins partie du système silurien , qui forme la plus grande masse des groupes de montagnes dù SO de la Sardaigne En venant de Monte Santa, vers la PwUa Severa, nous avons inutilement cherché un lieu dit Crapit et Pepe Murijia, où, d'après l'indicalÀpn qui nous avait été faite par un respectable personnage, devait se trouver une roche calcaire avec des -coquilles. Feu M. le chanoine Brau d'Iglesias nous a souvent répété que se trouvant 'à la grande chasse (I) en ces lieux, où il fit une halle, il fut tout étonné de se voir assis sur des coijuilles, à une hauteur si notable et à un point aussi tHstant de la mer.
Nous citons ce. fait dans l'espoir que parmi les personnes qui visiteront un jour ces lieux, il en soit de plus heureuses que nous dans eette recherche. Il nous est impossible , au reste , . de séparer ces terrains de ceux de
(I) On appelle Oarr» grosso, en Sardiigne, celle qae l'on Tait an sanglier et Sna bêles ranves, telles qne les cerfs et les clains, dont ces localilés abondenl. '
rr^ |(»cjtilra.
d’Ostia
tour» il«' Pixinl rl d«* Ua^atano.
Domut de fdtiria.
Dpscrnlc vert Teutadn.
»t CHA». II. — BOCUB HLOBIBmiliS, loc FABTIE.
Gonneta el de Flumini ilaggiore, où les fossiles siluricHS ne sonl pas rares.
On trouve dans les couches schisteuses ei calcaires, qui sonl au pied méridional de la Punta Saera, du minerai de fer avec de l’épidole, de l’aplône eMu grenat »*'*1 intercales dans la roche rubanée.
Si de Pula, au lieu de se diriger vers lé Jfeii/e SatUo, on longe la base de celle montagne, non loin de la mer, on trouve d'abord à la tour de Cala d'Ottia un calcaire siliceux , grisâtre , qui a la plus grande analogie <avec celui qui à Siliiu contient des fossiles siluriens; celui de Cala d’ Ostia est dépourvu de traces de fossiles, il passe aif schiste, qui est lantàt lalqueux et tantôt micacé. Ce dernier se rencontre à la tour de Pixnd où il est Irëscristallin A 5, el surtout à celle de Malfatano, où il prend une apparence de gneiss. Les couches, en ce dernier lieu, sont fortement inclinées au SE et dirigées NE-SO.
Le long du chemin qui conduit de -Pula au village de Teuldda, en passant par tin autre village bien misérable, dit Domm de Maria, on rencontre, avant d'arriver à ce dq^nier, une succession de roclips quartzenses rubanées, qui ont de .l'analogie avec celles de la Sti^m el de la Punta Severa; seulement au bas de Oemue de Maria le quarUile se trouve disposé en bancs plus épais ; il prend quelquefois une teinte grisâtre , qui au premier abord le fait croire un marbre bardiglio. Noos nous réservons de parler de ces terrains dans le chapitre X, consacré aux roches granitiques , dans lequel nous indiquerons les rapports mutuels que ces roches ont entre elles, surtout sur le point' qui se trouve entre Domus de Maria et Tenlada.
Au bas de la descente, i avant d'arriver à ce dernier pajs, on rencontre une roche de couleur gris-foncé, avec plusieurs points noirs; . c'est une espèce de leplynolile Ji \\\ elle se trouve intercalée dans . les schistes el les calcaires, el elle semble devoir son état actuel au mélamorphisiné. Nous retrouverons la même roche an cap
BmWM* M TMUM. H
Tmimda el as' Mon/* .Lûmw, où elle se lie aux schistes maclifères, à c6lé desquels on scnconlredes srhislcs noirs avec des indices de irraptoliles.
Le village de Teulada est biUi sur un terrain, où domine rrmim un schiste talqueux cohdré. passant au schiste argileux " •‘“’s'- Il tO. Au sortir de là pour se diriger vers la mer, on trouve d'abord, au sud, une montagne calcaire; puis en avançant vers le port,* c’est-à-dire vers la tour du Rnftrllo, on voit sur la droite une autre montagne calcaire; bientôt le quartzite alterne avec le schiste argileux el nu>rae avec le calcaire. Ce dernier, à Monte Ixipanu, prend une structure grenue, el il devient en quelque sorte friable sous la pression des doigts, comme celui que nous aurons occasion de signaler dans la vallée A'Oriilda, prés de Ihmus iVowM.
On peut dire qu’en parcourant la vallée qui du village v.iw» de Teulada conduit an port, on voit généralement le granité^ au puât, former la partie occidentale du golfe, el les sçhistes la partie orientale; ou en d'autres termes, on a presque . toujours •lé' long du chemin le granité à gauche et les schistes à droite. I/C terrain granitique domine, le schiste est moins fréquent ; c’est la répétition du Monte Satilo el du Monte Seeera. ' •
Après avoir dépassé la base du Monte iMpanu, en se Toura dirigeant vers les tours de Porto Sruro el de Calapiomho. r1iJ’c2p'lZ7o. on retrouve les schistes bouleversés et modifiés par le granité et par une roche euritique semblable à celle de la Stitlioea, qui paraissent par-dessous. Ces roches forment même la butte 'sur laquelle se trouve la tour do Calapiomtio. Kn passant au pied de ces deux tours, lorsqu'on va vers, le sud, par un isthme très-étroit, on peut faire un détour pour se rendre au cap Tea/orfa; celui-ci est remarquable par sa position, par sa forme el par scs escarpements presque verticaux au-dessus de la mer; et surtout par la contorsion de ses couches, dont nous don-
CHAP. II. — aonaBS MLliaiBIlNES. lu partie.
non^'ici une bien faible esquisse, faite à la hàle en naviguant. ... . ■
Fi^. S • - '
Cjji Ttutadn.
a, signal trigonom'ëlriqne dn cap Teutada.
Sa rDmp.,.iiion. Q, promontoirc est difficile à gravir du côlé de terre, et il est touUà-fail inaccessible du côté .de la mer. Son sommet le plus élevé, où nous plaçâmes nolrq signal Irigooométrique, a une altitude de 2il mètres; les roches , dont se compose oe cap sont, au seSte, celles da MotUe
Satilo et de la Punta Serera, dont le cap Teulada n’est en quelque sorte que le prolongement dans la direction du NE au SO. Dans une localité dite Areû, ou plutôt Punla dreai (qu'il ne faut pas confondre avec un endroit ainsi nommé, qui se trouve plus an nord dans la plaine du ShIcû), on voit le calcaire superposé au granité, devenir gçpnu comme au Mmte Lapon». Plus vers le sud-est, dans une crique, dite Cala Aragosla, le calcaire est schisteux et de couleur gris-foncé D 6 ; il y est accompagné d'une leplynolite à poipts noirâtres D8,.qui est analogue à celle que nous avons déjà signalée près de Teulada (village), du côté de Domu* de Maria. Plus loin, vers l’est, du cap, se trouve la Cala Gateolla, où. l’on voit un calcaire blanc -jaunâtre, qui prend une slruclure cristalline B 7, et qui alterne avec une euritine talqueuse presque compacte B 9, dont il nous fut impossible de faire des échantillons de forme régulière. Celle roche, qui prend toujours une cassure anguleuse , est couverte de dendrites ferrugineuses. Tout le terrain environnant annonce la présence d’un filon de fer dans cet endroit., yomuhr Le contrefort, qui de Santa Lucfa de Teulada se dirige
(ètarvgiüra.
dans le sens N-S jusqu à Piriitas, esl é|!alen)enl formé en