TO
roches marocuscs éprouvenl à c6U^ des matières igAées (4).
C’est fort probablement à l'apparition de la roche de l’ytr-
cuentu, que ce monticule calcaire doit aussi son élévation •
actuelle et son isolement presque complet.
D’un autre côté nous avons dit que les bancs marneux rntmemt et sablonneux 'de. la baie.de Fontanaceio, qui se trouvent vo1c^h|Û» au pied occidental de YArctunlu et qui sont infaillible- irruaim. ment subapennins, contiennent, .surtout dans leurs assises supérieures, des fragments d’une roche volcanique grisâtre et d’apparence basaltique (2). Il .est vrai que ces fragments sont beaucoup plus nombreux et plus gros dans les bancs supérieurs du terrain tertiaire que- dans, les inférieurs; mais leur présence dans cèS derniers ne preuve pas moinâ d'uôe manière irrécusable .que la roche d’apparence basaltique,' qui forme le conglomérât de I’i4rcuenlu, a commencé à paraître pendant que se déposaient les assises supérieures du terrain tertiaire en question.
L’existence du grès quaternaire dans cette môme lo- cth, calité de la côte, sa position bien tranchée au-dessus des TTn 'i^uccù>. galets et des blocs du vrai basalte, qui couvrent et percent tous les autres terrains et aa discordanèe de stratification avec le terj'ain subapennin ne permettent pas de le confondre avec ce dernier, qui en ce point est parfaitement caractérisé par ses fossiles. D’un autre côté, la présence du tufh ponceux, qui à nos yeux représente dans rile le terrain tertiaire moyen et. sur lequel -repose en partie le calcaire de Gennarughe, ne nous permet pas d’assigner à ce dernier dépôt un autre âge géologique que celui qui commence la période des terrains subapennins. '
Nous dirons enfin que l'apparition des dykes -basaltiques, qui percent indistinctement à travers tous les ter-
(1) Voyez chaj>. VIII, page 388.
(1) Voyez dans le maVne chapitre, 'page 389.
Drkei
baulU«|UCa.
S80 CH.4P. XIV. — TRftCHTTKS AMPHIBOL. ET PHOKOI..
CitficlDtibn lie rig«.
Rapport* de direction* de difllérenta groupe* de ce* mont*.
Environ* de .Verdera.
rains de celte région (hormis le grès quaternaire), nous démontrent clairement <|ue la substance, qui les compose, n’est venue au jour en filons et en dykes, dans le conglomérat en question , qu'à une époque postérieure à celle des derniers dépôts subapennins.
Il résulte de tout ce que nous venons d’exposer que l’apparition de la roche qui entre tlans la composition du conglomérat du Monte Arcuenlu, doit-avoir été en quelque sorte le prélude des grandes éruptions basaltiques, qui eurent lieu dans l’ile sans que ce conglomérat puisse être placé 'dans la catégorie des vjgis basaltes. D’on autre côté, il y a une grande analogie entre ce même co’ngloméral et ceux, dont spnt formés les Ilots de là Vaoca et -du Yilello, que nous avons vus se lier d’Unc. manière intime avec les conglomérats du traphyte amphibotique de SerretiU, de Monaslir et du cap Pida; et par contre, nous ne voyons rien de .pareil 'dans les grandes masses basaltiques qui feront l’objet du chapitre suivant. Toutes ces raisons nous engagent à maintenir le conglomérat de l’ylrcuentu dans, la catégorie où nops venons de -le placer.
Celle classification e$l encore justifiée par la position topographique de la chaîne de VArcuenln, qui s'alligne d’une manière remarquable avec les monts de trachyte amphiboliqne de Siliqua et du cap Pula. comme on peut le- voir, ligne. E F do notre planche II b, fig. 7. Nous ferons encore remarquée que la ligne droite formée par ces trois points est à^peu-près parallèle à colle qu’on peut tracer sur celle même fignrq, en liant le groupe de Saerrenli avec celui de Monaslir. On serait tenté de croire que les rapports de- ces 'groupes entre eux ne sont pas lout-à-fait casuels' et qu'ils doivent leurs positions respectives à l'effet d’une ancienne ligne do fracture préexistante dans le sol de celle partie de l’Ile. Nous nous réservons de traiter ce sujet dans le chap. XVII.
Nous allons maintenant traverser de nouveau la grande vallée du Cnmyidann, pour nous diriger d’abord vers Sar-
«AaDAR*. CANTONIKRA DI MIMSOHO. ALB8. 581
dara. Lorsqu’on sort du village de ce nom vers le nord, en laissant à gauche la ronte royale, on- trouve un chemin pour gra,vir*le monticule, qui domine le pays -de ce côté; sur ce même chemin, à peine on commence la montéio, on voit -une répétition de ce qui a élé signalé dans le village de Nuraminis (I), c’est-à-dire, un mélange de roche noire et de calcaire blanc farineux. La roche croire^ est amphibolique et elle passe à la wake en s’injectant dans la marne tertiaire , en gujse de conglomérat, en veines et ën forme de réseaux noirs, qui se dessinent sur la blancheur de la- pfarne pulvérulente; tandis que cette dernière substance forme des veinules blanches dans le conglomérat •noirâtre. Totis ces, accidents éloignent la roche dont il s’agit de -la catégorie des Iracbylcs anciens et de celle des basallës proprement dits.
En'éontinuant à parcourir la grande route royale de c,,ioHier. Sardara à' lV«, lorsqu’on arrive à la Cantoniera di Mo^ ■!' vejor.. goro, après avoir traversé une coulée basaltique, qu’on rencontre sur la route même, on voit^ tout en face de' la maison du cantonnier, le même conglomérat, qui se trouve ^ 'Nuraminis et à la montée 'de Sardara, reparaître dans la marne tertiaire avec les mêmes accidents ; derrière Cette maison il existe une ponte assez forte vers la vallée, qui laisse voir davantage le mélange de&deux roches.
Du pont de Mogoro, qui se trouve au bas de la des- EiKirMu ceAte, si l’on dévie à l’est de la route royale ppur prendre le chemin d’Ales^ en passant par Mogoro, Masullas et Pompu, on retrouve le conglomérat noirâtre passant aussi à une espèce de wake et rempli de veines de carbonate dé chaux; cette roche paratt avoir pénétré et modifié en plusieurs points la marne tertiaire, qui tantôt prpqd elle-même une teinte noire, tantôt elle conserve une belle couleur de bleu clair. •
(1) VovM ci>Hoi««us page S.tü.
MS CHAP. XIV. — < TRACnrrSS amphwol. et phonoi..
r.i.iuau Avant d’arriver au chitleau do Itanunelu, celle même dr R„nanrii. Hoirc pcccc de nouveau à travers la marne el elle
se décompose en boules; au bas du château, dan» le paisseau, elle prend une structure tabulaire et elle passe à une roche pareille à celle du cap Pu!a, du MoiHe 01ladiri de Moruutir el du château A'Osüe, c’est-à-dire, au phonolite. • , •
^irs cl M. Arci. Nous croj’ons avoir rencontré la même substance dans (.hohuimquc. le village A' Ale», quoique nous ne la confondions pas . avec une roche analogue, 'qui se présente en forme de filon et dont il sera question dans le chapitre suivant. Ge qui est positif, c’est qu’à la partie orientale de la base du Moule Arci, vers Aies, . on voit une roche phonolilique, qui lient en quelque sorte le milieu entre le. Irachyle amphibolique elle basalte; l’échantillon que nous en avons pris el qui figure dans notre collection avec le if° r39, est désigné dans notre catalogue comme .un- phonolite passant au porphyre trachilique stratifié; sa couleur est brunâtre; sa structure el le son qu’elle rond sous le marteau nous engagent d’autant plus à la classifier dans les phonolites (pareils à ceux du cap de Pula, de Monastir, des monts Pfarcao et Essa cl A'Osilo) qu’elle ne renferme pas de péridol, qui est un des éléments caractéristiques du véritable .basalte. ,
Sa postlion Celle roche forme aussi une espèce de plaleau horiprubable. zonUl, qui domiée le .chemin que l’on prend ordtnairemeiil pour se rendre d’A/e* à Villa Urhaua, sans passer par la montagne; elle parait hvoi'r coulé comme une lave sur le lerrafn ■ tertiaire subapennin. Si nos obsoryations sont exactes, celte roche serait sortie d’une espèce de monticule, qui p.ofte le nom de Monserrau (ilomerrato), que l’on trouve lorsqu’on se dirige, par la grande montagne, A' Aies à Villa Urbana^ sans passer par là plaine. En ce lieu on voit un groupe de petits eùnes un peu arrondis, qui s’éloignent, par leurs formes et même par leur composition minéralogique, de tout re que nous avons
M. lUtlAD.. NOMS.
observé dans les points de l'tlo, où noos avons cru reconnaîtra un ancien émissaire de véritable lave basaltique. Ces monticules accolés les uns aux autres se composent d’on conglomérat, qui rappelle un peu ceux du Monte Arbus, de. S. Antioco et de rdrcueiitii.
Nous sommes cependant ' portés à regarder ce lieu comme' étant celui d’où serait sorti le pbonolite des environs d'Aios, car il se trouve sur le prolongement d'une ligne, 'qui, tirée des monts de Monaslir à ceux de Serrenti, irait finir ù Tranunza, en passant par Muros; toutes ces localités sont indiquées le long d'une ligne ponctuée C D sur notre 'planche 11 b, fig. 7, comme se trouvant sur une ancienne ligne de fracture, le long de laquelle auraient surgi les roches qui nous occupent.
Le lien dit Mwot, auquel nous allons passer, en suivant la ligne indiquée ci-dessus, se trouve dans le territoire de Siapiceia, près de Vif/a Vrbtna; nous y recueillîmes d’abord une roche pbonolitique e 30 absolument semblable à celle des environs d’dfes n’ e 99 ; celle de if«ro« 86 divise pareillement en plaques minces et elle est très-sonore sous je marteau ; sa couleur est aussi d'un brun-foncé; elle contient des cristaux.de pyroxène, qu’on prendrait d'abord pour du péridot.
Ce pbonolite bien caractérisé c 30, passe à une variété brune toute parsemée de petits points étoilés, de couleur plus claire e 31 V^e qui le rapproche de certaines laves basaltiques, dont nous parlerons dabs^le chapitre suivant (1 ) ; mais ce qu'il y a de remitrquable c’est que cette même roche passe à son tour, insensiblement, à une obsidienne noire-opaque e. 39 , cqntenant .de minces cristaux de, quartz vitreux blanc et que cette obsidienne devient souvent très-poreuse, ayant ses vacuoles alongées dans
Renvoi
k h pl. Il », •b- 7*
Pb«moUle>
PaMice k l’obeidienoe.
(l) Vojei les {lièccs a 9. 31. 37. 33 de noire ralalo^ue.
9a qualité. *
Conatofrtém de Ta route prêt
de 7>«ot«sm.
8e Detve
et M poaiiion top«grapliic|iie.
584 CHAP. XIT. — TÉACRrrCS .AMPBIBOL. BT PHONOL.
un seul sens «33; ce qui lui donne tout le caractère d’une obsidienne en nappe. '
Celte obsidienne fond en émail gris-brun; elle se distingue essentiellement de celle de la région de Sohnixeddu du Monte Arci, dont nous avons fait mention ci-dessus, page 501, soit par sa grande opacité, soit par son gisement; celle de Muros parait avoir coulé à l’air libre; l'autre forme un ftlon, ou si l'on veut, une couche dans le trachyte ancien.
Du plateau de Muros, en suivant toujours la même ligne C D, pl. 11 b, figure 7, dans la direction NNO, on arrive à la route royale, en face du village de Trmasia, au. point où cette route est ouverte dans un conglomérat, qui rappelle d'une manière fra]qiante celui du M. Arbtu de S. Anlioco et même celui du Monserrau; cette roche, que l'on ne doit- pas confondre avec la lave basaltique de Bauladu et des lieux voisins, est une pierre toul-à-fait à part.
C’est un conglomérat formé de noyaux arrondis , - dé nature trachytique noirâtre, tous pétris de cristaux d’amphibole; ce que nous n’avons jamais remarqué dans les roches basaltiques et encore moins dans nos trachytes anciens de la Sardaigne. Cette distinction est pour nous d’une certaine importance, car ces cristaux d’amphibole, disséminés dans une pâte noirâtre feldspathique , forment un des caractères principaux des trachytes les plus récents de, nie, c’est-à-dire, de ceux^ qui sont postérieurs aux trachytes anciens et probablement contemporains de la formation des terrains tertiaires pliocènes. Nous sommes d’autant plus portés â maintenir cette classification du conglomérat dont il s’agit, qu’elle se trouve gppuyée par des considérations topographiques. C’est ce que démontre, â nos yeux, la simple inspection de notre egrte géologique et celle de notre fig. 7, planche 111). En effet, l’on voit le conglomérat de la' roule près de Trdtnazsa s’aligner assez bien le long de la ligne CD, tracée sur celle
TftâMAStA* MONTB CUCOIIIA.
Li|nr t fncturr.
figure, avec les localilés décrites ci*dessus, depuis Te plateau de Muras jusqu’au groupe Iràchylique des ertvirons de Monasür.
Si, en voulant suivre la recherche de>ccs terrains audelà de Tramasfa, nous nous dirigeons toujours dans le 'sens de cette ligne ponctuée C D iig. 7, nous ne rencontrerons, depuis Milis, que des coulées basaltiques; celles-ci étant plus modernes que les roches qui nous occupent, pourraient bien recouvrir quelques lambeaux latents de cette espèce de conglomérat Irachytique et amphibolique; mais ce qu’il y a de positif c’est qu’en pourx suivant toujours la môme ligne C D, rapportée maintenant sur la planche VIII, on- la voit arriver à la grande ouverture du Moule Ferru, dans laquelle est bâti le village de S. Lusturgiu. Nous nous résen’ons de revenir sur cette coïncidence de direction, dans notre chap. XVII, lorsque nous traiterons des lignes de fracture, que nous avons cru reconnaître dans l’tle et qui s'emblent avoir joué un rôle important dans sa constitution géologique et topographique.
Si, au contraire, du point de la route royalér où nous avons- signalé le conglomérat de trachyje ampbiholique des environs de Tra,maua, on voudra rencontrer vers le nord un terrain analogue, on n’aura qu'à suivre pendant longtemps cette même route royale, en foulant presque toujours des roches basaltiques. Lorsqu’on sera arrivé* auprès -de l’église de CabbuAbbas, entre Itonorva et Torralba, on prendra l’autre route, qui conduit à la ville lïAIghero, en pàssant .par les villages 'de Tiesi et d'Iliri.
C’est précisément sur cette route, également royale, 'que la roche Irachytique amphibolique se moptre de nouveau • à l’œil de l’observateur, déjà exercé dans l’étude de ces tmains. • •
Cette roche est surtout visible au bàs de la montée, p«uiion <t
. . ^ compoilltoo.
qui de Tiesi conduit a la Cafi^omcra ai Cucumia, autrement dite del Piano di Tiesi; elle se distingue ^au premier abord
Trecbytr am|^ibolir|ur dr Cttcumtm.
iMC CHAP. XIV. — TBACmtTBS AMPBWOl.. BT PHONOL.
' du trachyle ancien, avec lequel elle se trouve en contact, soit par sa tciulance à se former en conglomérat et à prendre la structure globuleuse, sort par les veines de carbonate de chaux qu'elle renferme, soit enfin par son passage à une roche amphibolique porqusc, remplie de stylbite cl même de cristaux de. quartz; ce qui l'éloigné' tout-à-fait de la nature des traebyles anciens de la Sardaigne et qui l'assimile, au contraire, aux trachytes plus modernes de Pula et de Mona^lir. ;
5«i viriiflés. • Ici-, comme en ces deux localités, on peut distinguer dèux variétés de celle roche, une phonolitique , l'autre zéolitique. La première est un phonolitc brun-noiràlre, sonore sous le marteau « 34, qui prend tantôt la structure labulàirc, grossièrement feuilletée ou imparfaitement prismatique et qui tantôt se décompose en boules ; l'autre est' une roche infiltrée et pénétrée de substances quartzeuscs, calcaires-, ou de zéolites «35.
Sj ■iinililudc. Il est facilé de voir que ce trachyte amphibolique est absolument pareil à celui que nous avons décrit plusieurs fois dans ce chapitre. La présence de filons calcaires dans le terrain de Cucumia est pour nous un. argument important pour placer celui-ci dans la catégorie des roches do Monaslir et de Sarroc, où l’on 'voit aussi ces veine's calcaires, qui manquent absolument dans les trachytes anciens. Au. reste, si par. sa composition minéralogique ‘celte roche se rapproche de’ celles décriU-s précédemment, ses formes ne sont pas tout-à-fail analogues à celles des monticules de ces autres localités; pous en trouvons la cause dan's la position rêlalive des deux trachytes , qui ‘se trouvent en ce point en contact ejilre eux.
Si poiiiiaa Au bas de Cuçumia la matière du trachyte amphibolique et phonolitique n’est point .venue au jour librement, comme dans les régions de l’tle, où cëlle roche a formé des groupes de monticules coniques^ mais elle parait avoir surgi au-dessous d'une grande masse' de trachyte ancien et (le calcaire lcrUaire, dont* elle* n’a pu se dégager qu'en
■Oim GOCOHU. OaiLO. iSl
soulevant ces terrains à une certaine ékivation; ce qui constitue le Monte di Cuciimia. Elle n'est güCrc visible, Ig long (le la route, qu'au bas de ce plateau et sur ses lianes; dans tqus les autres points elle disparaît complètement sous les trachytes anciens. Quoiqu'il en soit , l'examen approfondi, que nous avons fait de. cette localité è plusieurs reprises, ne nous permet pas d'assigner à la rocbe dont il s'agit tinc autre' place que celle que nous lui donnons, dans l'ordre chronologique de classification 'que nous avons adopte pour les terrains de l'Ile.
La dernière localil(!r, qui nous reste à signaler pour cr..up« ao«/u. compléter ce chapitre, c'est le groupe de monts appartenants au territoire d'Osilo, village considérable, situé à l'eât de Sassari, dont ils sont éloignés^ de 12 kilomètres environ-; et c'est de cotte dernière ville que nous ferons partir le géologue qui voudra visiter, le marteau à la main, cette région intéressante qui mérite d'occuper une place importante dans la géologie de la Sardaigne.
Pour éviter des répétitions superflues, nous supposerons snn >i|>rri que le géologue a déjà fait connaissance avec les terrains ' que nous vcnoi)s de décrire dans ce chapitre. Lorsqu'après avoir pris la route qui conduit de Sassari à Osi/o, il aura marché, pendant une heure sur une surface à-peu-près |)lànc, QU du^ moins peu ondulée et très-stérile., formée de calcaire tertiaire marneux, il verra le sol changer toutà-coup d'aspect, sitôt' qu’il aura dépassé la Fonlaiia itel Fieo, dont il a été question dans le chapitre VllI, page 317; alors il verra se prés.enter devant lui trois monticules èoniques , dont les formes rappellent celles deS groupes de Monaslir, de Serrenti, de Siliqua et de S. A/iehe)e (tArenas -(voyez planche V, fig. 4). .
En quittant le banc de tcrraiir tertiaire contenant les nihuiscutellcs et les discorbites de la Fonlana del Fico, il verra d'abord en place quelques lambeaux, soit de Irachyle ancien, soit 'de terrain tertiaire, puis il se trouvera transporté sur une roche noirâtre un peu cellulaire, contenant
58t) CBiP. XIV.
TMACflTTES AUPBIBOL. ET PHOXOL.
des cristaux d'amphibole et de feldapath blanc; ejle est pénétrée de stylbile et d'apopbilite et elle est remplie, dans ses üssures, de cristaux de quarto c'3(>; celtc-rocbe lui rappellera tout-à-falt celles de Monastir, de Pula et de' Cucumia; et pour qu’il ne manque rien à ces rappro-^ chemeats, U verra ce même traehyte ampbibolique être traversé^ par des veines de carbonate de diaux et de quart^G'qst sur ce 'terrain 'qùe^pmmencc la montée qui conduit à O$ilo, coriimc on peut le ‘-voir dans notre pl. V, fig. 4. * , . ' • .
R<ui>>an Cé village est place sur le monticule le plus senten-
dp» trui» piiiiPi.v ^ '
Irional-, sur la rime duquel sont les ruines d’nach&tcaa du moyen-hge , dont l'altitude est de 650 métrés. Sur son côné le plus méridional s'élève l’église de No$lra Signora di nôtiaria, où nous plaçâmes notre signal Irigononiétrique, qui compte 763 mètres au-dessus du niveau de la mer; et entre ces deux cônes se trouve celui du milieu, qui est moins élevé et sur lequel se trouve l'église de S.' Antoine. Ces .trois cimes sont réunies à leur base, tandis que sur leurs côtés et sur les flancs des valipns. qui jes séparent, on voit s'élever d'autres monticules, qui corrigent un peu la trop grande régularité qu’oITrirail dette topographie. La réunion de des mamelons arrondis aux trois cônes principaux forme on groupé monlueux, on fortement'ondnié, dont la physionomie trahit de loin à l'mil exercé du géologue , Lorigine ignée des buttes qulil doit visiter. . ‘ '
rhonnlitr. Remarquons bien que la cime du château d'Osifo, celle de l’église de lionaria et même, si nou^ ne trompo'ns pas, la butte de S. Antonio , ne sont pas formées de la môme variété de roche, que l’on rencontre au bas de’ la route, en montant de Sassari au village. Celte dernière roebe se présente, comme nous l’avons dit, en gui^e de conglomérat fortement raboteux à l’exlérieur ,. composé aussi bien que ceux de .Vonoshe, du Monte MannU de Serrentt cl de Siligiia, de noyaux empMés confusément par un
• OSILO, • . '689
cioienl lanlôl suliile, lanlôl cint^ri/ormc. C'est celle roche qui contienl les zéoliles et qui esl traversé*; par les veines calcaires; celle -du çhitleau et de la butté de Jlonaria est, au contraire, homogène al d'un brun noirâtre c 37 ; elle résonne forlenenl sous le marteau et elle se divise d'ellemème en plaques ou on prismes irréguliers, de façon que, par sa composition et par son aspect extérieur, il nous esl impossible de la séparer de celles du cap de fu/o, de la cime du Monle Olladiri de Moimlir, de la base de Cucumia et même de celle des liions des monts Nareao cl Essa; c’est j)ourquoi nous la considérons comme un porphyre trachylique à base d’amphibole, contenant dès cristaux de feldspath lamellaire et passant au véritable pbonolite. C'est principalement dans les fentes de celte pierre que l’on rcncpntrc l’enduit de quartz cris- Ulliaé; dont il a été question ci-dessus. Ainsi nous voyons à Ogilo , comme au cap dç Pula , cbmme au Monte Olla/Hri de AfonasijV’el comme à S. Michèle. tTArenag, une roche de «Iruclure bomogène constituer le noyau et la cime d’un groupe^ de. monticules formés de congipmérals.' •>
A spn contact avec les dépôts tertiaire^, le lerrain'dont sapo<>i>oD il esl question., présente ides particularités sur lesquelles deV catcairri imus appelons rallenlion du géologue. Les assises. calr caires, qui. lui sont adossées, sont coupées à pie du côté où parait la roche ignée; on y voit de toutes parts des escarpements verticaux (qui sonf formés par les extrémités des bancs tertiaires) être .coupés perpendiculairement à leur plan e1 faire face au point que l'on pourrait Regarder comme le centre topographique du groupe éruptif (voyez figure i de la planche V). Ceci, joint à tout ce que^ nous avons observé dans les autres régions de rtje,
4)û la roche pareille à celle dont il .s’agU, se trouve' en contact avec les dépôts subapennins, nous engage, à regarder cés derniers terrains comme plus anciens que la roche A'Oiih.; quoîqu’à tout dire nous n’ayons jamais observé de traces de métamorphisme, ni de modification
Clltf . kiv. — TKACHYTKà AMPHUOL. ET PHONOL.
iNÜlt uHtf (le <l«*lermin«*r tou igr
quelconque dans le calcaire, à son point de contact avec le trachÿtc eu question.
Mais 'ici se présente une grande difliculté: celle de concilier celte détermination des âges relatifs .de ocs deux roches avec ce que nous avons dit dans notre chap. VIII, page 315, au -sujet -du dépôt tertiaire du Noraghe de s» Palailn, qui se trouve- à fort peu de distance. d’Osi/e. Le lecteur se rappellera que nous avons- signalé en cet endroit ^ avec des bancs à discorbiles et scutbHes, des galets arrondis d'un trachyle amphibolique paréil à celui d'Otilo cl .de Muiiastir. Coinniciil donc est-il possible de coordonner ces deux faits, qui semblent se repousser, si réellement la roche, qui aurait fourni ces galets, serait celle qui se montre au bas cl autour du cône - d'Osilat Comment supposer qu'une substance, dont on voit les fragments roulés enveloppés dans les assises inférieures d’un terrain stratifié, puisse être regardée ensuite comme la cause du soulèvement de ces dépôts forteipcnl développés cl qui.alteignenl jusqu’à 200 mètres d’épaisseur? Poisiltiliti( (l4< En premier lieu il n’est pas prouvé que les galets de um!w‘X'h< sa l'atada, qui. figurent dans notre collection avec le n°/64, proviennent positivement des monts d’Ow/rf^ quoique la matière 'dont ils sont composés soit identique avec celle que l’on rencontre à la montée, au-dessous du villagé de ce uoin , cl que ces dcu^i localités soient voisine^; en second lieu, qomnie il est prouvé .qu’il y a en sur le continent européen/ a différentes époques, des émissions de roches- semblables enlrc‘elles, par exemple-, eellcs-des serpentines, rien ne s’oppose à ce que Ic’lracbytc.d'Osdo ail jm paraître à différentes reprises: une première fois, pendant que se déposaient les bancs jnféricurs du terrain subapennin; cl ensuite plus tard, lorsque ce même Irachyte souleva et disloqua les terrains calcaires qui avaient déjà pris un grand dé,veloppèment. l.rT'it'/'rÜîü Celle question rlous ramène loul-à-fail à celle du mont >n «' “iwiiiu. Arcuenin et de Vnnlanofrin, page 289, où nous avons Vu
àCE DE .CBS TEJtCHVTES. 59t
(es tlçbris (le Jtasanitc furmor Jes assises inférieures du terrain subapennin de la cùle, tandis que le calcaire tertiaire dç Gennarwjlie repose sur le tufà ponceux qui recouvre les schistes siluriens; et tandis que tontes les roches de cette contrée, hormis le prés' quÿtej^naire, sont traversées par des filons ou des dykes basaltiques. Il est évident que si les fragments de roche volcanique, qui se trouvent dans' les bancs tertiaires subapennins de la côte de Fonlanaecio, indiquent que 'leur âge géologique est antérieur, ou du moins contemporain à ces dépôts, les filons basaltiques, qui percent â travers de ces mémés terrains, doivent être plus récents que les fragments en qtfestion.
Mais il se présente une autre remarque importante à u rorhe faire; c’est qu'à Ori/o, comme àu Monte OHadiri de Mo- ^nrn!t'?rr° Boslir, comme à S. Michel d’Arem* et en cTftutres loca-'’iê' cuugloniérat lités' indiquées ci-dessus, la roche phonolitique, d’apparente basalticpie , occupe le centre du groupe dont el|e forme la cime la plus élevée, ce quf pourrait faire penser, que son apparition serait postérieure à cellé des conglomérats, qu’elle semblerait en quelque sorte avoir traversé. Dans ce cas très-possible, le porphyre trachylique avec' zéolitè d’Osilo pourrait fort bien avoir été injecté à une époque plus reculée que le pfaonolite'dn château et forsqüe se formaient les prenfières assises des dépôts subapennins, qui renferment des cailloux de cette roche au bas du • Noraghe de *a PtUada, tandis que le phbnolitc, qui percç à travers ce conglomérat, serait sorti de l’intérieur de' la croûte terrestre, dans -un temps plus réceat) lorsque les dépôts subapennins étaient* entièrement formés. En deux mots, c’est la roche phonolitique du château d’Orifo et de Ip butte de Bonaria qu’ôn devrait envisager comme la véritable matière soulevante et non le conglomérat cà zéolile ; ce qui , au reste , est fort naturel; car une roche pâteuse, fracturée ‘Cl .divisée en rognons ou en fragments, comme est cette dernière, ne
Cuincideoce de» dûectiuMi.
Rocb«i
touUvaDlct.
Période d« leur •ppaxition.
59i CHAP. \IV. — TKACHYTBS AHPHIBOL. ET PHOVOL.
saurait donner l'idée d’une force d’expansion comparable à celle d’une matière également incandescenle , mais homogène elrà pMe serrée, comme se présente le phonolile de celte même région.
Remarquons eif outre que la roehe phonolilique de la cime du M«ntc Olladiri de .tfoimstir ‘(1), -qui est en tout semblable à -celle de château d'Osilo et de l'égKse de Bomria, se présente en guise d’un filon qui perce à travers le conglomérat de tracbyte amphïbolique avec zéolile , dans une direclio'n qui est à-peu-'près' celle de l’arètc principale de l’/lrcuenfu cl de la traînée de roches pho^ nolitiques, depuis Trama%za jusqu’à Monaslir (2); c'est la' même qui existe entre la butte du château d’Osi/o et celle où surgit l’église de Nostra Signora di Bonaria [3],
Il est donc fort probable, d’après tout ce que nous venons de dire sur les terrains qui nous occupent; que les roches soulevantes des groupes du trachyle amphibolfqiie de la Sardaigne sont ; i ° pour le promontoire de Pula et pour les monts de Monaslir et d’0«7o, le phonolile * 7. 3.7; 2° pour, les monts Narrao et Essa, une roche analogue à la précédente, mais qui s’approche déjà* un peu du basalte « 24. 26; 3“ pour, ceux de S. Micliek iTÀrenas, du château de Yillamassargia [Giyosa Guardia) èl ’du M, Exî, un porphyre am[diiboli(|ue, passant à la dblérile, c’est-à-dire, le Pcfteri • 20. 20 bis. 21 ; 4” eii6n, pour les conglomérats de l’/lrcMefi/M, un -vrai basalte, qui à celte époque ne se serait pas encore répandu en nappes, mais qui n’aurait encore paru qu’en forme de dykes.
■ 'Or, comme nous croyons avoir démort tré que les frachyles auciens dé la Sardaigne sont plus récents q^ie les grès et les puddingues, qui constituent dans file les der-
(t) Voyeï ci-desgns page 555. .
(S) Voyea fig. 7, ligne A B de la planche II 6.
(3) Celle direrlion llolle enire N-S el NMO-SSK. •
ounAir »B BmTBi. , 603
nier; termes des dép6ls dcJ’é|ioque cocène des environs d'igletias; tandis, que ces Itachyles sont inrailliblemenl antérieurs aux terrains tertiaire , -moyen et supérieur; il s'ensuit que les trachyles, qui ont fait l’objet de ce chapitre, doiveiit prendre place, comme roches d’origine ignée, entre les trachytes anciens de la Sardaigne cl les grandes coulées basaltiques, qui recouvrent en celte tie les assises'Ies plus récentes du terrain subapennin; ou, en d’autres termes, il s’ensuit que l’apparitipn dans celle Ile des trachyles les plus récents et des conglomérats,. qui se.benl avec eux^.a eu lieu durant toute la fwriode pendant'luquelle la mer déposait les terrains dits 'subapennins, ou pliocènes.
NS. Nous avons omis à dessein d’insérer dans la catégorie des trachyles amphiboliques une roche qui forme une hutte isolée au -milieu du Irachyte ^ancien . et du terrain. tertiaire , dans la région comprise entre les villages de Giave, dë Romana, de Monteleone et de Mara. Sur sa cime on voit les restes de J’ancien château dÜ-de Boiwei, ou Bonvigjiitto (bon voisin). Nous n’avons pas eu occasion depuis bien des années de visiter selle localité,. entourée de forêts presque vierges e( impraticables' mais d'après les notes que nous avons prises en 1823, lorsque nous passâmes an- pied de ce châ^jeau-, et d’après ce que notre mémoire peut nous fournir au sujet du monticule sor lequel il so trouve, noos sommes portés à croire s]ue fa roche pfaonolilique,. qui un peu plus vers le nord parait au jour sous la montée de Cucupiia (t) , n’est pas étrangère à cette petite monlagoe. Sa forme élancée et conique ^qui est celle des monts Olladiri et d’Oiilo, composés d’une même roche, s’éloigne à la fois de celles qu’affectent les trachytes anciens et les basaltes et plus encore
(i) Voyez ci-desfus page 586. *,
Cbiteau d« Bomift.
501 CHAP. XIV. — TVACBTTBR AMPBIBOL. Et PBONOL.
de celle des cratères éteints qui abondent dans toute cette région, ^ous ne pouvons rien nlirG d’exact sur la composition minéralogi.que de cette butte • de Soncet ; mais nous la signalons à^^étudG des géologues qui visiteront après nous leS terrains de l'Ile , peur qu'ils (>uissenl remplir cette la'cune involontaire de notre part. Tout ce que nous trouvons de noté, dans nos cahiers de voyage, sur cette petite montagne conique isolée , c’est ’qu’ello est formée de roche dite plutonique et que la partie dü sol Voisin, qui en est séparée du cèté du, nord par Iç torrent, présente des formes de colonnades basaltiques très-prononcées. Cette dernière roche avec la division prismatique pourrait, ap reste, être étrangère au monticule du château de Bônvei et appartenir à la coulée de lave bien plus moderne, sortie du cratère éteint du 'üfonle Ctfstangia, dont il sera question dans le chapitre XVI. Toutefois nons avons inséré le monticule dont il s’agit dans la figure 7 de notre planche 11 b, où il se trouve placé, relativement à la roche de Cucumia\ dans une direction approximative du sbd au nord.
Il est bon de remarquer qu'en partant du conglomérat de Tramaita, où nous quitterions la ligne ponctuée C D de la bgure T, pl. 11 b, pour, prendre la ligne méridienne A B, qui nnit en quelque sorte les trachytes ampbiboliques d’Osi/o avec ceux du .^château de .Villâmassargia et dit Monte Eisa, et qu’en tirant une ligne parallèle à celle-ci dans le .même sehs, on réunirait à-peu-près sur èétte ligné les points de Tramazza, de Bonvei, de Oucumia. et du Noraghe de m P«<«da,,où, comme nous l’avons vu ci-dessus, le porphyre traebytique amphibolique forme, en guise de galeUs, la base dù sol tertiaire. Il est possible que l’apparition d’une même roche le long- de cette ligne soit l’effet d’une ancienne fracture préexistante, qui sq rattacherait au mouvement dans le sens. N-S, dont nous avons déjà fait mention à plusieurs reprises et sur lequel nous reviendrons dans le chapitre XVII,
■ MOimS CBMOU Mi OOSPINI.