CHAP. XV. ~ ROCHES RASALTIQCIES
O) ne iulcrk’tir.
OriKÎiie (le aoti nom; «a similitude.
c’est d'abord une roche scorifiée, qui recouvre les marnes et les sables jaunâtres tertiaires; ces déphts ont subi aussi une espèce d’altération et de cuisson; bientôt le basalte devient plus compacte et plus serré et il prend la même structure tabulaire que celui d’Orotet, dont il est impossible de le séparer minéralogiquement; mais ici la nappe basaltique , qui est borizontal'e sur le bord du plateau, s’élève graduellement et elle se plie en quelque sorte sans se rompre, pour former un petit cône extérieur dont les pentes peuvent être inclinées de 15 à 20 degrés; son élévation n’excède pas dix mètres. On ne remarque entre le basalte du plan horizontal et celui du cône extérieur aucune fracture ni solution de continuité, de fa^'on que ce cône n’est pas -une protubérance juxta- |)osée sur la lave basaltique, mais l’effet du bombement de celle-ci; qui à quelques pas plus loin tout à l’entour du cône, conserve sa parfaite horizontiilité.
' Lorsqu’on a gVavi la pente extérieure du Mortale, en y montant, par etemple, du côté 'de l’ouest, on voit le basalte compacte et tabulaire former une espèce de rebord ou glacis, d’où Ton descend dans un petit vallon ou fossé semi-circulaire; à peine- on y arrive, on recommence à gravir la pente d’un second cône, mais celui-ci est formé d’un tassement de scories rougeâtres; et lorsqu’on est panenu à son sommet, on y voit une cavité circulaire tournée vers l’est et ébréchée de ce même côté; de là part une espèce de coulée de la même roche, rouge et Imnrsoufllée, qui s’est répandue un peu plus au loin sur la nappe basaltique. Il est impossible de voir plus clairement un véritable petit cratère, d’abord de soulèvement , |)uis d'éruption.
Le nom, que les gens du pays donnent à cette double butte, lui vient de sa similitude avec un mortier à bombe, appelé en sarde .v» Mortale (le mortier); similitude qui ne manque pas de justesse, comme on peut le voir dans nos deux dessins, planche VI, figures 4 et 4 his. Quant à
UOftTALE.
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nous, nous. lui trouvons une autre similitude et nous dirons (fue le cône intérieur formé de scorfes, qui surgit au milieu d'un autre cône ébréché, dont il est séparé par un petit vallon. semi-circulaire, nous rap|tellc en miniature les formes et des rapports réciproques du Vésui’e et de la Sovma. D'ailleurs, il est impossible d'y méconnaître les caractères de ces cônes éphémères et spontanés , que l’action volcanique fait naître et qu’elle détruit journellement, sur les flancs ou dans les grands cratères des vol-» cans actuels.
Au premier 'abord nous avons pensé que la. matière qui Pru forme le plateau basaltique d'Ororéi, ainsi que celle dont fftie 11 lave se compose celui sur lequel s’élève le Mortale, aie pu dn”r.'te“n sortir de cet orifice; mais .en réOéchissant à la grande ce point, disproportion qui résulterait entre l'étendue de la lave épanchée et l’exiguité de l'ouverture par laquelle la matière aurait dû se répandre en surface plane tout autour du cône extérieur et ensuite bien plus loin, nous avons dù nous borner à ne -voir dans le Morlale qu’un effet plus récent de la force éruptive, qui s'est opéré sur un point déjà recouvert par la lave basaltique. D’ailleurs, comment supposer que les bords du cône extérieur formés du mÔme basalte compacte et tabulaire, qui constitue égalemeôt le plateau, aient pu se relever ainsi sans avoir été poussés de bas en haut par une force capable de les soulever sans les rompre, en les forçant à prendre une disposition inclinée d’horizontale qu’elle devait être auparavant? en qui est témoigné par la structure tabulaire de tout ce basalte.
Quanf à la cause qui a dû former ce double cône, moj. nous l’assimilons volontiers à ce que ferait un doigt qui entrerait dans une boutonnière, dont les bords se relèveraient autour du doigt; on verrait alors l'épaisseur de l’étoffe soulevée, sans que celle-ci cesse de faire partie de la pièce. Si au contraire on devrait considérer la matière basaltique, qui forme le bord du cône extérieur.
DiflVrcntet
jicnofLfs il«< ta funiiatioa du àlorlalc.
Sou
lihrrrIicuirDi.
C5C CHAP. \V. — BOCHES BASALTIOUBS.
comme s’élant répandue sur une surface inclinée, en sortant de l’oriHce occupé par le cène intérieur, on aurait bien de la peine à se rendre raison de> la grande compacité de cette éoche, de sa division tabulaire et de sa parfaite identité avec celle qui forme la nappe horizontale du plateau; car nous pensons que la compacité et la structure tabulaire de ce basalte n’ont pu avoir lieu que par le mode dont la matière qui le compose a dû s’étendre et se refroidir sur un plan hôrizdntal ; il n’en aurait pas été ainsi, si elle eut coulé sur un plan ayuit l’inclinaison de la pente du cône extérieur; la roche aurait été bulléuse et déchiquetée.
Il pourrait se faire que dans la formation de cette curieuse bulle on doive distinguer trois opérations de la nature, qui auraient eu lieu à trois périodes différentes, savoir; 1* celle de l’épanchement en nappe horizontale de la lave basaltique, qui probablement couvrait d’une seule pièce tous les plateaux voisins, maintenant séparés, y compris celui qui domine Orosei; le point par où se serait opérée la sortie dé la matière à l’étal de Qnidilé ignée, nous resterait inconnu pour ces plateaux comme pour plusieurs autres pareils, dont nous avons. fait mention’ dans le cours de ce chapitre. 11 faut d'ailleurs nous rappeler de ce que nous avons dit relativement à une grande commotion et surtout à une grande dénudation qu’ont subies les nappes basaltiques de l’Ile après leur épanchement horizontal.
â** Celle du soulèvement d’une portion de celte nappe de basalte, qui se serait opéré sur un point de la coulée correspondant à celui occupé par la bulle du Morlaie.
3* Celle de rérùpü(tn postérieure, qui a entassé sur ce point les scories qui forment le centre de ce'monlicule par* lequel la même matière a coulé sur la lave plus ancienne.
L’ébrèchement des deux cônes du même côté n’est peut-être qu’un accident. Au reste, il est probable que
MOnTALK.
l'effort de la matière, qui s’est épanchée du cène central en l’ébréchant, ail pu également déterminer de ce côté l’échancrure faite au bord extérieur. '
Voici la section du Mortale, prise sur le lieu par M. de’ Vecchi.
Fig. 4 49.
f terrain .pliocène; b basalte compacte; b' basalte cellulairo; s scories Tralches et coulée postérieure.
r.ou|M*
(léiiKiuiitralite.
Le plateau basaltique du Mariait n'est séparé des autres plateaux voisins, qui se .trouvent au môme niveau, que par d’étroits vallons ou plutôt par des crevasses ; celles-ci paraissent avoir eu lieu après l’expansion et le refroidissement de la matière qui recouvre ces terrasses et qui fort probablement ne formait jadis qu’une seule coulée.
Cette coulée aurait pris alors une forme semi-circulaire, en s’épanchant sur le sol tantôt tertiaire , tantôt granitique, autour d’une colline composée de cette dernière roche.
La silhouette de ce monticule granitique entouré de ba- Moniuuio salle de trois côtés, nous a au premier abord singulière-* ment trompé; car, en voyant de loin ee mont conique aux formes arrondies (1) s’élever par-dessus la ligne àpeu-près horizontale des plateaux basaltiques qui l’entourent vers le sud , nous avons pensé qu’il ne pouvait pas être autre chose qu’un cône d’éruption formé de la même roche ; et ce n’est que lorsque nous nous y rendîmes pour
PUteaut
baaallH|Uft
voitiiia.
(I) Voyei Gg. 4, Icllrc G, planche Vi de, noire alla».
G58 C.IIAP. \V. — aOCHBS BASALTIQUES.
en examiner de près la structure, que nous reconnAmes la vérité. Nous citons ce fait pour mettre les jeunes géologues en garde contre une erreur que nous avons failli commettre et pour épargner à ceux qui nous suivront dans nie un marteau à la main , le désagrément de rencontrer du granité là où ils s'attendraient & voir l’aneien cône par lequel se serait échappée la matière basaltique qui couvre les trois quarts de la surface environnante. s.uuriad.uore. Le lleuve d’Oro.sci s’est ouvert ûn passage à travers ces
Punta Itfnt. i i . • ^ ^ .
plateaux basaltiques à base tertiaire. ou. granitique; cette lave l'accompagne jusqu'à son embouchure à Santa Maria di Mare. Le même basalte forme, enepre la falaise maritime de la Punla Ncra A'Orosei ; mais avant d'arriver vers le nord à Cala Liimrotta, on ne voit plus que granité et schistes cristallins.
Gnuei Ultra. Lorsqu’on se rend d’Orojci à Horÿa/i, on quitte ^bicntAt le sol alluvial de la plaine et bn rencontre une coulée basaltique, que le chemin traverse dans toute sa largeur; celle coulée parait s’ôlre étendue sur un plan légèrement incliné, en partant d’une gibbosité conique, dite GuUei Mura (1) que l’on voit sur la droite du chemin en question. C'est probablement à cet épanchement de la matière fluide, sur un plan un peu incliné, que l’on doit attribuer la structure lâche et poreuse de cette roche ; ce qui la distingue de celle des plateaux basaltiques d’Orosei, où la même matière, en coulant sur un plan plus horizontal, est devenue serrée et tabulaire. Cette différence de structure d'une même roche, qui a jadis été à l’étdt de fusion, dépendrait du mode dont elle s’est épanchée et refroidie; et en étudiant le Gullei Mitru; on pourrait reconnaître que la lave basaltique que ce cône d'éru])tion a versé à l’ouest, vers le Martine de Gullei, ayant coulé sur un plan à-peu-près horizontal, elle y est devenue com-
(I) Voyci Or. I, plaschc VI do noire allas.
DOBflALI.
pacte et elle alTecle la diTision prismatique (1), tandis que celle qui a coulé vers l’est et que l’on travers© en allant d'Orosei à Dorgali , s’étant répandue sur un plan plus incliné, elle a pris une structure bulleuse et boursoufliée.
En quittant cette espèce de plaine pour commencer la ii. de sk Jtau. montée très-rocailleuse qui conduit ensuite à /fergo/i , on trouve une chapelle dédiée à S. Jean, placée au pied d'un monticule formé d’ùn calcaire appartenant au terrain crétacé.'Ce monticule est entouré de touà les c6tés par la lave basaltique, qui y est arrivée de plusieurs points; de façon que la couleur blanche de ce grand rocher, surgissant comme un tlot, d’une espèce de mer de basalte noir, produit l’effet le plus singulier. Ce monticule prend le nom de Monte de lit Auzit (mont du bain). Effectivement il y a près de la chapelle de Sainl-Jean une source thermale chaude , sur laquelle nous n'avons pas pris assez de renseignements pour la décrire convenablement.
A partir de là on monte toujours jusqu’à Dorgali, en uomé< suivant la lave basaltique dans le sens opposé à celui dans lequel elle est venue, c’est-à-dire, en remontant sa coulée; elle est toute boursoufliée et même déchiquetée et tordue, de façon que l'étude de cette roche de la montée de Dorgali nous confirme encore dans l’opinion émise ci.dessus, savoir, que la même matière lavique en fusion prend une texture differente, selon rborizontalité ou là plus ou moins forte inclinaison du plan sur lequel elle se répand. Il est curieux de voir 'que pendant quelques heures de chemin et sur un esjiace de quelques kilomètres, qui séparent la lave basaltique compacte et tabulaire du plateau d’Orosei de la roche hoursouflléc de Dorgali, .en traversant la coulée légèrement poreuse du Gullei Mura, on puisse rencontrer toutes ces différences et remonter ainsi aux causes qui. les ont produites.
(I) Voyez ri-<lcS5Ui page 650, fig. 117.
£>4 Costa.
«léiAoaftraliv#.
INjiiliou da \Ulagr.
ùeo CHAP. XV. ^ -BOCHES BASALTIQ0E8.
Le cône basaltique qui surgit au point d'où évidemment est Tenue- au jour la coulée de Dorgali, qui cache pendant longtemps la vue de ce village au voyageur arrivant d’Orose», est adossé au flanc NO d’une montagne élancée, formée de calcaire crétacé , de façon que ia .teinte noire et rougeâtre du basalte et de ses scories, qui s’échappent de cette grande masse calcaire, et le blanc de cette dernière joche, forn>eot un contraste remarquable. Le cône basaltique , avec ses formes arrondies et douces , porte ,1e nom de La Cosia', le mont calcaire, qui l’a en quelque sorte enfanté, est de forme conique; c’est ce même Monte Ardia, qui se trouve représenté dans notre planche VI, fig. i. 11 est surmonté d’une croix à sa cime 1a plus élevée , d’où l’on voit vers l'ouest je village de Dorgali à vol d’oiseau. Voici une esquisse de ces monts, vus du côté opposé à celui que représente la planche VI, c’està-dire, (je l’ouest.
•Fig. 42Q.
Oorgil'i.
1 Monte Ardia avec la Croix de Dorgali et la Costa inr son flanc gaachej 9 Monte Tului ; 3 Scala Hominu priic de l'oneel; 4 Monte Erveri; 5 îlot du ifbnle de su Auzu entouré de basalte; g granité; c calcaire cretaoe; b basalte en coulée on en filon.
Dorgali est bâti (comme le fait voir là figure ci-dessus, purement démonstrative) sur la roche basaltique poreuse de la coulée de La Costa, toute plantée à vignobles; mais les maisons de la pa;;lic supérieure du village louchent déjà, soit à la roche calcaire du pied du Monte Ardia, soit
MROALI.
G4tl
au ^anile qui le supporte ; de façon qu’on peut dire que ce pays ^e trouve plàcé au point de contact de trois terrains formés de roches bien différentes et c’est de cet endroit seul que sortent les sources qui alimentent assez copieusement les fontaines du village.
Au reste, le système basaltique de Dornati ne se réduit Aoirw roBi<!«
’ * baulliqnes.
pas à une ^ulc coulée el au cône supérieur de La Costa, puisqu’on reman|iie dans Me territoire de cette commune d’autres cônes d’éruption et d’autres coulées de même nature, tant sur le versant occidental de l’aréte calcaire que sur son versant oriental.
A quelques pas du village, vers le sud, on voit une Mom» chapelle dédiée à Noxtra Signora del Carminé , qui est tidt's.'Tlmé. placée -sur un monticule basaltique < dont la matière a coulé dans la vallée même de Dorgali. La chapelle de S. Elmo est également bàtfc sur une butte arrondie semblable; mais là roche basaltique de cette localité prend plutôt l’aspect d'un filon que celui d'une coulée. Ce monticule se trouve au pied occidental du Monte Tului, qui est formé de calcaire cristallin à sa partie supérieure et granitique à sa base occidentale, comme II a été dit en son lieu. '
Lorsqu’on sort de la partie supérieure de Dorgali, poor Fiinn aller vers la Scala Homine» (escalier des hommes) cl que l’on est prêt à commencer cette montée singulière (1), on voit, à 5 ou 6 mètres de distance du sentier vers le vallon, un filon de basalte grisâtre, poreux,' infiltré de carbonate calcaire; il traverse le granité dont il enveloppe des fragments- anguleux très-alterés d 29 ; au point de contact des deux roches, celles-ci se sont tellement pénétrées qu'on dirait que c’est le granité qui s’est injecté dans le basalte d 30 ; en d’autres points le granité est tout crevassé et décomppsé de manière à être facilement' réduit
(1) Voye* clmpilrp V, pujçc 198.