CHAP. XV. — ROCHES BASALTIQDBS
CSJ
en sable sous la simple pression dos doigts d 3t. Nous n’avons jamais rencontré dans nos voyages une localité qui soit plus propre que celle-là pour étudier les effets que produisent les filons basaltiques, qui ^passent à traivers les roches plus anciennes.
BuUei rnnpii» Nous ajoulecons que ce même filon traverse aussi le
de rarbonete • * i •
ciciirc. calcaire crétacé, qui repose sur le granité; mais ce qui nous a frappé, c'est de voir que dans le point où domino encore exclusivement le granité, qui est placé naturellement sur un plan inférieur à celui de la roche calcaire, le filon basaltique n’a pas moins ses vacuoles tapissées de carbonate de chaux. Ce fait, qui s’expliquerait de luimême s'il avait lieu à quelques mètres plus haut, où le filon est encaissé dans la roche calcaire, devient trèscurieux et presque inexplicable à quelques mètres plus bas, où ce filon ne perce qu'à travers le granité. 11 est naturel de croire que le carbonate de chaux, qui tapisse les vacuoles du basalte , doit provenir dès molécules du calcaire voisin ; mais pour expliquer les vacuoles reraplfes de chaux dans le domaine du granité, il faut faire deux suppositions: ou que l’infiltration de la matière calcaire enlevée au terrain crétacé, qui est plus élevé de plusieurs mètres du lieu où l’on se trouve, a pénétré fort bas dans le filon même, ou que l’emplacement, où le basalte enclavé • dans le granité a été rempli de globules de chaux , était anciennement recouvert de calcaire , qui maintenant aurait été* enlevé par la dénudation:
crinaoi Mais ce n’est pas à ce phénomène seul que se bornè-
dc .tjibitc. observations en ce lieu ; car, outre les vacuoles
remplies de carbonate de chaux , nous avons observé , dans ce même filon basaltique, au point où il se trouve en contact avec le granité altéré, des cristaux de stylbite (1 } et d’autres silicates de cette espèce , dus proba-
(t) CfS cristaux de stylbitc furent êgalemenl reooriDus par M.
DOBOALI. CALA CONONE.
blemenl à l'aclion do cc môme filon sur les substances qui composent à la fois le granité et le calcaire voisin.
Nous avons également rencontré de la stjlbite dans le village môme de Donjah, dans une espèce de gangue calcaire, qui parait produite par infiltration dans le basalte bulleux et scorilié. Le lieu où nous rencontrâmes ces cristaux de stylbite se trouvait aussi au point de contact du granité, du calcaire crétacé et du basalte; de façon que l’on pourrait croire que, dans la composition de la stylbite, le granité a fourni la silice, et le calcaire, le carbonate de chaux , que faction du basalte incandesceod a changé^ en stylbite.
Lorsqu'on commence la montée de Scala Hommes , scaia Hcmmrj. après avoir quitté le filon en question, on on voit un second, qui traverse le calcaire dans lequel est taillée la Scala ; il est dirigé. N 8” E - S ,1 0" O. A son point de contact le calcaire est dévenu cristallin. Cette Scala est un chemin à la fois à gradins et à plusieurs rampes; c’est la seule communication qui existe entre le village de Dorgali et la mer voisine' c’est-à-dire, avec la Cala Comme (1). La erôte calcaire, qu’il faut franchir pour passer sur le versant oriental , est tellement élancée que la Scala, malgré .ses rampes et ses degrés, est d’une dilBculté extrême pour les chevaux et môme pour les piétons.. Nous avions proposé dans le temps aux habitants de Dorgali d’ouvrir à travers de celte crôle calcaire une galerie, qui aurait eu moins.de 80 mètres de longueur et qui aurait permis aux charriols d’arriver du port au village; cette galerie fut commencée, mais les travaux sont maintenant abandonnés, faute de moyens, cl le passage du pay^ à la mer reste comme il était, c’est-à-dire affreux, quoique
DelesM dans Jes ccliaDtillonK de celte lof alite, qui font partie de ooire collection.
(I) Voyez planche VI, tig 4.
Cmiti GonoM.
G6-4 CHAr. XV. — BOaiES BASALTIQUES.
asscx court. Dans notre fig. i, pl. \1, nous avons indiqué cette rampe vue de l’est ; elle est beaucoup plus abrupte sur le versant occidental, du cété du village.
Lorsqu’on arrive au sommet de cette Scala, qui se trouve dans un col, entre le Monte Ardia et le Monte Tului, on voit la mer presqu’à ses pieds; mais si la' .scène varie en perspective, elle ne change aucunement en nature; tout ce que l’on a observé sur le versant occidental de la montagne calcaire on le retrouve du c6té de Ta mer; c'est ce que nous avons voulu représenter dans notre pl. VI, tig. i. A peine on a opéré la moitié de la descente de ce c6té, au milieu des débris mouvants du calcaire du Monte Tului, on foule de nouveau la lave basaltique et on ne la perd plus jusqu'à la mer, c’est-à-^dire, jusqu’à .Cala Gonone. Ses bords rocailleux et basaltiques, de couleur noire, se rattachent à une .proéminence conique qu’on a laissée en descendant sur la droite du chemin; deux autres monticules arrondis, coniques, do la même matière, surgissent également des deux côtés de la route à moitié de la descente. Le pretnièr de* ces monticules est placé sur la pente •méridionale du Monte Erveri; il prend, absolument de' ce côté les formes et l’aspect de celui de la Costa iie Dorgali , qui sort du versant occidental ; son cône supérieur se compose d’un tassement -do scories noirâtres et scs pentes . sont formées de lave péridotique et Irasaltiquc boursoufllée. L’échantillon que nous en avons . pris tout près du port de Gonone et qui figure dans notre collection avec le n° aI 33, vient de cette coulée;* c’est un ' basalte gris foncé, un peu péridotique et poreux, dont les vacuoles sont tapissées de carbonate de chaux; il contient, comme le basalte de. la Frasca, de Paulilatino et de'.Vacomer, des fragments de quartz blanc fritté , qui fort probablement ont été arrachés aux roches anciennes, que la matière basaltique a traversées pour venir au jour.
Nous n’eômes pas le loisir de visiter upe grande grotle
CaOTTOüB.
(iCS
dont l'ouTerture se trouve au niveau de la mer, presque au-dessous d'un des monticules basaltiques dont il a été question, c’est-à-dire, au pied oriental du Monle Er- «eri (t). Il faut, pour s’y rendre, que la mer soit extrêmement calme, ce qui est assez rare dans ces parages; c’est pourquoi il nous fut impossible d’y entrer, mais, d’après ce que nous pûmes recueillir des habitants et des marins qui fréquentent cette cête, il parait que le basalte a fait également éruption dans cette grotte cakairé et qu’il y a eu, en quelque sorte, une rivalité'entre l’oeuvre des stalactites et des stalagmites calcaires blanches qui tapissent cet antre et celle du basalte qui s’est injecté en masses tuberculées et tourmentées de couleur noire; ce qui imprime à la voûte et aux parois de la grotte l’aspect le plus extraordinaire et le plus curieux. On donne à cette grotte le nom de Grottone, sans doute à 'cause dès dimensions de son 'entrée et de son intérieur. Nous regrettons de n’avoir pu la visitér, d’autant plus qu’il est probable que dans la description pompeuse qu’on nous en a faite, il se soit glissé beaucoup de cette imagrnatien et de celle poésie, qui, en Sardaigne peut-être plus encore qu’ailleurs, est inséparable des narrations de ce genre; an reste, ee que nous allons dire ci-après de la grotte de Cala di Luna, que nous avons visitée, rend assez probable l'exactitude de la description qui nous fut faite du GrofUme. Comme les grottes naturelles sont des phénomènes Irès-eoromuns et facilement explicables, dabs les masses calcaires , l’injection de la lave basaltique dans les grottes des monts crétacés qui dominent le territoire de Ihrgali , devient à son tour d’autant plus naturelle que les flancs de ces moûts calcaires sc sont jadis entr’ ouverts des deux côtés pour donner passage à des coulées de la même matière. ■
(•) Vojei le GroWme, fig. 4, plinche VI.
CHAP. \V. — ftOCBBS BASALTIQUES.
Cdle vrra le «ud.
Àcqua Uedk».
Cala di Luna.
Grotte Ixtallique.
i'splicatinn
probable.
mi
L'aulre c<kne basallique de celle région, dont il nous rcsle à parler, c$l sorti de la roche calcaire sur la pente du Monte Tului, comme le démontre la planche Yl, fig. i. Sa lave s’est également épanchée vers Cala Gonone, où ont élé^ se réunir les trois coulées de ce versant pour y former une falaise noire , qui s’appuie sur le calcaire ou sur ses débris mobiles.
Au bord de. la mer, mais loul-à-fait au-dessous de ce monticule basaltique cl du Monte Tului, se trouve une source Ihcnnale , connue $ous le nom d'Acqua medica (pl. VI, lig. i); nous n'avons pas pu la visiter par la môme raison que nous dûmes renoncer à voir le Grollone; nous croyons cependant utile de signaler celle source chaude , qui parait se trouver en rapport avec le foyer du cône basaltique, au pied duquel elle vient au jour, à travers la 'roche calcaire.
Nous ne saurions quitter le golfe de Dorgali sans faire mention de la grotte de Cala di Luna , que l’on rencontre plus lojn vers le sud, après avoir dépassé la Gratta del Hue maritto. Nous avons déjà eu occasion de parler de celle localité dans notre chapitre V, page 199, à propos des fossiles du terrain crétacé que nous y avons recueillis ; nous y revenons maintenant à cause de la roebe basaltique, qui joue un rôle singulier dans la composilien de celle grotte. L’entrée de celle-ci se trouve presque- au niveau de la mer; la grotte est creusée - naturellement dans le calcaire blanc compacte , qui en forme toutes les parois, mais son toit se compose d’une nappe basaltique, dont une partie est restée à découvert en guise de plafond . suspendu au-dessus de la tôle de l’observateur ; l’autre partie repose sur des assises de galets et de terrains sablonneux.
C’est ce terrain accumulé jadis horizontalement dans la grotte, qui nous permet d’expliquer la curieuse position du basalte, il parait que ce dernier en pénétrant par une fente quelconque dans la grotte préexistante, l’a déjà
CAL* DI LDNA.
IrouTée remplie, jusqu’à une certaine élévalion, de ces débris de roche calcaire -d qu’il s’est répandu sur la surface de ceux-ci ; depuis lors une partie de ces mêmes débris s’est écroulée eL la nappe basaltique refroidie, ne faisant plus qu’une surface d'un seul jet, e^t restée- isolée et suspendue en guise de plafond. C’est du moins ce que nous avons cru observer dans le peu d’instants dont nous pûmes disposer pour l’étude de ce phénomène singulier, durant lesquels nous fîmes à la hâte l’esquisse ci-des- 80US.
Fig. 121.
(trntlp de Cala di Lutta.
e roche calcaire du lerrain crétacé ; g groa galet» de roches mixte» calcaire» et baaaltique», espèce d'oiluvion superhcielle; r couche de terre sablonneuse rjouge-brua; c dépM à fragments calcaires; g' gros galeta.mixtrs de calcaire et de basalte; b nappe basaltique formant la Toute d’un seul jet.
Après avoir fait par mer le trajet de Cala di Lutta au cap de Bcllavisla' ci après avoir dépassé ce promontoire de quatre milles plus au sud, en parcourant une côte uniquement granitique, on se trouve en face -d'un petit cap, qui porte le nom' de Punta Nera di Bari. La roche dont ce cap est formé, constitue l'extrémité d’une coulée basaltique, qui se rattache à un plateau un peu élevé et légèrement incliné; au centre de ce plateau s'élève graduellement un monticule conique un peu écbancré sur son sommet; ses formes nous rappellent à la fois celles des monts basaltiques de Nurri et du Cullei Mut^t, quoique
d« Il grotte.
Ptmtm de Beri.
Plalrau
bataltiqur.
Km fbéi ntamna H Sa fà/i piticea.
CtlAP. \\, ROGHBB BASALTigUBS.
ce dernier n’aie pas d’échancmre. Le monl de Bari esl, au contraire, lr^s-échancré, cdmmc on peut le voir, soit par notre vignette, fig. 74, page 447, prise dn signal de .Monte Sanlo, soit par le dessin ci-après, fait de la mer. en navigant le long de la côte.
Fig. 42a. ■
Cette masse basaltique se trouve au NE du village de Dari, qui n'csl pas visible dans ce dessin, mais qu’on voit très- bien dans la figure 74; le territoire de ce village est composé de granité; et c’est sur ce terrain qu’a coulé le basalte. En partant du village on monte d’abord le long d’une. pente légèrement inclinée, sur un sol granitiqae, pour arriver à la nappe basaltique disposée presque horizontalement en guise de plateau. Son épaisseur est de 5 à 6 mètres. Ce plateau est de forme polygone; 'il esl supporté par le granité à une hauteur à-peu-près uniforme ; c’est seulement vers l’est que la lave arrive à la mer, où elle constitue la Pmta Nera; c^est également en ce point que cette rochè prend une structure prismatique plus régulière. Noos avons vu des prismes tirés de celle localité et employés dans le village en guise de bornes, qui étaient pentagones. C’est un basalte grisâtre péridotiqoe, quelquefois bulleux; en d’autres points il présente ces taches étoilées que nous avons remarquées dans les basaltes analogues de la Giara de Serti, de Sanlu Lhsturgiu et de Maeomer (voyez l’échantillon d 33).
Le mon( conique qui domine tout le plateau , dvec le-