‹ Voyage en SardaigneChapitre 8 sur 84 · MONTE 8. GIOVANNI , MONTE PONI. M · texte numérisé non relu

MONTE 8. GIOVANNI , MONTE PONI. M

sanls bancs calcaires qui focment le mont de S. Giovanni (le Gonnesa.

Celte montagne est toute perforée par d’anciens puits, dont l'eNcavation remonte probablement à l'époque de la domination romaine, et peut-être même à celle des Carthaginois; il y a également des traces des travaux des Pisans et des Espagnols. Dans un de ces puits, nous avons recueilli une espèce d’argile endurcie (argilolile), contenant une quantité de cristaux de barvte sulfatée H iO Il n’entre pas dans notre plan de décrire minutieusement celle montagne sous le rapport métallifère; nous nous bornerons à dire ici que la masse calcaire qui en forme la partie supérieure, nous a semblé se trouver en slrali- Gcalion discordante avec les schistes qui la supportent; de nombreux filons de baiy te et de quartz traversent les deux roches du NE au SO, avec une inclinaison au SE; ils courent par conséquent perpendiculairement à la direction des schistes.

En suivant toujours la nouvelle route , on se trouve , avant d’arriver à Iglesias, au pied méridional de la mine de Monte Poni. Sur la route même, on remarque en ce point des schistes satinés et rubanés, verts et violacés, qui font le plus bel effet H 21 bis. Ces mêmes schistes, toul-à-fait au-dessous de 1a mine, sont grisâtres ou verlpàle; ils passent au phylladc et ils contiennent des cavités qui au premier aspect nous ont fait croire à des indices de fossiles.fi 21.

Sur ces mêmes schistes, est posée la roche dans la- <|uellc est ouverte la mine de Monte Pont, qui depuis un siècle est l’objet d’une exploitation régulière; celle mine se trouve à près d'un kilomètre du chef-lieu de la province, et à une altitude de 234 mètres.

La roche dans laquelle est ouverte la galerie principale, qui est la plus ancienne, est un calcaire ferrifère de couleur jaunâtre fi 22; il pa.sse à un calcaire écailleux, semi-cristallin, d'un blanc jaunhlre, traversé par de

âi. S. Otovanm.

Roule

rer* if-tctuis.

Mme

dv Monie Pont.

Calcaire frrrîrère et aulrra varicle»

dr la

mêrue lothc.

CHAP. II. — BOCHES SILdlBNNBS. 1«^ PAETIB.

La mtnr codû- «lerér »ou* Ir r»|^ |Hirt tcieiiUfifiue.

peliles veinules d’un jaune-orangé vif B 23. ' C’esl spécialemcnl ccUe roche qui forme en plusieurs points le mur de la mine (1); mais ce même calcaire alterne avec des schistes contournés et tordus de la manière là plus bizarre ; on en remarque qui dans l'espace de deux mètres font jusqu’à cinq ou six zigzags. Lorsqu’on arrive à la mine, en venant Algiesias, le calcaire présente une stralilication distincte, dont la direction principale est celle N35®0-à35"E, avec une inclinaison de t5“ à rE35°N. Bientôt, à mesure que l’on monte, on voit ce calcaire devenir plus compacte, plus ferrifère, et il se charge de' dendriles ; ensuite il commence à laisser voir quelque indice de dolomisatiod ; mais ce qui est remar- (luable, c’est que le calcaire dolomitique alterne avec le calcaire jaune et bleuâtre, de façjon que si l’on dépassait le point de la mine , en faisant le tour du mont jusqu’à l’endroit où l’on voit paraître la mer vers l’ouest, on Gnirait par trouver une suite multipliée d’alternances de ces calcaires. Peut-être ce fait s'explique par ce que nous dirons ci-après.

Les schistes de Monle Poni sont presque tous phyliadiques; en d’autres points ils passent à la grauwacbc. L’intérieur de la mine est, à notre avis, aussi intéressant sous le rapport de la science que sous celui de l’industrie. Le' minerai que l’on en lire est une belle galène, ordinairement grenue, c’est-à-dire à petites facettes, quelquefois cristallisée, compacte et môme sans gangue; elle est disséminée dans le calcaire mentionné ci-dessus. A proprement parler, la galèné ne constitue pas de véritables liions: 1° parce que bien souvent elle n’esl pas, corome nous venons de le dire, disséminée dans une gangue

(1) Nous avons observe dans la colleclion des roches apportées d'Espagne par. M. Lopla}) déposée au musée de t'Êcolo dos mines de Paris, un échanlHloii portant le n^ 315 d’un cMcairo touUà'fait pareil, provenant do la mine de Iderena, associé à de la galène.

HONTfe

qui remplisse les .fissures de la roche; î" parce quelle ne coupe pas les couches de la roche calcaire.; ce sont plutôt des^ injections métallifôres qui ont pénétré dans le calcaire môme, en s’insinuant dans'Ies fentes de-stratification avec lesquelles elles sont concordantes. Nous croyons plutôt pouvoir les nommer des films-liti, qui varient en épaisseur de quelques centimètres à plusieurs mètres de puissance. Lorsque nous visitâmes de nouveau celte localité, en 1847, avec M. de’ Vecchi, il existait sept centres métallifères successifs , tous parallèles et à peu de distance les uns des autres. Ils étaient tôus compris dans nn intervalle de 50 mètres; on en rencontre jusqu’à quatre dans une galerie de 30 mètres -de longueur.

L’approche du filon est indiquée par une altération Allrriutir**» particulière du calcaire qui le renferme; il devient ler-*^ mr.-ülv.l!' reirx, friable et presque pâteux. Lorsqu’on suit avec, attention ces altérations progressives, en causant avec le marteau la roche, depuis un mètre de distance du iilen, jusqu’au filon même, on peut la voir s’altérer graduellement, et passer d’un calcaire jaune dendritique, à la dolomie, et à un calcaire schisteux, avec les passages les plus graduels et les plus insensibles. L.’espace 'occupé par les nids et les rognons du minerai est indiqué par l'étal pâteux du calcaire, qui contraste avec celui de la masse tenace et cristalline du résle de la montagne.

La galène de Monte Pont contient de très-d>eaux cris- Quiiiu>, taux d'angléeite, de cérusile, de calaminé, de soufre natif, de baryte sulfatée, ainsi que du minium natif en poussière Nous avons, en 1825, recueilli du plomb carb.onalé opaque et compacte rougeâtre B 26, qui parait être devenu trèsrare dans cette mine, et qui était alors répandu en quantité sur la décharge. Quelquefois ce plomb carbonaté est associé à la ^lène B 25. Enfin cette dernière se trouve également accompagnée de sulfate de'baryte BiK Un grand filon de baryte sulfatée traverse le cbeinin qui va •' d'Iglesia.1 à la mine; il a 7 mètres, de puissance; il est

rut r.HAP. II. — KOCHEa SILURinsNES, I«C partis.

(lîrigo à peu près N-S, comilu" le grând filon que nous avons signalé ci-dcssus, qui va de la cime du Mmte S. Giovnnni au Monte Liaau près de Gonnesa.

La mine de Monte Poni est mainlenanl exploitée pour le compte d'une société; nous n'entrerons point sur ce sujet, étranger à la géologie; nous ajouterons seulement, que cette mine .et celle de Montevecchio près de Guapini, sont les seules qui, à notre avis, puissent avoir en Sardaigne un avertir et une importance réelle. ‘ ffl/rtias. La ville A'fqleaiaa est bâtie sur les schistes siluriens, qui forment une espèce de bassin peu profond, dans lequel se trouvent des traces du terrain éocène à lignite; ces schistes alternent avec un calcaire compacte d'un gris foncé, qu'on rencontre dans la ville même BU. Cette même rorhe prend en quelques points une teinte plus noirâtre et one structure fragmentaire B28(1). .

uo^ieUaifaHm La mootagne la plus élevée des environs ù'Iglesiaa est ceHe de Margami, où notre ancien signal trigonométrique atteignait 915 mètres d'altitude. C’est encore, comme au Monte S. Giovanni dp Gontieaa, une grande masse calcaire superposée aux schistes et aux grauwaehes , qui sont dirigés N 1 0*0 -S 10" E. Le calcaire parait également discordant avec les schistes; mais il eSt tellement bouleversé sur cette montagne, couverte de bois épais et de fortes broussailles, qu'il nous fut impossible d'en bien relever l’allure véritable. Au pied méridional de 'ce mont on a fait des explorations de mines dans un point dit Martiada; nous y avons recueilli de la galène accompagnée de barile sulfatée./) 29, mais ces travaux sont abandonnés, croiir A la base orientale du yfanmnai se trouve la remar-

de S. iiiovmmm. * ,

quable grotto de S. Gioranm daqua rttUa^ qui prend son

(1) Ce calcaire a le plus grand rapport avec celui qui figure avec le 316 dans la collection des roclies d'Ëspagno de M. ^cplay, de rÉcolc des mines de Paris; il y est note comme formant la parlie supérieure du lorrain de s(hisU et do grauthac^e.

«»om M a. «lovaMNi.

nom d'une chapelle b&tie au. pied de celle monlagno, près de son ouverture. Le point le plus convenable pour se rendre en celte, grolle est le village de Domusitovas ; en y entrant on voit plusieurs las de scories qui proviennent des travaux métallurgiques faits anciennement en ce lieu Non loin de là sont les ruines d’un grand Noraghe, dit N. OrfN(t), tout bâti avec un quarlzile carié, dont les blocs ont une épaisseur considérable. Ce même quarzilc se voit en blocs isolés dans le village même; il est gris, et veiné parallèlement de gris plus foncé ; on le prendrait au premier abord pour du marbre bardiglio.

Ces blocs proviennent évidemment de la montagne voi- son >p(<roch.'. sine, où nous allons trouver la roche en place. Lorsqu'au sortir du village vers le nord, on suit le cours du ruisseau qui vient de la grolle, on ne rencontre que des schistes • talqueux et argileux , accompagnés d'une grauMrache violacée à grains moyens B 30 ; leur direction en cet endroit est celle NE-SO, avec inclinaison au SE. On arrive à la grotte au bout d’une demi heure de chemin; elle se présente comme le démontre le croquis suivant , que nous avons pris, en 1821, à la chambre claire.

■ Fig. 6.

(I) Voyez notre denxième partie lur lea antiqniirs de'la Sardaigne, page 91, planche XIV de l’Allai, fi|{. I.

40 (jup. U. — «ocau «lUBmiw, iu paetib.

piriiF Pour parvenir dans celle grolle du côlé du sud, lorsqu’on ■ir.H'iF Vuii* se Irouve en face de la masse qui barre la vallée , el dool la ligure 6 donne une idée suffisante, il faut d'abord franchir le torrent; celui-ci coule ' en écumanl parmi les rochers entassés les uns sur les autres, el qui provien-, nenl de la montagne; mais ce torrent ne sort pas de Ha grotte, il vient an jour par une crevasse latérale, qu'il s'est ouverte dans le rocher vif, sur un plan inférieur à celqi de l’ouverture de cet antre; aussi pour arriver à celte ouverture, siUit qu'on a traversé le cours d'eau, il faut gravir pendant quelques minutes les rochers entassés sur le sol. t

oimmuoM L'entrée de la grotte peut avoir 20 mètres de haut, sur

dp cettr rntré«. s t a

Murapcien. 40 06 large à sa base; elle est barrée vers lest par le • pan d'une ancienne muraille formée de gros blocs sans ciment. Celle-ci fut b&tie apparemment par les mêmes habitants qui ont élevé les iVoro^/fes; elle eal par conséquent très-ancienée; son épaisseur est d’environ i mètres. Un esealier pratiqué dans le massif de ce mur, donne accès à une' fenêtre qui, lorsque la grOUc était ainsi fermée par le mur entier, devait' servir à la fois pour la surveillance el pour l'introduction du jour el de l’air respirabic dans l’intérieur. Dans ce même mur, tout contre la paroi de la grotte, était pratiquée dès l'origine une. porte, comme le démoittre notre figure 6; de ce passage, pour arriver au • sol intérieur, on descend presqu’aulanl qu’on .a monté

pour parvenir du dehors à l'ouverture. • »

Stil dr la froUe. Le sol est formé d'un banc de quarlzite gris, pareil à erlui dont on voit les blocs roulés dans le village de Domusnoyas elvau Noraghe Orlu; il est veiné, et strié de blanc et de. gris foncé; de façon qu'au premier abord on le prendrait pour du marbre bardiglio ordinaire. Ce banc est dirigé 'du NE au SO, avec une inclinaison de 30" an NO. Les parois el le lit' de la grotte se composent de bancs calcaires superposés au quarlzite, avec lequel ils sont concordants en stratification C'est un cal-

BtrAiu M U <wom.

Caire compacte, gris clair, maculé «le blanc ff31, q«ri prend en quelques points un aspect subrristallin.

Cette grotte parcourt souterrainement, dans une ligne longueur presque droite du sud au nord , toute l’épaisseur du contrefort du mont de S. Giovamii au pied du Monte Margami; ce contrefort forme le barrage naturel de la Tallée seplenlrionale. L’espace souterrain compris entre les deux ouvertures peut être parcouru dans trois quarts d'heure^ quoique la distance en ligne droite, qui sépare ces deux extrémités, ne dépasse pas à notre aviaSOO ou 900 métrés, et que ce canal souterrain ne fasse pas des détours considérables.

Les diilicullés de la marche, en ce lieu,’ proviennent niiBruii»!

de la it^rcounr.

spécialemenl du changement de plan que I on rencontre souvent, et qui est produit par la présence de différents bancs superposés les uns aux autres, qui forment comme des barrages qu’on ne peut pas attaquer de front; on ne peut les gravir qu’en cherchant à droite ou à gauche un lieu où l’on puisse se hisser sur ces degrés naturels, qui en quelques points n’ont pas moins d’un ou deux mètres de hauteur. A cette difficulté de parcourir la grotte en' ligne droite et on plan uni, il s’en ajoute une seconde, c’est que chaque fois que l’on quitte ces escaliers incommodes, et que l’on descend dans le plan inférieur de la grotte, le pied heurte contre une énorme quantité de blocs et de cailloux roulés, qui couvrent le sol et qui embarrassent 1a marche.

Tout annonce que ce plan inférieur, aujourd'hui par-TmrMdüpMuse

* * ■ J» 1 d'un lorrrul;

faitement à ftec, a formé dans le temps le m a un grand antiquiië

. 1 • m • . . . s . 1 «le ce namee.

torrent, qui probablement se faisait jour a travers les bancs que nous avons signalés dans la grotte , par des ouvertures maintenant comblées. Noos avons observé contre les parois de la grotte, surtodt vers l’ouverturé septentrionale, par laquelle devaient arriver, les eaux, des stries longitudinales et des points où le calcaire a pris du poli; ce qui prouve que celle grotte a dû servir de

43 CRAP. II. - ROCRB8 MLIUIBIINBS , I» PARTIE.

canal souterrain à un grand cours d’eau v celui-ci devait courir assez librement pour entraîner avec lui de gros galets, et m6me des blocs d'un certain volume, appartenants à des roches étrangères à la localité, ouvrriur.' Ces stries et ces espaces polis, se rencontrent princi- .rpK-ninmiaie. |j^ pjroi dc l’ouvcrture septentrionale,

contre laquelle a été aussi posé un mur antique, pareil à celui de l’autre entrée. Comme nous avons lieu de croire que ces constructions,' analogues à celles des Noraghes, remontent à la plus haute antiquité, nous pouvons en conclure que la mise à sec de ce torrent, est bien ancienne, et qu’elle est antérieure au temps où la grotte servit de demeure aux anciens habitants de l'tle. Il pourrait aussi se faire que le détournement des eaux soit en partie l’œuvre de ces mêmes habitants autochthones de la Sardaigne, qui élevèrent les monuments en question.' ur«rur dr U La largeur de ce souterrain varie d’un point à l’autre;

S^tsmicnls Vil^elle ne dépasse pas 50 mètres où le passage est plus étranglé, et elle peut atteindre 200 mètres lorsque ce dernier se trouve plus dilaté. Nous n'avons pas remarqué de grottes latérales,* comme on en trouve souvent dans d’autres monts calcaires; de façon que celle-ci peut être regardée plutôt comme un ancien canal souterrain, ayant servi d’émissaire aux eaux de la vallée supérieure, que comme une véritable grotte naturelle. Malgré toutes les recherches que nous n’avons pas manqué de faire dans les dix ou douze fois que nous avons visité cette localité (I), nous n'avons jamais réussi à y trouver des traces d'ossements des cavernes, ni même cette terre rougeâtre qui

(i) Parmi ces nombrsuKi viaitet, noua citerona celle que noua Omca en, 1839 en compagnie de feu S. A. R. le Prince dc Carignan, depoia Charlea Albert; nnc autre avec feu le marquia Damien Floreai d'Arcaïa, enlevé II aon paya par la fièvre janne, à fanama en 1853; et enfin, celle que nona avona faite en 1847 avec M. de’ Vecchi.

mLAcrm» et staucmites. 4;t

les enveloppe presque loujonrs, el qui accompagne la brèche osseuse de Cagliari. Celte parlicularilé est digne de remarque.

Mais si cette grotte n'offre rien de remarquable pour l’étude des règnes minéral et organique, elle ne laisse pas d'intéresser l’homme studieux qui cherche à se rendre raison de certains phénomènes naturels que présèntc la nature inorganique. Nous ne nous percerons pas à décrire toutes les formes bizarres que prennent dans son intérieur les couches minces et successives qu’y déposent les gouttes d’eau, qui tombent continuellement de In voûte calcaire. Les formes de colonnes, de candélabres, de choux-fleurs, les stalactites pendantes en guise de glaçens et de gouttes (le cire, mamelonnées ou disposées en festons, que l’on voit sans cesse en parcourant cette localité, sont les ornements en quelque sorte obligés de tous ces souterrains' aussi nous nous abstiendrons de donner carrière à notre imagination podr dire tout ce que les visiteurs de grottes consignent dans leurs récits; mais nous ne saurions nous dispenser de parler d’une espèce de dépût de stalagmites, que nous n’avons vu qu’en cet endroit, et qui mérite d’être signalé.

Sitôt que l'on a fini de gravir et de redescendre les bancs calcaires intérieurs, qui forment la difiiculté principale du passage de cette grotte, et lorsqu'on n'est -pas loin d’arriver à son ouverture septentrionale , on se trouve dans un vaste salon dont le sol horizontal est tout formé de cailloux mouvants, et dont les parois et la voûte sont couvertes de dépôts de stalactites et de stalagmites. Parmi ces dépôts, en en rencontre un qui forme contre les parois, et sur le sol caillouteux, un amas de calcaire concrétionné, composé d’une quantité de bassins on plutôt de bMliers. Cés bassins, de forme plus souvent elliptique que circulaire, sont accolés les uns aux autres sur plusieurs plans horizontaux, de façon qu’on en couperait plusieurs, si l'on faisait la section soit verticale, soif ho-

Se* omrnH'itta ni alaljr titra cl cQ aUlagmilr».

Mniliers

nalurcU.

i4 CHAP. II. — KOCHI» HILUKIBNNBS, 4>* PABTIE.

rizonlali- d'un de ses innssifs. Ces bénitiers sont de différentes grandeurs; ils ont de 50 centimètres à f mètre de diamètre, leur structure est raboteuse; ils sont formés d’écailles ou de minçes couches calcaires, et ils imitent assez bien un nid d'hirondelle par leur forme et par leur composition. Tous ces bassinsj en général, sont remplis d’eau, qui a la saveur d’eau de pluie peu oxigénée.

orieinr probibic L’originc de cct|e curieuse disposition de stalagmites de la grotte de Domumovag n’est pas bien claire. Nous avons observé, conjointement à M. de’ Vecchi, que les masses lisses et polies du calcaire compacte, qui sont au bas des parois de la grotte, se recouvrent peu à peu d’une couche plus âpre, produite par les continuelles gouttes d’eau calcarifère, qui tombent de la voûte. Ce dépôt augmente en épaisseur et en régularité & mesure que la superficie se recouvre d’un enduit calcaire, raboteux et plein de cavités, qui affeclc leS formes semi-circulaires indiquées ci-dessus. Ce qui nous a fait comprendre que celte continuelle action aqueuse doit faciliter chaque fois davantage la déposition du calcaire, parce qu’elle présente une plus grande surface à Faction de l’évaporation, et qu’elle ralentit la Vélocité de l’eau qui coule par-dessus.

Cju»« probable Mais si celte explication est applicable à l’extension

de 1a ronravlté âi n «

difbaatiiis. successive du dépôt des stalagmites, elle ne rend pas loul-A-fail raison de la forme concave que ce dépôt prend en celle localité. Nous serions tentés d’attribuer colle forme concave à l'effel causé par la successive chute d'une égale quantité d’eau sur un môme point, ce qui produirait: 1° un vide dans le lieu où celle goutte forme un choc continu; 2° une déposition à-peu-près uniforme et circulaire de calcaire concrétionné. La formation de celui-ci serait due aux éclaboussures que cause la chute de oes gouttes sur la surface do l’eau contenue dans chaque bassin, et passée par l’évaporation à l’état de

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SOBTIB DE L* OBOTTE.

saturation de la matière dont elle est imprégnée. On pourrait objecter rontre cette explication la forme ordinairement elliptique de ces bassini<, mais il faut noter (|u'aucun de ceux-ci n’est entier, et que leur développement circulaire est interrompu par l'intersection des bassins latéraux. Quoiqu’il en soit, la chose n’est pas bien (htire à expliquer, puisque si fon peut entendre de cette manière la' formation des petits bênüifrs, on ne saurait expliquer aussi facilement celle des cavités de grand diamètre, à moins de croire que la- plus ou moins grande dimension de ces récipients se trouve en rapport avec la plus ou moins grande grosseur de la goutte d'eau qui se détache régulièrement de la voûte II s’ensuivrait que la formation de ces bassins ainsi réunis serait une conséquence de l'état de la couche calcaire qui sert de toit à la grotte, et de laquelle tombe l’eau imprégnée de' la matière incrustante.

Près de l’ouverture septentrionale de la grotte, outre Sonic de Ugruiule reste de mur cyclopéen qui eit barrait jadis l'entrée comme du côté du sud, on voit sous la voûte naturelle, et contre la paroi orientale, les restes d'une ancienne chapelle dédiée à Saint Jean; mais sitôt que l'on dépasâe la grande voûte, -on se trouve dans le lit à sec d'un torrent, et au milieu d'un vallon rocailleux très-pittoresque, peuplé -de chénes-verts et de lièges. Dans le lit de ce torrent on retrouve ces mêmes bancs de quartzile gris, rubané, qui forment le sol de la grotte vers le sud; ces bancs en supportent d’autres d'un' calcaire également gris, qui- passe en plusieurs points û l’état cristallin, et qui alterne avec des schistes argileux. Le granité ne tarde pas à paraître non loin de là, et en général 11 se montre sur la rive gauche du ruisseau , en allant de la grotte vers la vallée A'(hidtla. ))û côté opposé on voit les roches calcaires et même les schistes, dont quelques-uns paraissent avoir une allure toute inverse de relie que les roches semblables < affectent de l’autre côté de la grotte.

46 CHAr. II. — ■OC.HEi^SILUBIENniES. I«K PAHTIE.

Ceux qu'on rencontre dans, le fond de cette vallée, c’està-dire dans le lit du ruisseau, presque toujours à sec, vont dans le sens NO-SE, ils inclinent an SO; tandis que, selon plusieurs observations, les mêmes terrains observés entre, l’entrée de la grotte et le village de Domustums, iraient NE-SO, en inclinant au NO.

v.iiër aorirfrf». Le calcaire de cette vallée, au contact du granité, dedu c4c«ir«. vicnl grenu , et niemc très>friable sous la simple pression du doigt, et il se réduit en Une espécé de sable formé par des fragments réguliers de calcaire cristallisé B 33. En d’autres endroits il devient seulement saccaroïde £ 32. Dans une course que nous fimes en ce lieu, en 1826, lorsque la théorie du métamorphisme était pour ainsi dire dans l'enfance, nous n'avons pas balancé à attribuer les conditions de ces roches calcaires à la présence et au contact, soit du granité, soit de certains filons de fer hydraté et magnétique a*^'^*2, qui abondent dans ces localités. De" ce point, où se trouve le Madao (fOridda, on ^eut se rendre au pied méridional du grand massif du Monte Limu, au Collo de sa Juerta (du lézard], et en un lieu dit Muru Mannu (grand mur) , où l'op observe un grand filon de quartz dont la direction va du NE aü SO, c’est-à-dire qu'elle est perpendiculaire à celle du terrain silurien que le filon traverse.

pjiuge Si de Domusnovas, on laisse la grotte à gauche, et' si l’on se dirige vers le village de Villacidro, on rencontre un massif de schistes argileux siluriens, alternants avec des grauwaehes , presque toujours sans roches calcaires. En suivant ce chemin, assez difficile pour les chevaux, oh passe le col de GuHur i Seu , où nous observâmes que la stratification des schistes argileux est constante dans le sens NO-SE. Ce sont toujours les mêmes roches feuilletées et stratifiées, dans lesqqelles nous avons ea vain cherché des fossiles, malgré leur identité parfaite avec celles qui en contiennent. Lorsque de ce col, on descend vers Villacidro, on ne quitte les roches schisteuses qu’en.

• SILIQVà. ACQtKtCOTTA, IOLE«\S.

arriraDt au village, qui est bâti en totalité sur le granité.

A. la base méridionale et orientale du massif de GuUur g Seu, on retrouve encore les mêmes schistes, que l’on voit bien clairement près de Silûpia. Après avoir passé Ce village pour se diriger vers Decimo Jfannu, on rencontre sur la route royale les schistes altérés au contact du trachyte amphibolique, dont sont formés les monticules voisins. Ces schistes ont pris une couleur rouge de vio vif, ils sont friables et presque cuits; leur direction générale est toujours celle NO-SE. Près d'un lien dit la Fontana del Fico (la fontaine du figuier] , non loin de la grande route, celle-ci est traversée par une espèce de filon ou banc d’une anagénite quartzeuse , teinte en jaune par du fer L t ; elle est encaissée dans les schistes siluriens , ce qui nous fait supposer que c’est plutôt un banc intercalé qu’un filon injecté. '

Pour compléter l'indication des roches siluriennes de cette partie de l’Ile, nous ajouterons que les mêmes terrains schisteux forment le versant et le pied des montagnes , jusqu’auprès de Valï Ermota et de VAequatoUa, et qu’ils continuent jusqu’au ruisseau de Ft//acûlro, où; comme nous l’avons dit, paraît aussitôt le granité.

Il est bon maintenant de revenir sar nos pas, et de reprendre notre point de départ de la ville d'Iglesia», afin de poursuivre les indications des. autres localités où se rencontre la formation silurienne , dans cette partie occidentale de nie. Deux chemins conduisent d'Iglesias au village de f’Iumini Maggiore : un par l’ouest en j)assant par S. IHelro, l’autre par le nord-est en passant par la vallée de Canonica. En suivant le premier chemin , on passe près de la mine de Monte Poni, dont le calcaire continue à se montrer pendant un assez long espace de temps; puis on voit des schistes argileux, qui tantôt semblent alterner avec des calcaires, et qui tantôt reposent sous des masses de pareilles roches Près de Cala Domestica

EHviront de SiUifua.

Monlj

de VaU'Ermtnti el

de VÀcifmtcoaa.

fCotivrau point de dë|xart d’/gleiMA.

CHAr. IL — ■0CH8S BILOmiBNNBB , |u PABTI&

Ciirnnn iVtfihiUu k |V. ÀH^to

et dr S. Ânftfto j PUunimi.

le calcaire domine de nouveau; il y prend différcnleg allures qui toutes approchent de celle E-0; il devient grenu, grossier, caverneux , dplomitique et même un peu brecciolaire; de façon qu’il nous a été impossible d'en faire des échantillons réguliers. Il nous a rappelé celui que nous avons déjà signalé, page 27, an Monlc Murecci, ci page 29, au-dessus de S. fiicolô de Narcao, pour aller à ViHamatsargia. De Cala Domestiea on arrive à S. Angelo par des collines arrondies, presque toutes schisteuses; le calcaire n'y parait que rarement et toujours sur les crêtes.

Si , au lieu de suivre celle roule , on sort de la ville A’Iglvsias par la vallée de Canonira, on parcourt un chemin diflicile, le long d'un torrent que l’on passe plus de 60 fois, et qui coule sur les schistes argileux ; c'est toujours le même terrain avec quelques bancs calcaires' et de la grauwache: on le soit jusqu'à S. Angelo. La direction la plus générale de ces roches est toujours celle NO-SK.

Au bas de S. Angelo, qui n'ésl qu’une chapelle avec une espèce d'hermilage, on rencontre, après une descente courte mais rapide, un terrain ondulé à formes arrondies, où se trouve une magniliquè forêt , dite d'AnUu. Nous en avons déjà fait mention dans notre seconde partie, page 522 , planche XXXVI , à cause des ruines d’un temple romain que celte forêt cacho aux regards du voyageur. Le sol de celle localité est formé de ce même calcaire que nous avons signalé ci-dessus à Cala Ihmeftica, c'eétà-dire il est d’un gris-sale-clair, caverneux, dolomilique et presque brecciolaire; il est également diflicile à réduire en échantillons de forme convenable. Ce calcaire laisse voir une tendance à la slralificalion,. dirigée à-peu-près N-S, ou bien N 30“ O t S 30® E» ce qui ne concorde pas avec la direction des schistes qui le supportent, cl dont l'allure générale est, comme ailleurs, celle NO-SE. Cette allure sc remarque encore à la descente d'Anlas vers Fltimini, où les schistes s’associent à une grauwache lalqueuse-, violacée II 34. Au bout de celte forte descente

rLOMMI. PCMAS >E VMli.

on arrive au misérable village de Fhtmini Maggiore, qui est la localité la plus intéressante de tout le système, puisqu'elle nous fournit la preuve irrécusable de son ongine silurienne.

Les personnes qui ne sont pas. étrangères aux éludes géologiques , peuveul aisément se figulrer la satisfaction que nous éprouvâmes lorsqu’en 4896, en visitant pour la première fois celte localité, en compagnie de notre ami et collègue, le professeur Morit, et lorsqu' après avoir vainement cherché des fossiles dans tojus les terrains que nous avions parcourus précédemment dans celle province, et que nous avons décrits ci-dessus, nous en rencontrâmes entin dans les pierres dont sont faits les mnrs des maisons et des enclos de ce village (t). C’est alors seulement que nous fumes tirés d'incertitude sur la classification d'un terrain dont nous avions déjà pu reconnaître l'importance géologique, à cause.de sa grande extension-; mais qui, inconnu alors au sol de lltalie, semblait devoir aussi manquer aux tics qui en dépendent.

l.a roche schisteuse , snr laquelle est bâti Flumim Maggiore, est d'uq gris jaunâtre avec de très-fines parties micacées; vue à la' loupe, on la reconnaît pour une espèce de grauwaebe à petits éléments cl à base argileOse ; les fossiles nombreux qu’elle renferme sont teints en jaune par de l’oxyde de fer B 35. Nous avons rencontré dans le pays même quelques couches qui contiennent de ces fossiles, mais -le lien où celle roche en est plus fouénie

(I) A celte époque noos n’aTioua pas encore décftuTert Tes fussiles siluriens de Gamntsa. Il est bon de remarquer que Celle dernière localité, comme- celle de Flumini, se trouve dans an village, c'est-à-dire dans un endroit où l'on a ouvert des espèces de carrières pour bâtir les maisons et les enclos. Combien d'autres points également pourvus de fossiles nous seront restés cacliés , à cause de leur éloignement des habitations : le sol n’V fut rmiillé que superficiellement pur notre marteau

Ftufuim.

Dt'couTPrIr dru fofisilt’fi-

Perdit rie /■oj.ü.

Eoiboufliare du llruvt*.

50 CMkP. II. — BOCHES StUmiENEBS. !•« PRETEE.

se. trouve au dehors, vers le nord-est, à dix minutes de chemin. On a donné à cette localité le nom de Perdas de Fogu (pierres à feu) à cause d'un filon de quartz avec indice de fer, qui coupe les schistes dans une direction approximative du NE au SO , ou, si l’on veqt plus exactement, E 38°.N - 0 38° S. Cest là, qu'à l'entrée d'une espèce de chemin creux montant, se trouvent de nombreux débris de schiste argileux gris, où chaque coup de marteau fait sortir le moule ou l’empreinte d’une coquille; celles-ci sont .colorées d un beau jaune, qui ressort sur le fond gris de la roche. Voici la note des principaux fossiles de celle localité, que nous y avons recueillis à différentes reprises, tels qu’ils ont été déterminés par M. le professeur Meneghini. Nous y ajoutons le renvoi à la planche A de notre atlas.

Aciinoceras sp. — Murcbisonia tricarinaia Hall? fig. 1.

— Bellerophon sp. — Spirifer terdfratuliformû M’Coy, fig. i. . — S. sp., fig. 3. — Orllûs efeÿantn/a Daim. , fig. i. 3. — 0. leêtttdinaria Daim., fig. 6. 7. 9. — 0. mctüio Sb., fig. 8. 16. — 0. mûiteiuû Sh., fig. 10. — 0. sardoa Mgh., fig. 11. — 0. paiera SU., fig. 1î- — 0. penlamera Mgh., fig. 13. — Ortimma inflexa D^ds., fig. 14. — 0. inlermedia Mgh., fig. 15. — Leplaem coiwem Vem. — L. trimera Mgh., fig. 17. — L. sp., fig. 18. — L. productoideà Mgh., fig. 19. — LmgtUa sp., fig ÎO. Plilor diclya lanceolala LnsdI. — P. cosleüata M' Coy. — Eaallopora Chartersi Mgh., fig. 21. — Caryoerim» sp., fig. '22.

— Scyphocrifiut? sp., fig. 23. 24. — SJ sp., fig. 25. — Stenopora'fibrosa M' Coy. — S. fibroea var. lycopodiodies M' Coy, fig.. 26. — Pelriûa costala Mgh.

Si l’on passe le fleuve qui traverse |e pays, et si l’on se -dirige vers la mer qui en est éloignée de 8 kilomètres, oji voit toujours les mêmes roches. Dans un lieu dit Fonlam Mare, sur là rive gauche, nous avon^ rencontré des schistes argileux egalement fossilifères, dirigés NE-SO, avec une forte inclinaison vers le SE. De

Digilized by GoogI

BéCOilTnTk H M. BAMUNDE.

ce point on’ peut euivre le cours du fleuve jusqu’à son embouchure, où le passage d’une rive à l’aulae devient plus facile que dans les antres points de la même vallée, et, sitùt que l’on a dépassé le lieu où ce fleuve se jette dans la mer en s’étendant sur une nappe sablonneuse, on ne tarde pas à rencontrer, sur la rive droite, des roches schisteuses d'un gris cendré, qui passent au schiste talqueux caicarifère B 36. Lorsqu’on examine dcNprès ces schistes battus par les vagues, on voit bientùt sortir en saillie des parois de la roche, une quantité de polypiers et d’autres fossiles, qui sont enveloppés dans -le schiste, et que les coups de la mer et la dénudation atmosphérique mettent continuellement au jour.

Cette localité intéressante fut découverte en ISii par M. Barrande, l’illuslratcur des terrains siluriens de la Bohème, auquel nous avions signalé les environs de Flutiiini Maggiore comme ceux où il aurait pu rencontrer en Sardaigne les roches et les fossiles qui forment depuis longtemps l’objet de ses savantes éludes. Nous ignorons ce que cet illustre géologue et paléontologue peut avoir recueilli en ces lieux; mais nous y elaut rendus nousmêmes en -I8i6, nous y avons rencontré les espèces suivantes, qui fùrent déterminées par notre savant collahorateur de Pise.

TentacuBUi eotlHlalu$ Mgh., planche A, tig 17 — Plilodietfa recla d’Orb. — P. simplex Mgh., lig. 18.. — P. lébala Mgh., lig. 19. — Slicloporei prysmalica Mgh.. iig. 90. — Csriùpora? limai'ioides Mgh. 6g. 21. — CJ foruiiiinosa Mgh., flg. 23. — Deudropora Svffrulicosa Mgh., lig. 22. — Feuestellaf sp., flg. 24. — Stempora fibrosa M* Coy, lig. 16. -r- AheoUles lobala Mgh., flg. 26. 26.

Nous y recueillimes également d’autres fossiles, que nous envoyâmes dans le temps à M. Murchison, et qui lurent malheureusement perdus. Parmi ceux-là se trouvait une grande Orthis, et un Spirifer bien dcteniiinable. Tout près de rette localité on rencontre une petile crique

Découvcrls* de M. Berrandr.

Capo Pccon.

Punta

ilrt Gtiaràiano.

59 CHAP. II. — ll«CHB8 SIUmlMIIBS, |u PABTIK

rorleniCBt battue par la mer, dite Porto de ta Pcrdixedda (i) par allusion aux nombreux cailloux noirs arrondis, que les omies font continuellement rouler sur le sable; ce point de la côte est très-exposé au vent d'ouest. Les pierres noires, que nous avons d’abord prises pour de là serpentine, nous ont intrigués, car nous n'avions jamais vu de serpentine dans l'tle, quoique cette roche soit trèsabondante dans le nord de la Corse. Le grand nombre de ces galets nous fait cependant croire qu'ils ne proviennent pas d’une localité fort éloignée. Nous en primes un ëchantilloir A 40; c'est une espèce de -liornfeU des Allemands, ou plutôt un leptynite, qui est immanquablement associé aux roches 'schisteuses de cette région, puisque nous l'avons retrouvé en place près du village de Flumini, comme nous le dirons ci-après. Du Porto de sa Perdixeilda, le terrain schisteux se rencontre encore le long de la côte jusqu’au Capo Pecora, dont l'extrémité est formée de roche granitique.

Le schiste silurien ne continue pas moins à former la partie la plus élevée de ce cap, qu'on nomme Punia <Ul Guardiano, à cause de la garde qu'on y faisait contre les Maures qui infestèrent souvent ces parages. De ce cap , en revenant au village le long de la rive droite du fleuve, un ne rencontre que la roche schisteuse, recouverte bien souvent, et môme à une élévation considérable, par de grandes dunes d'un sable jaunâtre , que nous regarderions volontiers comme ayant nne origine quarlenaire. Lès schistes de la vallée cl de la montagne voisine, paraissent s'écarter de 'la direction ordinaire que ces roches alTeclenl dans ces coalrécs, ils courent E4“S-Ü4"N; un peu plus loin, nous les avons également reconnus allant K ÿ' S - O 5* N, avec une iuclinafsou à l’ü 5“ S. Remar-

(I) r.'osi-â-ilirc ilp I» pMtle picirc (cr wrail plalùl pcrdiicMat ilr» pclilcs pierres) • ■

M GBA M H. ANTONIO- ûlt

quons que cclto'alluro approxinialive de l'b! à l'U -n'est pas rare de ce côté occidental de (a Sardaigne, et que c'est à-peu-près la direction de la vallée inférienre de Flumitii, et celle de la petite chaîne qui la domine, en terminant par la Punta del Cuardiano.

Lorsqu'on n'est plus qu’à 10 minutes du village dcr»,/i S./4nttmsa FlumM Maijgioré, on voit sur la gauche une espèce de plaine, ou plutôt on pâturage, qui porte le nom di* Sa Cia di S. Aiilonio; o'esl le lieu où çe terrain, presque plat et uni. se lie avec les premières pentes de la montagne.

Un y voit des couches de schiste argileux dans lequel sont subordonnés des bancs d’un calcaire grisàtre-nnir, pétri il'OrIhoeères et d’autres fossiles évidemment siluriens.

Celte localité, qui est également très-proclie de la région de Perdof de Fogu où se trouvent les Orthis et les Lejtléne», et dont il a* été question ci-deèsus; est encore plus intéressante que celle-là, par la quantité et par la variété de ses différentes espèces de fossilq?:

La roche dont il est question , est un calcaire gris-fonce, caniricompacte B41, dont la couleur sombée fait ressortir la ^ teinte souvent blanchâtre des Orthocères qui sont enveloppés dans la pâle. Nous y avons rencontré des fossiles de ce genre ayant près d-’un mètre de lougueiir sur 0.08 de largeur moyenne ; mais il nous a été impossible de les extraire entiers de la roche, à laquelle ils adhéraient fortement;, nous fumes forcés de recourir à l'emploi de la mine, qui ne nous a donné que des éclats.

Voici la liste des fossiles de celte localité, que nous avons réussi à extraire dans un étal passable de conservation. Ils ont été déterminés par M. le professeur Menegbini, et ils sont en grande partie figurés dans notre planche C. •

Orlhecertu (Camerocerat) flumintnse Mgh. , fig, 3. — O. grande Mgh., fig. i «. — O. subconoideum Mgh.,- fig.

4 fc. — O. itdhemicum Bar;, fig. 6. — O. canonicnm Mgh.. lig- ". — O. sp., fig. 8. — O. mbmotiiliforAu' Mgh .

Loralilé dc9 grapiolUea.

54 cmp. 11. — locns iiLcnuBNivBs. m ^aktib.

fig. 9. — 0. .luhjunceum Mgh., fig. 4 b". *. «I., fig. 5;, fig. 10 f. — O. xubtrochleatum MUnst. , fig. 10 ». — O. svhcijprium Mgh., fig. 10 e, fig. 13. — O. subanmkp- MUnst. , fig. 10 b. — O. sp , fig. 13. — O. imliricntum Wahl.? fig. 14. — O. (igeloidium Mgh., fig. 15. — O affint! Mgh., fig. 16. — O. sp., fig. 10 *, fig. 11. »— O/rlhorm-as sp. — Cardiola interrupta Sow,, fig.' 18. — Curdium • iubarcnatum MUnsL, fig. 17. — Avictdaf sp., fig. 6 b — GraptoHihus priodon Geisn., fig. 19.

Nous avons recueilli des échantillons R 43, où ces graploliles sont fort nombreux, el accompagnés de trèspetits individus de la Cardiola inlerrupia, comme on peut le voir dans la figure 19 de la méme'planche. Ces graptolites sont en saillie, c’esl-à-dire ce sont des moules internes mais non aplatis, comme le sont 'ceux qui se trouvent dans les schistes, et dont nous parlerons ci-après. Nous nous sommes procurés cependant ces fossiles caractéristiques, en Içs tirant des pierres qui forment les murs à sec dès champs placés, à droite et à gauche- du chemin qui de la Ceo di S. AiUonio conduit au village. Quant à la plus grande partie des Orllioréres, nous en avons fait ample moisson, en 1838, dans le village même, devant la porte de l’église, où l'on avait apporté une grande quantité de ces pierres pour réparer cet édifice. C’est alors que, nous étant informés du lieu où on les avait tirées, on nous indiqua le local de Sa*Cea di S. ^n- Innio. Nous avons cependant des motifs poûr croire que les fossiles , qui se trouvent dans le calcaire compacte et presque noir, recueilli sur le devant de l'église, n’ont pas été pris tout-à-fait ^u point de cette région où nous avons vu les grands orthocères, parce que la pâte de la roohe, qui renfermé ces derniers, n’est pas tout-à-fait celle des pierres prises dans le tas devant l’église. Dans eelles-ci les fossiles , y compris les cardioles et même les graptolitos, sont presque noirs et de la coulenr du -calcaire qui les rènferme ; la pâte est plus compacte que celle de

. CaiNOIBBS. BMPBBINTB B ORTHU. 55

la roche des grands orlhocères qui se trouvent au lieu indiqué de la Cea di S. Antonio. Nous citons ce fait, qui nous a échappé lorsque nous visitâmes de nouveau à trois reprises cette région ; il nous est venu dans la pensée , en confrontant dans le cabinet les échantillons de ccs roches, recueillis à différentes reprises, pour engager les personnes qui nous suivront dans ces recherches , à en faire leur profit.

Dans le village même, surtout dans la maison du no- erinord». taire Manca , le schiste argileux contient quelques Orthü.

C’est encore dans le pays que nous avons recueilli plusieurs échantillons de celte espèce de plaque de crinoïde.

Titrée dans la planche A, fig. îi. Nous en avons pris dès individus d'une dimension double de celle de la pièce représentée par celte figure. Dans les murs des maisons nous recueillimes également une -autre roche avec des fossiles; elle consiste en un calcaire schisteux, gris-foncé, se divisant en plaquea minces noir&tres; elle contient des crinoïdes qui se dessinent en blanc sur la roche.

Voyez planche- B, fig. 13. Ce Calcaire nous a rappelé certains marbres, dits de lYamar. Nous ignorons le gisement de celle roche en place; récbanlilloii que nous avons recueilli, porte dans notre catalogne le n° 37. On y rencontre aussi un calcaire talqueux , schisteux, grisâtre B 38.

Tous ces calcaires sont intercalés avec les schistes argileux, fossilifères, dont on ne peut les séparer.

 la sortie de Flumiui, vers le sud, le long d’un ruis- Empreinte

I k./ > t d'OrtAûdini une

seau qui vieol de ce côté, noos reucontrames en place roche coruéemte. une roche formée d’une substance analogue à la cornéenne , dans laquelle un heureux coup de marteau a fait ressortir une empreinte d'Orthis très-bien caractérisé. Cette pièce, qui figure dans notre planche B avec le n” 12, et dans notre catalogue avec le n°fi 39, ne se trouve que dans les deux collections de Paris et de Turin, et elle manque à celle de Cagliari. La roche est compacte et de couleur verdàlre-‘foncé ; elle est à base de feldspath

50 CBAP. II. — KOCHES HLIWIBIINBS, l«> PAETIE.

el (le mica, el par conséquent nous l'avons indi(]iiée dans noire calalo^c comme une espèce d'homfelt «u de lephjnite : c’est dans le fond la même substance que celle des cailloux ramassés sur la pla^e de Sa Perdixedda, dont il a été question ci-dessus , et dé celui qui porte dans le catalogue le n<' B iO (t). L'empreinte A'ùrlhis, dont il est question, est un bel exemple du métamorphisme des roches sédimcnlaires.

Ripixiri du cil- Si maintenant que nous avons décrits tes terrains des

c»irr aOrIkocires *

J" environs de Flummi, noos voulons connaître le rapport qui existe entre le calcaire à grands Orlhocére» el les schistes fossilifères, de ces localités, nous dirons qu'il nous résulte de plusieurs observations répétées r et faites aVcc soin, que les bancs de calcaire à Orlhocêret de la Cea di S. Anionio sont manifestement superposés au schiste argileux à Orthis el à Leplênes de Perdat de Fogu. On peut suivre presque sans interruption ces schistes argileux d'un point à l’autre; mais les bancs calcaires sont plutôt des amas lenticulaires dans une roche schisteuse, que de 'v véritables couches intercalées ou superposées. Leur allure varie , comme varie le pied de la colline dont Us forment la pente inférieure. Les schistes calcarifères, qne l’on rencontre en suivant le premier ruisseau, sont dirigés NO-SE, ils inclinent au NE; tandis qu’un peu plus loin, vers le vallon qui descend de la montagne, ils inclinent au SO; mais en général, ces bancs calcaires sont concordants avec les schistes argileux et avec toutes les autres roches siluriennes de celle vallée. N’y aurait-il point quelque analogip de ce gisement des Orthœères de Sa Cea S. Antonio avec les Colonies signalées par M. Barrande dans les terrains de celle catégorie’

(1^ Cell« pièce élanl unique, n’a pu produire qne deux empreinles, el par conséquent deux seuls êchanlillons

MONTE »E SU OMBIILitkltl, PONTUNlICCIO.

'Voici, au reste, une coupe démonstrative et théorique de ces terrains de Flumini Maggiore. * «

■ •• Fig. 7 • ■

g granile; l leptynite avec erapreinle d’Or(Atl; > sebiate argileux i >f fchisie (bsailirêre à Ortkit et a Ixft'mef, c oalcaire,à Or(Aaeèr«< de sa Cea; es pilcaire icbisteax.

Avec le banc à Orlhooères de la Cn di S. Antomo dis^’ SchUletdu Monte

, « I • » 1 1 desuCrtibuUutu.

paratl la roche x^aleaire des leirain» paleozoïqoes de cette parité occidentale de la Sardaigne. Les schistes argileur, et assez rarement les grauwaehes, continuent à .se mon- ' trer vers le nord de Flumni, où s’élève une montagne isolée, conique, dite Monte de su Crabulasau; elle est éga* *

lement formée de schistes argileux et talquoux. Ces mêmes • terrains vont auwielà de Flumentorgm, où ils disparaissent sous les dépèts tertiaires et sous la coulée basaltique de la Frasea. i • ,

A la base-.oocidentale du mont Àrcaentu se trouve une localité très-intéressante sous l’aspect géologique, dite Fontanaccio, dont nous aurons occasion de faire mention plus d’une fois, pour ses dépèls tertiaires, et pour ses Blons basaltiques. Le terrain silurien ne. joue en oet-endroit qu’un réle beaucoup plus modeste; les schistes argileux et talqueux que l’on rencontre avant d’arriver, par le chemin de Guspini^ au pied de ladite montagne, sont dirigés NO-SE et ineJinés au NE; ils supportent un lambeau de tufà ponceau -qui est recouvert par Je terrain

Schiilct de FontanaCfto.

t'IumentorpH.

MudiricAiioo

carieuse.

ModI

Latu -4e- Bimxi.

iêomtr Fecduo.

58 CHAr. IL ^ aOCHM tlLINlICNNW, PABTIB.

tertiaire subapennin) mais ce sont toujours les schistes silariens qui forment le fond de ce bassin.

Après avoir dépassé la région maritime de FonUinaceio, si on se dirige vers la pêcherie (lonnara) de Flumentorgiu, on se trouve de nouveau sur un terrain exclusivement schisteux, accompagné de grauwache, dans lequel coule un torrent, dit Hio de Murltu. On nous a'assuré que dans les schistes qui environnent la Tovnara, on avait rencontré (les empreintes des fougères. Nous ne fumes pas si heureux; mais d'après l’étude que nous avons faite de ces terrains , il nous serait impossible de les séparer de ceux que nous avons décrits jusqu’ici, et qui sont 'siluriens.

Au-dessus de la Tennara, vers le nord, les schistes alternent svec de la grauwache ; ils sont très-qpartzenx ; leur direction la plus générale est toujours celle NO-SE. Nous ne les avons jamais vus en cet endroit associés à des couches calcaires. En ce même point nous avons observé un hlon basaltique, qui a traversé et modifié le tufà ponceau, superposé au schiste, qui lui-méme a été fracturé et changé en espèce -de jaspe. Nous reviendrons sur cette action du filon basaltique) lorsque nous traiterons des roches de cette catégorie. '

Ces mêmes schistes ne dépassent pas la partie méridionale de la Fratra; mais ils s’étendent au SE de FlumenUn-giu, où ils constituent un mont assez élevé et presque isolé, dit Laut-de-Biaxi , qui se trouve enclavé dans les conglomérats volcaniques du groupe de VArcuetdu (Voyez planche V, fig. 2).

En retournant maintenant sur nos pas, nous suivrons les schistes de la hase occidentale de cette montagne jusqu’au -ifoNfa Yecchio de Gutpini, où l'on peut voir une exploitation de galène argentifère faite -dans le terrain silurien. On y rencontre deux filons de quartz, qui se coupent presque à angle droit; celui qui est le plus important est formé de quartz , de baryte et de fer oxidulé ; il y a égalemcnl de la blende, de la pyrite martiale et

Dfc‘1 '■ by

■OUTB VBOCmO. 59

cuprifère, du cuivre carbonalé, du plomb argenlifère snlfuré et carbonate, et des fragments angulaires de quartz. Le schiste forme le véritable massif de la mine; celui que nous avons observé entre Fonlaiiaerio et le Mnnir Vecchio, conserve la direction ordinaire NO-SE. Le lilon qui le traverse a une épaisseur variée de I à^5 mètres de paissance; son allure est changeante et irrégulière, surtout prés de lamine en exploitation, puis il prend une direction plus uniforme et il se dirige alors vers le SO, où il entre dans le granité avant de se perdre dans la mer; là il parait au jour avec des fragments de quartz, de schiste, de granité décomposé et des traces de fer oxidé. '•

Notre but n’étant pas de nous étendre sur des questions étrangères à la géologie, nous n'entrerons pas da-, vantage dans les détails concernants la mine de Monte Vecchio; ces détails sont d’ailleurs suffisamment traités dans le beau travail de M. l’ingénieur des mines chevalier Baldracco, doqt il a 4léjà été question. Nous appellerons seulement l’attention du géologue sur les particularités du grand filon qnartzeux qui contient des fragments de quartz et de granité. Or, comme le filon, que noos voyons dans cette mine, dirigé vers le SO, et qui va par conséquent NE-SO> coupe presque à angle droit un autre filon qui va NO-SE, nous sommes portés à reconnaître en ce lieu, ce que noos avons en occasion de voir ailleurs, conformément aux observations de feu notre ami le chevalier Mameli, ingénieur des mines de l’tfe, savoir, qu’en général les filons quartzeux si fréquents dans l’ile de la Sardaigne, et qui sont dirigés -principalement du-NE au SO, sont postérieurs à ceux dont la direction va dans le sens NO-SE.

Nous reviendrôns probablement sur ce sujet dans nos considérations générales sur les directions; il nous importe seulement de signaler à la mine de Monte lecr/iio un filon quartzeux dirigé NE-SO, et renfermant des frag-

Filoni

de «|iurtsile.

Leur» igei rcUtiU.

CRAP. II. — BOGRBS SILORIBNHBS. m PARTIE. .

Srhisirft (le (titspini.

IHoftie Liua$.

Cimes Xerùaeeri et /Jtiiti.

raents angulaire» de quarlz, arrachés probablement au filon de même nature, qu’il coupe presqu'à angle droit, et qui par conséquent doit être plus ancien.

Près -de Guspini, en venant do la mine vers le village, le schiste silurien se perd sous et contre les -conglomérats volcaniques du Monte ArcueiUié. Près â'Àrbus, il est remplacé par le granité ; mais il reparaît bienlèt à la sortie (le Guspini, lorsqu'on va à Gonnos~Fanadiga, où il conserve sa direction ordinaire NO-SE^ inclinant au NE. Entre ces deux villages, le schiste est en quelque sorte flanqué par le granité, qui forme la plus grande partie du territoire de Gonnos-Fanailiqa.

Quoique le village de ce nom soit bâti sur un sol exclusivement granitique, à peine on a fait une demi heure de montée en se dirigeant vers le Monte Linas, on retrouve de nouveau le schiste silurien paraissant sur le granité. En remontant le grand vallon sur la gauche du torrent en amont, nous avens rencontré; presqu’au bas de la montée, -une roche analogue à celle que nous avons signalée dans les. environs de Teulada et au cap de ce nom (Voyez ci-dessus pag. 24 et ^6), et que nous avons qualifie de leptynelitc. Celle de la base orientale du Monte Linas est schisteuse et d'un gris jaunâtre avec des points noirs, que nous croyons des macles B i3. Elle passe à une roche de même nature , mais de couleur hmne avec des taches noires B 44 (4). Ces deux roches se lient intimement aux schistes argileux et talqueux, qui forment, avec les schistes maclifères, le manteau de cette montagne.

En faisant la montée du Monte Linas par le câté dp- ' posé du torrent, c'est-à-dire sur sa rive gauche, l’on

(I) Ces radies offrent une anslogle frappante avec la pièce nnlêe n** 183 de la collection des roches d’Espagne de M. I.eplay.'h l’Ecble ■les Mines de Paris, provenante de Belot Casear.

. . SKU4CEM n LIMAS. SMSOHK CAnMmAL. GI

Iroqvc, presqu'au coiilacl- du (^raniU; , un schiste phyHade rorleiiiciit carburé; dans lequel nous avons reconnu des Irates de graptoliles indéterminables U 45 (1); il y est acéompagne d’un grand fdon de fex oxidulé paraissant dirigé E 1 0" S - O 1 0" N. Ce fer se voit spécialement après une montée de. près de deux heures vers la Puni» Serbactri, au bas de laquelle ^ -vers le nord-est, il est associé à un schiste noir pétri de petits cristaux à peine visibles de uiacles. Ce schiste change de couleur à mesure que l’on monte I et sur la cime il devient un vrai lepty noble schisteux de couleur gris-’Verdàlre , également trés-maclifère B 40. La même roche prend quelquefois l’aspect de schiste talqueux et argileux; elle fotme encore la haute cime de Perd» de ta JUetua (2). du Monte lÀnat, où nous avons .élabli notre- signal Irigonométrique à une, altitude de 1245 mètres. Il est bon de noter qu’en longeant le pied de celte grande montagne vers le*Nü, sur le chemin de Gonn6i~F»nadiga et d’iérbM, vers Flumini Maggiore, nous avons rencontré) arec M. de’Vecchi, ces mêmes schistes carbures qui' à la base orientale contiennent des indices de graptoliles. - .

, Les schistes du Monte Linos paraissent au.SE,àplu- Retour sieurs reprises en contact du granité; ils se lient, par les de V jécquacotta. montagnes qui sont au-dessus de Yillacidro, aux terrains siluriens de IMc^uacoKa et de VAryentiera, dont il a déjà été fait mention page 47.

En résumant ce que nous venons d’eXposer sur l’im- r<uuo><! e<!D<r>i. portante masse du terrain paléozoïque de cette partie occidentale de la Sardaigne, nous observerons; 1° que ce lorrain consiste spécialement en ua schiste argileux, quel- (|uefois talqueux, 'et rarement ihicacé, qui alterne avec

(I) l.'inlrricur pst cimngé rn nialicrc cliarlionnciiso, cc qui t'acrurdc avec l’ohsonalion «le M Ilarramlp, {). S, ilo son memoirp sur Ips }{rii|)lolitps (le Uolienip.

(i) Pterre rte Irt tntftr.

68 CHAT. 11. — BlKaUt SlLUâUiniHI, lu ruTlB.

de la (^auwache cl fort peu avec du calcaire. 2° Que üur CCS schistes reposent, en quelques points seulement, des assises plus ou moins puissantes de roche calcaire. En d'autres localités, comme à Flumini, le calcaire à Orlltocères semble faire partie du terrain schisteux,. dans lequel il forme des dépôts lenticulaires. Les observations que nous avons pu faire jusqu'ici sur la stratification relative des schistes et du calcaire qui leur est superposé, n'annoncent pas toujours une discordance telle qu'on puisse en faire deux terrains distincts; il parait que, dan$ la plupart des cas, c’est une simple superposition; le calcaire en grosses masses est toujours superposé au schiste. 3" Que la direction la plus constante des schistes siluriens est celle du NO au SE, -qui parait la plu» ancienne; elle aurait été bientôt suivi» par un mouvement du sol dans un sens perpendiculaire, c'est-à-dire NE-SO. Nous avons en outre reconnu des traces de deux directions dans le sens N 5° O et N-S, et de plus une cinquième dans le sens approximatif 0-E, comme nous le dirons dans la suite. 4" Enfin, que tout ce terrain, pris dans son ensemble, forme la région métallifère par excellence; c'est celle où se trouvent les mines les plus nombreuses et les plus importantes de toute l'tle. Nous ferons remarquer que si l'on rencontre aussi des mines de quelque valeur dans d'autres régions de la Sardaigne, elles se trouvent toutes dans des terrains analogues à ceux que nous considérons comme des modifications des. schistes paléozoYqués. Nous allons faire connaître le terrain silurien de la partie orientale de nie. ''

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CH\iMTRE II

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